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Qui sommes nous ?
Bout de vie… est née de la rencontre, de l’amitié et de la collaboration de personnes issues d’horizons différents, fortement sensibilisées par la cause des personnes amputées. Réunissant amputés et non-amputés, la même foi anime ses adhérents : l’amour de la vie. Notre association n’a pas vocation à regrouper exclusivement des amputés !!! Bien au contraire !!!

Objet de l’association
Bout de vie… a pour objet d’aider et accompagner les personnes amputées quel que soit leur âge, la nature, le degré et l’ancienneté de leur mutilation, à disposer des « clés » et « outils » leur permettant de tenter d’appréhender, d’intégrer, de s’adapter et de surmonter leur différence par la valorisation de leur potentiel de vie et du sens du dépassement de soi.
Plus concrètement, Bout de vie… se donne pour objectifs :
– de promouvoir la cause des personnes amputées auprès des pouvoirs publics et de l’opinion publique;
– de faire prendre conscience aux personnes amputées de leur potentiel de vie;
– de promouvoir les initiatives personnelles et collectives de personnes amputées;
– de briser l’isolement dans lequel se terrent les personnes amputées;
– de dynamiser la recherche et l’innovation en matière de prothèses;
– d’aider les personnes amputées à concrétiser des projets de vie dans les domaines sportifs et culturel;
– d’assurer le financement d’appareillages spécifiques en présence d’amputations « orphelines »…

Notre LOGO

Nous avons choisi comme symbole de notre association un dauphin dont la queue est détachée du corps. Au-delà de l’illustration évidente de l’acte d’amputation, le dauphin symbolise la joie de vivre et la sociabilité à l’extrême.
Tout un programme lorsque l’on sait que toute personne amputée souffre d’un déficit chronique de contacts sur l’extérieur…. faute à sa différence.
La présence d’un soleil en clin d’oeil symbolise l’espoir et la joie de vivre que souhaite véhiculer l’association.

Les derniers articles du site :

Le bonheur plutôt que la souffrance…

23 juillet 2019 par Frank 1 commentaire »

Les jours s’égrainent paisiblement là haut dans ma petite maison bleue. Ici le temps semble s’être arrêté, ici le silence est le seul point de repère d’un été qui n’a pas de nuit à cette saison. Tout est différent mais si ressemblant. Différent du paysage, de la température, de la nourriture, du comportement des Groenlandais. Mais si ressemblant sur la vie avec la naissance, la douleur et la mort. Cet hiver le doyen du village Joan est parti rejoindre les étoiles. 82 hivers à s’adapter, à écouter le gémissement des icebergs qui se désintègrent. Pas du tout pratiquant, je me suis rendu au cimetière juste derrière la maison pour me recueillir. Juste à côté Anne-Marie qui est partie encore jeune le 25 décembre 2017. Je me souviendrais d’eux, comment les oublier. La naissance, la douleur, la mort. Le seul lien qui relie les hommes, le seul pont où la Fraternité prend encore un peu de place. Ma part de douleur cette année je l’ai embarqué un peu aussi avec moi. Ma bonne prothèse qui se brise en deux à quelques jours du départ mettra la pression à ma « guibologue » qui devra réaliser une nouvelle jambe en carbone en moins d’un week-end. On a testé, on a réfléchi mais mon moignon est greffé et sa sensibilité est astreignante. Pendant la semaine avant mon départ, je me sentais très bien dans mon emboiture mais la canicule a dû me jouer des tours, en me faisant enfler le moignon plus que d’habitude. Mon arrivée à Kangerlussuaq m’a donné certaines inquiétudes sur des brûlures, qui se sont transformées en plaies. Mais pourquoi devrais-je me plaindre, n’est-ce pas un privilège hors-norme d’être là, n’est-ce pas magique de pouvoir partager la vie d’un village inuit pendant tout un été. Alors j’ai bricolé, découpé, râpé, mon emboiture en carbone et doucement mes blessures s’estompent, se volatilisent. La souffrance physique trouve toujours des solutions, la souffrance du cœur est bien plus pénible, bien plus destructrice. Cette année la maison bleue a un air de fête, puisque ma chérie m’a fait le bonheur de me rejoindre pour découvrir cette Terre incroyable qu’est le Groenland. Quelle joie de partager avec elle, mes maigres connaissances sur cette région du monde encore si peu fréquentée.  Quel bonheur de vivre ensemble des simples moments de pêches, de récoltes, de croiser ensemble, les regards enjoués bien que silencieux, des habitants d’Oqaatsut. La vie à la cabane n’est pas des plus simples, pas d’eau courante, pas de sanitaire, ni d’électricité. Mais quelle importance, la vie ici détient l’huile essentielle d’une existence à fleur de nature, en intimité avec les éléments qui en un claquement de doigt peuvent vous transformer en « qivitoq ».

