Premiers pas à Oqaatsut…

8 août 2019

Le journal de bord reprend du service, les 6 équipiers bout de vie sont biens installés depuis avant-hier dans le petit village d’Oqaatsut situé à plus de 300km au nord du cercle polaire sur la côte nord-ouest du Groenland. Bien qu’en été la température est bien différente d’une saison de canicule dans la lointaine Europe. Ici pas de nuit en ce moment et un silence à couper le souffle. Le village de 23 habitants semble vivre au ralenti, seul les chiens de temps à autre donnent de l’ambiance pour réclamer leur part de morue ou de phoque. Le tipi est installé sur la zone réservée au « camping ». Pas de commodité mais une vie absolument surréaliste pour un habitant des villes. La vie de baroude peut commencer. Les baleines et les phoques sont au rendez-vous, comme cette année je n’en ai jamais vu autant, incroyable. La première journée fut ensoleillée, ce qui leur a permis de prendre pied avec un environnement très différent de leur quotidien. Rando sur les hauteurs du village et récolte de myrtilles pour la première tarte de la petite maison bleue. Les règles sont stricts, personne ne doit partir seul, personne n’a le droit d’improvisé, ici en un claquement de doigt tout peut basculer dans l’extrême. Les repas se font dans la maison mais il est hors de question de la squatter, tous doivent rester dehors à comprendre et humer ce pays fascinant. Mon pote Steen est venu me prêter main forte pour ramener tout le monde d’Ilulissat au village, son sourire nous a beaucoup touchés. Ici la rigueur du pays rend les gens silencieux et avare en sourire, un bon mot, un regard pétillant cela est un cadeau inestimable, il nous a comblés.                                                                                                   Aujourd’hui le crachin à rendu la journée comme je les aime, mystérieuse à souhait. Entre deux icebergs nous avons caboté jusqu’à une grande dalle minérale pour attaquer notre exploration du jour. Toundra, myrtilles, camarines à n’en plus finir et des espaces vide de toute âme, de toute connotation humaine nous et le vide. Là-bas au large un souffle, dame baleine nous offre une aubade, serait-elle l’ange gardien du groupe… Ce soir le poêle à pétrole est allumé, les têtes en l’air font sécher leurs chaussettes, mon rôle de grand frère me demande de les rassurés mais aussi de leur exprimer ma manière de voire les choses. Ici, dans le grand nord des affaires mouillées peuvent vite engendrer des situations compliquées. Les jeunes ont compris la première leçon. Devant leur visage rougit par le froid et l’océan arctique je suis ému en douce, de les voir sous mon toit. Et dire que pour un cheveu on aurait pu ne pas être là… Demain le voilier polaire la Louise devrait arriver au mouillage, là commencera encore une autre aventure. Vive la vie…

» En lire plus:Premiers pas à Oqaatsut…

Bivouacs et baroude…

1 août 2019

 

