Aphorismes amers salés 7

3 février 2012
Une cabane flottante, refuge des mes réflexions...

Cabane flottante, refuge de mes réflexions...

Le passé est une terre étrangère qui nous amène aujourd’hui. Je ne me souviens plus mais mon âme est marquée, empruntée, tuméfiée. Le futur est une autre terre étrangère faite de doutes, de solitudes, d’ombre et de lumière.
J’aime m’imaginer grain de riz, d’où l’importance de la passoire !
Équilibre : Un sac plein ne peut se remplir, un sac vide ne peut tenir debout.
Si un jour tu es très pressé, perds-toi et tu retrouveras ta route.
Ecrire. L’écriture une fois finie doit être relue à en perdre haleine. Alléger, éliminer, décortiquer, élaguer et l’on obtiendra l’huile essentielle des mots.
Quand j’écris il me plait de mettre en majuscule le mot BONHEUR et en minuscule le mot argent.
La lecture est une sorte de cristallisation des idées qui reposent en nous.
Quand les enfants grandissent, les adultes vieillissent, quand je serai grand je veux être un enfant !
Ce sont les successions de journées ordinaires qui rendent nos vies extraordinaires.
Une vie est une pièce de théâtre avec quelques actes douloureux mais le final est merveilleux. Mesdames et messieurs standing ovation !!!                                                                                                                                Dans le rôle de l’amante : la douleur ; De l’assassin : la gloire ; Du voyou : la jalousie ; Du bel Othello : la promesse ; De la belle : l’espoir. Mention spéciale pour son rôle parfait de l’hôtel des voyageurs : la vie…
Pour un unijambiste, conjuguer le verbe marcher est vraiment casse-patte ! Au passé il fût toujours simple, au présent il sera à l’imparfait quant au futur ce sera le conditionnel !
A vouloir tout il oublia l’essentiel : Le moment présent…
Tempête, bourrasques, rafales, la planète serait elle enrhumée ?
J’ai toujours cru que la terre était immense, zut je suis déjà de retour. Mais elle est ronde alors !
Les gens heureux ! Ca doit cacher quelque chose !
Maquis : Broussaille où se planque le bandit, où se perd le touriste et où rêve le poète…
Amputé aventurier ce n’est pas une mode ! Tu verrais les mecs se couper une jambe pour me ressembler ?
Hier un génie m’a proposé de me transformer en ruisseau ou en océan. J’ai choisi le ruisseau, on n’a jamais vu un océan  remonter un fleuve !

Dume Benassi au départ du double Iron Man de Lanzarote…

1 février 2012
Fréres de vie, nous nous sommes choisi...

Frères de vie, nous nous sommes choisis...

Il y a des épreuves qui laissent sans jambe ! Dans quelques jours aux îles Canaries aura lieu le double Iron Man… Vous allez me dire, kezako ! Un Iron Man simple est un triathlon démesuré. 3,2km de natation, 180km de vélo pour finir avec un « p’tit marathon » de 42km ! Le tout dans la même journée, bien-sûr. Donc un double Iron Man c’est X 2 ! Facile non ?

Ils seront seulement 74 athlètes venus du monde entier, la sélection est faite sur les temps réalisés dans leur pays respectifs. Un homme au départ que je ne vous présente plus fera parti de cette élite : Dume Benassi !!! Oui vous avez bien lu, Dume s’est qualifié sur des temps de valides pour cette course de gladiateurs… Il sera le seul unijambiste !!!