Marie-Noëlle s’extasie de chaque moment, de chaque sortie, l’émotion la tient à fleur de peau. Certaines remises en question surgissent sur notre société frénétique, sur le toujours plus, sur la surconsommation. La magie du Grand Nord est un enseignant de grande qualité, il suffit de se poser et d’écouter.

On vous embrasse bien fort depuis la Terre des Niviarsiaq.

Takuss…

Rencontres du bout du Monde…

18 juillet 2019 par Frank 1 commentaire »

Collé, le nez au carreau, je suis contemplatif. Ma journée de restauration s’est déroulée à merveille, Je cumule quand même 12h de travaux consécutifs ! La prothèse qui me faisait souffrir a été retouchée, mes petites plaies sont sur les voies de la guérison, la vie à la petite maison bleue du Grand Nord est douce. Dehors le ciel est gris cendré, depuis ce matin le crachin et une bonne brise d’Est rendent le coin exactement comme je les aime, puissant, mystérieux et silencieux. Dans toutes mes expéditions polaires j’ai eu le bonheur de squatter des cabanes surgissant de nulle part. Sur les rives du fleuve Yukon, la cabane d’un certain Mr Brown (son nom était écrit sur son journal de bord posé sur la table) devait m’accueillir pour une douce nuit chauffée par un bon poêle à bois. Dehors les grizzlis voulaient jouer, mais j’étais trop fatigué, et un peu apeuré pour partager leurs joutes. En quittant les lieux je laissais un œil de St Lucie sur la table, la famille, qui sans le savoir m’avait accueilli, allait découvrir un jour ou l’autre qu’un solitaire au long cours avait trouvé refuge chez eux. En Finlande, il en est de même, au Canada, en Suède… Ces cabanes m’ont toujours reçues au bon moment et avec beaucoup de bonheur. Mon beau kayak, « Immaqa » bien calé sur la berge, je savourais la paix et le silence que m’offraient ces havres de sérénité. A chaque fois, je devais reprendre la route pour aller jusqu’au bout de mes rêves, de mes folies, de ma quête de liberté débordante et à chaque départ j’en avais le cœur déchiré. J’ai toujours rêvé de posséder ma bicoque dans le Grand Nord. Dans les parages de Whitehorse, capital de l’état du Yukon, mon pote Robert qui vivait dans cette forêt depuis plus de 20 ans avec sa famille, essayait de me convaincre d’y construire une cabane. Pendant 10 jours j’arpentais les sommets, je découvrais ses lacs, ses torrents poissonneux, même les ours me semblaient plus dociles ! Mais je devais rentrer en Corse. Puis ce fût là haut en Norvège, à quelques kilomètres de la frontière Russe face à l’océan Arctique. Ruan, un pote installé là haut,  me proposait une vieille cabane parfaite pour le poète-nomade que je suis. J’évaluais  le pour et le contre pour finalement renoncer. Mais l’envie d’un pied à terre polaire, n’y voyez pas un mauvais jeu de mot d’unijambiste, a été assouvie. Un jour de ma vie de baroude j’ai finalement trouvé « ma » cabane, ma tanière, mon refuge. Né à 300mts à vol d’oiseau de la Méditerranée, je vous aurais pris pour un hérétique si vous me disiez qu’un jour je serai assis dans ma maison au Groenland à écrire mon journal de bord tout en scrutant les Icebergs glissants vers leur fin lointaine. La vie réserve des situations incroyables, improbables. Mais pour cela, il suffit de les provoquer, de les désirer plus que tout au monde. En voyageant dans ces régions isolées, chaque rencontre avec un autre étranger, est le début de récits incroyables. Pendant cette première semaine, j’ai rencontré les armateurs du voilier canadien Lifesong. Lui, Christophe, français d’origine naviguait dans les mers australes comme charter. Elle, Emmanuelle, québécoise, une baroudeuse défiant les océans en kayak et escaladait les montagnes les plus dangereuses au monde. En Antarctique la vie les a unis et depuis ils naviguent autour du globe. L’hiver dernier ils ont vendu leur bateau pour en racheter un plus grand. L’ouragan Irma avait mis au tapis pas mal de voiliers aux Antilles. Un plan Garcia de 22mts avait été ravagé par la tempête. Mais la vie, quand on s’en donne les moyens, vous aide. En 8 mois de travaux forcés, ils réussissaient à prendre la mer pour un tour du monde. A bord, un moussaillon avait vu le jour. Comme quoi tout est possible. Puis toujours dans cette première semaine, ce fut la rencontre d’Hervé. Il est guide de kayak et de temps à autre l’été, il fait relâche à Oqaatsut. Ayant passé sa jeunesse en Union Soviétique, son père était ingénieur pour une société française implantée en URSS, il causait couramment le russe. De retour chez lui dans le var un matin de juin pour ses 35 ans il se lançait pour un tour du monde. Partie en kayak vers l’est il traversait le monde comme il pouvait. Dans la Caucase,  il optait pour une charrette tirée par un cheval mais au premier frimât de l’hiver le canasson se faisait la malle ! A Vladivostok face à l’océan pacifique, un cargo l’amenait au Japon puis au nord des USA qu’il traversait en vélo. A Terre Neuve, il embarquait sur un voilier français. Le voila en route pour Ilulissat avec son vélo qu’il n’a pas abandonné ! Puis en avion un transfert vers Copenhague et un retour à Hyères chez lui…