Le petit bateau est chargé bien en ordre, le protocole de sécurité lui est toujours le même, nous devons être au maximum autonomes. Pas loin de 200 litres d’essence nous permettront d’être assez libre de manœuvre en cas de mauvais temps, notre cap sera vers le nord. Le vent d’Est quasi constant depuis quelques jours a poussé au large les immenses icebergs déversés depuis le fjord de Kangia, la mer est libre de glace, cela nous favorisera la navigation. Le golfe de Pakistoq est souvent ventilé, là, aujourd’hui, c’est le calme plat. Pour Marie-Noëlle c’est son premier voyage au pays de Nanoq, je me dois de trouver des bivouacs absolument nouveaux et loin de ce que je connais, ici il y a le choix. Au fond d’une petite baie, un nuage d’oiseaux de mer attire notre attention, phoques et baleines sont dans un festin de rois polaires. Tellement accaparés par l’orgie, nous arrivons à nous en approcher à une encablure, le spectacle est féérique. Le moteur est coupé, les baleines à bosse nous gratifient de sauts hors de l’eau, il en est de même pour les phoques groenlandais. Juste en face une dalle plate semble idéale pour le débarquement, derrière, une prairie de toundra nous semble parfaite. Ni une ni deux ma chérie saute à terre, nous déchargeons notre barda. Le silence est surréaliste, seul le bruit du casse-croûte de nos hôtes trouble la paix du lieu. Cette année les myrtilles pullulent, ce sera le dessert. Des branches mortes de camarines alimenteront un petit feu pour chauffer nos gamelles, ce sera un diner spectacle. Nous décidons de nous aventurer sur les hauteurs de notre camp. Pas de traces suspectes d’ours blanc, nous sommes rassurés. Les lacs sont tous plus beaux les uns que les autres, quel pays. Soudain, sur un promontoire nous devinons tout en bas un petit point orange, c’est notre tente ! Mon Dieu, comme c’est immense ici. Pas une maison, pas une route, pas un bateau, nous sommes seuls au monde. Même si en ce moment il fait tout le temps jour, il est quand même sage d’aller dormir un peu. Emmitouflés dans nos doux sacs de couchage, une baleine encore plus téméraire que les autres nous offre un spectacle merveilleux. A dix mètres du bateau elle arrive à sortir mi-corps de l’eau pour des « splashs » incroyables !                    La nuit fut douce et sereine, comment pourrait-il en être autrement ? Au matin nous démontons en silence notre camp, les phoques sont déjà là. Une bonne vingtaine de bouilles moustachues nous observent, à notre tour de leur dire un Takuss (au revoir). Le petit bateau nous amène sur une mer à peine ridée vers le nord. Un immense fjord est sur notre tribord, ce sera l’exploration du jour. Là aussi je n’y ai jamais posé prothèse. Au fond de cette échancrure longue d’une bonne dizaine de kilomètres, une baie parfaitement ronde nous attire, le seul hic est son débarquement ! La plage qui borde ce havre de paix est une berge à pente douce composée de vase, le bateau devra être mouillé loin du bord pour ne pas être pris par la marée basse. Nous trouvons un endroit convenable sans sable mouvant. Tout doucement nous débarquons le barda du bivouac. Un beau promontoire à 200 mètres de la plage sera le coin idéal pour monter la tente. Le vent d’ouest se lève, cela chassera les moustiques et brûlots et le petit bateau sera bien protégé des rafales. Après avoir dégusté une belle darne de morue polaire, nous nous offrons une sieste bien méritée. La tente une fois montée, je remarque un monticule de pierres à 20 mètres de nous, c’est une vieille tombe qui a une ouverture nous faisant comprendre qu’elle est vide. Les esprits très présents dans la culture groenlandaise m’ont certainement influencés, je n’aime pas cette proximité ! Donc je m’extirpe de la tente quand je réalise que l’amarre qui était frappée à terre, a lâché et notre Poka est au mouillage par l’ancre de poupe en plein milieu de la baie. Je me demande si un « qivitoq » ne nous aurait pas fait un tour de force pour nous tester ! Nous sommes sur la berge, la marée est haute, ici aucune chance que quelqu’un passe, nous devons trouver par nous même la solution. La température de l’océan Arctique en été doit être aux alentours des 4°, dans cette baie peu profonde je pense qu’on peut rajouter 2 à 3 ° ! La solution est là, je n’en vois pas d’autres, il faut que j’y aille à la nage. Je suis concentré, Marie-Noëlle a été briefé au cas il m’arriverait quelques choses. Téléphone satellite, position en longitude et latitude et tout un protocole que je lui ai rédigé calmement sur mon calepin. En slip, t-shirt et bonnet je pars en douceur vers notre embarcation. Le froid m’assaille, mais je ne dois pas flancher, je me ressaisi, je sais que ce n’est qu’une information, alors je nage tout en douceur. Ici il ne devrait pas y avoir d’orque, je me rassure comme je peux. Le bateau n’est qu’à une soixantaine de mètres, le froid me lâche, je me sens bien. Finalement j’atteins le bateau qui a le moteur en l’air. Sans m’affoler, je trouve la commande sur l’embase pour le faire descendre. Le genou sur les ailettes du moteur je me hisse enfin à bord. Ma chérie est rassurée, il me faut maintenant faire la manœuvre sur une seule jambe, puisque ma prothèse est restée à terre. Je récupère mes amarres et démarre le moteur qui part au quart de tour, ouf. Mais là mon sang ne fait plus qu’un tour, la direction ne donne plus. Je suis sans voix !!! En slip, t-shirt et sur une guibole je suis face au vent d’ouest qui se renforce, le froid commence à me jouer des tours. Je me concentre et laisse ce détail de coté, je dois trouver rapidement la solution. J’analyse, je diagnostique, je crois avoir compris, il manque de l’huile hydraulique dans mon système de direction. Mon bidon est plein, je n’ai pas d’entonnoir, ce n’est pas grave. Je dévisse rien qu’avec mes doigts sans encore savoir comment j’ai pu faire ça sans outil la vis de remplissage et finalement tout rentre dans l’ordre… Au bout d’une heure de bataille en plein vent, Marie- Noëlle prend les amarres et me remet mes affaires. Sans vous mentir je n’ai jamais eu froid !