Ses entraînements ont été, évidemment à la hauteur de l’épreuve, beaucoup d’heures de préparation physique mais surtout une grosse construction mentale. Quand vous êtes fatigués physiquement, vous vous reposez et c’est reparti pour un tour, la faiblesse mentale c’est une autre chose. La manière de penser, de se nourrir, du pourquoi on le fait, sont les bases de cette élévation psychique. Construire au fil des entraînements des images de références qui vont étayer l’effort de l’épreuve, est la clé de la réussite. Si vous n’avez jamais fait de vélo et je vous demande de faire 100km, il y a de grande chance pour que vous refusiez l’effort en me riant au nez. Pourtant en changeant juste une donnée mentale, il y a de grande chance que vous réussissiez ! Si vous savez que la personne qui vous est la plus chère au monde est en péril et que le seul moyen de lui sauver la vie est de pédaler pendant 100km pour la rejoindre, il y a vraiment de grande chance pour que vous y arriviez. Ce cas se démontre très souvent pendant les guerres, les évasions… Le tout est de travailler donc ce côté émotif. Pourquoi, une équipe de foot qui joue à domicile aura plus de chance de gagner qu’à l’extérieur. Même joueurs, même ballon, même pelouse, mais une pression psychique différente.

Nos coups bas du passé sont là pour nous amener les premières pierres de l’édifice, puis les images de références vont servir de linteaux. Dumé est amputé par une balle perdue, la fédé de Triathlon lui a interdit pendant des années de pratiquer ce sport… Ni voyez pas une revanche de la vie, ce n’est pas dans la vindicte que l’on grandit. Le processus est juste une application à faire bien, à s’exercer à pratiquer le geste parfait, à ne penser qu’à l’instant présent sans se préoccuper de la prochaine seconde. Dans la vie de tous les jours il vaut mieux capter le positif que le négatif, on aura toujours une bonne raison de se plaindre mais aussi une bonne raison d’être ravi de l’instant. Les tuiles qui nous tombent sur la tête tout au long de notre vie sont des sortes de panneaux d’indications pour avancer. Dumé, samedi à 14h va s’élancer dans une des courses les plus folles au monde, 6,4km de natation, suivi de 360km de vélo pour finir par une balade de 85 km qu’il fera en fauteuil. L’effort non stop durera environ 30 heures. La nuit sera une  sélection naturelle, ils devront pédaler sur une boucle de 30km 12 fois ! Même si les muscles feront mal, le mental les portera au bout d’eux-mêmes. Le rire et la tristesse seront au rendez-vous. Les petites choses vont devenir gigantesques et les ennuis insurmontables deviendront minuscules…

Vous, derrière votre écran si vous avez des doutes sur votre devenir, dites vous que la pensée est bien plus forte que la force physique. Ne vous voyez pas diminué car on vous l’a déclaré.

Estimez qui vous êtes et devenez.

Forza o fratellu…

Double Iron Man de Lanzarote

un cadeau extraordinaire est à votre portée…

30 janvier 2012

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Bonjour à tous, un cadeau extraordinaire est à votre portée. On nous rabâche à longueur de journée, chômage, crise, salaire dévalué…Faite le « premier pas » pour changer cette situation. Dans le carnet d’adresse de Bout de Vie une société de réputation mondiale est en train de créer un atelier de fabrication en France, mixte, valide, « moins valide » ! Vous êtes manuel, méticuleux prêt à suivre un stage de deux ans en maroquinerie, cette annonce vous intéressera. Les métiers manuels ont de l’avenir. Envoyez vos CV à l’association et nous ferons le relais.

Comme m’a confié le directeur : « Si j’avais une fille je la dirigerais dans cette voie… »

La mascotte vous souhaite ses voeux 2012…

27 janvier 2012
Bronzing sur une plage d'Alaska... Plutôt tranquille le coin!

Bronzing sur une plage d'Alaska... Plutôt tranquille le coin!

Chalut les filles.

C’est à mon tour de vous souhaiter mes meilleurs vœux pour 2012. En Corse on dit : Pace e salute (prononcé patché salouté) mais moi je trouve plus approprié de dire bâche et chaloupe… Si vous n’avez pas compris ché pas grave !!!

