Comme une bouteille à la mer…

9 mai 2016
Entouré des écris de notre vie d'aventure. A gauche celles publiées, à droites celles qui ne seront jamais publiées!

Entouré des écris de notre vie d’aventure. A gauche celles publiées, à droites celles qui ne seront jamais publiées!

Comme une bouteille à la mer je lance un message. Je ne sais pas si je dois dire incroyable, insensé, ou bien sage. Le Cabochard est en vente ! Le mois d’avril est passé et le poisson ranger dans la glacière, cela faisait quelques années que j’avais cette solution en tête, j’ai fait une fois de plus un pas vers l’inconnu, je dois me séparer de mon « petit » bateau. Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je puisse écrire ça. Depuis plus de 30 ans nous avons été complice, mes livres lui ont rendu toujours hommage, sur « mes » 4 Thalassa, il fût à l’écran, ma vie a été construite par ce « bout » de bois si sémillant. Mais un bateau est fait pour naviguer, c’est un bon moyen pour approcher une terre inconnue. D’abord sur la table à cartes on définit le nombre de milles restant, puis dans la nuit un éclat de phare apparaît, si le vent vient de terre on s’enivre d’une fragrance de la nature qui s’éveille, puis la côte sort de la brume. On ne parle pas leur langue, on ne connaît pas l’entrée de la baie, la carte n’est pas assez précise pour annoncer les écueils. Alors il faut affaler la voile semi-aurique et la lourde trinquette et réduire l’allure. Le soleil doit être dans le dos pour que les taches claires annonçant des hauts fonds puissent être aperçues, puis quelques maisons pointent le bout de leur toit, l’ancre est mouillée, le pavillon jaune demandant la douane, hissé. Le moteur est enfin stoppé, un vieux reflexe me fait ouvrir la cale-moteur pour voir si tout est en règle, tout l’est, à son habitude. L’envie de descendre à terre, n’est pas systématique, le pays, vu du cockpit me laisse encore un peu de rêve. Comme le dit si bien mon ami Sylvain Tesson : arriver sans être sur de rester, partir en sachant que l’on va revenir. Pendant ma vie de nomade des mers cela a été notre quotidien, un thé trop sucré en Turquie, une cité engloutie en mer Egée, quelques épaves à renflouer à Gibraltar, une Afrique du Nord bien nerveuse devant un invalide de guerre en mode croisière, et des rencontres à n’en plus finir. Le livre d’or du bord est un voyage à lui tous seuls ! Alors pourquoi s’en séparer, pourquoi lui tourner le dos, pourquoi ne plus vouloir humer son parfum de bois vernis ? Parce que ! J’y ai vécu à son bord pendant 22 ans, même ma fille, que j’ai perdue de vue, y a été conçue, mais je n’arrive plus à avoir la fibre pour repartir avec, j’ai d’autres rêves et l’entretenir me prend un temps de folie et une énergie de plus en plus difficile à trouver. Comme je suis maniaque, je le veux impeccable, parfait et pour ça il faut poncer, mastiquer, lustrer, mais les heures filent et de nomade libre, je me sens de plus en plus armateur prisonnier. La décision ne fût pas simple, mais je sais que la vie lui mettra sur sa route un fou rêveur qui songe de découvrir le mare nostrum autrement qu’avec un « truc » en plastique de série. Le Cabochard est unique, en 30 ans je n’ai jamais vu son sister ship, incroyable non ? Tu m’étonnes, c’est avec mes petites mains et beaucoup d’énergie que je l’ai rendu comme il est aujourd’hui. Depuis que j’ai mis des annonces je reçois des demandes de dossier, je ne suis pas un vendeur qui cherche sa marge. Pour moi le Cabochard n’a pas de prix, et ce n’est pas une transaction que je veux réaliser mais une transmission. Ne montera à son bord que le rêveur, celui qui saura être humble, le Cabochard n’aime pas les fanfarons, le marin sera systématiquement refusé, seul l’habitant de la mer sera toléré. Le nouvel acquéreur est un gars qui va devoir supporter mes explications sans « peut-être », mes trucs et astuces qui font de ce bateau presque cinquantenaire comme sorti de chantier. J’ai tout mon temps mais l’heure est arrivée. Ce soir j’écris ces mots tout seul dans la cabane, là-bas au fond du golfe le Cabochard est bien amarré, devant mes yeux sur l’étagère sa maquette et les trois tomes du grand voyage que nous avons fait ensemble, bientôt de lui, il ne me restera que ça. Je suis ému mais pas triste, je suis touché mais pas frustré, je suis « tout chose » mais certain d’un happy end. Voilà mes amis, faîtes tourner cette infos, faîtes que ce petit bateau puisse encore permettre de découvrir de nouveaux horizons, celui qui osera la démarche sera lui aussi un Freeman, c’est si rare à notre époque…