Comme il est bon de trouver d’autres rêveurs, d’autres poètes des temps modernes. Au bout du monde, les nomades se rencontrent enfin, ils échangent, connaissent les mêmes personnes, vivent les mêmes galères, les mêmes joies. Dans les fourmilières des villes, le confort a anesthésié beaucoup de monde, les mêmes craintes bloquent ceux qui auraient encore le courage de tout plaquer pour vivre leur rêve. Alors vous qui êtes derrière votre écran, pensez que ce n’est pas impossible. Sachez que la Liberté est le plus beau cadeau que la vie nous offre et ça, tout les jours. La chance n’existe pas, elle se provoque, osez et vous aussi un jour on se rencontrera au bout du monde.

Voyager ce n’est pas changer de pays, voyager c’est changer de monde…

Gogogo !

Paix et zenitude…

16 juillet 2019 par Frank 1 commentaire »

Décalage horaire de 4 heures, changement de température et surtout vie du village au ralenti. Pour un gars hyper actif comme moi, il me faut m’adapter. Ici c’est la haute saison touristique, il peut y avoir un passage éclair de 20 touristes, qui en 2 heures de temps dégainent leur reflexe et smartphone pour cocher la case Groenland. Mais je vous rassure ce n’est pas tous les jours et d’un certain côté cela m’amuse beaucoup de les voir s’embourber dans les marécages où poussent les magnifiques fleurs de linaigrette. Elles ressemblent à des bouts de cotons perchés sur une tige verte et haute. Dans certaine partie du monde boréal, cette fleur aurait des pouvoirs chamaniques …

Dès mon arrivée à Ilulissat, j’ai croisé des copains pêcheurs et cela m’a fait chaud au cœur de les voir descendre de leur embarcation pour me saluer. Le Groenlandais n’est pas un grand expressif et cela démontre leur affection à me voir chez eux. Au village quel calme, 23 habitants et du silence à n’en plus finir. Les dénotations se succèdent, mais n’y voyez aucun acte terroriste, ce sont les icebergs qui sous l’effet du soleil, explosent en mille morceaux. J’ai retrouvé la cabane avec une joie immense, seule une fenêtre a souffert des coups de vent hivernaux. Mais j’ai de la réserve de carreaux et en deux coups de cuillère à pot je les ai changé. Je me suis installé, cela fera le troisième été que je la restaure et tout doucement elle prend de la gueule. Mon bon copain Steen, passe me voir. Il est chaleureux, souriant et avec lui je me sens vraiment bien. Il insiste pour un « kaffimiq », alors avec joie je me rends chez lui et sa femme Sara-Mina. Le café est servi brûlant, il est 18h je sens déjà une nuit blanche. Pas grave ! Nous papotons de nos hivers respectifs, quand je pense aux allers-retours que j’ai parcouru cet hiver avec mes conférences, eux sont restés gentiment chez eux à écouter le temps qui passe. Je leur annonce la venue toute proche de ma fiancée, ni une ni deux nous sommes invités pour un diner. A base de viande de phoque, bien entendu !!!