J’ai piqué le PC ;  lui en ce moment, ils ont dû le piquer avec un truc pas légal, y pédale, y kayak, y pédale, y kayak, chu cuit rien que d’le voir. Mais je m’inquiète un max !!! Si y fait ça c’est qu’on va repartir pour une autre galère. Y m’a mis dans un mini sac étanche, sans me demander mon avis. Je rêvassais sur les coussins de ma bannette (lit de bateau) quand soudain, vlan, dans la besace fermée sans air !!! Mourf au checours… Je le vois sortir des cartes, ils comptent à haute voix. 1000, 2000… 5000km. Aie aie, je sens le coup foireux. Il a reçu une tente, j’ vous dis pas l’horreur, plus p’tite qu’une gaufre, il est hors de question que je dorme dehors, chu une mascotte de renom, quand même !!!

Il n’arrête pas de marmonner que tout doit être petit, léger, robuste et ne prendre pas de place. Y parle de moi ma parole. Je me demande si une poêle à crêpe gonflable ça existe ???

Y’a aussi le livre qui va sortir. Un best seller, des millions d’exemplaires vendus en perspective ! Tu m’étonnes, j’y ai fait un chapitre, c’est que j’suis une mascotte qui philosophe aussi… Ouais je pouvais faire un livre complet mais après, y tirerais la gueule. C’est que c’est susceptible l’aventurier sur une guitare. Un jour je vous ferais une trilogie, parole ! The Mascott stories…

A ouais un dernier truc comme chaque année, j’ai eu droit à mon test NASA ! Je l’ai réussi ! Il me met dans une nacelle et je pars dans l’espace. A travers le hublot je voyais tout tourner, mais j’ai pas encore vu la terre. Ca devait être de nuit ! En tout cas y faisait pas beau, que du brouillard avec de grosses bulles. Ma mission s’appelait programme fragile avec essorage lainage !!! Je l’aurais le traitre…

Bon si y en a un qui veut bien me délivrer, chu preneur. Je me verrais bien dans une expédition en solitaire dans un palace 6 étoiles (si ça existe) en Polynésie avec des vahinés qui viendraient juste pour mouaaaah… « soupiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir »

A pluche…

Bout de Vie en 2012…

23 janvier 2012

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L’année 2012 est déjà amputée de quelques semaines ! Une année remplie de rencontres pour une vie debout. Une association, c’est échanger, c’est partager pour grandir, avancer dans la route du futur.  Même si le premier pas est douloureux il doit être fait, aucune excuse, il doit être entrepris et seule la personne concernée peut le réaliser. Bout de vie est juste là pour allumer la petite flamme qui va redonner de la vie à l’âme au corps blessé. Certains avec un brin d’humour disent que ces stages devraient être remboursés par la sécurité sociale, restons simple, votre soutien suffit. Adhérer à Bout de Vie c’est créer un lien entre l’obscur et le lumineux. Le dimanche à la descente de l’avion, les futurs stagiaires ont le visage tendu, leurs valises remplies de doute et d’amertume. La magie des Lavezzi opère, le Frank un poil Cabochard est là pour crever l’abcès, la Galiote et son équipage pour encadrer, Christophe pour prendre « l’air », Yann et ses amis leur font tourner la tête en hélico, Yves et Fred les convoient en yacht  comme des personnes de la jet set… La semaine s’envole et les visages se détendent, les mains se décrispent en même temps que les moignons se dévoilent. Ce bout en moins devient un bout de vie en plus.

Mais l’association c’est aussi la rencontre d’un public non averti sur la différence, mes aventures sont une belle excuse pour diffuser dans les médias et festivals des images que les « bipèdes » ne pouvaient imaginer avant. Expliquer, décortiquer, que la vie avec une petite différence : « Eh bien ce n’est pas si grave ! » De ville en ville, il me semble que je porte une sorte de flambeau qui change le regard des « valides ». Cette flamme vous êtes un grand nombre depuis bientôt  9 ans à m’aider à la partager. Sans vous ce ne serait pas possible. L’avenir est génial, fin mai le 10éme stage de plongée, déjà 10 ! J’ai du mal à y croire pourtant c’est bien vrai ! Quand j’ai envie de tout arrêter de repartir dans d’autres horizons, vos rires me rattrapent et je reprends le chemin en bossant «d’arrache pied » ! La crise a frappé et c’est vrai qu’il m’est de plus en plus difficile à trouver des mécènes. Mais les miracles existent, chaque année quand le doute me rend visite (souvent dans mes courtes nuits), un appel, un courriel qui m’annonce que ma croisade est géniale, pardon ! Notre croisade est géniale et que tel ou tel partenaire joue le jeu pour cette fois. Un grand merci à AXA atout cœur et la Fondation la Française des jeux qui maintiennent leurs soutiens. Un grand merci aussi à Laurent et Bixente parrains extraordinaires.