Elisa graine de championne…

3 mai 2016
Elisa ou la totale liberté

Elisa ou la totale liberté

 

Depuis 13 ans Bout de Vie tente de changer le regard des bipèdes, sur vous, sur nous, les « raccourcis ». Une longue croisade qui tout doucement donne ses premières boutures, j’aurais pu dire qui dévoile de nouveaux pieds ! Je me souviens d’une petite- fille de 3 ans qui posait sa petite prothèse sur la Galiote, elle venait à peine de perdre sa jambe, sa maman était soucieuse, mais Elisa ne voyait pas pourquoi son entourage s’inquiétait autant, avec deux ou une jambe sa vie ne serait que force et défi. Puis elle est venue aux 10 ans de l’association, je sentais une ado pleine d’énergie et de volonté alors elle a rejoint seule, le stage de plongée deux ans après. Une semaine où, elle a découvert de nouvelles limites, un nouvel horizon. Un jour de grand vent sur la plage arrière du bateau je l’engueulais pour qu’elle trouve sa serviette, car trempée comme un mérou elle grelottait face au mistral. Du haut de ses 12 ans elle me lâchait une tirade que je ne pourrais oublier : Si un jour tu m’amènes dans le Grand Nord il faut que je sache gérer le froid.  Ni une ni deux pour ses 14 ans elle embarquait pour une aventure hors norme. Vivre sur une île déserte de la côte Ouest du Groenland en autonomie complète, elle était la cadette du groupe. Là-bas sur la terre des « Nanoq » elle m’a ému profondément, elle a su s’adapter de manière remarquable. Nos journées étaient composées soit de balade en canoë, soit de randonnée en terrain très accidenté. Une muraille encerclée l’île et pour rejoindre le haut plateau à 600Mts au-dessus du niveau de la mer il valait crapahuter sur des corniches assez vertigineuses. Son emboîture l’avait blessée, mais pas une seule fois je ne l’ai entendu se plaindre, pas une fois je ne l’ai vu grimacer. Après 3h de marche nous trouvions une montagne sans nom, depuis sur l’île d’Ataa un sommet s’appelle le mont Elisa. Le retour en France, après de si belles expériences, permet de comprendre dans quel luxe nous vivons, dans quel confort nous évoluons. Alors Elisa encore plus forte, encore plus haut, continue sa vie de jeune femme et hier la une du quotidien régional Sud-Ouest lui a consacré un bel article dont voici un extrait qui m’a beaucoup touché :

L’adolescente, d’une maturité impressionnante, a même participé à des stages de survie, dont un au Groenland, avec l’association Bout de vie. « Je suis devenue plus volontaire, curieuse, résistante. Abandonner, ce n’est pas dans mon état d’esprit. Et quand je vois une personne valide abandonner parce que c’est dur, je l’encourage à continuer. »

Cliquez ici pour voir la totalité de l’article.

Pour conclure ce billet, je tiens à remercier toutes les personnes qui de prêt ou de loin permettent à Bout de Vie d’œuvrer dans ce partage si essentiel. Bout de Vie n’est pas là pour assister les amputés, Bout de Vie a la seule vocation de permettre à qui veut de vivre plus fort qu’avant.

Que Dieu vous prothèse !

On se montre ou pas?

