Paix et zenitude…

16 juillet 2019

Décalage horaire de 4 heures, changement de température et surtout vie du village au ralenti. Pour un gars hyper actif comme moi, il me faut m’adapter. Ici c’est la haute saison touristique, il peut y avoir un passage éclair de 20 touristes, qui en 2 heures de temps dégainent leur reflexe et smartphone pour cocher la case Groenland. Mais je vous rassure ce n’est pas tous les jours et d’un certain côté cela m’amuse beaucoup de les voir s’embourber dans les marécages où poussent les magnifiques fleurs de linaigrette. Elles ressemblent à des bouts de cotons perchés sur une tige verte et haute. Dans certaine partie du monde boréal, cette fleur aurait des pouvoirs chamaniques …

Dès mon arrivée à Ilulissat, j’ai croisé des copains pêcheurs et cela m’a fait chaud au cœur de les voir descendre de leur embarcation pour me saluer. Le Groenlandais n’est pas un grand expressif et cela démontre leur affection à me voir chez eux. Au village quel calme, 23 habitants et du silence à n’en plus finir. Les dénotations se succèdent, mais n’y voyez aucun acte terroriste, ce sont les icebergs qui sous l’effet du soleil, explosent en mille morceaux. J’ai retrouvé la cabane avec une joie immense, seule une fenêtre a souffert des coups de vent hivernaux. Mais j’ai de la réserve de carreaux et en deux coups de cuillère à pot je les ai changé. Je me suis installé, cela fera le troisième été que je la restaure et tout doucement elle prend de la gueule. Mon bon copain Steen, passe me voir. Il est chaleureux, souriant et avec lui je me sens vraiment bien. Il insiste pour un « kaffimiq », alors avec joie je me rends chez lui et sa femme Sara-Mina. Le café est servi brûlant, il est 18h je sens déjà une nuit blanche. Pas grave ! Nous papotons de nos hivers respectifs, quand je pense aux allers-retours que j’ai parcouru cet hiver avec mes conférences, eux sont restés gentiment chez eux à écouter le temps qui passe. Je leur annonce la venue toute proche de ma fiancée, ni une ni deux nous sommes invités pour un diner. A base de viande de phoque, bien entendu !!!

Mais si je suis là, c’est aussi pour continuer la restauration de ma maison, ponçage, masticage, peinture, la tache est ingrate mais nécessaire, je me réjouis d’être ce bricoleur polaire. Cette année je suis un peu mieux organisé, du coup je me sens encore plus à l’aise. Ici pas d’eau courante, ni d’électricité. Au centre du village il y a un distributeur d’eau de mer qui est désalinisée, alors avec ma brouette et mes jerricans , je fais ma balade quotidienne. A la maison communale où je prends mes douches, il y a des prises de courant, c’est là où je recharge mes « gadgets ». La douche est ouverte qu’en semaine de 9h à 16h, il ne faut pas arriver en retard, surtout après être saupoudré de plâtre poncé…

La paix de ce village est rafraichissante, c’est un havre de paix où il fait bon vivre. Bientôt mes jeunes stagiaires vont arriver, j’espère qu’ils apprécieront ce moment de partage…

Je vous envoie plein de fraicheur et de zénitude polaire.

A pluche…

Oqaatsut enfin…

14 juillet 2019

C’est depuis ma petite maison bleue que mon journal de bord est rédigé enfin.