Un deuxième livre est prévu pour bientôt : Ayeltgnu l’aventure à cloche pied… Ayeltgnu signifie en Tlingit : Tu es chanceux… Oui, je le suis, j’arrive à réaliser tous mes rêves de gamin rebelle. Un livre d’aventures parmi tant d’autres, me diriez-vous ? En fil rouge de ma descente en solo du fleuve Yukon on partira sur de belles rencontres. Vous y retrouverez Helena, Stéphanie, Rémi et Steve en Antarctique, Franck et Eric au pied du plus grand volcan du monde en Argentine. Ben, Adrien, Elliot, Rémi, David  et Alex au pays des Grizzlis dans le grand Nord Canadien. Vous y croiserez des gens étonnant comme Thierry nageur infatigable, comme quoi, avoir des bras est facultatif quand le mental est solide. Je vous présenterai quelques copains qui ont des vies dignes des romans de Jack London…

Les télés me demandent d’animer plusieurs  séries d’émissions sur l’aventure au bout du monde, un fou voudrait faire une bande dessinée sur mes odyssées… Je reste froid à toutes ces sollicitations. Un arbre ne se juge pas à ses racines mais à ses fruits.

Et bien sur je vous prépare une grosse expédition engagée qui sera un mélange de solitude et  de partage, bientôt je vous dévoilerai le projet…

Dites donc le temps passe vite avec vous. J’ai quelques milliers de kilomètres en vélo et en kayak en retard à faire  et puis il faut que je regagne le bord ; une mascotte sans crêpe ca peut faire de gros dégâts !!!

Je compte sur vous pour adhérer à Bout de vie, faites passer le message.

Que Dieu vous prothèse !

PS : Un petit cadeau ! Un échantillonnage d’images inédites  de stage de Bout de vie et de rencontress assez sportive. Juste de la musique et des images. Cherchez bien vous allez reconnaître beaucoup de monde…

Pour le film cliquez ici

Aphorismes amers salés 6…

20 janvier 2012
 Le vélo de descente c'est vachement chouette disait la mascotte sur mon dos. moi en treve vous et moi j'étais à Crans... Montana, bien-sur! Salut et des becs les chuisses...

Le vélo de descente c'est vachement chouette disait la mascotte sur mon dos. Entre vous et moi j'étais à Crans... Montana, bien-sur! Salut et des becs les chuisses et les autres aussi...

Il ne faut pas compter sur la chance il faut la saisir.
Réflexion d’unijambiste : A-t-on besoin de ses jambes pour laisser sa trace !
Ne pas confondre l’importance et l’urgence.
Certains courent pour gagner du temps pour ensuite le perdre !
On ne peut tout avoir dans une seule vie.
Certains rêvent de changer le monde ! Quand à moi je m’acharne à faire la révolution de mes idées reçues.
Observer  la nature,  c’est construire un pont entre les hommes et non une crevasse.
La solitude c’est l’instant où la planète manifeste son amour aux hommes et vous êtes seul.
Assis toi et aime.
Le bonheur c’est la certitude que l’on ne serait pas plus heureux ailleurs.
Une seule  patrie, l’instant présent.
Le silence c’est le bruit du temps qui passe.
Optimiste : Même si la pièce est enfumée et que l’on étouffe, il doit bien y avoir une fenêtre à ouvrir ?
L’ennui c’est tordre le coup à l’espoir.
Voyager c’est ne pas savoir si l’on restera quand on arrive et savoir que l’on reviendra quand on part.
Un solitaire c’est bruler les qu’en dira-t-on sur les braises de la simplicité.
Pourquoi l’homme s’aime ou se déteste-t- il avec autant de force ? Il trouve en l’autre un miroir.
La science a défini qu’un mouvement était une succession de point fixe. Alors l’immobilisme serait le début d’un long voyage, celui de l’intérieur.
Cicatrices : Mausolées de nos passés.
Faux amis ou ennemis. De qui se méfier ?
Être vivant c’est la mémoire du passé, apercevoir l’invisible c’est le proche futur.
Dieu : Et si c’était une invention des hommes qui aiment se rassurer ?