11 avril 2016

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Comme il est de coutume à dire c’est le retour des beaux jours. A mes yeux, chaque jour est le plus beau, mais je m’égare, ce n’est pas le but de ce billet. Qui dit retour de la chaleur, dit effeuillage naturel de nous tous, mais pour certains cela devient un stress des plus marquants.  En effet, se dévêtir avec un bout en moins demande de dévoiler ses extrémités, je parle des bras et des jambes, bien sur ! Le printemps fut pour moi une période détestable mais cela n’a pas trop duré, il m’aura fallu une bonne « perte de gueules » en public pour dénuder ma prothèse. Vous, derrière vos écrans peut-être aussi êtes dans ce cas de figure. Vous n’êtes pas seul, chaque année le stage de plongée sous-marine qu’offre Bout de Vie le démontre, comme par enchantement au bout de la semaine plus personne ne cache son bout perdu. L’effet miroir est très important, une personne aigrie, ronchonne contre notre société, ne pourra s’attirer que tracasserie et isolement. Une personne joyeuse, positive sera en proie de prendre tous les éclats de joie de son entourage. Il est en de même pour le « handicap », si nous le vivons mal, personne ne se sentira à l’aise autour de vous. En acceptant sa situation, le cercle sociétal ne le verra plus de façon dramatique mais le classera sans suite ou juste avec un petit coup d’œil curieux, par manque de connaissance. Vous, fidèles lecteurs, vous connaissez ma manière d’écrire, de penser, alors encore une fois je vous le rabâche; la nature, elle, ne juge pas, alors ne vous glissez pas dans la peau de la victime pour rendre mal à l’aise vos « colocataires » de plage ou de piscine. Depuis que Bout de Vie se déplace dans les écoles, en quelques années, ces enfants qui grandissent, entrevoient le handicap comme une différence et pas plus. Il ya quelques jours, pendant l’une de mes sorties vélo, me rattrape, au bout d’un long plat descendant, sans vouloir me blesser, un autre cycliste. Il me lance sans crier gare :   « oh lala c’est la première fois que je roule avec un handicapé, oh c’est bien pour un handicapé de faire du vélo. » Au premier temps de mon amputation je l’aurai poussé dans un ravin de ronce, mais le temps a passé, alors plutôt que des mots assassins j’ai préparé ma sortie théâtrale. J’ai calé mon rythme cardiaque, je me suis repositionné au mieux sur ma machine et au pied d’une côte que je connais par cœur, j’ai lâché les chiens fous qui sommeillent en moi. Comme une mobylette j’ai avalé le dénivelé pour ne plus voir qu’un tout petit point essoufflé, tout là-bas derrière. Au bout de quelques kilomètres, je l’ai laissé revenir sur moi et lui ai susurré ceci : Vous avez dit handicapé, en vérité c’est juste différent ! Chacun sa technique, chacun sa vérité mais je sais désormais que ce brave cycliste, revisitera son vocabulaire et ne verra plus en un unijambiste un pauvre « handicapé » à mettre en case « du pôvre homme » mais en un sportif taquin qui lui a mis les pendules à l’heure. ..

Allez, les amis, sortez, dévoilez vos différences, la vie est trop courte pour vous embarrasser de contraintes. Laissez aux autres les plaintes et les noirceurs du quotidien et profitez de chaque instant qui arrive. Souvent je me dis que tout ce que je vis c’est du sursis, alors je bouffe l’existence. Que Dieu vous prothèse !!!

La simplicité volontaire

4 avril 2016
J'écoute les conseils de la cascade!

J’écoute les conseils de la cascade!

La simplicité volontaire

Mes billets sont plus rares car il me semble bon d’aller de plus en plus vers l’essentiel, alors aujourd’hui je m’envole vers une pensée qui me tient à cœur : le minimalisme. N’y voyez pas du simplisme, mais un quotidien qui de plus en plus me rassure sur ce choix de vie, qu’est le minimalisme. Notre société n’est basée que sur l’expansion, la croissance, le profit, la consommation mais rarement sur la qualité de vie. Une consommation toujours accrue conduit à des besoins financiers également accrus et donc à un surcroît de travail. Le toujours plus nuit à la vie simple, la course à l’éternel profit mène au « burn out », anglicisme à la mode. Vivre n’est pas une course mais un chemin, pas toujours paisible certes, mais qui vaut le coup d’être vécu en prenant le temps de comprendre, d’écouter plutôt que d’entendre, d’observer plutôt qu’apercevoir et surtout de délimiter ses «indispensables. Il y aura toujours mieux, plus moderne, plus dans le coup, mais cette démarche nous projette dans le labyrinthe infernal de la dépendance. Les crédits se croisent, les banques en font leur fonds de commerce, la pub à outrance balance des images subliminales qui ne laissent aucune chance au minimaliste en herbe. Il faut du nerf pour sortir d’une grande surface sans avoir eu le coup de cœur pour le « gadget » indispensable qui sera vite remisé au fond de la cave. Nous sommes maîtres de nos vies, capitaines de nos envies, mais pourtant le paraître prend toute la place, il ne laisse aucune chance aux « objets » réparés, aux envies décapitées. Qu’il est dur de résister aux chants des sirènes du toujours plus. Je ne propose aucune recette miracle, il y a certainement une application pour gérer tous ça, si si ; j’en connais une ! Elle est enfouie au fond de vous, alors démaquisez tout ça et devenez les seuls maîtres de vos envies. Pourquoi attendre une mesure gouvernementale pour utiliser moins d’énergie, pourquoi toujours devoir être « moutonné » pour comprendre que c’est notre vie et que personne ne doit nous l’enlever et nous la dicter.  Le monde est partagé en deux, il y a ceux qui passent leur vie à faire des régimes et l’autre moitié se bat pour ne pas mourir de faim. L’injustice est l’huile essentielle de l’Homme, mais au fait ! C’est vous, moi, toi, qui pouvez métamorphoser tous ça. Ce billet ne changera pas grand-chose, mais comme une pluie n’est qu’une multitude de gouttes d’eau je tente d’être l’une d’elles.

