Nouvelle année, nouvelle vie…

29 décembre 2016

Pour conclure cette année, une idée m’a traversé le cœur, j’aimerais vous parler de la Vie, vous savez, celle qui est unique, celle qui nous fait souffrir autant qu’elle nous enchante. Mais pourquoi vit-on ? Je n’ai pas de grandes réponses, mais ce qui est certain c’est qu’elle est un cadeau inestimable, la mort n’est pas importante, les regrets oui. On ne regrette jamais ce que l’on a fait mais plutôt ce qu’on n’a pas fait.  Les rêves sont des objectifs mais ils ne doivent pas nous posséder, on ne rêve pas d’un rêve, on le réalise. Pourquoi vivoter alors que le sablier se vide sans aucune chance de s’arrêter. Les chemins se présentent à nous, choisissons le plus compliqué, celui qui a le plus de virages. Se mettre en danger n’est pas sans risque, mais la vie se veut aventureuse, pourquoi ne pas en changer, pourquoi ne pas tout mettre en œuvre pour réaliser ses rêves. Les plus grands génies, au début de leur carrière, étaient dans le doute, les autres leur disaient qu’ils ne pouvaient pas, qu’ils se trompaient de route, puis ils se sont entêtés et ont réussi des choses incroyables. Les chercheurs, les médecins, les explorateurs, les sportifs, n’ont écouté que leur envie de vivre leur rêve. N’ayons pas peur de ne pas y arriver, regardons devant, laissons les autres dans leur doute, vous, vous pouvez y arriver. Les échecs sont constructifs les doutes nous enferment dans une prison infernale. L’histoire des Hommes le démontre sans cesse, quand Christophe Colomb rêvait de la route des Indes, l’église lui prédisait un horizon où le vide allait faire sombrer sa flotte, à son retour le monde trouvait logique que la Terre fût ronde. Plus près de nous, dans mon cercle d’amis très proches, Bixente Lizarazu démarrait le foot sous de très mauvais hospice, son entraineur de l’époque s’obstinait à lui enlever de la tête son rêve de devenir professionnel de football, trop maigrichon, trop petit ! Heureusement qu’il ne l’a pas écouté, tout le monde connaît son extraordinaire carrière. Dominique Benassi quelques années après son amputation, décidait de se mettre au Triathlon, mais on lui interdisait, trop handicapé, trop dangereux, pas fait pour lui. Ce rêve il ne l’a pas rêvé, il l’a concrétisé en réalisant les plus grandes compétitions du monde pour accrocher 15 titres de champion du Monde .Mon parcours est identique, j’ai du m’extirper d’un abysse de contrainte, je me souviens de ma prof de français qui me disait que je n’étais qu’un âne, d’un certain entourage qui ne croyait pas en mon parcours d’aventurier. On m’avait même prédis que je finirais clochard ou repris de justice ! Le rêve qui vit en toi, en nous, doit te faire avancer, nous faire avancer, la douleur sera inévitable mais il vaut mieux souffrir pour concrétiser son rêve que souffrir de ne rien avoir tenté, les regrets sont bien plus douloureux que les échecs. Les doutes sont des pauvres herbes que l’on voit que si l’on s’arrête, marchons à notre pas, même s’il est douloureux, boiteux, marchons avec nos rêves. Nous sommes tous des génies, inventons nos vies, coute que coute, la violence, les doutes, les regrets, la rancœur, la vengeance, sont des simples ombres ne nous vous y abritons pas, préférons la lumière douce d’un soleil qui se lève sur nos projets. Ne croyez-vous pas que Mandela a souffert avant de bâtir enfin son rêve ! Il affectionnait le poème de William Ernest Henley, Invictus : Je suis maître de mon destin, capitaine de mon âme… La vie est un cadeau, un match où il n’y a pas de prolongation ou de temps additionnel, notre vie est un trésor, laissons derrière les personnes toxiques, ne leur en voulons pas, ne perdons plus notre énergie avec ça. Quoi que l’on fasse, l’amanite phalloïde nous tuera, ne l’écrasons pas, il n’y a qu’à la contourner, pour la laisser dans sa toxicité, elle a sa raison d’être là, accompagnons nos rêves, nous ne serons jamais seuls, le bien amène le bien. La nouvelle année est là avec ses résolutions, vous êtes tous fantastiques, alors faites ce premier pas. Les claques que nous avons pris jusqu’à présent sont des leçons, révisons nos devoirs et nous comprendrons la raison de ces brimades, si nous les mettons de côté elles reviendront en boucle, encore et encore. Allez ouvrez-vous, serrez les fesses, laissez la peur de côté et allez au bout de vos rêves les plus fous, ils ne sont pas si fous que ça puisque c’est les vôtres.