Témoignage de Franck Festor…

16 janvier 2012
Franck, galérien de l'espoir...

Franck, galérien de l'espoir...

Garde à vous matelot Jo Zef, le petit doigt sur la couture, le témoignage de l’amiral Festor est en ligne ! Je me souviens du premier stage Bout de Vie. Septembre 2003 une bande de Lorrains un poil raccourcis débarquait en Corse. Au milieu d’eux, un géant  n’arrêtait pas de parler, de gueuler des horreurs. Beaucoup de bruit qui cachait au fond de son cœur un abysse de tendresse. Franck découvrait la mer, Dume, Jo Le Guen et ses histoires océanes. Il n’aurait pas parié une crêpe que le marin de canaux qu’il était puisse un jour braver un océan à la rame. Je me souviens de cette sortie en grandeur nature pour lui, il m’avait racheté la yole pour une transatlantique de galérien. Nous ramions en accord mais il ne cessait de blablaté… Et patati et patata… Le Cabochard qui repose en moi, se mord les lèvres, il va exploser… Je range mes avirons et me tourne face à face en le regardant droit dans les yeux : « Franck tais toi ! Écoute autour de nous ! » Seule la houle vibrait, le silence était absolu… Mon hercule messin, avait les oreilles tendues mais ne percevait rien… « Franck écoute, la mer, le vent, les nuages sont en train de te raconter ton avenir et toi tu ne cesses de jacasser comme une vieille bigote devant le petit Jésus ! Quelques mois plus tard il rentrait dans le club très fermé des rameurs d’océan… En toute logique je lui ai demandé son témoignage pour mon prochain bouquin qui va bientôt voir le jour…

« La vie est longue, rude, difficile et parfois sinueuse mais au détour d’un virage, elle nous permet de faire des rencontres qui vous donnent un autre regard sur vous-même afin de mieux vivre ces problématiques qui ne sont que votre destinée. Car le destin est fait de haut et de bas, de bonheur et de tristesse, de douleur et de joie. Un homme un peu cabochard m’a permis de prendre conscience de la chance de vivre. Il m’a fait découvrir mon bout de Vie et m’a réconcilié avec moi-même. Pas besoin de déplacer des montagnes ou d’arracher la lune pour exister mais accepter sa condition pour encore et toujours aller plus loin. Mettre un pied devant l’autre, parfois trébucher mais toujours se relever car temps qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. C’est ce que tu nous appris Frank alors moi aussi j’ai avancé mes pions sur le grand échiquier de la vie et j’ai enfin pu découvrir que j’existais. J’ai usé mes sandales sur le bitume, crevassé mes menottes sur des rames et pris mon plein d’oxygène sur un sommet Argentin… Mais ce que je fais de plus beau, c’est tout simplement de vivre.

« C’est dans la difficulté que l’on trouve la force d’avancer »

Merci Capitaine Bruno ! « 

Pédale et rêve…

13 janvier 2012

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Pour beaucoup, j’intrigue par mon acharnement à pédaler, vent, pluie, froid rien ne m’arrête, peut être que tout cela cache un rêve. Je n’aime plus les mots : défi, expédition, aventure, je crois sincèrement que ce qui me convient le mieux c’est tranche de vie. Bout de Vie, me diriez-vous ! Oui, c’est ça !!!