Pujoq (brouillard), le mauvais farceur a bloqué une partie du Groenland pendant deux jours. Resté bloqué à Kangerlussuaq est une sacrée punition, quand tu sais que le paradis n’est plus qu’à 45’ de vol. Mais voilà que tout a une fin et le Dash8 vol en coupant sans ciseaux le ruban du cercle polaire, 66°33’ Nord. Mes bagages sont là aussi, il me reste à trouver un taxi pour m’amener directement au chevet de mon petit bateau. La personne qui me l’a vendu n’est pas un foudre de guerre, un souffle dans un verre et je pense qu’il y perdrait vite pied. Par « messenger » tout l’hiver je lui ai rappelé les travaux qu’il s’était engagé à faire à la vente du bateau, il y a plus d’un an ! Oh miracle tout est en place, enfin presque !!! MDR. Je sais où je suis, donc c’est à moi de m’adapter. Le petit Poka est recouvert de sable, avant que le camion grue ne vienne, je m’active au mieux pour lui rendre un air normal. Le vide vite de la double coque étant complètement grippé, je l’avais dévissé et décollé, il me faut procéder à l’envers, coller au Sika et vissé.  Il est 13h30, à 15h le camion devrait être là, je croise les doigts pour que tout polymérise à temps. Juste à côté se trouve le Spark (chaine de produits de bricolage), je dois trouver un chauffage d’appoint pour la maison, l’année dernière on m’en avait prêté un. En même temps je me dis que ce serait intelligent de prendre aussi un sac de plâtre pour finir de colmater les fissures de la pièce de ma maison et conclure une fois pour toutes les peintures intérieures. Mais cette année il n’y a pas de plâtre !!! Soupir ! Donc je charge mon chauffage et au pas cadencé, me rend au Pissifik (chaine de grand supermarché) pour acheter quelques vivres. A mon retour il est 14h45 et le camion est déjà là. Ni une ni deux, mon petit bateau prend les cieux pour être chargé. Sans corde à nœud je me hisse dans le cockpit de ce camion immense et nous voilà partis pour un remake du Paris-Dakar avec un bateau à peine fixé. Je croise les doigts, serre le grigri que m’a offert ma chérie avant de partir et nous voilà enfin au port, le bateau est toujours là, ouf ! Le port est très encombré mais surtout une immense couche de peaux de crevettes embaume la mise à l’eau. Ilulissat est une plaque tournante de la crevette sauvage arctique et tous les restes sont jetés directement à la mer. Aujourd’hui le courant était dans le bon sens, pouha !!!

Haut de 5mts, le mur du ponton est plus qu’hostile, en un claquement de doigt je dois grimper à bord du bateau encore en l’air, un vrai exercice de cirque. Heureusement que je ne suis pas handicapé ! Ouf, j’ai réussi mon saut ! Ce serait ballot de patauger au milieu des carapaces de crevettes dans un océan à 4°. Ben oui, c’est l’été donc elle est bonne !

Le moteur part au quart de tour, pas de voix d’eau, la « pissette » du refroidissement moteur fonctionne, je croise les doigts la route va être longue jusqu’à ma maison bleue. A bord c’est un peu la panique, mais je m’en moque, coûte que coûte je veux arriver chez moi. J’ouvre mes sacs au hasard pour chiper des affaires chaudes. Pas le temps, je prendrais ce qui me vient le plus facilement. Je ne trouve pas mon gilet de sauvetage, de toute façon aujourd’hui je n’ai pas envie de nager. Mais plus que mon petit confort et ma sécurité, c’est l’épaisseur du brouillard qui me cause soucis. Mon GPS est à Oqaatsut et il va falloir y aller à l’instinct ! Je stoppe le dialogue interne qui me harcèle : le moteur, le brouillard, l’état de la glace, la houle… Aux oubliettes les pensées parasites !

Je pars tout doux en auscultant le bruit du moulin qui tourne rond, puis prend repère avec la luminosité du soleil qui semble vouloir m’aider. Donc c’est cap plein nord, c’est fou, je suis seul en mer !!! Je me mets en vitesse de croisière et tente de ne pas lâcher le nord. Je sais que c’est 30’ maxi avant de dénicher la passe de la baie qui me mènera à destination. A un moment je sens l’embrouille, le brouillard est si dense que la lumière du soleil ne passe plus. Je stoppe le moteur et hume le vent et tente de lire la houle. Damned, je suis trop ouest. Je repars en modifiant mon cap. Chaque iceberg croisé et un fantôme lumineux, l’effet est sordide et envoutant en même temps. Je garde le cap, la côte a disparu depuis un bon moment puis de nouveau je stoppe le moteur. Les chiens du village, oui je les entends, je n’ai qu’à suivre leur aboiement. Soudain, comme par miracle, je trouve la passe et l’immense baie d’Oqaatsut. Je cris ma joie, le village est devant moi. J’en ai les larmes aux yeux… Demain je vous raconterai la suite de cette belle aventure.