Je conclurais ce billet par la citation de : François Garagnon : « Il vaut mieux vivre ses rêves que rêver sa vie ».

 

 

On se montre ou pas?

11 avril 2016

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Comme il est de coutume à dire c’est le retour des beaux jours. A mes yeux, chaque jour est le plus beau, mais je m’égare, ce n’est pas le but de ce billet. Qui dit retour de la chaleur, dit effeuillage naturel de nous tous, mais pour certains cela devient un stress des plus marquants.  En effet, se dévêtir avec un bout en moins demande de dévoiler ses extrémités, je parle des bras et des jambes, bien sur ! Le printemps fut pour moi une période détestable mais cela n’a pas trop duré, il m’aura fallu une bonne « perte de gueules » en public pour dénuder ma prothèse. Vous, derrière vos écrans peut-être aussi êtes dans ce cas de figure. Vous n’êtes pas seul, chaque année le stage de plongée sous-marine qu’offre Bout de Vie le démontre, comme par enchantement au bout de la semaine plus personne ne cache son bout perdu. L’effet miroir est très important, une personne aigrie, ronchonne contre notre société, ne pourra s’attirer que tracasserie et isolement. Une personne joyeuse, positive sera en proie de prendre tous les éclats de joie de son entourage. Il est en de même pour le « handicap », si nous le vivons mal, personne ne se sentira à l’aise autour de vous. En acceptant sa situation, le cercle sociétal ne le verra plus de façon dramatique mais le classera sans suite ou juste avec un petit coup d’œil curieux, par manque de connaissance. Vous, fidèles lecteurs, vous connaissez ma manière d’écrire, de penser, alors encore une fois je vous le rabâche; la nature, elle, ne juge pas, alors ne vous glissez pas dans la peau de la victime pour rendre mal à l’aise vos « colocataires » de plage ou de piscine. Depuis que Bout de Vie se déplace dans les écoles, en quelques années, ces enfants qui grandissent, entrevoient le handicap comme une différence et pas plus. Il ya quelques jours, pendant l’une de mes sorties vélo, me rattrape, au bout d’un long plat descendant, sans vouloir me blesser, un autre cycliste. Il me lance sans crier gare :   « oh lala c’est la première fois que je roule avec un handicapé, oh c’est bien pour un handicapé de faire du vélo. » Au premier temps de mon amputation je l’aurai poussé dans un ravin de ronce, mais le temps a passé, alors plutôt que des mots assassins j’ai préparé ma sortie théâtrale. J’ai calé mon rythme cardiaque, je me suis repositionné au mieux sur ma machine et au pied d’une côte que je connais par cœur, j’ai lâché les chiens fous qui sommeillent en moi. Comme une mobylette j’ai avalé le dénivelé pour ne plus voir qu’un tout petit point essoufflé, tout là-bas derrière. Au bout de quelques kilomètres, je l’ai laissé revenir sur moi et lui ai susurré ceci : Vous avez dit handicapé, en vérité c’est juste différent ! Chacun sa technique, chacun sa vérité mais je sais désormais que ce brave cycliste, revisitera son vocabulaire et ne verra plus en un unijambiste un pauvre « handicapé » à mettre en case « du pôvre homme » mais en un sportif taquin qui lui a mis les pendules à l’heure. ..

Allez, les amis, sortez, dévoilez vos différences, la vie est trop courte pour vous embarrasser de contraintes. Laissez aux autres les plaintes et les noirceurs du quotidien et profitez de chaque instant qui arrive. Souvent je me dis que tout ce que je vis c’est du sursis, alors je bouffe l’existence. Que Dieu vous prothèse !!!

