Hommage polaire…

17 août 2019

 

Il est 1 heure du matin dehors c’est un vrai temps polaire, brume et crachin, sur la Louise, nous sommes au chaud à coté du poêle à pétrole. La musique va bon train, nous dansons, nous chantons, quelle vie merveilleuse. Il est difficile de retranscrire ce qui est vécu, ce qui est ressenti ici.  Les filles ont préparé un spectacle, nous sommes tous très attentifs. Sur une chanson entrainante, elles ont composé une série d’imitation de toute en chacun, nous sommes pliés de rire. Puis Louane et Lara ont préparé un discours. Le moment devient solennel, Louane se livre, des larmes coulent abondamment, elle ne trouve plus ses mots. Elle me remercie de la bousculer, de la remettre en question et de lui donner l’envie et la détermination pour avancer. Je ne dis rien mais mes yeux sont humides. Puis c’est au tour de Lara, rebelote et dix de der, elle est très émue… Quel beau cadeau.

Le Groenland est un monde hostile pour les sudistes et pour « survivre » il faut être uni. Nous sommes au total 10 à bord, 10 avec des histoires différentes, des drames, des joies, des réussites, des défaites, pourtant nous sommes sur la même longueur d’onde. Jusque tard dans la nuit nous profitons de ce moment de grâce…

8h 30 je bouscule les marmottes, j’entends des ronchonnements…Au petit déjeuner nous planifions la journée, mais un invité surprise nous pose un problème. Un fort courant de sud-ouest à rempli notre route de glace. La Louise est une habituée, mais en nous frayant un passage la moyenne va en prendre un coup. Les phoques semblent amusés par notre lenteur, les baleines nous saluent, tout le monde est attentif. A tour de rôle chacun aura son quart de barre, manœuvrer un voilier de 40 tonnes au milieu des glaces est une sacrée expérience. Finalement vers 13h nous retrouvons une route moins encombrée de growlers, mais la vigilance est nécessaire. Une bande de baleines nous offre un show incroyable, elles sont si prés qu’on pourrait les toucher. Puis nous reprenons la route… les sourires en disent long sur ces journées d’un autre temps. Le virtuel d’ici quelques jours va les reprendre, le robinet d’eau courante et l’électricité aussi et c’est bien dommage. Nous nous rendons plus compte à quel point le confort est devenu facile et envahissant. Mes réflexions par moment font grincer des dents certains, mais ici je ne peux laisser passer le surplus. A force de vivre en, mode baroude, mes sens ce sont ouvert, ce sont affutés. Je ne pique pas pour faire mal mais pour ouvrir de nouvelles réflexions.

Ce soir il bruine, mais les soleils sont dans leur cœur.

Takuss.

Bloqué à Kangerlussuaq :

11 juillet 2019

Le brouillard à Ilulissat semble tenace, depuis hier aucune rotation n’est possible. Ici pas de route, le seul pont est par les airs ou par l’océan. Les annonces toutes les deux heures sont les mêmes : fly canceled. J’ai une pile de bouquin, j’en sors un, je vais le lire dans la journée. Vers 17h c’est sûr je vais encore passer une nuit ici. Rassurez-vous l’hôtel du coin est plus que bien. Lit confortable et surtout douche et toilettes individuels ce qui est un grand luxe pour cette terre en permanence gelée. Après être sûr de ne pas partir ce soir, j’endosse mon sac à dos pour aller me balader. Ici ce n’est pas trop glamour, ce lieu n’est que la plateforme aérienne de la côte Ouest du Groenland. Un airbus par jour arrive de Copenhague, pas plus, mais après, d’ici les petits Dash8 desservent toute la côte. En calculant un peu c’est 250 personnes par jour qui partent et qui arrivent du Danemark. Cela me laisse pensif quant au monde qui est déversé quotidiennement en Corse en ce moment !

Donc j’emprunte une route en terre, la même qu’il y à 12 ans avec Nicolas Dubreuil quand nous avions traversé la calotte à pied en 34 jours de marche forcée sans la moindre assistance. Cette piste avait été taillée par l’industrie automobile allemande pour les tester sur la glace. Encore une folie des hommes. Je marche sans but, mon errance me porte sur un promontoire qui domine un fleuve boueux. La brise est la bienvenue, les moustiques sont tous aux abris. Dans la toundra des myrtilles me font de l’œil, puis ce sont des massifs d’épilobes à feuilles larges qui donnent un peu de couleur à ce paysage poussiéreux.  Niviarsiaq, c’est son nom Groenlandais, signifie aussi jeune fille. C’est le nom que j’ai donné au projet de cet été et des années à venir. Emblème du Groenland, elle est éphémère. Ce qui me fascine dans cette jolie fleur c’est qu’elle résiste toute l’année aux frimas d’un hiver rigoureux pour renaître chaque saison estivale en lui donnant un air de fête, de joie. Comme ces gamins qui vont me rejoindre bientôt. Ils ont surmonté des cancers, des graves accidents de la vie, mais sont encore là pour hurler aux qivitoqs (croyance inuit, esprits malicieux qui hantent la toundra et les glaces) qu’ils sont encore vivants avec un avenir extraordinaire. La vie ici, plus qu’ailleurs est un présent qu’il ne faut pas louper, chaque seconde à son importance. En étant optimiste ile me reste encore 3 024 000 secondes à vivre alors pourquoi en gâcher une !!!

Vous aussi bougez-vous les fesses, soyez les explorateurs de vos âmes, de vos envies, de vos rêves. Allez-y jetez vous dans le vide, si vous avez rêvé bien fort vos plus beaux désirs, vous allez voir que soudainement vous allez certainement vous envoler… Go go go…

Bises à vous tous…

Été à Oqaatsut 2019…

7 juillet 2019

 

Bonjour à tous,

Ce petit mot va vous rafraichir puisqu’il est posté directement du Groenland où j’ai posé mes sacs.  Début août, 6 adhérents de l’association Bout de vie vont embarquer à mes côtés, à bord du voilier polaire la Louise. Une croisière australe en baie de Disko, va leur dévoiler des moments qui resteront gravés à tout jamais dans leurs âmes. Les mouillages seront sauvages et silencieux, les activités seront simples : Ouvrir ses yeux et tout prendre. Balades à terre et sous-marine, agrémenteront les escales. Un journal de bord vous dévoilera tous les petits moments magiques de cette exploration digne d’une aventure à la Shackleton.  En attendant depuis ma petite maison d’Oqaatsut je vous offre un peu de fraicheur et de liberté.

 En m’inspirant de la phrase de Rasmussen :

Donnez-moi un océan polaire et du silence, je vous donnerai tout le reste

Un crowndfunding est en ligne, vous pouvez vous aussi apporter votre flocon de neige à la création de cet iceberg de Liberté. Cliquez ici

 

Offrez vous une part de rêve et de fraîcheur polaire sur ce site en ligne. (Films, tasses, t-shirts, sacs de plage…) Cliquez-ici