Conférences et rencontres…

28 septembre 2018

 

Une fois de plus je me lance dans l’aventure, ce n’est plus une expédition en solitaire mais une croisade de partage. Je pars sur une série de conférences pour offrir mon expérience et disséquer en public mes blessures qui sont devenues ma force. Les cachets de ces interventions seront reversés en intégralité à mon association Bout de vie. Je sors des locaux d’Airbus Helicopters où l’émotion nous a tous fauché, quel bonheur, quel privilège de recevoir autant de succès. Avant j’étais un solitaire porteur de maux, maintenant je suis devenu solidaire offreur de mots…

Le thème développé aujourd’hui était :

Se servir d’un échec pour une victoire :

L’échec ne doit pas obséder, facile à dire mais moins à réaliser. En étant focalisé sur l’échec c’est une spirale fatale qui nous entraîne vers le bas sans aucun enseignement. L’échec doit être considéré différemment, c’est un maître d’enseignement et non une flagellation. L’échec est un panneau indicateur pour changer de route. Si l’échec est en boucle un tireur embusqué, il ne pourra que vous maîtriser. Quand je me lance dans une expédition polaire, je sais que j’ai plus de chance de ne pas y arriver que d’aller au bout de mon rêve. Alors plutôt que de m’obséder sur les risques qui me feront abandonner, je visualise ce qui va m’y faire arriver…  La peur est compagne d’aventure, elle ne me lâche pas mais elle est un indicateur juste pour ne pas me planter et en revenir vivant et entier, si je peux me le permettre ! La peur est nécessaire, comme la peine, la tristesse, mais elles ne doivent pas être les maîtresses de cérémonies. Elles ont leur place au même rang que la victoire, la gloire et les honneurs.  La descente du fleuve Yukon en kayak m’a pris des jours, des semaines, des mois. Mais en vérité ce n’est que la répétition infinie d’une fois un jour, qui n’est que la répétition de plein de 24 heures et avec cette analyse la peur d’être dévoré par des prédateurs était moins forte, la solitude extrême ne m’étouffait plus du tout et je disséquais ces 24h en heures de conquêtes à pas lent. La peur de ne pas aller au bout m’échappait, et quand elle revenait je visualisais où j’étais et ce que je sentais. Mon accident que j’avais vécu me donnait l’énergie pour apprécier encore plus ce voyage de l’intérieur et arriver au bout de ce voyage incroyable. Les images de références sont très importantes

Une vie sans échec est vouée à l’échec !!!

Mon accident est devenu une force, sans ce drame jamais je n’aurais réalisé ce que j’ai fait et ce que je vais continuer à faire. Je suis en pleine séparation, mes projets affectifs se sont tous écroulés, un genou à terre, je réalise que je suis vivant et que j’avais très certainement fait un mauvais choix. Mais plutôt que de m’accabler je pense au bonheur partagé et cette rupture va me permettre de mieux poursuivre ma future vie affective, en évitant les pièges du passé. Cela n’empêche pas d’être malheureux et triste par moments, mais la vie est un éternel recommencement, alors soudainement cette idée me remplit de bonheur intense… Plutôt que de me morfondre un magnifique projet de tour du monde à la voile en le partageant avec des gamins amputés de mon asso, est né. Sans cette claque je n’aurais jamais osé ce pas… Donc une fois de plus un échec peut et doit devenir le terreau d’une nouvelle vie…

Les échecs, les déceptions ne sont pas des punitions mais des défis à relever. L’échec est un apprentissage, pour arriver aux victoires, l’échec est inévitable. Le dirigeant, le parent, le conjoint, l’ami doivent se confronter à cette réflexion : à quoi sert l’échec ? Après des décennies de baroude ma réponse est simple l’échec est un professeur de vie…

L’échec ne doit pas être une barrière mais un pont entre deux points de vie bien précis. L’échec n’est pas une forteresse qui doit enfermer sa victime mais un tremplin vers une nouvelle vie. L’amour universel, est le seul lien entre son âme et la Liberté.  Il y a deux manières de philosopher l’échec : la première, je suis ce que je fais et la deuxième : deviens ce que tu es

Si votre entreprise, votre société, votre université, désire l’une de mes interventions, envoyez un mail à : bout2vie@wanadoo.fr et je vous répondrais au plus vite…

Thèmes proposés :

Se servir d’un échec comme conquête.