L’aventurier scénariste acteur américain Will Rogers disait

« Trop de gens dépensent de l’argent qu’ils n’ont pas gagné, pour acheter des choses qu’ils ne veulent pas, pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas. »

Tout simplement en sur-vie…

10 mars 2016
Le feu qui réchauffe le corps et les âmes...

Le feu qui réchauffe le corps et les âmes…

Créer la cohésion d’un groupe n’est jamais aisé, se lancer dans un stage de survie est une démarche volontaire pour rencontrer l’infranchissable, pour faire face au désir de renoncement sans jamais l’accepter. Alors qu’à l’autre bout du monde, à Bali, la journée du silence était respecté par tout un peuple, ici dans la vallée perdue, les marches étaient automatiquement silencieuses. Ce vide est indispensable pour entendre ce que la nature a de plus merveilleux à nous offrir, sa vibration. La quiétude amène au respect, mais notre vie actuelle n’accepte plus la paix, le calme, la sérénité. Le bruit est un mal sournois qui rend fou les hommes, pendant ces 4 jours de stage de sur-vie, nous essayons d’aller au plus profond de nos âmes. Pourquoi sans cesse absorber des infos qui rendent dingues, néfastes et qui sclérosent notre monde qui est si merveilleux. Alors nous avons fait un pacte avec les éléments pour prendre la peau de randonneurs égarés qui cherchent un moyen simple de s’en sortir. Nos sacs étaient composés du strict minimum, pas de superflus, encore moins d’affaire de rechange, quand on se perd, c’est pour certainement prendre un nouveau chemin qu’on ne pouvait soupçonner. Nuits sous bâche avec la pluie en guise de gardien, récolte de quelques plantes et champignons pour améliorer les nouilles chinoises et quelques astuces pour transformer cette expérience en une image de référence en cas de coup dur dans l’avenir, ont marqué les participants. Patient, souple mais aussi intolérant avec les non-respects des règles, nous avons échangé au coin du feu, les langues se délient toujours, perdre une jambe ou une personne de sa famille est une épreuve, le membre est envolé il ne reste que son souvenir. Pour les plus chanceux on peut le remplacer par une prothèse, pour les autres c’est un fantôme qui de temps à autre apparaît derrière un rideau de larmes. Chacun, du moins je l’espère, est venu chercher, l’infiniment subtile, la clé du jour où il sera égaré, le maquis de cette vallée perdue a des vertus insoupçonnables. Le cabochard que je suis, n’a pas été des plus tendres, par moments mes mots ont lacéré les acquis, ont botté le cul des têtes en l’air. Ma première vocation n’est pas la diplomatie, la vie en autarcie est ainsi, elle ne supporte pas les « moi j’ai fait », les randonneurs du confort qui se perdent au premier lâcher-prise. L’Aventure m’a mise tellement de claque qu’à mon tour je tente de transmettre la réalité d’une aventure de 4 jours avec un guide Freeman. Mieux que des mots des photos.

Un départ pluvieux

Un départ pluvieux

L'importance de toujours savoir où l'on est.

L’importance de toujours savoir où l’on est.