Ma cabane…

7 avril 2015
Là-bas je vois encore et toujours la mer...

Là-bas je vois encore et toujours la mer...

Vivre plusieurs vies en une seule, est paraît-il un privilège : je crois que je suis un sacré veinard !  Au lendemain de mes 50 hivers, je me suis mis à bosser comme un forcené, pluie, vent, blessure, personne n’a pu me dissuader d’arrêter et assez de force pour me bloquer !  C’est un peu une histoire personnelle mais je crois que je suis à un grand tournant de ma vie à cloche pied et il me semble juste et judicieux de me confier.                                                                                                                                                         Mais avant de continuer je me dois de revenir un peu en arrière, et de zoomer sur ma plus tendre enfance. Dès mon plus jeune âge, je faisais mes premiers pas aux alentours d’un chalet en bois planqué dans la montagne, l’endroit était si isolé que ma mère se promenait avec un fusil de chasse en bandoulière, la maison de rondins, comme vous pouvez en voir dans le Grand Nord canadien, n’avait ni eau courante et encore moins d’électricité. Les spécialistes affirment que les premières années de notre existence sont les images de référence de notre vie entière. Je peux confirmer cette règle. D’année en année j’ai décidé de vivre comme un loup de mer dans une cabane flottante, cela fait presque 22 ans que ça dure, un 6m2 confortables vus sur la mer, que les forts en eau salé des pontons appellent, un vieux bateau en bois !  Puis dans mes périples boréaux j’ai toujours eu la joie et la chance de dénicher une cabane sans serrure pour m’abriter des ours et de mes fantômes. Comble du hasard, en Alaska j’ai squatté une cabane qui avait comme propriétaire, d’après le livre de bord poussiéreux posé sur la table, Mr Brown, soit Bruno, je vous avoue que j’ai bien rie de cette coïncidence. Alors qu’un déluge s’abattait sur le fleuve Yukon qui n’en finissait plus de grossir, je rêvais de posséder moi aussi un jour une cahute sans serrure où il ferait bon vivre loin des « autres ». Puis en Laponie j’ai eu le bonheur de barouder à pied, en vélo, en voiture, voire même en kayak et là aussi, à chaque fois mon cœur de gamin palpitait à l’idée de m’en construire une. A la frontière Finlando-Suèdoise en mer de Botnie, j’avais déniché une cabane rouge abandonnée, c’était l’été 2011, avec Véro nous étions en repérage pour une future expédition Corso-lapone. Nous avions établi un bivouac sommaire dans la péninsule d’Happaranda, et régulièrement j’allais fouiller cette ruine qui me faisait bien rêver. Plus au nord, prés du lac d’Inari, nous avions rendu visite à mon pote Gilles Elkaïm qui nous avait offert sa kota comme refuge, un grand coup de foudre pour cette demeure typiquement Saame. Cabane en sapin blanc, elle est octogonale avec un toit très pentu qui lui donne un air de synagogue russe…                                                                                                                    L’idée me hantait de plus en plus, sur quelle partie du monde aurais-je la chance de bâtir ma maisonnette de bois, je laissais faire le hasard, pourquoi lutter puisqu’il suffit de se laisser porter par la vie. Là-haut dans la montagne, dans ce que j’appelle « ma vallée perdue » j’ai eu l’autorisation de planter un tipi, mais ce n’est pas une cabane, ce n’est pas chez moi, j’y suis toléré mais le coin est trop enfoui, trop secret, trop difficile d’accès. L’endroit est très isolé et ce lieu, bien que mystique, peut se révéler dangereux pour y établir sa demeure à l’année. Le trop de solitude engendre la folie et je crois que je n’ai pas besoin de ça, la « dinguote » coule dans mes veines sans apport extérieur ! Miracle de vie depuis janvier un vieil ami m’a cédé un bout de terre comme je les aime. Une route boueuse un peu rustique pour y accéder et du silence en n’en plus finir, à bâbord la mer, à tribord la montagne et là au milieu des cistes et des oléastres j’y ai posé une kota lapone. Ma cabane est enfin construite, trois mois de travaux forcés mais le résultat est probant, j’ai une fois de plus réalisé mon rêve. Je ne veux pas penser à demain, mais je crois que je vais poser mon sac à terre, j’ai envie de paix pour aller encore plus vers vous. A mon gout, la Méditerranée est devenue trop urbaine pour le sauvage que je suis. Las des pontons bruyants, las des domingueros d’émotions salés, las de la foule humide, cette cabane sera, j’en suis sur l’alternative pour continuer à me sentir un Free man.