De retour à la tente je vais me recueillir vers cette sépulture abandonnée, je suis athée mais j’avoue que j’ai fait une prière de pardon. Je me demande si quelques « qivitoqs » n’ont pas voulu nous jouer un tour.  Le soir sur notre petit promontoire nous nous sentons seuls au monde mais heureux d’être là dans ce bout de terre si mystérieux…

Le lendemain nous avons repris le large vers d’autres coins, d’autres lieux… Après plusieurs jours de mer le retour à la petite maison bleue nous a ravi mais avec un petit gout de regret. C’est vrai qu’on était bien si loin des autres…

Takuss

Le bonheur plutôt que la souffrance…

23 juillet 2019

Les jours s’égrainent paisiblement là haut dans ma petite maison bleue. Ici le temps semble s’être arrêté, ici le silence est le seul point de repère d’un été qui n’a pas de nuit à cette saison. Tout est différent mais si ressemblant. Différent du paysage, de la température, de la nourriture, du comportement des Groenlandais. Mais si ressemblant sur la vie avec la naissance, la douleur et la mort. Cet hiver le doyen du village Joan est parti rejoindre les étoiles. 82 hivers à s’adapter, à écouter le gémissement des icebergs qui se désintègrent. Pas du tout pratiquant, je me suis rendu au cimetière juste derrière la maison pour me recueillir. Juste à côté Anne-Marie qui est partie encore jeune le 25 décembre 2017. Je me souviendrais d’eux, comment les oublier. La naissance, la douleur, la mort. Le seul lien qui relie les hommes, le seul pont où la Fraternité prend encore un peu de place. Ma part de douleur cette année je l’ai embarqué un peu aussi avec moi. Ma bonne prothèse qui se brise en deux à quelques jours du départ mettra la pression à ma « guibologue » qui devra réaliser une nouvelle jambe en carbone en moins d’un week-end. On a testé, on a réfléchi mais mon moignon est greffé et sa sensibilité est astreignante. Pendant la semaine avant mon départ, je me sentais très bien dans mon emboiture mais la canicule a dû me jouer des tours, en me faisant enfler le moignon plus que d’habitude. Mon arrivée à Kangerlussuaq m’a donné certaines inquiétudes sur des brûlures, qui se sont transformées en plaies. Mais pourquoi devrais-je me plaindre, n’est-ce pas un privilège hors-norme d’être là, n’est-ce pas magique de pouvoir partager la vie d’un village inuit pendant tout un été. Alors j’ai bricolé, découpé, râpé, mon emboiture en carbone et doucement mes blessures s’estompent, se volatilisent. La souffrance physique trouve toujours des solutions, la souffrance du cœur est bien plus pénible, bien plus destructrice. Cette année la maison bleue a un air de fête, puisque ma chérie m’a fait le bonheur de me rejoindre pour découvrir cette Terre incroyable qu’est le Groenland. Quelle joie de partager avec elle, mes maigres connaissances sur cette région du monde encore si peu fréquentée.  Quel bonheur de vivre ensemble des simples moments de pêches, de récoltes, de croiser ensemble, les regards enjoués bien que silencieux, des habitants d’Oqaatsut. La vie à la cabane n’est pas des plus simples, pas d’eau courante, pas de sanitaire, ni d’électricité. Mais quelle importance, la vie ici détient l’huile essentielle d’une existence à fleur de nature, en intimité avec les éléments qui en un claquement de doigt peuvent vous transformer en « qivitoq ».

Marie-Noëlle s’extasie de chaque moment, de chaque sortie, l’émotion la tient à fleur de peau. Certaines remises en question surgissent sur notre société frénétique, sur le toujours plus, sur la surconsommation. La magie du Grand Nord est un enseignant de grande qualité, il suffit de se poser et d’écouter.

On vous embrasse bien fort depuis la Terre des Niviarsiaq.