Mais si je suis là, c’est aussi pour continuer la restauration de ma maison, ponçage, masticage, peinture, la tache est ingrate mais nécessaire, je me réjouis d’être ce bricoleur polaire. Cette année je suis un peu mieux organisé, du coup je me sens encore plus à l’aise. Ici pas d’eau courante, ni d’électricité. Au centre du village il y a un distributeur d’eau de mer qui est désalinisée, alors avec ma brouette et mes jerricans , je fais ma balade quotidienne. A la maison communale où je prends mes douches, il y a des prises de courant, c’est là où je recharge mes « gadgets ». La douche est ouverte qu’en semaine de 9h à 16h, il ne faut pas arriver en retard, surtout après être saupoudré de plâtre poncé…

La paix de ce village est rafraichissante, c’est un havre de paix où il fait bon vivre. Bientôt mes jeunes stagiaires vont arriver, j’espère qu’ils apprécieront ce moment de partage…

Je vous envoie plein de fraicheur et de zénitude polaire.

A pluche…

Oqaatsut enfin…

14 juillet 2019 par Frank 2 commentaires »

C’est depuis ma petite maison bleue que mon journal de bord est rédigé enfin.

Pujoq (brouillard), le mauvais farceur a bloqué une partie du Groenland pendant deux jours. Resté bloqué à Kangerlussuaq est une sacrée punition, quand tu sais que le paradis n’est plus qu’à 45’ de vol. Mais voilà que tout a une fin et le Dash8 vol en coupant sans ciseaux le ruban du cercle polaire, 66°33’ Nord. Mes bagages sont là aussi, il me reste à trouver un taxi pour m’amener directement au chevet de mon petit bateau. La personne qui me l’a vendu n’est pas un foudre de guerre, un souffle dans un verre et je pense qu’il y perdrait vite pied. Par « messenger » tout l’hiver je lui ai rappelé les travaux qu’il s’était engagé à faire à la vente du bateau, il y a plus d’un an ! Oh miracle tout est en place, enfin presque !!! MDR. Je sais où je suis, donc c’est à moi de m’adapter. Le petit Poka est recouvert de sable, avant que le camion grue ne vienne, je m’active au mieux pour lui rendre un air normal. Le vide vite de la double coque étant complètement grippé, je l’avais dévissé et décollé, il me faut procéder à l’envers, coller au Sika et vissé.  Il est 13h30, à 15h le camion devrait être là, je croise les doigts pour que tout polymérise à temps. Juste à côté se trouve le Spark (chaine de produits de bricolage), je dois trouver un chauffage d’appoint pour la maison, l’année dernière on m’en avait prêté un. En même temps je me dis que ce serait intelligent de prendre aussi un sac de plâtre pour finir de colmater les fissures de la pièce de ma maison et conclure une fois pour toutes les peintures intérieures. Mais cette année il n’y a pas de plâtre !!! Soupir ! Donc je charge mon chauffage et au pas cadencé, me rend au Pissifik (chaine de grand supermarché) pour acheter quelques vivres. A mon retour il est 14h45 et le camion est déjà là. Ni une ni deux, mon petit bateau prend les cieux pour être chargé. Sans corde à nœud je me hisse dans le cockpit de ce camion immense et nous voilà partis pour un remake du Paris-Dakar avec un bateau à peine fixé. Je croise les doigts, serre le grigri que m’a offert ma chérie avant de partir et nous voilà enfin au port, le bateau est toujours là, ouf ! Le port est très encombré mais surtout une immense couche de peaux de crevettes embaume la mise à l’eau. Ilulissat est une plaque tournante de la crevette sauvage arctique et tous les restes sont jetés directement à la mer. Aujourd’hui le courant était dans le bon sens, pouha !!!

Haut de 5mts, le mur du ponton est plus qu’hostile, en un claquement de doigt je dois grimper à bord du bateau encore en l’air, un vrai exercice de cirque. Heureusement que je ne suis pas handicapé ! Ouf, j’ai réussi mon saut ! Ce serait ballot de patauger au milieu des carapaces de crevettes dans un océan à 4°. Ben oui, c’est l’été donc elle est bonne !

Le moteur part au quart de tour, pas de voix d’eau, la « pissette » du refroidissement moteur fonctionne, je croise les doigts la route va être longue jusqu’à ma maison bleue. A bord c’est un peu la panique, mais je m’en moque, coûte que coûte je veux arriver chez moi. J’ouvre mes sacs au hasard pour chiper des affaires chaudes. Pas le temps, je prendrais ce qui me vient le plus facilement. Je ne trouve pas mon gilet de sauvetage, de toute façon aujourd’hui je n’ai pas envie de nager. Mais plus que mon petit confort et ma sécurité, c’est l’épaisseur du brouillard qui me cause soucis. Mon GPS est à Oqaatsut et il va falloir y aller à l’instinct ! Je stoppe le dialogue interne qui me harcèle : le moteur, le brouillard, l’état de la glace, la houle… Aux oubliettes les pensées parasites !