Gamin je passais des heures à rêver devant une mappemonde affichée devant mon nez, je connaissais par cœur les passages du Grand Nord, les détroits polaires, les peuples aux aurores boréales. Je n’ai décidément pas envie de grandir et souvent les soirs de grand vent, le Cabochard est visité  par quelques fantômes : Shackleton, Dumont D’Urville, Charcot, Nansen, Cartier… Je rêve de découvertes, mais les terres déployées devant moi sont depuis belle lurette, nationalisées, cartographiées, exploitées. Je pense que ce qui m’attire c’est le grand voyage de l’intérieur, celui qui est éternel, infini. Le périple devient alchimie, transformation de l’homme canalisé en un animal en osmose avec la nature qui cause.

Je vérifie presque comme un automate la pression de mes pneus, glisse le bidon dans son étui et pars pour une « pédalerie » romantique. La Corse hivernale est apaisante, peu de trafic routier intempestif, le cycliste quitte  son enveloppe qui gravit les côtes. Je vous le confirme, l’île de beauté n’est absolument pas plate ! Le col de Roccapina serpente, en face la mer est houleuse, les écueils me dévoilent un courant violent de nord, personne en mer…                                                                                                                                                  Je m’évade, je gravis la côte de l’un des multiples fjords de la péninsule de Nordkyn, l’océan Arctique ne laisse pas d’improvisation, mon vélo est très lourd, je suis en autonomie pour plusieurs jours de solitude. Le froid me fige le visage mais pas l’esprit…

Déjà le sommet, là bas au loin je devine le cap Sénètose ou mes « kayakeries » me mènent régulièrement. En roue libre je croise des « cornidés » ; des vaches ? Non ! Ma rêverie m’indique, un troupeau de rennes en quête de lichen, l’hiver va être long !

Déjà un millier de kilomètres, sympa le cycliste, il a donné son sang à tous les vampires ailés de la terre des sames. Un peu ému je me sépare de « Olla Vapaa », nom de ma bicyclette qui veut dire en Finnois : Etre libre,tout un  programme…                                                                                                                Immaqa reprend du service… Un autre millier de borne « Botnien ». Ma « kayakerie » redevient « pédalerie » ! Soyons prudent, il ne faut pas que je loupe l’embranchement du  pont de l’Ortolu avec sa plaine givrée en cette saison. Je fonce, je mouline, c’est vrai qu’elle est belle « ma » Corse chérie. J’augmente la fréquence des coups de pédales, Armstrong, tiens toi à carreau, j’arrive ..!

L’Europe à conquérir, je suis un argonaute, à chaque tour de roue, une langue différente. Plus peur des ours, des loups, ici le prédateur c’est l’homme. Le soir quand l’ombre cache la lumière, je dois camoufler mon bivouac de celui qui va venir me défier, m’épier, me voler ! Non je n’ai pas peur des hommes, je les connais, c’est tout ! Ah, mais on m’offre un bout de jardin pour planter ma tente, une douche chaude pour me décrasser, un coin de table pour un plat régional. Ouf il n’y a pas que des monstres..! .                                                                                                                                                                  Une  longue rivière qui cache des coins à « salmo trotta » endémiques , je jette un œil à mes postes préférés, bientôt de la truite meunière pour la mascotte ! J’aime cette route, son bitume me laisse croire que je suis un vrai pro, un maillot jaune que personne ne peut dépasser. Un détail, si aucun coureur ne me double c’est parce que je suis seul, comme quoi certain détails ont de l’importance ..!

Les panneaux routiers m’indique la Wallys, le Valais en romand. Ouais, on retrouve les copains, les indiens de la Lourantze avec leurs tipis, fait gaffe Jo Zef de ne pas y laisser ton scalp, chef Taïko veille sur le cousin. Derrière les pics enneigés j’entends le ressac, mais c’est la méditerranée, Véro, le Cabochard… Mais un détail ! Encore un, décidément la vie n’est qu’une succession de détails, il y a une barre montagneuse à franchir, c’est lourd un VTC en côte…  Devant moi la dernière terre à traverser. Ciao bello, le pays des souffres douleurs d’Obélix ! Ca gesticule, ça parle fort, ça change du pays des silences du Grand Nord. Une pizza pour la mascotte, une ! De l’eau salée tiédasse et au sud-ouest  une île à l’odeur corsée. Dis donc Jo Zef, ça fait un baille qu’on est partis! Immaqa s’ébroue, on rentre à la maison…

La dernière descente qui mène au port, 3 h de songe, de projet, de rencontre d’un moi plein d’émoi. Je remise mon vélo dans la voiture, jette un œil à mon Cabochard et rejoins le bord pour une séance d’étirements bien mérités. Pédale et rêve… Et si cela cachait un futur truc ?!? Suite au prochain épisode…Chut je retourne dans mon rêve.