Que c’est beau, que c’est puissant, que c’est envoûtant. Ici le temps s’est arrêté, ici le présent à encore plus de place que dans le sud.

Je vous embrasse bien fort, je vais me mettre au chaud, 6° quand même. Ca c’est un bel été qui s’annonce…

Bloqué à Kangerlussuaq :

11 juillet 2019

Le brouillard à Ilulissat semble tenace, depuis hier aucune rotation n’est possible. Ici pas de route, le seul pont est par les airs ou par l’océan. Les annonces toutes les deux heures sont les mêmes : fly canceled. J’ai une pile de bouquin, j’en sors un, je vais le lire dans la journée. Vers 17h c’est sûr je vais encore passer une nuit ici. Rassurez-vous l’hôtel du coin est plus que bien. Lit confortable et surtout douche et toilettes individuels ce qui est un grand luxe pour cette terre en permanence gelée. Après être sûr de ne pas partir ce soir, j’endosse mon sac à dos pour aller me balader. Ici ce n’est pas trop glamour, ce lieu n’est que la plateforme aérienne de la côte Ouest du Groenland. Un airbus par jour arrive de Copenhague, pas plus, mais après, d’ici les petits Dash8 desservent toute la côte. En calculant un peu c’est 250 personnes par jour qui partent et qui arrivent du Danemark. Cela me laisse pensif quant au monde qui est déversé quotidiennement en Corse en ce moment !

Donc j’emprunte une route en terre, la même qu’il y à 12 ans avec Nicolas Dubreuil quand nous avions traversé la calotte à pied en 34 jours de marche forcée sans la moindre assistance. Cette piste avait été taillée par l’industrie automobile allemande pour les tester sur la glace. Encore une folie des hommes. Je marche sans but, mon errance me porte sur un promontoire qui domine un fleuve boueux. La brise est la bienvenue, les moustiques sont tous aux abris. Dans la toundra des myrtilles me font de l’œil, puis ce sont des massifs d’épilobes à feuilles larges qui donnent un peu de couleur à ce paysage poussiéreux.  Niviarsiaq, c’est son nom Groenlandais, signifie aussi jeune fille. C’est le nom que j’ai donné au projet de cet été et des années à venir. Emblème du Groenland, elle est éphémère. Ce qui me fascine dans cette jolie fleur c’est qu’elle résiste toute l’année aux frimas d’un hiver rigoureux pour renaître chaque saison estivale en lui donnant un air de fête, de joie. Comme ces gamins qui vont me rejoindre bientôt. Ils ont surmonté des cancers, des graves accidents de la vie, mais sont encore là pour hurler aux qivitoqs (croyance inuit, esprits malicieux qui hantent la toundra et les glaces) qu’ils sont encore vivants avec un avenir extraordinaire. La vie ici, plus qu’ailleurs est un présent qu’il ne faut pas louper, chaque seconde à son importance. En étant optimiste ile me reste encore 3 024 000 secondes à vivre alors pourquoi en gâcher une !!!

Vous aussi bougez-vous les fesses, soyez les explorateurs de vos âmes, de vos envies, de vos rêves. Allez-y jetez vous dans le vide, si vous avez rêvé bien fort vos plus beaux désirs, vous allez voir que soudainement vous allez certainement vous envoler… Go go go…

Bises à vous tous…

Angalatooq : (le voyageur)

10 juillet 2019

Angalatooq : (le voyageur)

Tel l’oiseau migrateur je suis déjà loin de la Méditerranée, loin du bruit, loin de la chaleur, loin du surpeuplement. Là-haut au pays de Nanoq, tout est différent, tout est plus grand, plus silencieux, plus respectueux mais plus compliqué aussi !