Découverte d'une vieille aire de battue pour les céréales...

Découverte d’une vieille aire de battue pour les céréales…

Le gardien du premier soir de bivouac

Le gardien du premier soir de bivouac

La progression dans le maquis est lente et fastidieuse

La progression dans le maquis est lente et fastidieuse

Après une matinée d'enfer vert le sommet est une libération

Après une matinée d’enfer vert le sommet est une libération

Le nombril de Vénus a multiples vertus que nous avons découvert ensemble

Le nombril de Vénus a multiples vertus que nous avons découvert ensemble

La descente est tout aussi contraignante!

La descente est tout aussi contraignante!

Le coin douche du soir

Le coin douche du soir

Girolles, bolets, pieds de mouton assaisonnés d'ail sauvage.

Girolles, bolets, pieds de mouton assaisonnés d’ail sauvage.

Deux bouts de bois un peu d'astuce et le blessé peut-être brancardés au travers d'un torrent à 8°

Deux bouts de bois un peu d’astuce et le blessé peut-être brancardés au travers d’un torrent à 8°

Concentration jusqu'au bout.

Concentration jusqu’au bout.

L'odeur des petits pains sont en train d'embaumer la forêt.

L’odeur des petits pains sont en train d’embaumer la forêt.

Pourquoi se mouiller les deux pieds alors qu'un peut être au sec!

Pourquoi se mouiller les deux pieds alors qu’un peut être au sec!

Malgré le froid la joie et la bonne humeur était de compagnie

Malgré le froid la joie et la bonne humeur étaient de compagnie

Une lavande des Stéchades

Une lavande des Stéchades

stage de sur-vie douce…

3 mars 2016
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Juste en forme l’accompagnateur!

Je reviens à peine de repérage, Houlà la, les conditions vont être au top. L’hiver qui n’est jamais venu cette année, c’est juste ébroué au bon moment. Les torrents ont repris de leur superbe, le terrain est détrempé à soin et mes copains les sangliers n’ont pas tous fini au fond de la marmite. En deux mots le summum pour un vrai stage de sur-vie douce !

Les 6 candidats sont dans les starting-blocks, le stage va bientôt pouvoir se réaliser. Comme à l’habitude il y a quelques abandons de dernière minute, mais cette fois j’ai anticipé et nous serons 6 au complet. 3 femmes et 3 hommes, un guide un peu boiteux et une vallée encore préservée. Dans le groupe un amputé en plus du Cabochard, la mixité est au rendez-vous. A une époque où l’aventure est virtuelle nous allons nous plonger au plus profond de nous-même. « Krotte en tas » et autres âneries télévisées pourrissent ce qu’est l’aventure. Vivre ses rêves c’est être en osmose avec son environnement, c’est fusionner 6 personnages en une équipe soudée et prête à se surpasser. Pas de feu de friction, ou de larves grillées, mais de la cohésion de groupe, des successions de petits gestes qui rendent la forêt douillette. Les marches seront courtes mais pénibles, le maquis ne prévoit pas le passage des gros sacs à dos, il aime bien voir le rêveur poser genou à terre. Mais pendant ces 4 jours le temps qui passe sera laissé dans le monde de ceux qui courent, ici on est ailleurs. Depuis quelques années maintenant j’en ai vu des sourires entre les gouttes de pluie et de sueurs, des moments de désespoir devant le torrent en cru, des grimaces quand il faut dérouler sa bâche sur un sol détrempé. Je me réjouis de pouvoir guider un petit groupe, qui je l’espère trouvera l’essentielle de la nature, sa quiétude et sa justesse. Les marches seront silencieuses, pas de blabla en randonnant, le bruit est l’ennemi du poète. Le soir auprès du foyer, si les élèves arriveront à l’allumer, ils pourront raconter leurs histoires mais comme par magie la plénitude de la vie de nomade efface d’où l’on vient et qui on est là-bas en face. Le crépitement du feu qui ronronne est bien plus ludique que n’importe quelle chaîne TV. Le craquement d’une branche dans le dos du campement annonce toujours un frisson collectif, bien qu’ici en Corse les derniers ours à avoir vécu sont d’époque moyenâgeuse. Le stage de sur-vie est tout simplement un retour à l’essentiel, à une vie minimaliste où tout le superflu est en mode « indésirable ».  Les gadgets modernes seront temporairement bannis, les écrans ont la fâcheuse manie de flinguer l’instant présent.  Il y a bien un endroit où on doit être attentif, cet endroit, c’est ici au milieu de nous-même. Plus aucun moyen de fuir l’instant présent, de combler le vide qui donne le vertige, de « virtualiser » sa vie pour la rendre plus vivante. Ici le moindre bruit, le moindre souffle, la simple miette trouve enfin sa vraie place.  Je me ferais un vrai plaisir à vous faire un simple récit de cette belle aventure.