Takuss…

Rencontres du bout du Monde…

18 juillet 2019

Collé, le nez au carreau, je suis contemplatif. Ma journée de restauration s’est déroulée à merveille, Je cumule quand même 12h de travaux consécutifs ! La prothèse qui me faisait souffrir a été retouchée, mes petites plaies sont sur les voies de la guérison, la vie à la petite maison bleue du Grand Nord est douce. Dehors le ciel est gris cendré, depuis ce matin le crachin et une bonne brise d’Est rendent le coin exactement comme je les aime, puissant, mystérieux et silencieux. Dans toutes mes expéditions polaires j’ai eu le bonheur de squatter des cabanes surgissant de nulle part. Sur les rives du fleuve Yukon, la cabane d’un certain Mr Brown (son nom était écrit sur son journal de bord posé sur la table) devait m’accueillir pour une douce nuit chauffée par un bon poêle à bois. Dehors les grizzlis voulaient jouer, mais j’étais trop fatigué, et un peu apeuré pour partager leurs joutes. En quittant les lieux je laissais un œil de St Lucie sur la table, la famille, qui sans le savoir m’avait accueilli, allait découvrir un jour ou l’autre qu’un solitaire au long cours avait trouvé refuge chez eux. En Finlande, il en est de même, au Canada, en Suède… Ces cabanes m’ont toujours reçues au bon moment et avec beaucoup de bonheur. Mon beau kayak, « Immaqa » bien calé sur la berge, je savourais la paix et le silence que m’offraient ces havres de sérénité. A chaque fois, je devais reprendre la route pour aller jusqu’au bout de mes rêves, de mes folies, de ma quête de liberté débordante et à chaque départ j’en avais le cœur déchiré. J’ai toujours rêvé de posséder ma bicoque dans le Grand Nord. Dans les parages de Whitehorse, capital de l’état du Yukon, mon pote Robert qui vivait dans cette forêt depuis plus de 20 ans avec sa famille, essayait de me convaincre d’y construire une cabane. Pendant 10 jours j’arpentais les sommets, je découvrais ses lacs, ses torrents poissonneux, même les ours me semblaient plus dociles ! Mais je devais rentrer en Corse. Puis ce fût là haut en Norvège, à quelques kilomètres de la frontière Russe face à l’océan Arctique. Ruan, un pote installé là haut,  me proposait une vieille cabane parfaite pour le poète-nomade que je suis. J’évaluais  le pour et le contre pour finalement renoncer. Mais l’envie d’un pied à terre polaire, n’y voyez pas un mauvais jeu de mot d’unijambiste, a été assouvie. Un jour de ma vie de baroude j’ai finalement trouvé « ma » cabane, ma tanière, mon refuge. Né à 300mts à vol d’oiseau de la Méditerranée, je vous aurais pris pour un hérétique si vous me disiez qu’un jour je serai assis dans ma maison au Groenland à écrire mon journal de bord tout en scrutant les Icebergs glissants vers leur fin lointaine. La vie réserve des situations incroyables, improbables. Mais pour cela, il suffit de les provoquer, de les désirer plus que tout au monde. En voyageant dans ces régions isolées, chaque rencontre avec un autre étranger, est le début de récits incroyables. Pendant cette première semaine, j’ai rencontré les armateurs du voilier canadien Lifesong. Lui, Christophe, français d’origine naviguait dans les mers australes comme charter. Elle, Emmanuelle, québécoise, une baroudeuse défiant les océans en kayak et escaladait les montagnes les plus dangereuses au monde. En Antarctique la vie les a unis et depuis ils naviguent autour du globe. L’hiver dernier ils ont vendu leur bateau pour en racheter un plus grand. L’ouragan Irma avait mis au tapis pas mal de voiliers aux Antilles. Un plan Garcia de 22mts avait été ravagé par la tempête. Mais la vie, quand on s’en donne les moyens, vous aide. En 8 mois de travaux forcés, ils réussissaient à prendre la mer pour un tour du monde. A bord, un moussaillon avait vu le jour. Comme quoi tout est possible. Puis toujours dans cette première semaine, ce fut la rencontre d’Hervé. Il est guide de kayak et de temps à autre l’été, il fait relâche à Oqaatsut. Ayant passé sa jeunesse en Union Soviétique, son père était ingénieur pour une société française implantée en URSS, il causait couramment le russe. De retour chez lui dans le var un matin de juin pour ses 35 ans il se lançait pour un tour du monde. Partie en kayak vers l’est il traversait le monde comme il pouvait. Dans la Caucase,  il optait pour une charrette tirée par un cheval mais au premier frimât de l’hiver le canasson se faisait la malle ! A Vladivostok face à l’océan pacifique, un cargo l’amenait au Japon puis au nord des USA qu’il traversait en vélo. A Terre Neuve, il embarquait sur un voilier français. Le voila en route pour Ilulissat avec son vélo qu’il n’a pas abandonné ! Puis en avion un transfert vers Copenhague et un retour à Hyères chez lui…

Comme il est bon de trouver d’autres rêveurs, d’autres poètes des temps modernes. Au bout du monde, les nomades se rencontrent enfin, ils échangent, connaissent les mêmes personnes, vivent les mêmes galères, les mêmes joies. Dans les fourmilières des villes, le confort a anesthésié beaucoup de monde, les mêmes craintes bloquent ceux qui auraient encore le courage de tout plaquer pour vivre leur rêve. Alors vous qui êtes derrière votre écran, pensez que ce n’est pas impossible. Sachez que la Liberté est le plus beau cadeau que la vie nous offre et ça, tout les jours. La chance n’existe pas, elle se provoque, osez et vous aussi un jour on se rencontrera au bout du monde.

Voyager ce n’est pas changer de pays, voyager c’est changer de monde…

Gogogo !

