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Qui sommes nous ?
Bout de vie… est née de la rencontre, de l’amitié et de la collaboration de personnes issues d’horizons différents, fortement sensibilisées par la cause des personnes amputées. Réunissant amputés et non-amputés, la même foi anime ses adhérents : l’amour de la vie. Notre association n’a pas vocation à regrouper exclusivement des amputés !!! Bien au contraire !!!

Objet de l’association
Bout de vie… a pour objet d’aider et accompagner les personnes amputées quel que soit leur âge, la nature, le degré et l’ancienneté de leur mutilation, à disposer des « clés » et « outils » leur permettant de tenter d’appréhender, d’intégrer, de s’adapter et de surmonter leur différence par la valorisation de leur potentiel de vie et du sens du dépassement de soi.
Plus concrètement, Bout de vie… se donne pour objectifs :
- de promouvoir la cause des personnes amputées auprès des pouvoirs publics et de l’opinion publique;
- de faire prendre conscience aux personnes amputées de leur potentiel de vie;
- de promouvoir les initiatives personnelles et collectives de personnes amputées;
- de briser l’isolement dans lequel se terrent les personnes amputées;
- de dynamiser la recherche et l’innovation en matière de prothèses;
- d’aider les personnes amputées à concrétiser des projets de vie dans les domaines sportifs et culturel;
- d’assurer le financement d’appareillages spécifiques en présence d’amputations « orphelines »…

Notre LOGO

Nous avons choisi comme symbole de notre association un dauphin dont la queue est détachée du corps. Au-delà de l’illustration évidente de l’acte d’amputation, le dauphin symbolise la joie de vivre et la sociabilité à l’extrême.
Tout un programme lorsque l’on sait que toute personne amputée souffre d’un déficit chronique de contacts sur l’extérieur…. faute à sa différence.
La présence d’un soleil en clin d’oeil symbolise l’espoir et la joie de vivre que souhaite véhiculer l’association.

Les derniers articles du site :

Ataa l’île mystérieuse…

30 août 2015 par Frank 5 commentaires »
Dans un champs de Niviarsiaq

Dans un champs de Niviarsiaq

Ataa cote ouest du Groenland 69°nord 50°ouest 29 aout 2015, brouillard épais, température 8°.

Nous voilà au terme d’une aventure fabuleuse : vivre en autonomie sur une île perdue polaire .Rien n’était prévu, rien n’était fait pour eux pourtant ils l’ont fait. Vivre dans des conditions si précaires développe le sens animal, l’esprit de débrouillardise. Le mot essentiel retrouve sa vraie valeur, l’invisible de la vie quotidienne en milieu urbain se farde d’un visage alors inconnu. Là-bas au camp d’Ataa, tout c’est métamorphosé. En préparation de l’aventure jamais une seule fois les jeunes n’auraient pu imaginer ce qu’ils ont vécu. Les randonnées sans jamais être une seule fois sur un sentier, les ont transformés en explorateurs. L’ascension des hauteurs d’Ataa fût une rude épreuve mais jamais une seule fois personne ne s’est plaint. Un couloir vertigineux de 500mts de dénivelé au milieu d’une ancienne moraine était leur défi, puis là-haut sur un plateau des montagnes sans nom ; depuis l’une d’elle a été baptisée Mont Elisa en hommage à la cadette, qui du haut de ses 14 ans avec un bout en moins, a sur serrer les dents et poser un pied au sommet. Les sortie canoës au milieu des icebergs qui chavirent sans prévenir fût aussi un beau challenge. La rigueur était leur compagne de mer, un vieux loup solitaire était là pour veiller à leur sécurité et gare à celui qui gagnait en confiance en fanfaronnant, un souffle polaire les remettait sur le droit chemin. Des centaines d’images resteront gravées dans leur disque dur, pour ma part j’aimerais vous en faire partager quelques unes : Comment oublier leur détermination à la construction d’un four de survie pour cuire les galettes de pain. Comment ne pas être ému devant leur joie quand leur gamelle fut rase pleine d’une soupe à la baleine et aux camarines qui a cuit pendant des heures. Comment oublier leur visage noirci par le charbon du feu qui réchauffait leur petit corps d’un été arctique en voie « d’automnisation ». Quel bonheur de les voir regrouper auprès du feu alors que des baleines à bosse nous gratifiaient d’un ballet romantique. La cuisson des truites péchées par les garçons recevaient toute l’attention des filles qui confectionnaient un dessert géniale et revigorant à base de myrtilles et d’avoine. Oui je vous le certifie cette vie de nomade polaire fut une vraie merveille mais plutôt que d’y apposer mes mots je vous confie leur journal de bord qu’ils ont écrit à quatre mains, il sera en ligne demain dans mon prochain billet.