Valentin crée Twitter Bout de Vie officiel…

10 janvier 2012
Valentin pendant le stage de plongée 2009.

Valentin pendant le stage de plongée 2009.

Je revenais de plusieurs années de voyage avec mon petit bateau et je refusais catégoriquement d’être joignable sur un téléphone portable !                                                                                                       J’étais absolument en accord avec l’histoire de Bernard Moitessier. Partant pour la première régate autour du globe en solitaire, la BBC lui avait confié un émetteur récepteur BLU pour donner régulièrement des nouvelles.  Cet outil était pour lui un lien à la patte et au premier mille il jetait l’engin par-dessus bord ! Liberté, liberté !!!

Malgré mes protestations, le mobile rejoignait mon bord et moi aussi j’avais droit au : « T’es où ? »

Bien-sûr il était hors de question d’adhérer au net pour du surf virtuel et non sur la vague océane. Mais voilà, la machine chronophage a pris sa place à bord, juste à coté du téléphone !  Entre tout ça, l’association a vu le jour avec son site internet, puis un forum et depuis 3 ans le blog de Frank Bruno !

France,  la web master aventure m’avait crée un profil sur Face Book pour relier mes expéditions et je ne voulais pas en entendre parler. Il y a quelques mois j’ai voulu savoir comment ça marchait, qui y venait et depuis j’y poste quotidiennement des mots issus de mes réflexions un poil « Cabochard ».

A ma grande surprise je m’aperçois que cet outil, s’il est maîtrisé peu être un lien formidable. Les « amis » viennent chaque jour rejoindre mon profil et tranquillement je peux passer des messages qui sont de plus en plus repris. Le passé resurgit, les journalistes y adhérent et de toute cette confiture, des milliers de messages sont balancés aux quatre coins de la planète.

Franck Festor a créé un groupe Bout de vie sur Face Book et je vois régulièrement des gens y poster des questions, qui y trouvent des solutions pour une vie « différente ». Des pros de la communication m’ont même conseillé de faire un profil Frank Bruno Officiel et il existe maintenant. Une page où seule des infos média, promo sont en lignes.

Hier Valentin, jeune stagiaire que tout le monde connaît après son brillant témoignage sur l’émission Thalassa, m’a demandé de gérer un compte Twitter Bout de Vie. Alors venez nombreux rejoindre ce compte où d’autres infos choisies circulent sur Bout de Vie…

Je crois que l’on peu féliciter Valentin de cette belle initiative, bravo « neveu » tonton est fier de toi, cousin Jo Zef aussi d’ailleurs. La mascotte se demande si Twitter est un ancêtre de Titi ?!?

A pluche.

Tempête Corsée !

7 janvier 2012
Tempête d'hiver, régeneratrice de vie...

Tempête d'hiver, régénératrice de vie...

-Sémaphore de Pertusato, sémaphore de Pertusato, du Cabochard :

-Cabochard, je vous reçois fort et clair…

-Pourriez vous me donner la direction du vent, sa vitesse moyenne et en rafale SVP…

-Direction au 290° s’orientant doucement vers le Nord, moyenne de 52 nœuds avec rafale à 82 nœuds…