 Handicap en entreprise.

Solitaire avec une équipe.

Découverte de nouvelles limites.

 

Merci à Christophe Debard et Anne Rebeyrol collaborateurs Airbus qui m’ont permis ce partage…

 

Cap des courants contraires

21 août 2017
 
 
Le ressac cette nuit est venu nous expliquer la vie du large, la mise à l’eau va être compliquée. Le kayak de Karin est très stable en mer mais beaucoup moins pour s’enfiler dans l’hiloire. L’exercice de cirque va donner le tempo d’une journée de mer. Un bon clapot nous prend à froid, la brise de nord semble établie à 10nds et tout autour de nous, les montagnes sont blanches de neige de manière incroyable pour la saison. Pas plus de 4° à l’abri du vent, avec une mer à la même température, la faute serait impardonnable. Le courant est dans le sens du vent mais là-bas au cap, tout semble différent, la mer est désordonnée, nos embarcations sont malmenées, je me sens énormément coupable d’engager Karin dans cette machine à laver en mode essoreuse. Nous sommes côte à côte, je la surveille d’un œil, son bateau part au surf, elle arrive à garder le cap, son expérience de mer est un gage de sécurité supplémentaire. L’océan en région polaire est très peu salé, il manque de la densité à la teneur en sel de la mer pour l’écraser, nous sommes ballotés dans tous les sens. Je suis en mode commando, je prie tous les saints pour que ce terrible cap soit vite passé, être à deux me rend encore plus tendu, sans moi je sais qu’elle ne serait jamais là ! Finalement nous passons sans mal, il nous faut reprendre des forces. Pour me rassurer, avec son bel accent munichois, elle me dit : Tu sais, pendant 30 ans j’ai fait plonger des touristes au large de Porto-Vecchio dans toutes conditions de mer, aujourd’hui c’est facile, je n’ai que moi à gérer ! 
 
Sur cette vérité, nous essayons de trouver un coin sans ressac pour la pause café. Au fond d’un fjord, un accès plus ou moins convenable semble pas mal pour poser nos kayaks. La marée est descendante, il faudra être prudent avec la nature du fond et là où nous sommes, ce sont des amas de gros cailloux qui nous surveillent… Le coin est à l’ombre, j’ai les mains qui me font terriblement mal, elles sont anesthésiées par le froid et le sang reprend son flux au bout de mes phalanges qui semblent exploser… A l’abri du vent et au soleil, on se refait une santé.
 
En grimpant les cailloux, nous avons remarqué au côté nord de la baie, un bateau solidement amarré, avec une petite tente pas trop loin. Sera-t-elle habitée, y aura-t-il quelqu’un dedans? Nous n’osons pas nous en approcher. Alors que nos cafés fument dans nos bols de thermos, un petit homme tout sourire vient à notre rencontre. Il nous lance le traditionnel kaffimik, et nous voilà invité par un pêcheur. Sans parler, il fait signe à Karin de rentrer dans la tente à l’abri du vent et nous verse un café sucré à volonté. L’échange est basique, mon groenlandais est très faible pour pouvoir échanger correctement mais nous sommes bien ensemble. Ces périodes de pêche seul sont de 10 jours, il pose des palangres appâtées aux ammassat… Puis de sa poche de combinaison de haute mer, il sort avec précaution un iphone, la technologie, même ici a sévi. Les photos s’enchainent, sa mère, sa fille, son village, sa maison… Ses rires nous enchantent, quel beau partage. Ole est un gars de l’océan, son au revoir nous rend nostalgique, la dureté de la mer, même avec la barrière de la langue nous à réunis pour un très beau bout de vie. Non sans difficulté, nous remettons à la mer nos kayaks, le vent maintenant est dans le bon sens, il nous ne restera plus qu’à trouver un beau coin pour le bivouac du soir. Une grosse casserole de moules énormes sera le cadeau final de cette belle journée de mer…
A pluche.