Un souvenir ne s’achète pas, il se vit.

La moustiquaire est indispensable.

La moustiquaire est indispensable.

Initiation du tir à la carabine.

Initiation du tir à la carabine.

Quand le silence nous raconte les mystères polaires.

Quand le silence nous raconte les mystères polaires.

Des sorties canoës très impressionnantes

Des sorties canoës très impressionnantes

Au sommet du Mont Elisa

Au sommet du Mont Elisa

Féerique non!

Féerique non!

Au fond le glacier d'Eqi.

Au fond le glacier d'Eqi.

Un nid de guibole!

Un nid de guibole!

La mascotte a su trouver refuge.

La mascotte a su trouver refuge.

Bloqué mais Vagabond!

18 août 2015 par Frank 4 commentaires »
Le port d'Ilulissat bloqué par les glaces

Le port d'Ilulissat bloqué par les glaces

Le proverbe groenlandais a pris tous son sens : seul le temps et la glace sont maîtres.                                                                                                                                     Effectivement à la surprise générale le port d’Ilulissat vient de se remplir de glace, l’été le vêlage des glaciers fournit beaucoup de grollers et un fort courant d’ouest a fait bouchon. Quelques guerriers arrivent avec beaucoup de difficultés à se frayer un passage mais la manœuvre est hasardeuse voir dangereuse avec un petit bateau. Notre pêcheur est bloqué à quai, la sagesse lui a soufflé une évidence, il est trop risqué de prendre la mer au milieu d’un piège de glace qui pourraient être fatale.                                  Mais le hasard a encore bien fait les choses ! Question philosophique, est-ce que le hasard existe ? Je vous laisse le soin d’y répondre, pour ma part j’ai ma petite idée !                                                                 Alors que nous préparions nos sacs pour une randonnée, je remarque l’arrivée dans le port d’un grand voilier rouge. Je n’ose pas y croire et avant de m’emballer je prends mon temps pour chercher son nom. Une chance sur un million et pourtant Vagabond de France et Eric fait escale à Ilulissat.  Le monde polaire est assez vaste pour que l’on puisse ne jamais se voire mais les festivals d’aventure ont la magie de temps à autre de nous faire croiser. Il y a quelques années alors que j’étais membre du jury des Ecrans de l’aventure j’avais eu le bonheur de rencontrer Eric, nous avions échangé en nous promettant de nous revoir là-haut au pays de Nanoq. Miracle de vie, aujourd’hui sur la côte nord-ouest du Groenland le vœu s’est réalisé.    Ni une ni deux, nous prenons la direction du port. Collé à un immense chalutier qui décharge ses prises, le légendaire voilier polaire russe Peter I est le ponton du non moins célèbre Vagabond.  J’enjambe les filières en me disant que ce serait extraordinaire de pouvoir rencontrer ces aventuriers des glaces.  France est à bord, je toc au hublot, un peu étonnée de rencontrer un européen sa surprise grandi quand je lui dis bonjour en Français.  Elle me reconnait et invite avec un grand sourire le team Niviarsiaq. Ce matin les jeunes étaient déçus de ne pouvoir prendre la mer mais cet après-midi les voilà assis dans un bateau de légende au bout du monde. Je les sens comme des petits enfants, timidement ils s’installent dans le carré, tout doucement ils comprennent un peu qui sont ces Vagabonds. Les langues se délient, puis Eric accompagnés de ses enfants revient à bord, les deux filles de 5 et 8 ans adoptent en un claquement de doigt leurs nouveaux « équipiers ». Du passage du Nord-Est à celui du Nord-Ouest, du Nunavut en passant par le Svalbard, les jeunes découvrent ce que le public ne connait que par leurs films ou livres.   Les anecdotes les envoutent, il y plus de 15 ans ils ont largué les amarres pour réaliser leur rêve. Mais comme dirait la mascotte, myrtille sur la crêpe, le chalutier et le voilier russe décident de prendre la mer, Vagabond va devoir manœuvrer ! Je propose à Eric de lui donner un coup de main et comme par magie, voilà que la petite bande de Bout de vie devient matelot éphémère du Vagabond… Il est déjà tard, nous devons quitter le bord, les petites ne veulent plus lâcher les jeunes France et Eric me propose plein de belles aventures, mes rêves me submergent, on s’étreint en se promettant de se revoir très vite.  Et dire que si ce matin la glace ne nous n’avait bloqué à terre nous ne les aurions jamais rencontré.