Paix et zenitude…

16 juillet 2019

Décalage horaire de 4 heures, changement de température et surtout vie du village au ralenti. Pour un gars hyper actif comme moi, il me faut m’adapter. Ici c’est la haute saison touristique, il peut y avoir un passage éclair de 20 touristes, qui en 2 heures de temps dégainent leur reflexe et smartphone pour cocher la case Groenland. Mais je vous rassure ce n’est pas tous les jours et d’un certain côté cela m’amuse beaucoup de les voir s’embourber dans les marécages où poussent les magnifiques fleurs de linaigrette. Elles ressemblent à des bouts de cotons perchés sur une tige verte et haute. Dans certaine partie du monde boréal, cette fleur aurait des pouvoirs chamaniques …

Dès mon arrivée à Ilulissat, j’ai croisé des copains pêcheurs et cela m’a fait chaud au cœur de les voir descendre de leur embarcation pour me saluer. Le Groenlandais n’est pas un grand expressif et cela démontre leur affection à me voir chez eux. Au village quel calme, 23 habitants et du silence à n’en plus finir. Les dénotations se succèdent, mais n’y voyez aucun acte terroriste, ce sont les icebergs qui sous l’effet du soleil, explosent en mille morceaux. J’ai retrouvé la cabane avec une joie immense, seule une fenêtre a souffert des coups de vent hivernaux. Mais j’ai de la réserve de carreaux et en deux coups de cuillère à pot je les ai changé. Je me suis installé, cela fera le troisième été que je la restaure et tout doucement elle prend de la gueule. Mon bon copain Steen, passe me voir. Il est chaleureux, souriant et avec lui je me sens vraiment bien. Il insiste pour un « kaffimiq », alors avec joie je me rends chez lui et sa femme Sara-Mina. Le café est servi brûlant, il est 18h je sens déjà une nuit blanche. Pas grave ! Nous papotons de nos hivers respectifs, quand je pense aux allers-retours que j’ai parcouru cet hiver avec mes conférences, eux sont restés gentiment chez eux à écouter le temps qui passe. Je leur annonce la venue toute proche de ma fiancée, ni une ni deux nous sommes invités pour un diner. A base de viande de phoque, bien entendu !!!

Mais si je suis là, c’est aussi pour continuer la restauration de ma maison, ponçage, masticage, peinture, la tache est ingrate mais nécessaire, je me réjouis d’être ce bricoleur polaire. Cette année je suis un peu mieux organisé, du coup je me sens encore plus à l’aise. Ici pas d’eau courante, ni d’électricité. Au centre du village il y a un distributeur d’eau de mer qui est désalinisée, alors avec ma brouette et mes jerricans , je fais ma balade quotidienne. A la maison communale où je prends mes douches, il y a des prises de courant, c’est là où je recharge mes « gadgets ». La douche est ouverte qu’en semaine de 9h à 16h, il ne faut pas arriver en retard, surtout après être saupoudré de plâtre poncé…

La paix de ce village est rafraichissante, c’est un havre de paix où il fait bon vivre. Bientôt mes jeunes stagiaires vont arriver, j’espère qu’ils apprécieront ce moment de partage…

Je vous envoie plein de fraicheur et de zénitude polaire.

A pluche…

Oqaatsut enfin…

14 juillet 2019

C’est depuis ma petite maison bleue que mon journal de bord est rédigé enfin.

Pujoq (brouillard), le mauvais farceur a bloqué une partie du Groenland pendant deux jours. Resté bloqué à Kangerlussuaq est une sacrée punition, quand tu sais que le paradis n’est plus qu’à 45’ de vol. Mais voilà que tout a une fin et le Dash8 vol en coupant sans ciseaux le ruban du cercle polaire, 66°33’ Nord. Mes bagages sont là aussi, il me reste à trouver un taxi pour m’amener directement au chevet de mon petit bateau. La personne qui me l’a vendu n’est pas un foudre de guerre, un souffle dans un verre et je pense qu’il y perdrait vite pied. Par « messenger » tout l’hiver je lui ai rappelé les travaux qu’il s’était engagé à faire à la vente du bateau, il y a plus d’un an ! Oh miracle tout est en place, enfin presque !!! MDR. Je sais où je suis, donc c’est à moi de m’adapter. Le petit Poka est recouvert de sable, avant que le camion grue ne vienne, je m’active au mieux pour lui rendre un air normal. Le vide vite de la double coque étant complètement grippé, je l’avais dévissé et décollé, il me faut procéder à l’envers, coller au Sika et vissé.  Il est 13h30, à 15h le camion devrait être là, je croise les doigts pour que tout polymérise à temps. Juste à côté se trouve le Spark (chaine de produits de bricolage), je dois trouver un chauffage d’appoint pour la maison, l’année dernière on m’en avait prêté un. En même temps je me dis que ce serait intelligent de prendre aussi un sac de plâtre pour finir de colmater les fissures de la pièce de ma maison et conclure une fois pour toutes les peintures intérieures. Mais cette année il n’y a pas de plâtre !!! Soupir ! Donc je charge mon chauffage et au pas cadencé, me rend au Pissifik (chaine de grand supermarché) pour acheter quelques vivres. A mon retour il est 14h45 et le camion est déjà là. Ni une ni deux, mon petit bateau prend les cieux pour être chargé. Sans corde à nœud je me hisse dans le cockpit de ce camion immense et nous voilà partis pour un remake du Paris-Dakar avec un bateau à peine fixé. Je croise les doigts, serre le grigri que m’a offert ma chérie avant de partir et nous voilà enfin au port, le bateau est toujours là, ouf ! Le port est très encombré mais surtout une immense couche de peaux de crevettes embaume la mise à l’eau. Ilulissat est une plaque tournante de la crevette sauvage arctique et tous les restes sont jetés directement à la mer. Aujourd’hui le courant était dans le bon sens, pouha !!!