En 2005-2006 avec mon Grand Dume, nous traversions un océan en ramant. 54 jours à écouter le bruit de la houle, à gérer les eaux salées qui nous burinaient le visage, à savoir des larmes ou des lames, qui nous auraient marqué le plus ! A bord de notre yole de mer un seul livre, celui de Gilles Elkaïm « Arktika ». Ce livre me passionnait, les mots de cet incroyable explorateur polaire, développaient ma curiosité. Je n’aurais jamais pu imaginer que moins de 90 jours après avoir parcouru 5500km à la force des poignets, j’aurais rejoint un groupe d’ancien militaires Russes pour atteindre à pied et en totale autonomie la latitude 90°Nord à pied, le mythique Pôle Nord. De ce jour rien ne fut plus pareil, Gilles Elkaïm devenait un copain et d’autres fous rêveurs me faisaient confiance pour des odyssées de dingue. Déjà 13 ans.                                                                                                                                      La traversée du Groenland d’Ouest en Est fut pour moi, une des expériences les plus compliquées de ma vie civile. Les 34 jours de marche forcée en tirant un traineau de 120kilos, m’ont demandé une énergie hors du commun. Mais le Kalaallit Nunaat m’a happé, m’a charmé et depuis 3 ans j’y possède une belle maison bleue. Oqaatsut (Cormoran) est un village de 23 habitants silencieux et souriants. Pas de voiture, pas de burn-out, les seuls bouchons sont ces gros « glaçons » qui partent pour un long voyage de 6 ans en mourant au large de Terre-Neuve. Les chiens sont les plus nombreux que les habitants. De temps à autre, une meute hurle en retrouvant très vite le silence pour laisser place à une détonation qui vous fera sursauter. N’y cherchez pas quelques raisons guerrières ou clandestines, ce n’est qu’un gros iceberg qui s’est désintégré. Je vais avoir quelques jours pour bricoler dans ma maison ; elle est âgée de 70 ans et en mode « restauration » mais une bonne partie des travaux est bien avancée. Puis ce sera la visite de ma « belle Vahiné » qui viendra découvrir ce monde si particulier, puis ce sera au tour du Grand capitaine du Drakkar à nous rejoindre. Le Grand Nord et nos blessures nous ont unis, rapprochés, en abattant le mur de nos différences. En grand seigneur, à titre personnel il a loué le voilier Polaire La Louise qui permettra à 6 « guerriers » Bout de vie de poser leurs sacs à bord pour une exploration hors norme.

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, je tiens absolument à vous rassurer. Jo Zef la mascotte est à mes côtés, comment pourrait-il en être autrement…

Proverbe Groenlandais : seuls la glace et le temps sont maîtres

La preuve ce soir au lieu d’être à Ilulissat, nous sommes bloqués à Kangerlussuaq. Malgré trois tentatives, le brouillard n’a pas permis au Dash8 de se poser…

Inuulluarit

PS : photos sur ma page Facebook Frank Bruno officiel

Été à Oqaatsut 2019…

7 juillet 2019

 

Bonjour à tous,

Ce petit mot va vous rafraichir puisqu’il est posté directement du Groenland où j’ai posé mes sacs.  Début août, 6 adhérents de l’association Bout de vie vont embarquer à mes côtés, à bord du voilier polaire la Louise. Une croisière australe en baie de Disko, va leur dévoiler des moments qui resteront gravés à tout jamais dans leurs âmes. Les mouillages seront sauvages et silencieux, les activités seront simples : Ouvrir ses yeux et tout prendre. Balades à terre et sous-marine, agrémenteront les escales. Un journal de bord vous dévoilera tous les petits moments magiques de cette exploration digne d’une aventure à la Shackleton.  En attendant depuis ma petite maison d’Oqaatsut je vous offre un peu de fraicheur et de liberté.