Le site de Vagabond ici

Pour poster ce billet je dois traverser le port, jusqu’au cyber café, la bonne nouvelle c’est que la glace est beaucoup moins dense, on devrait prendre la mer pour notre robinsonnade polaire bientôt ; immaqa !

Le refrain du voyage c’est arriver dans un endroit sans savoir si l’on va y rester, le quitter en sachant que l’on va y revenir.

Matelot Juliette au poste de manœuvre!

Matelot Juliette au poste de manœuvre!

Bien au chaud dans le cockpit du Vagabond

Bien au chaud dans le cockpit du Vagabond

Le départ, Immaqa!

17 août 2015 par Frank 4 commentaires »
Un spectacle polaire...

Un spectacle polaire...

Les victuailles sont  bien rangées dans nos sacs étanches, le rendez-vous est fixé dans quelques minutes, Elimut nous accompagnera jusqu’à Ataa. Les « glaçons » son agglutinés dans notre destination, il devra zigzaguer pour se frayer un passage, mais sa grande expérience nous rassure. J’ai prévenu les jeunes si un phoque aurait l’insouciance de montrer ses moustaches notre capitaine aura de quoi le transformer en ragout fumant ! Le temps s’est subitement dégradé et le crachin à 4° a chassé le soleil qui rendait le lieu un peu trop sudiste à mon gout ! Dans notre matos de quoi pécher en mer et en rivière, plus une carabine pour améliorer le traditionnel plat de nouilles chinoises.  Perdrix, oie et lapin pullulent en cette période et j’ai laissé le choix aux jeunes s’ils se sentaient capable d’en exécuter un ou deux. A l’unanimité ils ont répondu oui ! Pas question que je me mêle de leur tâche, mettre une balle entre les deux yeux d’un sympathique volatile est assez simple mais le transformer en magret fumant dans l’assiette est une autre paire de manche, alors ils vont devoir se débrouiller. Hier après la stricte vérification de packtage nous avons effectué une longue randonnée, pour tester un peu les capacités de chacun. L’équipe est vraiment formidable, chacun est très attentifs à l’autre et à ma grande surprise les 4h de randonnées ont semblée n’être qu’une simple formalité. Ici le soir pas de net, ni de télé alors les langues se délient, les esprits se lâchent, les veillés ont ce pouvoir d’aller au plus profond des âmes.  L’aventure est hors-norme, ils savent que quelques choses de magique est en train de leur arriver. Avant d’embarquer je vous suggère quelques clichés qui en disent long sur l’opération Niviarsiaq. On vous donne rendez-vous dans deux semaines. Quand vous serez au soleil bien au chaud, pensez que là-haut dans le grand Nord quatre jeunes seront unis pour n’être qu’un face à l’adversité, que le mot solidarité sera écrit en lettre d’or et que le sens fraternité retrouvera toute sa noblesse. De ma petite tente, j’observerai avec beaucoup de tendresse leur tipi où la magie de la vie va opérer, où la souffrance passée trouvera enfin un sens. Cette petite île qui va les accueillir sait déjà que les esprits qui l’habitent seront vigilants et bienveillants avec le team Niviarsiaq.

Tomber ce n’est pas un échec, tomber c’est devenir quelqu’un d’autre.

C'est ça le bonheur, non!

C'est ça le bonheur, non!

De cairn en cairn nous suivons une piste

De cairn en cairn nous suivons une piste

Là; on est bien.

Là; on est bien.

Un Cabochard local!!!

Un Cabochard local!!!

Ils manquent le bruit des icebergs qui cassent, très impressionnants!

Ils manquent le bruit des icebergs qui cassent, très impressionnants!

Dans un parterre de Niviarsiaq...

Dans un parterre de Niviarsiaq...

Bien arrivé à Illulissuaq

16 août 2015 par Frank 2 commentaires »
Comme dans un rêve...