Un lien sympa si vous aussi vous souhaitez vivre en Kota…Ecodeclic

Un peu l'aventure pour y acceder!

Un peu l'aventure pour y accéder!

Voisinage assez tranquille!

Voisinage assez tranquille!

Vu sur la mer tout de même!

Vu sur la mer tout de même!

De 6mé du Cabochard je vais passer à 20 m2, j'espére ne pas me perdre!

De 6m2 du Cabochard je vais passer à 20 m2, j’espère ne pas me perdre!

Christophe, Max et Didier le boss de la société Ecodéclic, en une semaine la cabane avec tout l'isolant possible était posée...

Christophe, Max et Didier le boss de la société Ecodéclic, en une semaine la cabane avec tout l'isolant possible était posée...

Sous les peaux de rennes les mascottes ont trouvée leur place!

Sous les peaux de rennes les mascottes ont trouvée leur place!

Entre douleur et souffrance

28 février 2015
Douleur et souffrance oubliées quelques instants...

Douleur et souffrance oubliées quelques instants...

Etre amputé a pour vocation de bien connaître hélas ces deux maux. Mais si l’Homme n’oublie pas, de temps à autre, une piqure de rappel est nécessaire pour nous recadrer. Depuis quelques jours mon beau moignon est un hymne à la douleur. Rien de grave, juste un peu de patience et de soin et tout, sera inscrit au mausolée des souvenirs. Alors plutôt que de me morfondre je prends mon mal en patience. L’immobilisme a pour vocation de me rendre philosophe, la remise en question s’assoie en face de moi et nous échangeons. Les Autres n’ont plus accès, je suis en bonne compagnie, dame douleur est possessive, elle exige réflexion et humilité. Mon bout perdu est tuméfié, mon bout de jambe est pelé, mais mon bout de vie reprend du sens. Rien ne sert de pleurer ou de perdre le temps à écouter les gémissements de ceux qui vont me dire : moi à ta place ; tu devrais prendre soin de toi ; ce n’est pas grave j’espère !!! Si la blessure est là c’est que j’en suis l’auteur, c’est moi qui l’ai invité alors je vais en profiter pour l’écouter. Je vous rassure elle ne prend pas toute la place, le soleil brille même quand les nuages envahissent le ciel, les blessures de la vie ne sont pas injustes, ce sont des épreuves pour nous faire grandir. Chaque matin j’enfile ma jambe artificielle sans jamais penser au bonheur d’être si bien appareillé, chaque jour je réalise des activités que je n’aurai jamais pu faire il y a 100 ans en arrière, alors tout logiquement, ces moments de blessures sont des arrêts obligatoires pour penser, pour se retrouver, pour changer quelques bricoles dans mon quotidien. Il faut savoir accepter, il faut avoir le cran de poser le genou à terre sans rougir. Nous les « jambes de bois », nous sommes voués à apprendre la patience sans jamais haïr quoi que ce soit, qui que ce soit, nous sommes des êtres blessés de corps mais pas d’esprit. L’âme ne peut être touchée, sauf si on lui laisse les ténèbres nous envahir, nous sommes le capitaine de notre esprit, la liberté est l’océan sur lequel nous pouvons naviguer, là-bas à Terre les contraintes du corps qui est fragile, de ceux qui s’ensevelissent d’obligations matérialistes. Ces moments de douleurs sont en vérité des moments de réflexion, de la méditation malgré nous. Vous aussi vous connaissez la souffrance et la douleur, vous aussi le doute dans ces moments d’arrêts forcés sont contraignants mais plutôt que d’en devenir des victimes devenez en les gestionnaires et dites-vous que demain est proche, que la paix sera encore plus belle, seul le présent est un cadeau, avec ou sans douleur…

Pour la nouvelle année : Lâcher-prise!