Je pars tout doux en auscultant le bruit du moulin qui tourne rond, puis prend repère avec la luminosité du soleil qui semble vouloir m’aider. Donc c’est cap plein nord, c’est fou, je suis seul en mer !!! Je me mets en vitesse de croisière et tente de ne pas lâcher le nord. Je sais que c’est 30’ maxi avant de dénicher la passe de la baie qui me mènera à destination. A un moment je sens l’embrouille, le brouillard est si dense que la lumière du soleil ne passe plus. Je stoppe le moteur et hume le vent et tente de lire la houle. Damned, je suis trop ouest. Je repars en modifiant mon cap. Chaque iceberg croisé et un fantôme lumineux, l’effet est sordide et envoutant en même temps. Je garde le cap, la côte a disparu depuis un bon moment puis de nouveau je stoppe le moteur. Les chiens du village, oui je les entends, je n’ai qu’à suivre leur aboiement. Soudain, comme par miracle, je trouve la passe et l’immense baie d’Oqaatsut. Je cris ma joie, le village est devant moi. J’en ai les larmes aux yeux… Demain je vous raconterai la suite de cette belle aventure.

Que c’est beau, que c’est puissant, que c’est envoûtant. Ici le temps s’est arrêté, ici le présent à encore plus de place que dans le sud.

Je vous embrasse bien fort, je vais me mettre au chaud, 6° quand même. Ca c’est un bel été qui s’annonce…

Bloqué à Kangerlussuaq :

11 juillet 2019 par Frank 1 commentaire »

Le brouillard à Ilulissat semble tenace, depuis hier aucune rotation n’est possible. Ici pas de route, le seul pont est par les airs ou par l’océan. Les annonces toutes les deux heures sont les mêmes : fly canceled. J’ai une pile de bouquin, j’en sors un, je vais le lire dans la journée. Vers 17h c’est sûr je vais encore passer une nuit ici. Rassurez-vous l’hôtel du coin est plus que bien. Lit confortable et surtout douche et toilettes individuels ce qui est un grand luxe pour cette terre en permanence gelée. Après être sûr de ne pas partir ce soir, j’endosse mon sac à dos pour aller me balader. Ici ce n’est pas trop glamour, ce lieu n’est que la plateforme aérienne de la côte Ouest du Groenland. Un airbus par jour arrive de Copenhague, pas plus, mais après, d’ici les petits Dash8 desservent toute la côte. En calculant un peu c’est 250 personnes par jour qui partent et qui arrivent du Danemark. Cela me laisse pensif quant au monde qui est déversé quotidiennement en Corse en ce moment !

Donc j’emprunte une route en terre, la même qu’il y à 12 ans avec Nicolas Dubreuil quand nous avions traversé la calotte à pied en 34 jours de marche forcée sans la moindre assistance. Cette piste avait été taillée par l’industrie automobile allemande pour les tester sur la glace. Encore une folie des hommes. Je marche sans but, mon errance me porte sur un promontoire qui domine un fleuve boueux. La brise est la bienvenue, les moustiques sont tous aux abris. Dans la toundra des myrtilles me font de l’œil, puis ce sont des massifs d’épilobes à feuilles larges qui donnent un peu de couleur à ce paysage poussiéreux.  Niviarsiaq, c’est son nom Groenlandais, signifie aussi jeune fille. C’est le nom que j’ai donné au projet de cet été et des années à venir. Emblème du Groenland, elle est éphémère. Ce qui me fascine dans cette jolie fleur c’est qu’elle résiste toute l’année aux frimas d’un hiver rigoureux pour renaître chaque saison estivale en lui donnant un air de fête, de joie. Comme ces gamins qui vont me rejoindre bientôt. Ils ont surmonté des cancers, des graves accidents de la vie, mais sont encore là pour hurler aux qivitoqs (croyance inuit, esprits malicieux qui hantent la toundra et les glaces) qu’ils sont encore vivants avec un avenir extraordinaire. La vie ici, plus qu’ailleurs est un présent qu’il ne faut pas louper, chaque seconde à son importance. En étant optimiste ile me reste encore 3 024 000 secondes à vivre alors pourquoi en gâcher une !!!