Comme dans un rêve...

Fatigué mais heureux nous venons de poser pied à Illulissuaq, un grand ciel bleu nous accueil, 11° degré au soleil ; enfin nous y sommes presque. Un taxi nous conduit au local qui va nous servir de camp de préparation pendant deux jours, on à 48h pour ne rien oublier et tout organiser. Bien-sûr le patron est parti à la chasse et je n’ai aucune consigne ! Je fouille de droite et de gauche pour enfin trouver un accès, les clés étaient sur une porte cachée, ici improvisation est le maître mot. Les jeunes ont ½ heure, pas plus, pour être opérationnels, nous ne sommes pas en vacances. La ville est une plateforme de la côte Nord-Ouest du Groenland, 4300 personnes y vivent à l’année, presque 10% de la population totale du pays, à des prix faramineux on peut tout trouver ! En premier lieu il nous faut dénicher un bateau pour nous rendre à Ataa, je laisse les aventuriers prendre le soleil et m’aventure, sans parler la langue, à la recherche du graal. Le miracle existe, il s’appelle Julien, je lui avais envoyé un message de notre date d’arrivée et il ne l’a pas oublié. Il vit ici depuis 2008 et son épouse est de la région, il parle couramment le groenlandais. En mai 2014 je l’avais déjà rencontré et à distance il m’avait rassuré pour organiser ce voyage un peu atypique. Un ami à lui chasseur, serait prêt à nous déposer là-haut sur la grande île, nous fixons une heure de départ qui sera lundi matin à 10h, Immaqa (peut-être !) L’équipe doit se faire une liste précise de la nourriture à prendre, je ne suis pas là pour les materner, l’essence de l’aventure c’est savoir tout faire. Une robinsonnade ne s’organise pas la tête dans l’I phone, une fois déposé on ne pourra plus revenir en arrière. Pour couronner la longue journée après un diné à base de viande de baleine, que tout le monde à fortement apprécier, nous nous sommes rendu voir les chiens de notre ami. Deux femelles en moins d’une semaine ont donnée vie à deux portées…

Demain nous allons prendre la mer et pendant deux semaines la vie de nomade polaire va initier Juliette, Elisa, Tximista et Rémi. Là-haut sur l’île perdue ils vont apprendre à écouter le vent, à lire les nuages, à lutter contre le froid, à oublier les morsures des moustiques. Là-bas personne pour juger, la solitude est généreuse à celui qui sait lui faire confiance

La générosité ce n’est pas donner ce que l’on a, la générosité c’est donner ce que l’on est.

La linaigrette, fleur polaire mystérieuse.

La linaigrette, fleur polaire mystérieuse.

Elisa c'est faite adoptée par la meute

Elisa c'est faite adoptée par la meute

Une maman qui contrôle la situation!

Une maman qui contrôle la situation!

Julien, qui l'hiver chasse en traineau avec une meute de plus de 25 chiens

Julien, qui l'hiver chasse en traineau avec une meute de plus de 25 chiens

Niviarsiaq dépêche AFP

13 août 2015 par Frank Pas de commentaires »
A 5h de mer au nord d'Ilulissat

A 5h de mer au nord d'Ilulissat

PARIS, 12 août 2015 (AFP) – Ils s’appellent Elisa, Juliette, Rémi et Tximista. La benjamine a 13 ans et l’aîné 23 ans. Ces quatre jeunes « abîmés par la vie » s’envolent cette semaine vers l’Arctique pour une robinsonnade sur une île déserte du Groenland.

Ils doivent cette escapade dans les hautes latitudes à Frank Bruno, 50 ans, créateur et animateur de l’association « Bout de vie ».

« Cette expédition baptisée Niviarsiak (nom inuit de cette fleur violette emblème du Groenland, NDLR) est un retour, loin des téléréalités truquées, aux vraies valeurs de la vie », a expliqué à l’AFP celui qui, amputé d’une jambe à 18 ans alors qu’il servait sur le porte-avions Foch au large du Liban en guerre, conjure depuis son infortune en mettant sa rage de vivre au service des malmenés de la vie.

Elisa, 13 ans, a été amputée d’un tibia à 3 ans, après un accident. Rémi, 23 ans, est né avec un seul membre inférieur. Juliette, 17 ans et Tximista, 20 ans, ont vécu des expériences traumatiques dans un entourage perturbé.