Mon handicap ne m’a pas emporté :

19 janvier 2015
De gauche à droite. Caroline, Sophie, Marin, Tanja et Meherez

De gauche à droite. Caroline, Sophie, Martin, Tanja et Meherez

Le jeudi 29 janvier sur France 2 à partir de 14h, l’émission présentée par Sophie Davant, « Toute une histoire aura pour thème » : Mon handicap ne m’a pas emporté. Je vais vous présenter les invités qui m’accompagnaient, mais surtout par quelques mots, je vais tenter de retranscrire le fil rouge de cette magnifique rencontre. A une époque où tout doit être mis dans une case, des cassés de la vie, qui s’alignent avec les valides, cela n’est pas correctement correct. Magalie est de naissance IMC, prématurée de 6 mois son cerveau n’a pas été alimenté correctement, mobilité réduite et d’autre symptômes la classent dans le handicap lourd. Mais plutôt que de se plaindre ou de se morfondre, elle a réalisé son rêve de jeune fille ; devenir danseuse professionnelle. Un pari un peu fou mais qu’elle a su réaliser par beaucoup de rigueur et de travail. Son témoignage est tout simplement fantastique, le public qui assistait à ce débat lui a offert un hommage très émouvant. Puis vous y verrez Martin, après une course en booster un poteau lui a stoppé violemment sa route, la nuit est devenue sa fidèle compagne. Timide et tout jeune il a trainé de centre de rééducation en centre d’apprentissage pour non –voyant. Des petits boulots lui ont été proposés mais aucun ne lui convenait, un jour, une rencontre lui change la vie. Un homme lui fait confiance, de platine en platine il apprend le mixage et depuis il anime des soirées musiques. Un aveugle pour des soirées dansantes cela n’est pas courant. Ensuite vous y verrez Tanja, amputé de naissance du bras gauche, elle a passé sa vie à conquérir les hommes ! Elle le raconte sans tabou, la peur de ne pas plaire, la rendait boulimique de conquêtes. Puis un jour un homme a croisé sa route et il est devenu son mari. Alors que son bout en moins lui ramenait toujours un reflet de personne mutilée, elle a osé une campagne de pub. Sur cette photo en noire et blanc, vêtue d’un simple dessous, elle a osé exhiber sa nudité avec un moignon apparent. La photo a fait le tour du monde ! Puis pour conclure, l’apollon Meherez racontait comment dans une bagarre de bande un assaillant lui poignardait le dos en lui sectionnant net la moelle épinière. Depuis que sa vie était assise il n’avait pas baissé les bras, bien au contraire, il était devenu un séducteur avec comme gageur son fauteuil roulant. Sophie Davant était souvent émue car chaque intervenant apportait sa part de rage, de rigueur, et de sensibilité.

Pour « être » il faut oser, ne nous indignons pas, agissons !                                                                                                                                                               Un message fort à une époque où la différence fait de plus en plus peur…

Elle a osé!

Elle a osé!

Vos réactions et expériences sont les bienvenues.

In memoria…

25 novembre 2014

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Lundi 25 novembre à l’université de Corte l’équipe dirigeante a lancé une opération sécurité routière. La région Corse est à la tête du palmarès de morts sur les routes et la cité paoline ne déroge pas à cette loi funeste. Un vrai échange existe depuis un bon moment entre l’université et Bout de vie et je me devais d’être présent à cette rencontre estudiantine. Mais je ne vous cache pas que je me demandais un peu qu’est ce que j’aurai bien pu apporter aujourd’hui ! En toute logique je proposais que Françoise à la tête de l’association Adrien Lippini, son fils est décédé sur la route, apporte de l’eau à ce moulin de prévention. Nicole était là avec son association In memoria a Vincentu. Lui aussi disparu trop tôt .  Steve Beck motard amputé faisait  aussi parti des invités. Des chapiteaux à l’entrée de la Fac de droit avaient pour but de sensibiliser les jeunes, mais à une époque où tout va très vite pour les toucher il fallait un flash, un choc pour qu’ils soient interpellés. Les pompiers avaient amené un véhicule accidenté et une jeune étudiante était choisie pour jouer la blessée grave ! La désincarcération était la manœuvre du jour, le public était attentif et l’émotion se lisait sur les visages. Mais dés que l’exercice arriva à sa fin tout le monde reprenait son fourmillement. Un peu frustré je m’interrogeais comment sensibiliser à long terme les jeunes. En début d’après-midi je me postais sur un banc et observais les étudiants rejoindre l’amphi, tous ralentissaient le pas devant la carcasse du véhicule complètement découpé et éventré.  Bingo, eurêka, une idée ! Je cherchais absolument le staff dirigeant et proposais cette idée : Laisser le véhicule accidenté au milieu de la place et ériger une stèle en souvenir des disparus de la Fac avec leur noms et leurs photos, une manière de ne pas oublier et de comprendre que ça n’arrive pas qu’aux autres. Mon idée correspondait au besoin de laisser cette trace qui ferait peut-être changer le comportement des jeunes aux volants de leur véhicule… Heureux de cette suggestion je pouvais rejoindre avec joie mon chez moi en me disant qu’une vie ou deux serait peut-être épargnée.