Vous aussi bougez-vous les fesses, soyez les explorateurs de vos âmes, de vos envies, de vos rêves. Allez-y jetez vous dans le vide, si vous avez rêvé bien fort vos plus beaux désirs, vous allez voir que soudainement vous allez certainement vous envoler… Go go go…

Bises à vous tous…

Angalatooq : (le voyageur)

10 juillet 2019 par Frank 1 commentaire »

Angalatooq : (le voyageur)

Tel l’oiseau migrateur je suis déjà loin de la Méditerranée, loin du bruit, loin de la chaleur, loin du surpeuplement. Là-haut au pays de Nanoq, tout est différent, tout est plus grand, plus silencieux, plus respectueux mais plus compliqué aussi !

En 2005-2006 avec mon Grand Dume, nous traversions un océan en ramant. 54 jours à écouter le bruit de la houle, à gérer les eaux salées qui nous burinaient le visage, à savoir des larmes ou des lames, qui nous auraient marqué le plus ! A bord de notre yole de mer un seul livre, celui de Gilles Elkaïm « Arktika ». Ce livre me passionnait, les mots de cet incroyable explorateur polaire, développaient ma curiosité. Je n’aurais jamais pu imaginer que moins de 90 jours après avoir parcouru 5500km à la force des poignets, j’aurais rejoint un groupe d’ancien militaires Russes pour atteindre à pied et en totale autonomie la latitude 90°Nord à pied, le mythique Pôle Nord. De ce jour rien ne fut plus pareil, Gilles Elkaïm devenait un copain et d’autres fous rêveurs me faisaient confiance pour des odyssées de dingue. Déjà 13 ans.                                                                                                                                      La traversée du Groenland d’Ouest en Est fut pour moi, une des expériences les plus compliquées de ma vie civile. Les 34 jours de marche forcée en tirant un traineau de 120kilos, m’ont demandé une énergie hors du commun. Mais le Kalaallit Nunaat m’a happé, m’a charmé et depuis 3 ans j’y possède une belle maison bleue. Oqaatsut (Cormoran) est un village de 23 habitants silencieux et souriants. Pas de voiture, pas de burn-out, les seuls bouchons sont ces gros « glaçons » qui partent pour un long voyage de 6 ans en mourant au large de Terre-Neuve. Les chiens sont les plus nombreux que les habitants. De temps à autre, une meute hurle en retrouvant très vite le silence pour laisser place à une détonation qui vous fera sursauter. N’y cherchez pas quelques raisons guerrières ou clandestines, ce n’est qu’un gros iceberg qui s’est désintégré. Je vais avoir quelques jours pour bricoler dans ma maison ; elle est âgée de 70 ans et en mode « restauration » mais une bonne partie des travaux est bien avancée. Puis ce sera la visite de ma « belle Vahiné » qui viendra découvrir ce monde si particulier, puis ce sera au tour du Grand capitaine du Drakkar à nous rejoindre. Le Grand Nord et nos blessures nous ont unis, rapprochés, en abattant le mur de nos différences. En grand seigneur, à titre personnel il a loué le voilier Polaire La Louise qui permettra à 6 « guerriers » Bout de vie de poser leurs sacs à bord pour une exploration hors norme.

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, je tiens absolument à vous rassurer. Jo Zef la mascotte est à mes côtés, comment pourrait-il en être autrement…

Proverbe Groenlandais : seuls la glace et le temps sont maîtres

La preuve ce soir au lieu d’être à Ilulissat, nous sommes bloqués à Kangerlussuaq. Malgré trois tentatives, le brouillard n’a pas permis au Dash8 de se poser…

Inuulluarit

PS : photos sur ma page Facebook Frank Bruno officiel

Été à Oqaatsut 2019…

7 juillet 2019 par Frank 2 commentaires »

 

Bonjour à tous,

Ce petit mot va vous rafraichir puisqu’il est posté directement du Groenland où j’ai posé mes sacs.  Début août, 6 adhérents de l’association Bout de vie vont embarquer à mes côtés, à bord du voilier polaire la Louise. Une croisière australe en baie de Disko, va leur dévoiler des moments qui resteront gravés à tout jamais dans leurs âmes. Les mouillages seront sauvages et silencieux, les activités seront simples : Ouvrir ses yeux et tout prendre. Balades à terre et sous-marine, agrémenteront les escales. Un journal de bord vous dévoilera tous les petits moments magiques de cette exploration digne d’une aventure à la Shackleton.  En attendant depuis ma petite maison d’Oqaatsut je vous offre un peu de fraicheur et de liberté.