 En m’inspirant de la phrase de Rasmussen :

Donnez-moi un océan polaire et du silence, je vous donnerai tout le reste

Un crowndfunding est en ligne, vous pouvez vous aussi apporter votre flocon de neige à la création de cet iceberg de Liberté. Cliquez ici

 

Offrez vous une part de rêve et de fraîcheur polaire sur ce site en ligne. (Films, tasses, t-shirts, sacs de plage…) Cliquez-ici

 

Stage de mer 2019…

27 mai 2019

Nomade est au mouillage, le ciel plombé rend le coin sauvage, hostile, comme si nous avions passé une porte invisible hors du temps, loin des « autres ». L’équipage, sous l’œil bienveillant du skipper hors pair Christophe, se découvre. De prime abord ils semblent unis par leur amputation, mais si l’on cherche un peu ce serait plutôt leur envie de vivre qui serait ce lien. Une semaine au large pour décrypter leurs malheurs, les miens aussi. Les mouillages sont tous différents, les soirées aussi. A tour de rôle chacun se livre, chacun ose, chacun y va de sa reconstruction, les sourires, les yeux humides, comme le vent les humeurs changent en un claquement de doigt. D’Angleterre, de Belgique, de Suisse, du continent et même de ma petite île, ils sont réunis pour une semaine de partage. Le vent, la pluie sont les problèmes des gens restés à terre, ici ils font bien plus que vivre, ils vibrent.  Capu Biancu, Capicciolu, Porto-novu, Iles de la Madelena, Lavezzi… Les endroits sont sublimes et encore un peu épargnés par la foule estivale insupportable et bruyante. A chaque fois il y a des mises à l’eau pour des randonnées en apnée. Avec une ou deux jambes en moins l’exercice se doit d’être très précis et ordonné. Bout de vie n’a pas pour vocation d’assister ses stagiaires mais de leur offrir quelques clés pour devenir autonomes loin, mais très loin de la case handi. Le bateau n’est pas adapté au handicap, moi non plus d’ailleurs ! Chacun doit se prendre en charge. Malheur si quelqu’un oublie le « truc » indispensable, Christophe est briefé ils doivent « se demmerder » ! Je sais je ne suis pas tendre mais cela fait partie du long chemin pour se faire accepter par une société qui tremble devant la différence, qui tourne la tête à la vue d’un moignon, qui n’ose pas encore le mot amputation. Alors nous devons devenir meilleurs, plus forts, plus joyeux, plus vivants ! Les repas sont festifs bien que frugaux, mais la bonne humeur ne manque pas de pimenter nos assiettes. Pas une histoire ne ressemble à l’autre, pas un bout de vie identique. La fusion du groupe est juste incroyable, la mer nous met en apesanteur, les prothèses n’ont plus lieu d’être. Le vendredi, c’est le jour du baptême. Non, non pas le religieux, bien qu’un bon : que Dieu vous prothèse serait le bienvenu. Le fameux baptême de plongée sous-marine, celui qui nous porte au palier des abysses, là où les pieds perdus n’ont aucune importance pour progresser… Plus que des mots, des photos triées sur le volet vont illustrer cette semaine inoubliable. Merci à tous ceux qui de prés ou de loin se sont investis pour que cette semaine soit une réussite. Christian « Capitaine du drakkar ». Bixente, Liza pour une mer en Bleus. Géraldine, Ino Mobilier. Steve, Géant Casino Porto-Vecchio. Roch, SPAR Pianottoli. Jean-Louis, Capitainerie de Pianottoli. Daniel, Subdadou. Nicolas, Aqualung France. Alain armateur de Nomade et son skipper Christophe. Nadia, Corse-Matin. Et bien sur les participants. Neeta, Joëlle, Myriam, Guy, Roger, Victorien, Steve, Jeremy… Un grand merci aussi, à ma chérie qui m’a bien épaulé dans l’ombre pour toutes ces préparations.

Si le Cœur vous en dit, une opération de financement participatif est en ligne sur ce site. Prenez quelques secondes pour découvrir le nouveau projet de votre association Bout de vie.