27 décembre 2014

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La fin d’année, nous amène son flot de résolutions, d’engagements qui au moindre souffle seront balayés par la routine et les acquis. Pourtant la tenue de nos promesses est la clé fondamentale à notre « moi » futur, le lâcher-prise fait parti de ces priorités. Mais pour lâcher quelques choses faut-il déjà savoir ce que l’on a ! S’identifier par rapport à son égo est la préface du livre de notre vie, notre « moi » est puissant à la limite du dictat, il nous inflige ses caporaux de camp, la peur et l’illusion. L’égo n’aime pas lâcher, il se cramponne pour nous amener dans ses ténèbres. Après moi le déluge, nous fredonne-t-il en boucle, alors l’abysse nous happe, finie la lumière, disparu l’avenir, les illusions nous ligotent, les séparations nous flagellent. Lâcher-prise ce n’est pas le renoncement, bien au contraire, lâcher-prise c’est prendre conscience de la dimension de l’océan à traverser, une savante dose de détermination et de lucidité. Désirer plus que tout un objectif n’est pas une finalité, Confucius l’a dit : « Ce n’est pas l’arrivée qui compte mais le chemin qui y mène ». En ne ciblant que l’objectif on passe à côté des chemins de traverse, on occulte le temps présent indispensable à notre évolution. Je dois rester ce que je suis sans jamais désirer l’autre, car il n’est pas Nous. Le paradoxe de l’amour sournoisement destructeur, il nous empêche la lucidité, il opacifie la lumière car le moi n’accepte pas le « Tu ». Le lâcher-prise devient libération quand nous acceptons sans concession l’autre. Dans une société où avec un click on obtient tout, le désir devient caprice destructeur, il nous harcèle à nous rendre fou, tout et tout de suite, devient l’erreur fatale vers la détresse. Demain, hier, faux amis perfides, le présent est le seul sage confident, la seul voie vers la paix intérieure. Oublions nos refus, nos entêtements pour avancer en toute quiétude, ne rien attendre pour tout avoir, offrir sans jamais espérer le retour, tendre la main sans retenue. Nos espoirs sont vains s’ils ne sont pas tolérants, s’ils ne sont pas libérateurs de l’autre. Pourquoi désirer que le vent tourne, il nous suffit de changer de cap pour hisser les voiles, s’obstiner à contre courant nous use, nous fait piétiner, en perdant toute énergie.

Au quotidien le lâcher-prise devient un repas obligatoire, une respiration bienfaitrice, une vision claire sans brume. En cette nouvelle année je vous souhaite, le meilleur du monde, que vos chemins vers vos désirs soient teintés de sagesse et de joie, là-bas au bout du tunnel, l’arrivée. Attention, peut-être qu’en prenant votre temps, qu’en appréciant l’immédiateté absolue, votre objectif se muera comme la physalie, et au bout de la route vous obtiendrez quelque chose absolument différent mais qui vous remplira encore plus de bonheur car inattendu !

Alchimiste…

19 décembre 2014

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Alchimiste.

