13h de vol 10h de décalage horaire et 20° en moins!
Mais je retrouve ma « squaw ».
Les yeux rougit d’un tel voyage on se retrouve enfin, elle me voit amaigri et vieilli avec une longue barbe poivre et sel, premier bouleau je la rase enfin; 10 ans en moins…
Brian et son épouse Chris l’attendent alors rendez vous dans ma famille d’adoption Alaskane.
Mon premier courrier m’est donné et oui pour ma vieille voiture je suis domicilié chez eux, je garderais l’enveloppe avec cette adresse atypique.
Brian me parle d’un lointain oncle qui vit avec son épouse dans le sud de la péninsule de Kénai vers le hameau très isolé de Soldevia, endroit coupé du monde puisque les seuls accès sont par la mer par beau temps ou l’hydravion. Au milieu d’une multitudes de fjord ils ont leur maison et vivent en autonomie sans eau courante et électricité depuis peu ils ont construit deux cabanes pour recevoir quelques privilégiés, bientôt nous allons y poser nos sacs… Véro trépigne déjà d’y être et moi donc!
Au fait, me demande elle! Il y aura des grizzlys là bas?
Avec Jo Zef ont croise les pattes et le moignon et en cœur on balance le mensonge :
« Oh nooooooonnnnnnn!!! »
Mais aujourd’hui je voulais avant tout que ma Vrai découvre les peuples natifs d’Alaska, rien de plus simple à la sortie nord d’Anchorage se trouve le « Alaska native heritage center ».
Bien sur ici c’est pour les touristes en partie mais à notre grande surprise beaucoup d’ancien natifs viennent y découvrir leur propre culture qui à petit feu est en train de s’éteindre…
Des natifs des 5 nations sont invités a passer quelques jours ici pour transmettre leur savoir, d’autres nations peuvent se découvrir en terrain neutre et échanger.
Des danses magnifiques nous accueillent et le tambour seul instrument universel ne serait ce par sa simplicité et symbolique, nous transportent.
Le cercle pour beaucoup de peuple est le symbole de l’infini cette figure n’a ni de début ni de fin…
Puis autour d’un lac les 5 nations sont représentés: Athasbascan, Yup’ik; Tlingit, Unangax, Inupiaq.
Un homme de l’île de Kodiak est là pour expliquer la construction des traditionnels « qayaq » (kayak) et nous parle de sa nation Unangax avec beaucoup d’amour. Depuis 2004 il a décidé de se lancer sur ces racines, bien sur la pêche industrielle est beaucoup plus lucrative mais à la naissance de son fils il a décidé de lâcher la vie moderne pour un retour au tradition, à sa grande surprise il voit que son idée marche et quelques uns sur son île ont repris le flambeau. Il crée de A à Z les kayaks et ses espèces de casquettes qui sont multifonctions, bien sur protection contre la réverbération sur l’océan, porte voix entre chasseur de phoque, sonotone pour détecter la proie et même de pagaie de secours en cas de pépin.
Véro est prête à aller chercher son beefsteak de bébé phoque!!!
Une femme Inupiaq, sur les bord de l’océan Arctique, raconte aussi avec beaucoup d’émotion l’histoire des clans: pécheurs, chasseurs et cueilleurs, elle enchaine sur la signification de tout ses tatouages aussi bien sur son corps que son visage et de la philosophie matriarcale de sa nation.
Enfin au village Tlinglit de la côte sud ouest d’Alaska nous admirons un sculpteur.
David est solide dans sa culture, il l’a parle, la chante et l’a transmis à ses enfants . Alors qu’il vient à discuter avec nous il me vient une idée!!!
Pendant ma « paddling Yukonnerie » j’ai laissé partir dans le courant du grand fleuve ma cuillère en plastique!
Aie plus de cuillère plus de repas.
Les rives regorgent de bois mort et avec un morceau de peuplier bien sec je me taille un vrai couvert avec un vraie histoire non pas « made in n’importe où »
Un bois flotté qui avant d’échouer ici a poussé malgré le froid et les tempêtes, qui a donné des feuilles,des bourgeons et qui un jour a fini sa vie dans la rivière. Un kayakeur en croisade le remarque et le transforme en un objet qui donne de l’énergie, qui sert de relais entre l’homme et la terre…
Mais cette cuillère manque de relief, de cuvette pour recevoir convenablement la soupe chaude qui réchauffe le corps fatigué, mais je n’ai ni l’outil ni surtout la classe pour le faire alors je m’en suis contenté.
Du coup je demande à cet homme si il veut bien me finir ce boulot. Il accepte et me demande d’où vient ce bois, pourquoi ne pas en avoir acheté une autre etc etc. Je lui compte mon odyssée et une connexion se créé. Je le regarde donner un autre aspect à cet objet qui se rempli d’une belle histoire. Je me demande si je peux figer le moment par une photo, timidement je lui demande, il accepte. Ma cuillère prend une autre symbolique en relation absolu avec ce que je viens de vivre. Il me rend mon ustensile et nous nous serrons franchement la main. Je suis comme un gosse, heureux d’avoir mon morceau de bois sculpté. Nous continuons à errer dans cette vibration ancestrale mais il est l’heure de repartir; à la sortie un magasin de souvenir nous barre la route, les touristes sont à la recherche de l’objet qui va bientôt n’être qu’un souvenir lointain d’une région du monde ou ils diront: « j’ai fait l’Alaska! »
Je démarre notre vieille « titine » quand je vois mon sculpteur me demandant d’attendre. Je coupe le moteur, il me dit « Tu es un voyageur pas comme les autres, et je veux te chanter ça, mais juste pour toi et moi, pas de caméra, pas d’enregistrement juste entre nous. Un chant qui dit en Tlingit:
« Tu es un grand voyageur et ta route à du être difficile mais tu es allé jusqu’où tu le désirais,tu es un grand voyageur et la lumière t’a guidé.. »
il m’offre un dessin de sa main qui est un soleil et me dit: « tu as de la lumière qui jaillit continue ta route bonne chance… »
Véro est là, elle n’a rien loupé, je ne sais quoi dire, encore une fois je vois que le partage et l’amour sont venu au détour de ma route.
Je lui offre un œil de st Lucie, un porte bonheur Corse qui a descendu la grande rivière avec moi, il m’inscrit sur mon calepin quelques mots.
Lukwiq toyaxsn (merci beaucoup) et on répond Ayeltgnu (sois chanceux)
Quelle bonheur d’avoir pu partager cela avec ma Vrai.
Un souvenir ne s’achète pas il se vit…

Danse, priére, chamanisme??? Vie tout simplement...

Main sur le coeur elle nous conte son bout de vie...

Ma cuillére en bois se transforme, un peu comme moi sans doute...

Une squaw Athabascane rencontre un nomade du grand nord, leur totem: l'amour...

Coiffe de l'île de Kodiak, l'endroit ou vit le plus grand ours brun du monde!
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