Projet en cours avec vous tous…

23 avril 2019

 

Bonjour à tous, du 19 au 25 mai le 17éme stage de mer aura lieu comme chaque année en Corse du sud à bord du catamaran Nomade. Tout est calé, réservé, supervisé. Certains ont promis de faire un don, d’adhérer à Bout de vie, il est encore temps. Depuis cette année un système très facile et sécurisé est actif, je compte sur vous. http://www.boutdevie.org/adhesion/

 

D’autre part le samedi 4 mai je serai aux Sables d’Olonne dans le cadre du festival Les Ecrans de la Mer. Un stand Bout de vie sera tenu par Laurianne, Loïc et leurs amis, j’y serai aussi. Le samedi matin un jury me recevra pour présenter un projet parmi 8 autres. Celui de Bout de vie sera d’amener 6 jeunes amputés à bord du voilier polaire La Louise cet été au Groenland. Je vais avoir quelques minutes sur scène pour convaincre le jury et les chefs d’entreprises que c’est ce projet qu’il faut financer. Je compte sur vous pour venir dans la salle donner de l’émotion et de la force à cette future aventure.

Mécène, donateur, adhérant je compte sur vous. Le mécène principal de l’association Bout de vie viendra spécialement de Suisse pour nous soutenir, je compte sur vous pour partager, liker, causer, financer…

Le 1 mai une action de crowdfunding va être aussi lancée par des anciens étudiants de l’IFAG de Nantes pour le tour du monde à la voile de partage.

 Vous voyez ça bouge alors vous aussi participez à l’aventure Bout de vie…

Que Dieu vous prothèse…

 

La différence…

22 février 2019

 

Différence…
Un sujet qui me tient à cœur, une croisade dans laquelle je me suis offert corps et âme et bien plus encore… La différence est un chemin long et sinueux, telle une route de montagnes corses. Nous sommes tous différents, et tous semblables aussi ! Pourtant la différence prend toujours le dessus. Dans notre quotidien la différence nous accompagne en boucle, on l’entend à longueur de journée. Elle nous flagelle, elle nous harcèle, elle peut même devenir notre maître d’école. Un homme, une femme… Et commence l’odyssée de la différence. Le blanc, le noir et elle reprend de plus belle. Le Ying, le Yang qui choisir ? Une jeune, un vieux, houlala quel scandale…La différence est le pilier de nos maux, la quintessence des guerres, des ruptures, des incompréhensions. Depuis longtemps je hurle qu’elle peut-être une force, mais au fil des années par moments on tente de m’en dissuader. Il me semble perdre de l’énergie. Vous qui me lisez, vous êtes différents du pauvre gribouilleur qui ose raisonner ici sur ce blog, pourtant si mes réflexions vous attirent, c’est que quelque chose nous rassemble, nous unit. Le seul lien : notre ressemblance ! C’est vrai que réfléchir fait peur, le temps nous est compté, les informations nous happent. Les flux de réfugiés aux aspects si différents nous effraient, les homosexuels de plus en plus fréquents sur la scène de nos quotidiens deviennent dérangeants, quant aux handicapés qui réclament de vivre comme tous le monde, cela est une utopie déstabilisante. Utopie, tiens donc, que vient-elle faire dans ce texte ?  Elle n’aime pas les règles rigoureuses où rien n’est laissé au hasard. Comment éduquer les citoyens pour les rendre meilleurs si les lois inébranlables ne laissent aucune place à la folie du rêve ? Un pauvre fou avait hurlé : I have a dream. On l’a vite assassiné de peur que sa différence gagne une bataille. Trop de différences fatiguent, trop de différences usent, mais qui définit les règles, qui a créé ce serpent à deux têtes ? Nous et personne d’autre ! Nous sommes responsables de ce gouffre qui peut-être infranchissable, nos barrières doivent tomber pour faire des ponts. Ca aussi je le rabâche, mais moi-même suis-je sûr de ne pas avoir peur de la différence?  Je m’effraie tadalafilparis.com quand l’intolérance m’emporte, quand je ne supporte plus les « autres » ne vivant pas à mon rythme. Imaginez un monde avec des gens qui vivent sans télé, passant une partie de leur vie dehors à contempler les étoiles. Ouah cela serait désastreux ! La vie est Alchimie, la vie est trop précieuse pour ne pas s’ouvrir, pour ne pas aimer sans retenue. Alors comment faire, où est l’issue de cette question, où est sa réponse ? L’homme a toujours rêvé de transformer le plomb en or, la pierre philosophale, s’appelle l’amour. Et si nous devenions tous alchimistes, chiche !!!