A vous de jouer l’aventurier!

31 mars 2014
Hiver 2008 expédition un Pied au sommet, des mécènes ont joué le jeu pour la réussite du projet. J'appelle cela le plan A

Hiver 2008 expédition un Pied au sommet, des mécènes ont joué le jeu pour la réussite du projet. J'appelle cela le plan A

L’hiver, qui pourtant n’a pas eu lieu, a permis à certain ours d’hiberner, je vous laisse le soin d’analyser si je faisais partie de ces si sympathiques plantigrades. 1500km en 4 jours ; un réveil en fanfare !  Coaching en entreprise, rencontre de mécène potentiel pour l’association, conférence, signature du livre et VIP (Vrai Invalide Promeneur) pour le Critérium International de cyclisme qui s’est déroulé en Corse du Sud. J’aime ces marathons de rencontre, une décharge d’adrénaline à base d’échange. Si quelques prénoms m’échappent, les sourires et les confidences de certains, qui m’ont énormément touché, resteront gravés à tout jamais dans ma « caboche ». Je vous rassure j’ai aussi, de temps à autres, droits à certains réfractaires qui ne loupent pas à me démontrer que ma croisade est inutile, ces petits pics me font un bien incroyable, à force d’entendre que Bout de vie et mes aventures sont extraordinaires, je pourrai avoir les chevilles qui enflent. Mais ce billet n’est pas un éloge à ma croisade mais une proposition, qui j’en suis sûr ne vous laissera pas insensible. En effet j’ai rencontré un probable mécène pour des stages de vie sauvage pour ceux qui malgré leur prothèse ne sont pas encore trop capable de marcher longtemps. (Voir le billet en cliquant ici). Cette institution serait prête à financer l’opération mais en contrepartie l’amputé invité devra s’investir dans ce projet. Cette semaine est une micro-expédition, qui devra recevoir le même égard que l’on porte pour chaque défi réalisé. Pour faire simple chaque participant devra trouver un sponsor pour avoir le sésame de venir dans « ma » vallée perdue. Je vous rassure ce n’est qu’un « jeu » que nous vous demandons. Le but sera de vous préparer physiquement de toute évidence mais aussi de démarcher autour de vous pour l’obtention de soutiens régionaux. Pour suivre ce stage une liste d’affaire personnelle vous sera demandée, sac à dos, chaussures de marche, textile adéquat… Ceci a un coût, à vous de rencontrer des partenaires pour cette aventure. Trop souvent des projets capotent car le plan A n’a pas fonctionné, un aventurier doit savoir « se vendre », j’en connais depuis longtemps les ficelles et cette démarche est très intéressante. De votre côté à vous de rencontrer vos élus, association de service (Lions, Rotary…), magasins, grande surface… Il vous faudra monter un dossier seul et prendre rendez-vous. Votre face à face devra être convaincant sans plonger dans le misérabilisme. En échange vous pouvez proposer une rencontre après votre retour avec les collaborateurs de vos « mécènes ». J’espère que j’ai été assez clair et bien sûr j’attends de pied ferme vos réflexions et suggestions. Je vais vous dire un secret ; pour que ce projet voit le jour soyez nombreux à réagir le mécène lit ce blog !!! (Salut les gones !!!)

Un souvenir ne s’achète pas il se vit.

Dans les pas du Général Massoud…

3 octobre 2013
Stéphane a su s'adapter à la vie de moudjhadin.

Stéphane a su s'adapter à la vie de moudjahidin.

Alors que vous êtes confortablement assis devant votre PC deux hommes sont en train de sillonner les crêtes des cimes corses. Ma prothèse est bien fixée et mon « Moi » mis au placard, Stéphane n’a peut être toujours pas dépoussiéré ses godillots de terre afghane, pendant plusieurs jours nous allons ensemble, écouter le bruit du silence. Depuis quelques temps je me prête souvent au rôle de guide sans en avoir les titres officiels, mais pas tout le monde n’a le droit de suivre les pas de ma guibole en carbone. Si je me socialise un peu plus, mes fondations sont bien ancrées sur une solitude volontaire et sereine, le partage est une huile essentielle que j’offre au plus méritants.