L’alchimie, funeste invention ou réalité mystique, la réflexion mérite une prose, voir une pause. La douleur est-elle gratuite, la souffrance serait-elle une injustice, la mutilation une incompréhension, la séparation une trahison ? La vie nous mène aux portes de notre devenir, au seuil de la nouvelle vie, franchir le pas, c’est se muer en alchimiste. Le grand Sénèque, il y a plus de 2000 ans, l’avait déjà transcrit : « Plutôt qu’attendre que l’orage passe, dansons sous la pluie ». Ce pas-de-porte semble douloureux à franchir, en vérité il n’en est rien, il est grisant pour certains ; insurmontable pour d’autres. La peur nous prend aux tripes, les « bonnes » habitudes nous rassurent. Lâcher le connu pour l’inconnu demande une part de folie, à moins que ce soit la quintessence de la liberté. L’horizon est éternel et infini pour celui qui ose, inaccessible pour le peureux et le multirécidiviste en blessure profonde. Pourtant ce premier pas même s’il est boiteux est nécessaire, se moquer des « autres » pour devenir ce que l’on doit être. La première étape est d’ouvrir la porte, puis se lancer sans se retourner, sans trembler, le vent de folie vous enveloppera et tout deviendra possible, l’inaccessible vous semblera une pitrerie inventée par les moroses. Le plus incroyable est que lorsqu’on a franchi ce seuil, le chemin parcouru semble facile et aisé. Nous sommes des marcheurs sans sentier, nous sommes des navigateurs sans voile, nous sommes des oiseaux sans ailes, devenons le chemin, déployons nos voilures, défroissons nos élytres, et le monde nous sera prêté un bref instant. Oui c’est ça la clé, un bref instant ! Ne perdons pas de vue que demain il sera trop tard, que demain c’est du gâchis, demain est une offense à maintenant. Vivre plutôt que survivre, pourquoi être déjà mort alors que notre sang rempli nos cœurs, alimente nos organes, gonfle nos sens. Vivre de mon vivant pourrai dire la Palisse, mais pourtant trop à mon goût se sont éteints bien avant la mise en bière, bien avant la dernière pensée. Etre ce que l’on est pour devenir l’alchimiste de sa vie, pour endosser le rôle de Merlin l’enchanteur, du Robin des bois de la forêt de Sherwood… Ne fermez pas la porte, prenez une grande respiration et foncez, vous allez voir c’est facile…

Il ne savait pas que c’était impossible, c’est pour ça qu’il l’a fait…

In memoria…

25 novembre 2014

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Lundi 25 novembre à l’université de Corte l’équipe dirigeante a lancé une opération sécurité routière. La région Corse est à la tête du palmarès de morts sur les routes et la cité paoline ne déroge pas à cette loi funeste. Un vrai échange existe depuis un bon moment entre l’université et Bout de vie et je me devais d’être présent à cette rencontre estudiantine. Mais je ne vous cache pas que je me demandais un peu qu’est ce que j’aurai bien pu apporter aujourd’hui ! En toute logique je proposais que Françoise à la tête de l’association Adrien Lippini, son fils est décédé sur la route, apporte de l’eau à ce moulin de prévention. Nicole était là avec son association In memoria a Vincentu. Lui aussi disparu trop tôt .  Steve Beck motard amputé faisait  aussi parti des invités. Des chapiteaux à l’entrée de la Fac de droit avaient pour but de sensibiliser les jeunes, mais à une époque où tout va très vite pour les toucher il fallait un flash, un choc pour qu’ils soient interpellés. Les pompiers avaient amené un véhicule accidenté et une jeune étudiante était choisie pour jouer la blessée grave ! La désincarcération était la manœuvre du jour, le public était attentif et l’émotion se lisait sur les visages. Mais dés que l’exercice arriva à sa fin tout le monde reprenait son fourmillement. Un peu frustré je m’interrogeais comment sensibiliser à long terme les jeunes. En début d’après-midi je me postais sur un banc et observais les étudiants rejoindre l’amphi, tous ralentissaient le pas devant la carcasse du véhicule complètement découpé et éventré.  Bingo, eurêka, une idée ! Je cherchais absolument le staff dirigeant et proposais cette idée : Laisser le véhicule accidenté au milieu de la place et ériger une stèle en souvenir des disparus de la Fac avec leur noms et leurs photos, une manière de ne pas oublier et de comprendre que ça n’arrive pas qu’aux autres. Mon idée correspondait au besoin de laisser cette trace qui ferait peut-être changer le comportement des jeunes aux volants de leur véhicule… Heureux de cette suggestion je pouvais rejoindre avec joie mon chez moi en me disant qu’une vie ou deux serait peut-être épargnée.

Elle vascille mais ne meurt pas.

21 septembre 2014

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Une bougie vacille, le vent est son juge, va-t-elle éclairer ou mourir ?