Si vous aussi, vous êtes tenté par cette expérience sachez qu’il reste 2 places encore en novembre. Par contre si vous êtes un groupe de 4 minimums je peux étudier avec vous une date et un lieu. Le prix du stage est totalement reversé à l’association Bout de vie.

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Ration pour 4 jours pour 7 personnes!

A pluche !

Histoire d’eau

26 février 2016

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En écoutant les infos cette semaine, un journaliste annonçait que la région extrême du Sud de la Corse pourrait devenir en situation de sécheresse et que des restrictions risqueraient d’être appliquées pour certains agriculteurs, qui sur l’île, ne sont que des artisans avec de très petites exploitations ! Ni une ni deux, je m’infiltre dans les rendez-vous du matin de France bleu Frequenza Mora pour donner mon souffle. A-t-on oublié bien avant les petits paysans, de mettre des clauses strictes au niveau des piscines privées, des golfs (3 pour l’extrême Sud, région de France où il y a le moins de pluviométrie), et des ports où l’été les yachts de luxe et les compagnies de location de bateaux s’en donne à cœur joie en gaspillant l’eau potable. Ce n’est pas un coup de gueule mais plutôt une constatation affligeante, une fois de plus l’égoïsme basé sur la négligence et le manque de lucidité endosse le rôle du je -m’en- foutisme ! Les « escrologistes » comme il me plait de les appeler, nous bassinent, de sauver la planète. Au secours, c’est nous qu’il faut sauver, le jour ou les carburants auront disparus il y aura une guerre civile mais le jour où l’eau manquera, en quelques jours seulement nous nous déshydraterons avec un avenir certain en fossile. Pourquoi faut-il en arriver à des lois, alors que nous pouvons, en changeant notre quotidien, être ce Colibri qui entreprend de sauver la forêt embrassée. Ayant vécu plus de 20 ans sur un bateau j’ai appris la restriction de l’eau potable, en voyageant beaucoup, j’ai vu des régions en situation d’apocalypse car des « bien-pensants », qui en exploitant des mines à coup d’explosifs, ont fait disparaître les couches phréatiques. Chez nous sur l’hexagone trop de régions sont des zones sinistrées, avec des cours d’eau pollués. Les trusts de l’agriculture industrielle, réclament un allègement des restrictions sanitaires !!! En deux mots : ils demandent de tout détruire pour remplir leur compte en banque ! Des gars comme Pierre Rabhi, sont pris pour des illuminés, mais heureusement qu’ un mouvement de simple logique semble vouloir germer dans ceux qui ont un cœur à la place du portefeuille. De ma cabane je vois enfin mon potager prendre vie, pas d’engrais et encore moins de pesticide ne sont au programme, la vie elle seule me dira si quelques fruits et légumes seront les invités de ma table. Les natifs du Grand Nord canadien disent que la Terre ne nous appartient pas mais qu’elle nous a été prêtée par nos enfants.  Je vous laisse le soin d’y penser, de réagir, d’agir, l’eau potable est un luxe qui est notre plus grand trésor.

L’eau seule est éternelle disait Yun Son Do

 

 

 

 

Violence

16 février 2016

A hand writes the word "Violence" on a chalkboard.