Haut de 5mts, le mur du ponton est plus qu’hostile, en un claquement de doigt je dois grimper à bord du bateau encore en l’air, un vrai exercice de cirque. Heureusement que je ne suis pas handicapé ! Ouf, j’ai réussi mon saut ! Ce serait ballot de patauger au milieu des carapaces de crevettes dans un océan à 4°. Ben oui, c’est l’été donc elle est bonne !

Le moteur part au quart de tour, pas de voix d’eau, la « pissette » du refroidissement moteur fonctionne, je croise les doigts la route va être longue jusqu’à ma maison bleue. A bord c’est un peu la panique, mais je m’en moque, coûte que coûte je veux arriver chez moi. J’ouvre mes sacs au hasard pour chiper des affaires chaudes. Pas le temps, je prendrais ce qui me vient le plus facilement. Je ne trouve pas mon gilet de sauvetage, de toute façon aujourd’hui je n’ai pas envie de nager. Mais plus que mon petit confort et ma sécurité, c’est l’épaisseur du brouillard qui me cause soucis. Mon GPS est à Oqaatsut et il va falloir y aller à l’instinct ! Je stoppe le dialogue interne qui me harcèle : le moteur, le brouillard, l’état de la glace, la houle… Aux oubliettes les pensées parasites !

Je pars tout doux en auscultant le bruit du moulin qui tourne rond, puis prend repère avec la luminosité du soleil qui semble vouloir m’aider. Donc c’est cap plein nord, c’est fou, je suis seul en mer !!! Je me mets en vitesse de croisière et tente de ne pas lâcher le nord. Je sais que c’est 30’ maxi avant de dénicher la passe de la baie qui me mènera à destination. A un moment je sens l’embrouille, le brouillard est si dense que la lumière du soleil ne passe plus. Je stoppe le moteur et hume le vent et tente de lire la houle. Damned, je suis trop ouest. Je repars en modifiant mon cap. Chaque iceberg croisé et un fantôme lumineux, l’effet est sordide et envoutant en même temps. Je garde le cap, la côte a disparu depuis un bon moment puis de nouveau je stoppe le moteur. Les chiens du village, oui je les entends, je n’ai qu’à suivre leur aboiement. Soudain, comme par miracle, je trouve la passe et l’immense baie d’Oqaatsut. Je cris ma joie, le village est devant moi. J’en ai les larmes aux yeux… Demain je vous raconterai la suite de cette belle aventure.

Que c’est beau, que c’est puissant, que c’est envoûtant. Ici le temps s’est arrêté, ici le présent à encore plus de place que dans le sud.

Je vous embrasse bien fort, je vais me mettre au chaud, 6° quand même. Ca c’est un bel été qui s’annonce…

Bloqué à Kangerlussuaq :

11 juillet 2019

Le brouillard à Ilulissat semble tenace, depuis hier aucune rotation n’est possible. Ici pas de route, le seul pont est par les airs ou par l’océan. Les annonces toutes les deux heures sont les mêmes : fly canceled. J’ai une pile de bouquin, j’en sors un, je vais le lire dans la journée. Vers 17h c’est sûr je vais encore passer une nuit ici. Rassurez-vous l’hôtel du coin est plus que bien. Lit confortable et surtout douche et toilettes individuels ce qui est un grand luxe pour cette terre en permanence gelée. Après être sûr de ne pas partir ce soir, j’endosse mon sac à dos pour aller me balader. Ici ce n’est pas trop glamour, ce lieu n’est que la plateforme aérienne de la côte Ouest du Groenland. Un airbus par jour arrive de Copenhague, pas plus, mais après, d’ici les petits Dash8 desservent toute la côte. En calculant un peu c’est 250 personnes par jour qui partent et qui arrivent du Danemark. Cela me laisse pensif quant au monde qui est déversé quotidiennement en Corse en ce moment !