 En m’inspirant de la phrase de Rasmussen :

Donnez-moi un océan polaire et du silence, je vous donnerai tout le reste

Un crowndfunding est en ligne, vous pouvez vous aussi apporter votre flocon de neige à la création de cet iceberg de Liberté. Cliquez ici

 

Offrez vous une part de rêve et de fraîcheur polaire sur ce site en ligne. (Films, tasses, t-shirts, sacs de plage…) Cliquez-ici

 

Projet en cours avec vous tous…

23 avril 2019 par Frank 11 commentaires »

 

Bonjour à tous, du 19 au 25 mai le 17éme stage de mer aura lieu comme chaque année en Corse du sud à bord du catamaran Nomade. Tout est calé, réservé, supervisé. Certains ont promis de faire un don, d’adhérer à Bout de vie, il est encore temps. Depuis cette année un système très facile et sécurisé est actif, je compte sur vous. http://www.boutdevie.org/adhesion/

 

D’autre part le samedi 4 mai je serai aux Sables d’Olonne dans le cadre du festival Les Ecrans de la Mer. Un stand Bout de vie sera tenu par Laurianne, Loïc et leurs amis, j’y serai aussi. Le samedi matin un jury me recevra pour présenter un projet parmi 8 autres. Celui de Bout de vie sera d’amener 6 jeunes amputés à bord du voilier polaire La Louise cet été au Groenland. Je vais avoir quelques minutes sur scène pour convaincre le jury et les chefs d’entreprises que c’est ce projet qu’il faut financer. Je compte sur vous pour venir dans la salle donner de l’émotion et de la force à cette future aventure.

Mécène, donateur, adhérant je compte sur vous. Le mécène principal de l’association Bout de vie viendra spécialement de Suisse pour nous soutenir, je compte sur vous pour partager, liker, causer, financer…

Le 1 mai une action de crowdfunding va être aussi lancée par des anciens étudiants de l’IFAG de Nantes pour le tour du monde à la voile de partage.

 Vous voyez ça bouge alors vous aussi participez à l’aventure Bout de vie…

Que Dieu vous prothèse…

 

La différence…

22 février 2019 par Frank 15 commentaires »

 

Différence…
Un sujet qui me tient à cœur, une croisade dans laquelle je me suis offert corps et âme et bien plus encore… La différence est un chemin long et sinueux, telle une route de montagnes corses. Nous sommes tous différents, et tous semblables aussi ! Pourtant la différence prend toujours le dessus. Dans notre quotidien la différence nous accompagne en boucle, on l’entend à longueur de journée. Elle nous flagelle, elle nous harcèle, elle peut même devenir notre maître d’école. Un homme, une femme… Et commence l’odyssée de la différence. Le blanc, le noir et elle reprend de plus belle. Le Ying, le Yang qui choisir ? Une jeune, un vieux, houlala quel scandale…La différence est le pilier de nos maux, la quintessence des guerres, des ruptures, des incompréhensions. Depuis longtemps je hurle qu’elle peut-être une force, mais au fil des années par moments on tente de m’en dissuader. Il me semble perdre de l’énergie. Vous qui me lisez, vous êtes différents du pauvre gribouilleur qui ose raisonner ici sur ce blog, pourtant si mes réflexions vous attirent, c’est que quelque chose nous rassemble, nous unit. Le seul lien : notre ressemblance ! C’est vrai que réfléchir fait peur, le temps nous est compté, les informations nous happent. Les flux de réfugiés aux aspects si différents nous effraient, les homosexuels de plus en plus fréquents sur la scène de nos quotidiens deviennent dérangeants, quant aux handicapés qui réclament de vivre comme tous le monde, cela est une utopie déstabilisante. Utopie, tiens donc, que vient-elle faire dans ce texte ?  Elle n’aime pas les règles rigoureuses où rien n’est laissé au hasard. Comment éduquer les citoyens pour les rendre meilleurs si les lois inébranlables ne laissent aucune place à la folie du rêve ? Un pauvre fou avait hurlé : I have a dream. On l’a vite assassiné de peur que sa différence gagne une bataille. Trop de différences fatiguent, trop de différences usent, mais qui définit les règles, qui a créé ce serpent à deux têtes ? Nous et personne d’autre ! Nous sommes responsables de ce gouffre qui peut-être infranchissable, nos barrières doivent tomber pour faire des ponts. Ca aussi je le rabâche, mais moi-même suis-je sûr de ne pas avoir peur de la différence?  Je m’effraie tadalafilparis.com quand l’intolérance m’emporte, quand je ne supporte plus les « autres » ne vivant pas à mon rythme. Imaginez un monde avec des gens qui vivent sans télé, passant une partie de leur vie dehors à contempler les étoiles. Ouah cela serait désastreux ! La vie est Alchimie, la vie est trop précieuse pour ne pas s’ouvrir, pour ne pas aimer sans retenue. Alors comment faire, où est l’issue de cette question, où est sa réponse ? L’homme a toujours rêvé de transformer le plomb en or, la pierre philosophale, s’appelle l’amour. Et si nous devenions tous alchimistes, chiche !!!