Me voilà plongé dans une réflexion vraiment d’actualité, la violence. Un ami écrivain m’a demandé de lui apporter mon ressenti sur ce thème qu’est la violence. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté mais depuis sa requête je ne cesse de tout décortiquer ! La violence n’est pas dans les gènes de l’homme, du moins j’essaie de m’en convaincre, rien que sur ce point, cela a fait couler beaucoup d’encre. La justice ne reconnaît pas le chromosome de la violence pourtant il existe. On ne devient pas bon, on nait bon, ça c’est mon humble avis ! Sommes-nous violents de nature ou pas ? Comme je suis de nature optimiste je vais dire non, même si parfois l’actualité me met des doutes. En premier lieu tout commence par l’éducation, une famille calme et paisible devrait engendrer des enfants de même vibration, mais là aussi ce n’est pas certain à 100%. Et inversement une famille continuellement en état conflictuel donnera des gamins violents prêts à en découdre dès que l’on ne va pas dans leur sens. Puis vient l’école, lieu où l’élève est papier buvard tout en découvrant la vie de groupe avec les leaders et les suiveurs .L’histoire nous livrent ses horreurs de violence, la nuit de la saint Barthélemy, les assiégés de Massada, les tranchées de 14-18… Les premières injustices apparaissent, elles s’accumulent avec celle des parents. Les professeurs trop laxistes laisseront la braise se consumer sans jamais apaiser ces brulures. Puis la société, qui pourtant en France semble pacifiée, donne l’estocade. Si la personne n’a pas de repaire, de frontière, la violence pourra s’épanouir sans limite. La surconsommation, le paraître, l’appartenance communautaire et l’accumulation d’injustices sont les moteurs de la violence. Comment expliquer qu’une vieille dame toute tranquille, devienne un Mad Max des routes en prenant son volant, une vie de brimade la fera sortir des gonds au moindre écart d’un automobiliste étourdi. La violence est un manque de contrôle, une anémie de réflexion, un vide abyssal d’amour. Dans l’un de mes stages de survie j’avais des jeunes issus d’un quartier défavorisé, ils étaient tous déjà dans le viseur de la justice. En quatre jours ces gars sont devenus paisibles, tranquilles, voir polis parce qu’ils avaient trouvé leurs limites. Le manque d’analyse des conséquences donnera libre cours à un débordement catastrophique, la justice n’y peut plus rien car elle vient en bout de processus, nous sommes tous responsables de nos actes mais aussi de ceux qui nous entourent. Nous devons le respect aux autres mais surtout à soi-même, comment donner si on n’a pas ? Comment être aimé si nous n’aimons pas ? Le sujet est vaste et je vais continuer à noter, à réfléchir sur ce thème si vaste qu’est la violence. Votre avis m’intéresse…

“La violence est le dernier refuge de l’incompétence.” Isaac Asimov

 

Faire le deuil!

18 janvier 2016

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Dans le documentaire Frères de sport je finis le film par une réflexion qui vous a fait énormément réagir.  On ne peut faire le deuil de l’accident ! Beaucoup d’entrevous avez commenté, vous avez acquiescé à cette sortie sincère et sans tabou, j’ai tenté à chaque lettre de répondre au plus juste avec « mes » réponses, issu d’une expérience très personnelle, alors par ce billet je vais tenter de le développer, tout en allant à l’essentiel, une confidence pour vous tous, un peu pour moi aussi très certainement.

Le deuil quelque qu’il soit, est une épreuve de vie, personne ne peut y échapper, mais la soupe est difficile à avaler, encore plus à digérer. Les phases se succèdent plus ou moins dans le même protocole, mais la finalité est difficile à atteindre. Le choc, le refus, la colère, la tristesse, la résignation, l’acceptation et la reconstruction sont à mes yeux les multiples phases du coup dur qui traversent nos existences.  Le choc est éphémère, même si chaque seconde semble un siècle, l’immense coup de massue se métamorphose assez rapidement en refus total. Pas à moi, non ce n’est pas possible. Puis la colère nous prend en otage, on la masque par des calmants, des thérapies, des réunions philosophiques, même parfois la religion, pour ma part j’ai choisi la fuite, concrétisée par un voyage de plusieurs années. La mer pour ôter l’amer ! La tristesse prend de la place, elle s’installe confortablement, elle aime bien se glisser dans les nuits noires hivernales, alors elles salent nos joues, nos âmes, nos espoirs sont noyés sous une tonne de sel, mais le petit jour nous délivre jusqu’à la prochaine nuit. Alors le temps érode, corrode et on se résigne, on croit accepter, on pense devenir sage, mais sur une ruine on ne peut construire une nouvelle vie sainement ! La restauration d’une vieille maison est remplie de surprise. On gratte, on déblaie et on trouve une pièce oubliée remplie de poussière, de vieux manuscrits qui nous offrent des chapitres qui racontent, nos vies sous un autre angle. On époussette, et les yeux piquent de nouveau, on lit, on relit on décrypte, les mots sont des restes de maux, on doit panser, mais aussi penser, mais qu’il est difficile de cautériser ces plaies. Alors on prend du recul on essaie de voir de quoi se composent les restes, on pousse quelques briques, on établit un nouveau plan. Les passants passent, quoi de plus normal, nous on reste, à moins que ce soit le contraire ! Puis un jour pour certains, pour les plus sages, les plus grands, les plus sensibles, de la ruine, surgit une cabane qui nous rassure, qui nous surprend et même si quelques larmes s’invitent sous son toit, on apprend à vivre sans « toi », notre si beau passé…