Donc j’emprunte une route en terre, la même qu’il y à 12 ans avec Nicolas Dubreuil quand nous avions traversé la calotte à pied en 34 jours de marche forcée sans la moindre assistance. Cette piste avait été taillée par l’industrie automobile allemande pour les tester sur la glace. Encore une folie des hommes. Je marche sans but, mon errance me porte sur un promontoire qui domine un fleuve boueux. La brise est la bienvenue, les moustiques sont tous aux abris. Dans la toundra des myrtilles me font de l’œil, puis ce sont des massifs d’épilobes à feuilles larges qui donnent un peu de couleur à ce paysage poussiéreux.  Niviarsiaq, c’est son nom Groenlandais, signifie aussi jeune fille. C’est le nom que j’ai donné au projet de cet été et des années à venir. Emblème du Groenland, elle est éphémère. Ce qui me fascine dans cette jolie fleur c’est qu’elle résiste toute l’année aux frimas d’un hiver rigoureux pour renaître chaque saison estivale en lui donnant un air de fête, de joie. Comme ces gamins qui vont me rejoindre bientôt. Ils ont surmonté des cancers, des graves accidents de la vie, mais sont encore là pour hurler aux qivitoqs (croyance inuit, esprits malicieux qui hantent la toundra et les glaces) qu’ils sont encore vivants avec un avenir extraordinaire. La vie ici, plus qu’ailleurs est un présent qu’il ne faut pas louper, chaque seconde à son importance. En étant optimiste ile me reste encore 3 024 000 secondes à vivre alors pourquoi en gâcher une !!!

Vous aussi bougez-vous les fesses, soyez les explorateurs de vos âmes, de vos envies, de vos rêves. Allez-y jetez vous dans le vide, si vous avez rêvé bien fort vos plus beaux désirs, vous allez voir que soudainement vous allez certainement vous envoler… Go go go…

Bises à vous tous…

Angalatooq : (le voyageur)

10 juillet 2019

Angalatooq : (le voyageur)

Tel l’oiseau migrateur je suis déjà loin de la Méditerranée, loin du bruit, loin de la chaleur, loin du surpeuplement. Là-haut au pays de Nanoq, tout est différent, tout est plus grand, plus silencieux, plus respectueux mais plus compliqué aussi !

En 2005-2006 avec mon Grand Dume, nous traversions un océan en ramant. 54 jours à écouter le bruit de la houle, à gérer les eaux salées qui nous burinaient le visage, à savoir des larmes ou des lames, qui nous auraient marqué le plus ! A bord de notre yole de mer un seul livre, celui de Gilles Elkaïm « Arktika ». Ce livre me passionnait, les mots de cet incroyable explorateur polaire, développaient ma curiosité. Je n’aurais jamais pu imaginer que moins de 90 jours après avoir parcouru 5500km à la force des poignets, j’aurais rejoint un groupe d’ancien militaires Russes pour atteindre à pied et en totale autonomie la latitude 90°Nord à pied, le mythique Pôle Nord. De ce jour rien ne fut plus pareil, Gilles Elkaïm devenait un copain et d’autres fous rêveurs me faisaient confiance pour des odyssées de dingue. Déjà 13 ans.                                                                                                                                      La traversée du Groenland d’Ouest en Est fut pour moi, une des expériences les plus compliquées de ma vie civile. Les 34 jours de marche forcée en tirant un traineau de 120kilos, m’ont demandé une énergie hors du commun. Mais le Kalaallit Nunaat m’a happé, m’a charmé et depuis 3 ans j’y possède une belle maison bleue. Oqaatsut (Cormoran) est un village de 23 habitants silencieux et souriants. Pas de voiture, pas de burn-out, les seuls bouchons sont ces gros « glaçons » qui partent pour un long voyage de 6 ans en mourant au large de Terre-Neuve. Les chiens sont les plus nombreux que les habitants. De temps à autre, une meute hurle en retrouvant très vite le silence pour laisser place à une détonation qui vous fera sursauter. N’y cherchez pas quelques raisons guerrières ou clandestines, ce n’est qu’un gros iceberg qui s’est désintégré. Je vais avoir quelques jours pour bricoler dans ma maison ; elle est âgée de 70 ans et en mode « restauration » mais une bonne partie des travaux est bien avancée. Puis ce sera la visite de ma « belle Vahiné » qui viendra découvrir ce monde si particulier, puis ce sera au tour du Grand capitaine du Drakkar à nous rejoindre. Le Grand Nord et nos blessures nous ont unis, rapprochés, en abattant le mur de nos différences. En grand seigneur, à titre personnel il a loué le voilier Polaire La Louise qui permettra à 6 « guerriers » Bout de vie de poser leurs sacs à bord pour une exploration hors norme.