L’expression « abîmés par la vie » appartient à Frank Bruno.

« Après la perte de ma jambe, écrasée sous le train d’atterrissage d’un chasseur Crusader sur le pont du Foch, j’ai cru que ma vie était foutue », se souvient Frank Bruno. « Le mot espoir était sorti de mon vocabulaire. Mais c’est lorsque j’ai cessé de ne penser qu’à ma petite personne, que j’ai réalisé que j’avais des centaines de compagnons handicapés comme moi, amputés d’un bras, d’une jambe, et qui eux aussi avaient perdu espoir, que j’ai créé +Bout de Vie+ ».

Frank Bruno est devenu une figure dans le monde du handicap. On ne compte plus ses performances et aventures, seul ou avec des compagnons d’infortune, sur terre et mer, à pied, à ski, à la rame, du Groenland à la Géorgie du Sud, des fonds marins corses à la banquise du Pôle nord ou sur les sommets de la cordillère des Andes… sur une jambe.

- Une île inhabitée au pays de Nanoq -

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La +robinsonnade+ des quatre jeunes aventuriers débutera la semaine prochaine sur la côte occidentale du Groenland, au Nord de la baie de Disko, sur l’île inhabitée Arve Prinsens, ou Alluttoq en langue inuit.

Battue par les vents de la mer de Baffin, couverte en partie de permafrost pendant l’été polaire au jour permanent, cette île au pays de Nanoq (ours polaire en inuit) abrita un temps un petit camp de pêcheurs aujourd’hui désaffecté.

Elisa, Juliette, Rémi et Tximista, accompagné par Frank, qui dressera sa tente au large du tipi collectif des quatre jeunes, « pour leur laisser le maximum d’autonomie », vont vivre à la dure et au froid pendant trois semaines.

Coupés du reste du monde, sans moyen de communication avec l’extérieur, ils vont être confrontés à un décor sauvage et inconnu qui va mettre à l’épreuve leur volonté et leur esprit d’entraide.

« Ils sont volontaires, impatients et enthousiastes », assure Frank Bruno, dont l’objectif est de faire acquérir à ses protégés des « images de référence ancrées sur des valeurs humaines universelles qui les accompagneront sur le difficile chemin de la vie ».

« L’important est de ne jamais boiter dans sa tête…! », lance-t-il avec un sourire.

Expédition Niviarsiaq au Groenland

10 août 2015 par Frank 45 commentaires »
Niviarsiaq est le nom groenlandais de l'épilobe à feuille large, emblème du pays de Nanoq.

Niviarsiaq est le nom groenlandais de l'épilobe à feuille large, emblème du pays de Nanoq.

Un coin du bout du monde pour marcher sans trop boiter!

Un coin du bout du monde pour marcher sans trop boiter!

Les sacs sont fin prêts, les billets d’avion précieusement imprimés ; que les rêves se réalisent enfin !

Là-bas dans le Grand Nord l’île de glace Kalaallit Nunaat, depuis des milliers d’années des Hommes y ont survécu. Les petits blancs du sud ont essayé de s’y implanter mais la plupart s’y sont cassé les dents, la vie à ces latitudes est une leçon d’humilité au quotidien, celui qui ne s’y adapte pas meurt en souffrant. En l’an 1000 quelques Vikings bannis de Scandinavie et d’Islande ont été contraints de s’y installer. Leur terre d’accueil était dans le sud de l’île, seul endroit ou l’herbe pousse dans un bref été, ils la surnommèrent la Terre verte : Greenland. Mais la rudesse des lieux réduira en poussière ces premiers colons.  Au XIV siècle des marins danois ne découvrirent que des tombes et champs de ruines, mais la colonisation devenait un enjeu économique et nation après nation chaque pays du sud voulait se partager la part de « glace » ! En parallèle, une petite fleur chaque été ressurgit du permafrost, pendant cette période éphémère elle embaume et embellit le paysage de Nanoq, son nom Niviarsiaq, L’épilobe à feuille large. Elle est l’emblème du Groenland, elle est le symbole de la résurrection. D’où le nom de cette aventure…

Été 2015 Expédition Niviarsiaq :