Un homme meurt toutes les 4 secondes de faim, l’occident recycle sa nourriture périmée en arme de guerre.

La bougie, va-t- elle briller ou mourir ? Les rafales la frôlent mais pour l’instant elle résiste.Darwin a certainement raison mais alors de grâce pourquoi n’est-il pas devenu Dieu, oups ; je m’égare, nous sommes tous Dieu, à moins que ce soit une erreur. Le ciel bleu se cache dans chaque fleur, la pluie dans chaque fruit, le monde ne serait-il qu’un grain de sable qui tient dans la paume d’un enfant. Depuis combien de temps n’ai-je parlé à quelqu’un ? Je ne me souviens plus, à moins que cela soit volontaire, ce détail. Pourquoi la contemplation est si perfide, elle mène l’ermite à la réflexion absolue et universelle. Qui oserait déranger un homme assis le nez en l’air sous les étoiles qui semble ne rien voir mais qui scrute sans relâche ? Les Hommes voient le visible ; l’Homme libre voit l’invisible. Ici tout est différent, parce que le « je » deviens autre, parce que le « moi » n’est rien.

La bougie vacille, une bourrasque a failli l’éteindre, mais elle résiste, mais qui s’en préoccupe ?  La fourmi serait-elle aussi intelligente que nous, je n’en sais rien mais alors si je ne sais pas c’est que peut-être elle est plus intelligente que moi, que nous, que vous ! Les silences causent, ils mènent à l’essentiel de la vie, ne rien faire pour être, alors que là-bas c’est le contraire, ils font tout pour sembler être. Les corvidés, d’après des recherches scientifiques, utiliseraient des instruments pour améliorer leur quotidien. L’enquête poursuit en stipulant qu’ils amèneraient leurs outils à chaque changement de région, mais cette analyse ne stipule pas si certains en deviennent esclaves.                                                                                                                                                                      Aïe, la chandelle s’est éteinte, ce n’est pas grave, il fait jour, et puis ce n’est qu’une bougie. Le vent est plus fort que la lumière, je l’aurai parié !

Mais revenons à nos oiseaux, ils embarquent leurs bouts de bois pour trouver une nourriture inaccessible, je comprends mieux pourquoi cet animal est le totem de bien des civilisations, nous sommes tous des corbeaux qui trimballons nos « outils ». Attention il n’est pas de la famille du paon, rien à voir, Jean De la Fontaine ne s’y est pas trompé d’ailleurs, demander au renard, il vous racontera l’histoire.                                                       La cire de la bougie s’est figée, elle a enseveli la mèche, c’est fini elle n’éclairera plus !  Suis-je bête, nous aussi nous avons des outils, mon couteau pourra la retrouver. Mais où est-il, l’aurai-je perdu ? Sans lui la vie est impossible, ouf ; il est là, au sol, sur le passage d’une route à fourmis ; elles le gravissent déjà.  Il est temps de partir, mon baluchon est prêt, je n’ai rien oublié, je suis « corbeau » qui trimballe ses bouts de bois.

En curetant je retrouve la mèche, je vais rallumer la bougie cette fois elle ne s’éteindra pas c’est dans mon cœur que je l’ai cachée…

Plage et jambe de bois!