Votre avis m’intéresse, nous intéresse, une bâtisse ne peut se construire seule !

2016 du bon pied…

4 janvier 2016
Si petit face à tellement de paix...

Si petit face à tellement de paix…

Avant de commencer ce billet mille mercis de tous vos messages au sujet du film Frères de sport, je ne m’attendais pas à autant de gentils mots, vraiment merci beaucoup, je suis très touché, très ému…

Comme l’exige la tradition c’est le moment d’adresser ses meilleurs vœux autour de soi. Pour ne pas égratigner cette règle je vous souhaite Pace, salute e liberta (Paix, santé et liberté).                                                                 Ah, cette sacrée liberté, celle qui ne supporte pas les compromis, celle qui refuse le paraître, celle qui n’admet aucun pacte, elle est rebelle et sans concession. Nous les abîmés de la vie, nous avons aussi droit à la liberté, quand je dis abîmé, je veux dire tout le monde, puisque à mes yeux, nous sommes tous amputés de quelque chose !  L’année 2015 a eu sa part d’horreur mais je n’en parlerai pas, ce serait faire trop d’honneur à cette bande d’ordures qui se prend pour le ver de la pomme alors qu’ils ne sont que poussière. Nous vivons une époque formidable, arrêtez de gémir en me traitant de fou, nous vivons au paradis alors que certains se croient en enfer. La médecine avance à grands pas, même si l’emboîture fait boiter parfois, vous vous prenez de plus en plus en main, même s’il vous en manque une ! Alors oui, notre époque est formidable, elle nous appartient, elle est en notre possession, ne demandons pas aux autres de changer, une vraie révolution c’est en soi qu’il faut la faire en premier. Bout de vie a fait sa part de boulot, des stages, des rencontres, des échanges, entre cassés par moments on peut troquer ses misères. Au bout de l’horizon, de nouveau le soleil, une autre baie abritée. Les résolutions c’est bien, mais ça ne dure qu’un instant, nos tempêtes ne sont pas là pour nous détruire, elles nous poussent dans un archipel inconnu, dans une île « étrangère ». Le chômage, les SDF, les conflits, une histoire d’homme, à nous d’ouvrir notre main, notre cœur, nos yeux. Je sais ça fait mal de changer ses habitudes, c’est compliqué de comprendre les « autres », moi le premier je me surprends de fuir dans certaines situations, la vie n’est pas une fuite, ni un combat mais un présent, qu’il faut savoir gérer, accepter…

Cela faisait un moment que je n’avais plus mouillé l’ancre de mon Cabochard aux îles Lavezzi, je les avais pris en grippe, je m’autorisais un « touch and go » avec le stage de plongée Bout de vie mais elle m’avait blessé par leur perversion à la masse, à l’étendage de serviette sur « mon » sanctuaire ! Puis l’anticyclone s’est perdu en cet hiver bizarre et sur la pointe de la prothèse j’y suis allé sans m’attendre à la paix ! Je me disais : « de toute façon on va te débusquer, y en a bien un qui va vouloir te dire un truc… » et ben non, le silence était le seul au rendez-vous. J’ai humé ces années passées là, à jouer au Robinson boiteux, j’y ai retrouvé mes marques, elles sont mes secrets, je les emporterais avec moi dans mon dernier souffle. J’ai plongé, dans mon sanctuaire, lui aussi c’est mon mystère. Puis la nuit venue, j’y ai vu de nouvelles étoiles, elles m’ont parlé de la liberté, de l’avenir, du passé, de là maintenant mais surtout elles m’ont dit de vous souffler ceci. Ne doutez pas de vous, vous aussi vous êtes des Freeman, levez le nez elles vous le diront aussi… Bonne année 2016