L’Afghanistan est une histoire de famille chez les Allix. Pour le meilleur et pour le pire. En 1956, le père de Stéphane arpente les montagnes afghanes avec Joseph Kessel. En 2001 Thomas son frère trouve la mort au sud de Kaboul. Le sang de la famille a coulé sur cette terre, rejoignant celui de plus de un million de civils afghans.

Stéphane Allix a découvert l’Afghanistan à l’âge de dix-neuf ans, en entrant clandestinement avec un groupe de moudjahidin. Envouté par ce pays, il lui a consacré sa jeunesse. Il est l’un des rares français à avoir vu se dérouler sous ses yeux l’occupation soviétique, la guerre civile et le règne taliban, l’unique occidental à avoir côtoyé à la fois Mollah Omar et le commandant Massoud.

Le hasard de la vie diront certains, coup de pouce de nos anges gardiens me souffle la mascotte qui ne se trompe que très rarement, Stéphane a croisé un boiteux cabochard. Que va-t-il se passer pendant ces jours de baroude, nous ne le savons pas et c’est pour ça que nous y allons. Nos souffrances seront bien-sur enfouies dans nos duvets, c’est de bonne compagnie quand on part loin des hommes qui jugent en boucle. Un projet dans tous ça, une grosse conférence au sein de l’INREES à Paris le 17 décembre, Stéphane journaliste aguerri anime un débat chaque mois avec  un homme un peu particulier sur un thème précis, celui que nous aurons le bonheur de partager sera : Faut-il dépasser ses limites ou les découvrir ? (Je vous donnerai les détails de cette soirée en temps voulu.)

La pluie, le vent et les orages sont au programme, ouf j’aurai eu peur de trop de beau, de trop de facile, c’est dans la difficulté que l’on grandi. En attendant notre retour vous pouvez suivre sur M6 ses émissions « Enquêtes extraordinaires » et vous plonger dans l’un de ses ouvrages remarquables aux éditions Robert Laffont Carnets afghans…

Un bref extrait de ce livre prenant : Je suis allé en Afghanistan pour comprendre les hommes  et les raisons de leurs meurtres. J’ai vu le sang, la souffrance et la mort, déjà. Cela m’a rendu attentif à la respiration de la terre. A ses millénaires de mémoire et d’héritage…

carnets afghans

Des Cols et des Ecoles…

22 mars 2013
Etape du Tour 2011:Col du Telegraphe, Galibier et la montée de l'Alpe-D'huez, un bout en moins mais toujours le sourire...

Étape du Tour 2011:Col du Télégraphe, Galibier et la montée de l'Alpe-D'huez, un bout en moins mais toujours le sourire...