Ils s’appellent Élisa, Juliette, Rémi et Tximista et ont entre 13 et 23 ans, plutôt que de causer de leur différence, j’aimerai mettre en avant leur ressemblance majeure : L’envie de vivre plus que tout. Sur la côte Ouest du Groenland dans la baie de Disko se trouve la ville plateforme d’Ilullissat, une sorte de bourgade danoise sans trop d’intérêt. Ce sera le point de départ d’un séjour un peu hors-norme. De ce port de pêche nous embarquerons pour le nord de la baie, vers l’île déserte d’ Arveprins, à environ 4 à 5 heures de mer suivant l’état de la glace et de l’épaisseur du brouillard. Nous serons déposés au lieu-dit d’Ataa qui fût un petit port de pêche, abandonné en 1961. Une fois notre barda débarqué, le bateau reprendra la mer pour nous récupérer fin aout. Un tipi sera la demeure des jeunes, le vieux loup solitaire, qui sommeille en moi placera sa tente bien plus loin pour qu’ils aient la sensation d’être seul au monde. Pas de programme prévu, à part vivre et découvrir tous nos rêves de gosses un peu boiteux ! Sur place des kayaks nous permettront de pousser un peu plus loin l’exploration, une bonne carte papier et un GPS seront nos guides pour un beau morceau de vie partagé. Chacun aura la mission de veiller sur son binôme, chacun devra gérer son sac de victuailles et gare à celui qui ne respectera pas ses menus, la diète risque de faire une visite au camp du bout du monde. Loin des téléréalités truquées la vie sera simple mais austère, des images de références vont émerger de ce séjour. Déplier son sac de couchage sur un sol gelé en permanence est une épreuve intéressante. Les nuits à cette latitude sont des soirées ensoleillées, là encore le sommeil en prend un coup. Vider les entrailles des ombles et truites péchées peut vite engourdir les doigts pour le non initié, quant à la douche dans les torrents à 4°, elle restera un grand moment de fraîche rigolade. Le ciel bleu peut être au rendez-vous mais ce n’est pas un habitué du coin, les affaires seront souvent mouillées, les éternelles nouilles chinoises reprendront de la saveur quand elles réchaufferont les corps fatigués d’avoir trop baroudés. Vous voyez rien de bien extraordinaire juste un retour aux vraies valeurs de la vie. Chaque jour je noterai un journal de bord avec de beaux clichés mais pour la pureté du séjour rien ne sera expédié par satellite, nous n’aurons aucun contact avec l’extérieur. Dés notre retour je me ferai un grand plaisir de vous le partager sur ce blog. En attendant je compte sur vous pour leur laisser de beaux messages de soutien sur ce billet, j’en connais 4 qui ne vont pas beaucoup dormir jusqu’au 14 aout, ni d’ailleurs après sur la terre gelée !!! Vos témoignages seront précieux pour eux !                                                                                                                                             L’important est de ne jamais boiter dans sa tête.

PS: Un grand merci aux partenaires financiers (Rotaract 17-30 et Société Lagarrigue) qui ont sur être généreux pour que cette aventure voit le jour et à Julien Caquineau qui réside à Ilulissat et qui a su m’enlever quelques épines du pied; sans lui l’opération n’aurait pas pu voir le jour!

Ils ne se connaissent pas encore mais la rudesse du grand Nord va les unir...

Ils ne se connaissent pas encore mais la rudesse du grand Nord va les unir...

Niviarsiaq

2 juillet 2015 par Frank 6 commentaires »
Au pays de nanoq le grand...

Au pays de nanoq le grand...