5 juillet 2014

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L’été a le pouvoir de dévoiler les corps et pour beaucoup les jeux de plage ne seront plus un rêve mais une réalité. Un plaisir qui pourrait se transformer en parcours du combattant pour la où le « différent ». Le refrain post-estival est toujours le même : « chassons la cellulite », le regard des autres est si important que le moindre bourrelet a le pouvoir de définir qui est qui. « Une petite pensée aux enfants du monde qui meurent encore de faim à ce jour » ! Si les gros paniquent à la vue des premiers jours de plage, l’amputé se ronge le frein à l’idée de se lancer en maillot sur le sable blanc. Je me souviens, il y a bien longtemps, de la première fois où je remontais à bord du bateau de plongée familial. Malgré une chaleur propre à la méditerranée aoutienne, je cachais ma jambe de bois par un beau survêtement, accompagné de l’éternelle chaussette pour masquer « l’incachable ». Les touristes « bulleurs »  se demandaient quelle mouche m’avait piqué pour supporter un tel accoutrement. Le regard des « autres » m’assassinait, je leur en voulais de me dévisager, j’en voulais, je crois d’ailleurs, à la terre entière. Tous les stratagèmes étaient bons pour que personne ne puisse apercevoir ma différence. Au fils des étés je devenais plus à l’aise et à petit pas boiteux, je dévoilais celle qui devenait ma fidèle « Magui » Bol ! Puis je cédais à la provocation la dévoilant à tout instant, le revers de la médaille, une fois de plus les « autres » me défiguraient de leur étonnement. Le temps, encore lui, est le meilleur des professeurs, 31 ans après, j’ai trouvé un juste milieu, et au fil des saisons mes tenues se raccourcissent sans provocation. A ma grande joie plus personne ne se retourne sur cette « spécificité » corporelle. Je vous rassure encore quelques uns ne s’empêchent pas de détourner leur regard à mon passage, ce que je prends avec beaucoup d’humour, en leur lançant : « Beau gosse ; hein ? ». La dérision est ma thérapie. Plus la différence est digérée, acceptée, moins les « autres » la noteront. Alors chers amis « raccourcis » je vous souhaite les meilleurs vacances possibles pour ceux qui en  prendront, et dites vous que vous êtes un miroir, les gens verront ce que vous avez envie de leur transmettre. Vos témoignages sont très intéressants, profitez de ce billet pour partager vos expériences.

Je vous donne rendez-vous en septembre et si mon blog vous manque, sachez que mon dernier livre « Carnet de voyage d’un homme libre » aux éditions Clémentine vous attend dés cette semaine chez votre libraire habituel.

A pluche

Encore un petit moment…

31 janvier 2014

Madame_Duberry

Jeanne Bécu, Comtesse du Barry, condamnée à mort, eut cette réplique célèbre : Encore un petit moment Mr le bourreau…

Oh, mais qu’elle est précieuse la vie, un joyau aux reflets eternels, une fleur éphémère que l’on ne peut cueillir, un simple grain de blé sur une prairie infinie. Mais qu’il est âpre d’accepter la tragédie, qu’il est compliqué de tolérer la fin. Très souvent les couples explosent quand surgit la catastrophe, les familles se déchirent quand le drame rejoint le couffin. L’accident, la mort, nous catapultent sur une voie qui semble sans issue, les lambeaux de vie nous collent aux bottes fraîchement ensanglantées. Je trouvais étrange, à la sortie de plusieurs mois d’hospitalisation, le comportement des « autres », mais eux, étaient restés sur leur chemin habituel, j’étais devenu une sorte de maquisard. Intuitions ou hasard, je pensais souvent, que si la vie devait me mutiler j’aurai choisi la mort, mais voilà, je suis toujours debout, un homme, à part entière ! Ce n’est pas les « autres » qui changent, mais nous, c’est cela qui fait toute la différence. Notre enveloppe devient le miroir des passants, nous sommes, à notre insu devenus « extra »ordinaires, certaines gens n’osent plus nous regarder dans les yeux. J’ai beaucoup d’exemples, dans mon association, qui font frémir ; des cas incroyables de ruptures totales, des fuites à bout de souffle, plutôt que de devoir accepter la « nouvelle » vie de l’autre. La mort pourrait être la seule issue, pourtant la vie est si riche, que le temps nous permet de continuer, même avec une mobilité plus réduite, plus contraignante ; même avec son être cher disparu. Nous semblons être programmés, organisés, mais « l’habitude » est fragile, un moindre souffle froid et la fièvre s’en empare. Un remède infaillible ? Il n’en existe pas ! Au fond de nos âmes nous avons nos réponses, nous avons les moyens de surmonter cet Everest. La recherche du bonheur est une utopie, car le fait d’être là maintenant, est déjà un miracle incroyable, ne désirons pas ce que nous n’aurons jamais, mais apprécions, ce que nous avons là, maintenant.

Encore un petit moment Mr le bourreau…