-Je vous souhaite bon quart et repasse en veille canal 16…

Ouais la mascotte, je crois que la nuit va être sans moustique !                                                 L’extrême sud de la Corse est réputée pour ses coups de vent légendaires. Depuis la fin de l’été le vent d’Est a voulu jouer au maître des lieux, il nous a balayés pendant plus de 40 jours. Le levant est un vent perfide qui rend fou, mais il a oublié que le vrai patron est le Maestrale. Beaucoup se sont réjouis de l’été indien de la douceur qui n’en finit plus, mais Eole tenait en soute le tout puissant Nord-Ouest… Je l’attendais depuis un moment mais je ne pouvais pas m’imaginer qu’il avait tellement envie de se dégourdir les ailes. Ces semaines d’oisiveté lui ont redonné une forme de jeune homme et cette nuit il a démontré qu’avec ce style de « ventilateur » il faut être très très prudent. 22 heures le baromètre  chute de manière vertigineuse, j’ai armé le Cabochard au combat, 11 amarres pour essayer de le caler et des défenses du côté ponton où il pourrait se drosser. Les enfants de Véro  étaient venus pour un diner exotique mais ils sont partis plus tôt que prévu. La tempête arrive : « Elle va manger le bateau lâchement mouillé, elle va abattre le mat mal étayé, elle va drosser l’embarcation non surveillée… » Le calme est soudain, sournois ! L’anémomètre donne un malheureux dix nœuds, puis le coup de poing arrive 60 ! Le Cabochard ploie, se courbe et fièrement se redresse.  Le ballet commence, les rafales sont énormes, la mer devient fluorescente. Véro reste à bord et ses silences en disent long. L’électricité disparait, le bateau passe en mode mouillage. Je fouille les cales et ressors mon vieux chauffage au gaz, ma veste de ciré et la frontale rivée sur le front ; j’ai compris que la nuit va être « sportive ». Les nouveaux pontons flottants se désolidarisent des pannes existantes, les passerelles tombent à l’eau et en profitent pour sectionner la canalisation d’alimentation en eau potable. La mer fume, le bateau d’un copain ne semble  pas en bonne posture, mais je ne peux l’atteindre puisque le ponton n’est plus accessible. Je démarre ma grosse annexe, je sens Véro tendue de me voir partir dans la furie. Le pneumatique pourtant lourd semble un fétu de paille ! J’essaie tant bien que mal de sauver ce que je peux de la vedette. Son annexe est entre deux eaux, je la hisse en force, sa bâche est déchirée et tout est chaviré… De retour à bord je reprends ma veille, l’anémomètre qui est gradué jusqu’à 60 nœuds reste bloqué, le Cabochard est assailli par les coups mais résiste. Je guette du coin de l’œil le baromètre mais il continue sa descente. Pour détendre l’atmosphère je rappelle à Véro quelques histoires de filles qui ont affronté seules les mers du sud. Nous ici on ne risque rien, juste du mouvement et demain matin tout sera rentré dans l’ordre. On se remémore les navigations que l’on a faites ensemble. La traversée d’Afrique du Nord où elle prenait son quart car j’accusais trente heures d’affilées de veille. Cette nuit là  le vent force 7 propulsait en surf le Cabochard vers la Sardaigne, les chalutiers jouaient aux lucioles et ma « Vrai » avait su déjouer tous ces pièges sans me réveiller… Le passage du Cap Horn, où ne pouvant plus tenir en cabine, elle émigrait sur le pont et devenait une cap-hornière un poil verdâtre… Être de quart dans ces conditions est une manière de retrouver une complicité avec mon vieux bateau, je l’écoute, je le sens et on discute, l’un sans l’autre on est rien !!! La clarté arrive, le vent a molli ce n’est plus qu’un pauvre force 9. Dans une heure le soleil chassera l’obscurité et nous allons pouvoir constater les dégâts occasionnés par cette furie. Des bateaux blessés, les deux pontons définitivement désaccouplés et une joie de découvrir que sous la croute de sel, le Cabochard a su s’en sortir comme un vrai loup de mer…

La journée va s’avérer longue pour tenter de remettre un peu d’ordre dans ce petit abri, j’enfile ma combinaison et pars pour une interminable journée humide. Dans mon masque mi eau mi mer j’admire mon vieux complice indemne…

Un souvenir ne s’achète pas il se vit…