Fidèles de ce blog vous devez vous poser des questions sur le projet Niviarsiaq. J’avais annoncé à mon retour d’Illulissuaq en mai 2014 que je tenterai en kayak de mer une remontée en solitaire de la côte Ouest du Groenland. Mais contre toute attente, une avalanche d’événements imprévisibles, s’est déroulée dans ma vie personnelle, je n’aurai jamais cru que cela me puisse arriver un jour. Quand le destin vous indique une autre voie, la grande sagesse dit qu’il faut la suivre. L’élément clé fût quelques mots anodins d’un grand ami ancien reporter de guerre qui me dit droit dans les yeux : « Tu crois vraiment que tu veux en revenir de cette épopée polaire ? Qui te pousse à y aller, la gloire et la mort pour rentrer dans la légende ! » La réflexion qui fallait au bon moment, au bon endroit ! Bien-sur j’avais fait le mariole sans lui répondre, mais cette phrase me revenez en boucle. Ma vie privée venait de prendre un autre cap et cette réflexion devez m’amener à l’évidence : faut-il que j’y aille coute que coute ! Eh ben non !  La décision prise, je devenais encore plus un Free-man, je rentrais encore plus en phase avec mon « moi », je me métamorphosais en oiseau du large que personne ne peut mettre en cage. Le cœur léger je rangeais au placard ce grand périple au pays d’Apoutiaq, je classais dans « affaire sans suite » ce suicide involontaire et mon quotidien reprenait du sens. Le noyau de mes amis sincères retrouvait le sourire, ma compagne ne tremblait plus et mes nuits retrouvaient un calme boréale. Mais si cette tentative est annulée l’opération Bout de vie ne l’est pas pour autant. 4 jeunes âgés de 13 à 20 ans vont devoir me supporter du 14 aout au 1 septembre. Nous partirons au départ d’Illulissuaq vers le nord pour rejoindre le camp de pêche d’Ataa et pendant ces deux semaines nous tenterons de nous immerger à la vie estivale des Inuits. Pas de réseau chronophage, pas de connexion avec le virtuel, juste vivre l’instant présent. Nous vivrons sous un tipi et le quotidien sera teinté de rando à pied, kayak, de pêche et de rencontre. Avant de refermer ce billet je tiens à remercier de la part de l’équipe des jeunes « Niviarsiaq », le Rotaract 17-30 ainsi que les établissements Lagarrigue qui ce sont mobilisé pour financer en totalité le projet. Merci Auréline et Ludovic, sans vous cela aurait-été une autre paire de « prothèse » !

Voyager ce n’est pas changer de pays, voyager c’est changer de monde.

Corsican Race Forza é solidarita.

29 juin 2015 par Frank 11 commentaires »
Audrey dans de bonnes mains...

Audrey dans de bonnes mains...

Il s’appelle Bruno Matteï, prof de boxe thaï, depuis 5 ans il c’était mis en tête d’organiser une Spartan race, puis un jour en cherchant des vidéos sur le net il tombe sur une course un peu particulière, puisque au milieu de valides, des hommes mutilés, aidés de copains, réussissent ce pari fou…                                               28 juin 2015 la Corsican Race voit le jour ! Contre toute attente, 800 participants seront là et comme le souhaitait Bruno et son équipe une poignée d’éclopés sont sur la ligne de départ. Forza e solidarita sont les slogans de l’événement. Depuis quelques mois l’organisateur m’avait contacté pour lui trouver des « clients » mais les handis se sont cachés et très peu sont venus. Peur de l’inconnu, appréhension du regard du public, phobie de l’échec ? Peut-être un peu de tout ça mais ce qui est certain c’est que j’ai eu le grand bonheur de croiser Audrey qui est venue spécialement de Bretagne en voulant vivre cette folle aventure avec ou sans son fauteuil ! Donc nous voilà au départ, les vagues de 40 concurrents s’élancent, les compagnons d’Audrey sont plus que motivé, le public pousse, l’épreuve s’annonce émouvante. Top départ, le premier piège est un parterre de pneus, qu’il faut traverser, Audrey quitte son fauteuil et encadrée par ses amis, passe sur ses jambes ce nid d’abeille de gomme. Les 10 km de course n’ont aucune envie de s’apitoyer sur des « bancales » et une immense mare de boue nous barre la route, ni une ni deux elle se lève et aider par ses potes se lance dans le grand bain, au loin des grosses canalisations nous attendent de pied ferme il va falloir ramper dans l’orifice. Comment faire ? L’équipe décide de faire une corde humaine et les plus costauds n’auront qu’à tirer les maillons, Audrey sera fermement agrippé au dernier et passera sourire aux lèvres. Une terrible côte nous calme un peu, avec des sangles, telles des bêtes de sommes, la jeune Bretonne est hissée jusqu’au pied d’un immense mur qu’il faut absolument gravir. Ni une, ni deux, garçons et filles font un mur humain où elle sera hissée, les caméras suivent, les autres équipes veulent donner la main, les drones n’en loupent pas une. Pour corser la chose j’ôte ma prothèse et passe à cloche pied, le public, les concurrents ne sont plus passifs, ils veulent tous aider, porter… La solidarité parfume la course…. Nous sommes au dixième kilomètre, les chasubles sont boueuses, mais les visages sont radieux, une des dernières épreuves est le remorquage d’un très gros tracteur, la jeune athlète se met au volant et encourage ses amis pour l’ultime effort… Le dernier relais est devant nous, Audrey se lève, j’enlève ma « guibole » et aidés de nos fideles compagnons de course nous pouvons enfin passer la ligne d’arrivée. Accolade, émotion, remise de la médaille de « finisher » nous sommes tous heureux d’avoir, une fois de plus démontré que le handicap pouvait être une force. L’important est de ne pas être assis dans sa tête…                                                                                                   Bravo à tous et merci pour la soirée « paillotte » qui a été organisée pour récolter des fonds pour Bout de vie. Le rendez-vous est déjà pris Octobre 2016 capu di Fenu au nord d’Ajaccio…