C’était l’événement du siècle hier à Porto-Vecchio, le compte à rebours a été mis en route, dans 100 jours c’est le départ du centième Tour de France. Bout de Vie va profiter de cet événement pour une belle initiative proposée par Laurent Benezech : Des cols et des Ecoles. Je suis briefé par Laurent sur les personnes vers qui je dois me présenter et parler de l’asso !!! Mon seul rendez-vous fixé est avec les journalistes de France Bleu, des copains de longue date. J’arrive dans la nasse, le monde international du vélo est là, ce week-end c’est le Critérium de France, une sorte de BAC blanc du départ de la grande boucle. Du monde, des caméras, des micros à la pelle et on s’embrasse et on se félicite, je crois que je suis devenu sauvage, le suis-je devenu ou l’ai-je toujours été ? C’est un autre débat ! Quelques vrais sourires quand même, ouf, il n’y a pas que des paons qui paradent ! Françoise Lippini est là nous ferons l’émission ensemble, depuis que son fils Adrien s’est fait mortellement faucher sur la route alors qu’il s’entrainait en vélo, elle milite pour la prévention routière. Le journaliste Olivier Balbinot est toujours à la hauteur, il sait préparer les émissions et être à ses côtés est un vrai plaisir. Le Tour de France avec son départ en Corse a créé un engouement sur la discipline, de 200 licenciés en 2012 l’île en compte 800 cette année, mais je soulève un problème récurant, est-ce que les automobilistes ont changé leur comportement ? Est ce que les pistes cyclables sont au programme de l’urbanisation ? Je ne suis pas là pour caresser dans le sens du poil mais pour ouvrir les yeux à certains. Mais je reviens au projet des Cols et des Ecoles. La semaine est calée, les hôtels réservés et les rendez-vous fixés. Lundi 24 juin étape Bastia-Corte l’après midi grâce à Ludovic Martel nous rendrons visite au scolaire de la cité paoline. Un film (Arcticorsica)  et une animation sur la sécurité routière animera la rencontre. Mardi 25 juin Corte-Ajaccio avec le col de Vizzavona comme compagnon de route, Eric Pasero du Creps nous organisera un débat avec des futurs sportifs professionnel, l’échange semble passionnant. Mercredi 26 juin Ajaccio-Propriano, l’association Valincap nous concocte une belle après-midi avec les jeunes du valinco. Jeudi 27 juin Propriano-Pianottoli, Eric Volto directeur de l’école de Bonifacio organisera une rencontre avec ses élèves. Bien sur Françoise et Gilbert Lippini ont l’expérience de ce type d’échange, ils seront munis de leurs plaquettes explicatives et de tout leur savoir faire.(ici leur blog). L’émission est finie, Françoise est un vraie pro de l’interview, ça grouille mais je ne me sens pas à l’aise, je ne me vois pas aller tirer la veste des « journaleux » pour vendre Bout de Vie, je n’en ressens pas l’intérêt. Mes objectifs sont atteints, le projet Des Cols et des Ecoles est calé, la Fondation de la Française des jeux sera notre mécène, les journalistes ciblés seront à nos côtés,  deux plages porto-vecchiaises seront aménagées pour les personnes à mobilités réduites, les élus ce soir me l’ont confirmé. Je crois que je n’ai plus rien à faire dans le poulailler, sur la pointe de la prothèse, je laisse les paons parader. Je vais rejoindre les petites hirondelles qui tournoient au dessus de mon petit bateau, comme elles je me sens libre, comme elles je lève le camp quand je le désire ; yes I’m a free man.

La solitude mots par maux…

11 novembre 2012
La solitude m'a mené sur un chemin lumineux... La liberté

La solitude m'a mené sur un chemin lumineux... La liberté

« Y avait-il une réponse ? Une réponse à quoi ? Je n’étais pas en quête d’une pensée ni d’une philosophie ! J’étais en quête… D’un battement de cœur. » Satprem