PS: On peut aussi se retrouver tous les jours sur ma page FaceBook et sur Instagram

L’eveil

18 janvier 2019

Un thème m’a été proposé pour une future conférence, voici la synthèse que je développerai.

L’éveil:

Rien de mieux qu’une cabane, des journées courtes et un hiver qui semble enfin s’éveiller. Envie d’écrire, de me confier, de reprendre mes carnets de notes, de mettre en couleur mes rêves au travers de poésies boiteuses, de rimes brinquebalantes.

 Eveil de la nature qui balbutie au gré des frimas et des pluies hivernales. Eveil de l’enfant qui découvre le sein de sa mère bien avant l’éveil de la prière des saints une fois en mer. Eveil de l’homo erectus promu sapiens, sans se douter qu’il déforesterait ses fondations pour vivre sur des décombres. Eveil des sans-culottes élevant des barrières de sang impur abreuvant les sillons. Eveil de l’adolescent prenant son sac et qui d’un pas révolutionnaire referme sans regret pour une dernière fois sa geôle familiale sans jamais se retourner. L’éveil, cette petite voix, cette flamme qui brule en nous et qui d’un seul coup, en une fraction de seconde nous fait lâcher prise. Mais pourquoi ne plus être Ulysse préférant les nymphes du large aux bras de Penelope, de la douceur d’un foyer à l’appel de l’horizon incertain. Une poitrine ferme et inconnue, aurait-elle plus d’attrait que des bras réconfortants et bienveillants ? L’éveil, le phare de nos vies. L’éveil celui qui nous portera loin des écueils de la routine. Pourquoi refuser le confort d’une couche bien ordonnée pour un bivouac boueux parsemé de doute ? L’éveil courant boréal qui bouscule les questions fades et sans intérêt. L’éveil qui se moque de la sécurité, de l’emploi et d’un mari bienfaisant. L’éveil compagnon de route de Dame Liberté, elle sans lui, lui sans elle et se brisent les ailes du Grand Voyage. Eveil, tel l’oisillon découvrant la forêt sans connaitre la légende du loup et du chasseur. Eveil, naïveté de la blancheur de la vierge Marie avant qu’elle ne soit enfantée par un soi disant charpentier ou un miracle, désolé je ne les ai pas connus !  L’éveil qui manque terriblement à mes frères, à mes semblables, un bonnet rouge, un gilet jaune, un black Friday, un badge arc en ciel. Mais où est la couleur de l’éveil de la Liberté, je n’ai pas de réponse, à moins que je sois trop pudique, trop orgueilleux pour vous la confier. L’éveil est la seule route vers Nous, l’éveil se passe d’une application ou d’un « like », l’éveil ébranle celui qui lâche-prise, qui se coupe de la virtualité. Pas de chef ou de subalterne, l’éveil est un freelance sur un chemin poussiéreux. Retournez-vous de temps à autres, vos traces de pas vous sembleront légères et libertines. Certains traiteront l’éveil d’utopie non conservatrice. D’autres la fuiront pour leur bien être, alors que l’éveil nous offre un mieux-être ! L’éveil ne connait pas les heures sup, les CDI, les ITT, l’impôt sur la fortune, les week-ends avec pont. L’éveil est une tortionnaire qui te demande de bosser à temps plein 24h/24. Pas de congé payé, pas de camping des Flots bleus ou de neige câblée et artificielle…

L’éveil serait un sale gosse qui te prend la main pour t’amener devant un miroir en te disant : tu vois là, devant la glace ; eh bien ce n’est pas toi, alors bouge tes fesses et devient Toi…