PS: On peut aussi se retrouver tous les jours sur ma page FaceBook et sur Instagram

Pour commencer 2019 du bon pied…

5 janvier 2019 par Frank 17 commentaires »

Bout de vie rentre dans sa 16ème année, il me semble que c’était hier qu’avec une poignée de potes on l’a créée… L’année 2018 fut une fois de plus, riche en rencontres, en stages, en confidences. La semaine de mer reste le fil rouge immuable de l’association. Pendant ces jours de voile, les participants se fondent dans un environnement qu’ils n’auraient jamais pu découvrir de cette manière avant leur amputation. Sur le magnifique catamaran Nomade, skippé de main de maître par Christophe, nous avons caboté le long des côtes sauvages de l’extrême-sud de Corse. Une semaine où chacun a donné de son meilleur, où chacun a puisé dans ses limites pour découvrir sa nouvelle vie.  Au programme : apnée, kayak, voile, plongée sous-marine, le tout sous les projecteurs du très célèbre magazine télévisé Thalassa.  La soirée d’anniversaire fut remplie d’émotion, d’échanges, quelle belle fête! Francis Lalanne avait fait le déplacement pour l’occasion, au côté de Daniel Vincensini, leurs chants nous faisaient rêver à la « maison du bonheur ».

Perdre un bout de son corps est un choc d’une violence inracontable, indescriptible mais pourtant l’alchimie de l’existence, nous a remis sur pied pour avancer encore et encore. Les stages de survie maquis aussi sont une opportunité pour un public valide de se confronter aux contraintes d’une vie sous les étoiles avec le minimum. De temps à autre un éclopé rejoint le groupe pour apporter sa « boiterie » mais aussi sa force de vie. Un stage de survie spécial jeune, entre 15 et 25 ans eut lieu en plus de tout le reste. Là aussi la mixité valide, moins valide a marqué les esprits. Puis ce fut aussi le premier stage survie mer, là encore, un amputé en plus du guide, corsait l’aventure. Le programme était vaste et varié : découverte d’un milieu hostile, cohésion de groupe, gestion de l’eau potable, un beau programme pour souder une équipe formidable…

Bout de vie ce n’est pas que ça aussi, Bout de vie c’est aussi le Groenland où elle possède sa maison bleue.  Alors cet été, 6 jeunes se sont envolés pour vivre dans un village de 23 âmes sur la côte Nord-Ouest en baie de Disko. Perdu au fond d’un immense fjord, Oqaatsut a émerveillé ces aventuriers à cloche pied. Entre deux coups de peinture sur la façade de cette vieille maison, ils ont eu l’opportunité de naviguer au milieu des icebergs, des baleines et des phoques. La vie polaire se moque de la différence, les contraintes de vie tout là-haut, à 400km au nord du cercle polaire, sont tout autre qu’un mauvais regard ou d’une place de parking bleue volée par un imbécile. Là-haut, la vie est survie. Un faux pas, une faute d’inattention et c’est le carton rouge, c’est l’irréparable.  En ces quelques jours de baroude, j’ai vu les visages s’ouvrir. Chacun est allé chercher un « truc » qu’il n’aurait jamais trouvé ailleurs et tout ça, c’est grâce à vous les épaules de Bout de vie. Grâce à vous les mécènes, les sponsors, les donateurs de l’ombre, le parrain et président d’honneur Bixente Lizarazu.

Derrière tout cela, des heures à communiquer avec les nouveaux arrivants, avec les proches qui se posent des questions qui semblent sans réponse sur l’amputation. A rencontrer les scolaires, les universitaires, les entreprises, les festivals et les médias. L’Awards « Homme de l’année » m’a été remis par la très célèbre société Jaguar Land Rover à Paris, une pierre blanche de plus à la pyramide que nous construisons tous ensemble…  Donc 2018 est bel et bien terminé, que déjà 2019 offre de nouvelles opportunités de voyages, de stages et de rencontres… Un projet de Tour du monde à la voile en passant par le Groenland est en train de voir le jour, pourquoi ne pas rêver les yeux ouverts ? Pourquoi ne pas les réaliser, pourquoi ne pas y croire ?  La vie est un présent précieux, à nous d’en être les gardiens… Que 2019 soit l’année de la paix et de la sérénité…