Depuis la sortie de mon dernier livre je suis amené à répondre régulièrement  à cette question : Que vous apporte la solitude, en avez-vous peur, ne mène t’elle pas à la folie à moins que ce soit une philosophie de vie ?  Les poètes, les chanteurs la reprennent en boucle. A tellement la décortiquer certains philosophes en sont morts de démence, un sujet de philo pour le BAC ! Mais je vais tenter avec tact et sagesse d’apporter une réponse à cette question, avec mes images de références bien-entendu ! D’abord définir la solitude ; il y a celle qui est subie, destructrice, sans engagement, dénuée de communication ; puis la choisie, qui permet le rêve, la création, la réflexion, la contemplation. La première est terrible, un mal sociétal. On retrouve un homme mort dans son lit quinze ans après, personne ne s’était inquiété de son absence ! La deuxième, c’est celle que je  pratique, mais elle a plusieurs niveaux. Suivant la géographie, la vie sociale du moment elle peut prendre une intensité différente. Si j’ai choisi de vivre la solitude c’est que je la désire car elle me fait peur mais elle m’offre l’essentiel : la vie ! Découvrir ses peurs c’est les comprendre. Jusqu’à présent j’avais vécu la solitude en tant qu’intermittent ; rando en montagne de quelques jours, visite d’un pays en solo, plongée profonde sans binôme… Mais le Yukon comme je le raconte dans mon livre c’est mon Everest de  solitude. Le Vendée Globe, course à la voile, vient de prendre le large, trois mois de solitude extrême, pourtant pas un seul marin ne l’a vivra à l’identique.  Beaucoup de moines ou autres penseurs sont allés s’isoler dans des coins reculés pour comprendre le temps présent, le pourquoi de la vie. La solitude c’est avant tout une sensation, un ressenti. Sur ce grand fleuve j’étais seul sur des centaines de kilomètres, je ne devais et ne pouvais compter que sur moi-même. Le vide qui s’offrait à moi ne pouvait être comblé par une présence, la sécurité je ne pouvais la trouver qu’au fond de moi, « l’autre » ne pouvait s’y substituer, je devenais l’explorateur d’un « moi » inconnu. Bien-sur grande différence immense, je sentais l’amour des personnes laissées de l’autre côté du globe, la distance géographique ne comptait pas pour mon âme toujours en compagnie des êtres aimés.  Le soir je pointais sur une carte de l’Amérique du Nord ma position, je me surprenais à blêmir quand je visualisais ma position précise, près de rien, loin de tout… Il m’aura fallu des semaines pour comprendre qu’elle était constructive, après mes journées de pagaie et  mes taches finies, je n’avais personne à qui parler, personne à écouter, pas de radio car trop loin, pas de musique, j’avais oublié de charger des chansons sur mon MP3 ! La machine à cogiter se mettait en marche, vous allez me dire pas besoin de ça pour méditer. Détrompez vous, ici en Corse je connais assez bien la montagne pour pouvoir m’isoler mais en mon fond intérieur je ne me sens pas seul, au pire, en une journée de marche, je sais que je trouverai un village ; la vibration n’est plus la même. Ce n’est plus une vraie solitude, je ne compte pas combien de fois j’ai traversé avec mon Cabochard entre la Corse et le continent, mais la sensation et l’émotion  sont différentes. Se trouver en situation de non retour exerce un sixième sens qui transforme cette solitude en compagne, en professeur. Comme je n’étais plus en contact avec l’extérieur, certaines évidences devenaient plus floues, et certains doutes disparaissaient ; une sorte d’équilibre. L’essentiel avait une autre saveur. Certain jour sans vent le silence était d’une profondeur telle  que je le vivais comme une découverte, juste le son du cœur qui bat chamade. Un soir je me surprenais à entendre le froncement de mes yeux qui clignaient. Les autres sont loin, on se retrouve dans une vitrine, la foule, le stress, le temps qui passe cela ne nous touche plus. Le travail commence enfin, les histoires anciennes surgissent, elles ne semblent plus si importantes, les coups bas de la vie sont plus faciles à accepter, la vie si compliquée par moment semble simple car basique. La solitude est une sorte de savon, on se récure avec, on se sent propre quand on la vit. Être maître de son destin. Elle opprime le corps qui n’est plus qu’un pauvre support, le plexus semble écrasé, la gorge est sèche et puis c’est l’explosion enfin on comprend, enfin ; l’homme libre surgit, ne plus se préoccuper de son moi puisque nous sommes universel. Je pense que chacun peut y trouver une force incroyable mais elle éprouvante. Dans une époque de crise grandissante une des industries qui ne souffrent pas est celle de la communication. Quand j’observe quelqu’un qui est  seul, la première chose qu’il fait c’est contrôler son Iphone pour vite se connecter avec quelqu’un, mais ce n’est que du virtuel. La solitude est un miroir qui nous renvoie ce que l’on fuit. Aimer et savourer la solitude ce n’est pas fuir les autres bien au contraire, en se découvrant on comprend mieux le Monde. Mais attention  comprendre c’est aussi découvrir ce que vous n’aviez pas perçu avant et le bâton peut rebondir sévèrement au visage. La solitude m’a grandi mais elle m’a rendu encore plus exigeant car elle ne pardonne pas. La solitude m’a donné une montre ! Oui je sais maintenant que je ne suis pas immortel, quoi que l’on fasse l’aiguille avance et l’idée ne me fait plus peur. S’assoir sans rien faire est la plus belle chose qu’elle m’a apprise, combien de soir blotti près d’un grand feu ; j’ai été contemplatif… La rivière, la forêt à perte de vue, le chemin de ma vie certainement…

Vous n’êtes pas prisonniers de vos corps, ni confinés dans vos maisons ou dans vos champs. L’essence de votre être demeure au-dessus des montagnes et vagabonde avec le vent.Ce n’est pas une chose qui rampe vers le soleil pour se chauffer, ou creuse des trous dans la terre pour se protéger.  Mais une chose libre, un esprit qui enveloppe la terre et se déplace dans l’éther.

Khalil Gibran

A pluche !