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, je tiens absolument à vous rassurer. Jo Zef la mascotte est à mes côtés, comment pourrait-il en être autrement…

Proverbe Groenlandais : seuls la glace et le temps sont maîtres

La preuve ce soir au lieu d’être à Ilulissat, nous sommes bloqués à Kangerlussuaq. Malgré trois tentatives, le brouillard n’a pas permis au Dash8 de se poser…

Inuulluarit

PS : photos sur ma page Facebook Frank Bruno officiel

Été à Oqaatsut 2019…

7 juillet 2019

 

Bonjour à tous,

Ce petit mot va vous rafraichir puisqu’il est posté directement du Groenland où j’ai posé mes sacs.  Début août, 6 adhérents de l’association Bout de vie vont embarquer à mes côtés, à bord du voilier polaire la Louise. Une croisière australe en baie de Disko, va leur dévoiler des moments qui resteront gravés à tout jamais dans leurs âmes. Les mouillages seront sauvages et silencieux, les activités seront simples : Ouvrir ses yeux et tout prendre. Balades à terre et sous-marine, agrémenteront les escales. Un journal de bord vous dévoilera tous les petits moments magiques de cette exploration digne d’une aventure à la Shackleton.  En attendant depuis ma petite maison d’Oqaatsut je vous offre un peu de fraicheur et de liberté.

 En m’inspirant de la phrase de Rasmussen :

Donnez-moi un océan polaire et du silence, je vous donnerai tout le reste

Un crowndfunding est en ligne, vous pouvez vous aussi apporter votre flocon de neige à la création de cet iceberg de Liberté. Cliquez ici

 

Offrez vous une part de rêve et de fraîcheur polaire sur ce site en ligne. (Films, tasses, t-shirts, sacs de plage…) Cliquez-ici

 

Stage de mer 2019…

27 mai 2019

Nomade est au mouillage, le ciel plombé rend le coin sauvage, hostile, comme si nous avions passé une porte invisible hors du temps, loin des « autres ». L’équipage, sous l’œil bienveillant du skipper hors pair Christophe, se découvre. De prime abord ils semblent unis par leur amputation, mais si l’on cherche un peu ce serait plutôt leur envie de vivre qui serait ce lien. Une semaine au large pour décrypter leurs malheurs, les miens aussi. Les mouillages sont tous différents, les soirées aussi. A tour de rôle chacun se livre, chacun ose, chacun y va de sa reconstruction, les sourires, les yeux humides, comme le vent les humeurs changent en un claquement de doigt. D’Angleterre, de Belgique, de Suisse, du continent et même de ma petite île, ils sont réunis pour une semaine de partage. Le vent, la pluie sont les problèmes des gens restés à terre, ici ils font bien plus que vivre, ils vibrent.  Capu Biancu, Capicciolu, Porto-novu, Iles de la Madelena, Lavezzi… Les endroits sont sublimes et encore un peu épargnés par la foule estivale insupportable et bruyante. A chaque fois il y a des mises à l’eau pour des randonnées en apnée. Avec une ou deux jambes en moins l’exercice se doit d’être très précis et ordonné. Bout de vie n’a pas pour vocation d’assister ses stagiaires mais de leur offrir quelques clés pour devenir autonomes loin, mais très loin de la case handi. Le bateau n’est pas adapté au handicap, moi non plus d’ailleurs ! Chacun doit se prendre en charge. Malheur si quelqu’un oublie le « truc » indispensable, Christophe est briefé ils doivent « se demmerder » ! Je sais je ne suis pas tendre mais cela fait partie du long chemin pour se faire accepter par une société qui tremble devant la différence, qui tourne la tête à la vue d’un moignon, qui n’ose pas encore le mot amputation. Alors nous devons devenir meilleurs, plus forts, plus joyeux, plus vivants ! Les repas sont festifs bien que frugaux, mais la bonne humeur ne manque pas de pimenter nos assiettes. Pas une histoire ne ressemble à l’autre, pas un bout de vie identique. La fusion du groupe est juste incroyable, la mer nous met en apesanteur, les prothèses n’ont plus lieu d’être. Le vendredi, c’est le jour du baptême. Non, non pas le religieux, bien qu’un bon : que Dieu vous prothèse serait le bienvenu. Le fameux baptême de plongée sous-marine, celui qui nous porte au palier des abysses, là où les pieds perdus n’ont aucune importance pour progresser… Plus que des mots, des photos triées sur le volet vont illustrer cette semaine inoubliable. Merci à tous ceux qui de prés ou de loin se sont investis pour que cette semaine soit une réussite. Christian « Capitaine du drakkar ». Bixente, Liza pour une mer en Bleus. Géraldine, Ino Mobilier. Steve, Géant Casino Porto-Vecchio. Roch, SPAR Pianottoli. Jean-Louis, Capitainerie de Pianottoli. Daniel, Subdadou. Nicolas, Aqualung France. Alain armateur de Nomade et son skipper Christophe. Nadia, Corse-Matin. Et bien sur les participants. Neeta, Joëlle, Myriam, Guy, Roger, Victorien, Steve, Jeremy… Un grand merci aussi, à ma chérie qui m’a bien épaulé dans l’ombre pour toutes ces préparations.

Si le Cœur vous en dit, une opération de financement participatif est en ligne sur ce site. Prenez quelques secondes pour découvrir le nouveau projet de votre association Bout de vie.