Les magiciens de la mer

8 juin 2015 par Frank 5 commentaires »
Une belle salle à manger avec vue sur la mer!

Une belle salle à manger avec vue sur la mer!

Les Lavezzi sont déjà dans notre sillage, le temps c’est figé, les journées ont semblés nous appartenir pendant cette semaine de liberté. Si en Afrique de l’ouest les handicapés sont appelés les « magiciens » je peux le confirmer, ce stage fût un tour de magie par des apprentis « viveurs » ! La dernière plongée fût bluffante, dans la grande bleue, mes « éclopés », ont bravé leurs doutes pour aller tout au fond, au fond de la mer surement mais surtout au fond d’eux-mêmes. Une semaine marquée par de beaux échanges, de belles personnes qui avaient oublié leur bout en moins. La vie est plus forte que tout, les malheurs n’ont pas eu trop de place à bord, par moments ils ont tenté un abordage mais la solidarité veillait et d’un tour de passe-passe, ces troublions n’ont pû gâcher la fête. Une page est tournée, les souvenirs se sont entassés pêle-mêle, de nouvelles images de références ont pris place tout au fond de leurs âmes, la nouvelle vie à cloche pied sera vécue différemment. La Galiote va prendre une retraite bien méritée, son équipage nous ont gâtés, chouchoutés, vous avez peut-être eu la chance d’y poser une prothèse à bord.  De nouveaux stages vont arriver, un nouveau concept, une autre manière de faire, il ne faut pas avoir peur du nouveau, alors je me réjouis d’avance de l’avenir. Bravo Aline, Marie-Laurence, Véronique, David, Alexis, Ali, Thierry, Christophe et Raynald. Vos rires vont hanter mes pensées pour longtemps, quand le ciel deviendra un peu plus sombre qu’à l’accoutumée souvenez-vous du grand frère Cabochard qui vous a boosté pour devenir des découvreurs de limites, je suis très chanceux de vous avoir rencontré. Un pas après l’autre la vie n’est qu’une succession de petites choses ordinaires qui rendent nos existences extraordinaires…

Une palme au large!

4 juin 2015 par Frank 2 commentaires »
Une caresse à mon pote le mérou!

Une caresse à mon pote le mérou!

Eh ben ! Et dire que le détroit de Bonifacio est l’un des coin de Méditerranée les plus ventés, aujourd’hui pas un souffle d’air avec une température de 32° !!! Oui je le crois les stages Bout de vie sont bénis des Dieux. Pour la quatrième plongée c’est assez exceptionnel de voir l’aisance que toute l’équipe au complet. Les plus peureux ont eu le déclic, les plus aguerris ont mis une palme au large. L’apesanteur ne fait plus souffrir les moignons, le grand bleu à ce pouvoir de passer à la trappe les anciennes histoires. Le temps me manque pour tout vous décrire, les mots n’auront jamais l’émotion que procure ses moments de silence. Comme je le dis en boucle un souvenir ne s’achète pas il se vit, et là cela prend encore plus de sens. La porte du large est orné d’une arche de granit, les mérous en sont les gardiens, passer ce monument minéral est un appel à un voyage de l’intérieur. Des milliers de tessons d’amphores témoignent d’un naufrage d’un temps passé, notre imagination a le temps de buller et d’imaginer de pauvre marins romains en détresse. Ce soir le pont de la Galiote est un havre de paix ou les sourires se partagent. Vive la vie en mer…

La mascotte ravie par les crêpes de la cuistot Claudia...

La mascotte ravie par les crêpes de la cuistot Claudia...

Le bonheur dans une grande baignoire!

Le bonheur dans une grande baignoire!