Pour commencer 2019 du bon pied…

5 janvier 2019

Bout de vie rentre dans sa 16ème année, il me semble que c’était hier qu’avec une poignée de potes on l’a créée… L’année 2018 fut une fois de plus, riche en rencontres, en stages, en confidences. La semaine de mer reste le fil rouge immuable de l’association. Pendant ces jours de voile, les participants se fondent dans un environnement qu’ils n’auraient jamais pu découvrir de cette manière avant leur amputation. Sur le magnifique catamaran Nomade, skippé de main de maître par Christophe, nous avons caboté le long des côtes sauvages de l’extrême-sud de Corse. Une semaine où chacun a donné de son meilleur, où chacun a puisé dans ses limites pour découvrir sa nouvelle vie.  Au programme : apnée, kayak, voile, plongée sous-marine, le tout sous les projecteurs du très célèbre magazine télévisé Thalassa.  La soirée d’anniversaire fut remplie d’émotion, d’échanges, quelle belle fête! Francis Lalanne avait fait le déplacement pour l’occasion, au côté de Daniel Vincensini, leurs chants nous faisaient rêver à la « maison du bonheur ».

Perdre un bout de son corps est un choc d’une violence inracontable, indescriptible mais pourtant l’alchimie de l’existence, nous a remis sur pied pour avancer encore et encore. Les stages de survie maquis aussi sont une opportunité pour un public valide de se confronter aux contraintes d’une vie sous les étoiles avec le minimum. De temps à autre un éclopé rejoint le groupe pour apporter sa « boiterie » mais aussi sa force de vie. Un stage de survie spécial jeune, entre 15 et 25 ans eut lieu en plus de tout le reste. Là aussi la mixité valide, moins valide a marqué les esprits. Puis ce fut aussi le premier stage survie mer, là encore, un amputé en plus du guide, corsait l’aventure. Le programme était vaste et varié : découverte d’un milieu hostile, cohésion de groupe, gestion de l’eau potable, un beau programme pour souder une équipe formidable…

Bout de vie ce n’est pas que ça aussi, Bout de vie c’est aussi le Groenland où elle possède sa maison bleue.  Alors cet été, 6 jeunes se sont envolés pour vivre dans un village de 23 âmes sur la côte Nord-Ouest en baie de Disko. Perdu au fond d’un immense fjord, Oqaatsut a émerveillé ces aventuriers à cloche pied. Entre deux coups de peinture sur la façade de cette vieille maison, ils ont eu l’opportunité de naviguer au milieu des icebergs, des baleines et des phoques. La vie polaire se moque de la différence, les contraintes de vie tout là-haut, à 400km au nord du cercle polaire, sont tout autre qu’un mauvais regard ou d’une place de parking bleue volée par un imbécile. Là-haut, la vie est survie. Un faux pas, une faute d’inattention et c’est le carton rouge, c’est l’irréparable.  En ces quelques jours de baroude, j’ai vu les visages s’ouvrir. Chacun est allé chercher un « truc » qu’il n’aurait jamais trouvé ailleurs et tout ça, c’est grâce à vous les épaules de Bout de vie. Grâce à vous les mécènes, les sponsors, les donateurs de l’ombre, le parrain et président d’honneur Bixente Lizarazu.

Derrière tout cela, des heures à communiquer avec les nouveaux arrivants, avec les proches qui se posent des questions qui semblent sans réponse sur l’amputation. A rencontrer les scolaires, les universitaires, les entreprises, les festivals et les médias. L’Awards « Homme de l’année » m’a été remis par la très célèbre société Jaguar Land Rover à Paris, une pierre blanche de plus à la pyramide que nous construisons tous ensemble…  Donc 2018 est bel et bien terminé, que déjà 2019 offre de nouvelles opportunités de voyages, de stages et de rencontres… Un projet de Tour du monde à la voile en passant par le Groenland est en train de voir le jour, pourquoi ne pas rêver les yeux ouverts ? Pourquoi ne pas les réaliser, pourquoi ne pas y croire ?  La vie est un présent précieux, à nous d’en être les gardiens… Que 2019 soit l’année de la paix et de la sérénité…