La Fenice…

21 septembre 2012
Vue d'en haut c'est encore plus beau, mais il faut le suer...

Vue d'en haut c'est encore plus beau, mais il faut le suer...

Je reprends les bonnes habitudes de France Bleue Frequenza Mora en donnant la météo du vendredi à 7h37 en compagnie de mon très cher Jean-Pierre Aquaviva… Je sais qu’aujourd’hui sera une étape difficile de montagne mais je ne pouvais imaginer ce qui m’attendait. « Si j’avais su, j’aurais pas venu ! » Pendant 45’ je grimpe en douceur pour passer une sacrée bosse qui me fera dévaler sur Lavagna, il ne fait pas encore trop chaud mais malgré tout je suis déjà en sueur. Le trafic urbain est fouilli et je peux vous dire que je suis prudent, ici le clignotant est en option et les stops, c’est bien connu c’est pour les couillons ! J’ouvre l’œil et le bon ! Je retrouve enfin le calme mais le long et tortueux massif des « Cinque terre » m’attend de pied ferme. Je ne dois surtout pas penser à la moyenne, le col du Bracco a mauvaise réputation. La route est devant moi, je dois y aller molo. Je grimpe et un émouvant souvenir me vient en tête. Il y a presque 50 ans mon parrain Walter, prof de sport était parti de Menton pour rejoindre la Toscane en vélo, il m’avait souvent raconté le fameux Passo del Bracco. La grimpette est monstrueuse mais je ne suis plus seul, il m’accompagne, j’entends encore son rire. Je lui cause, non je vous promets je ne prends pas des produits illégaux. Il est parti subitement quelques semaines avant mon expédition au Yukon et quand mon moral était en berne il apparaissait. Il y en a qui vont dans des églises où des « trucs » du genre pour prier, moi je cause avec les disparus. Chacun sa bible !  Mais Dieu que c’est dur, Jo Zef se demande si Marlène, Gilles et Taïko vont venir nous enlever du poids ! Eh ben non la mascotte, y sont trop loin, à nous de nous débrouiller. Quelques cyclistes nous doublent en nous encourageant mais c’est long, c’est épuisant, c’est éreintant ! Soudain alors que je reprends ma causerie avec mon ange gardien je sens une présence derrière moi, un cycliste est dans ma roue. La route est tellement isolée que l’on peut rouler de front, ce vieux champion veut faire un bout de chemin avec moi, il est impressionné par le poids que je monte et par mon bout en moins. Sergio est de bonne compagnie, il a beaucoup d’expérience et sait que sa présence me donne de l’énergie, on papote, on échange mais il doit retourner chez lui. On se serre la main comme si on se connaissait depuis toujours. Cela fait 2h30 que je grimpe, je commence à sentir une lassitude, finalement un panneau m’annonce le village de Bracco, je crois être arrivé au sommet. Un bar est ouvert, je vais tellement doucement que je peux saluer les clients devant l’entrée, je décide de stopper pour un café. Je suis la diversion du jour, ici personne ne passe, l’autoroute canalise le flux routier et un unijambiste en vélo cela se fête. J’ai droit à mon expresso explosif et mon verre d’eau gazeuse, pour récupérer un peu de sels minéraux. Je ne peux pas payer mon café, tout le monde est enthousiaste et me souhaite bonne route. Je fais l’erreur de demander le dénivelé jusqu’à La Spezia, on me prévoit encore du dur !!! En vérité je ne suis qu’au village, le col est encore à 4km plus haut, je prends mon mal en patience mais je ne sais pas où je vais chercher cette énergie pour grimper, aucun « bobos » ne se réveille et mon moignon bien cicatrisé ne fait plus le malin pour se faire remarquer. Finalement atteints le sommet, je suis cuit, extra cuit. Je roule en libre en me croyant sorti d’affaire, je ne pédale même plus en descente, ce qui est une erreur car je n’élimine pas mon acide lactique, mais je zappe le protocole pour récupérer différemment. Je m’aperçois que je perds trop vite du dénivelé, ça sent le piège. J’arrive dans un bled et découvre devant moi un mur, le col du Bracchetto me fait un pied de nez. Du 10% pendant 2 bornes avec les derniers 100mts à 15%, je ne pose pas pied à terre en mémoire de mon parrain disparu, mais je peux vous dire que je force comme un bœuf. Je reprends une longue descente, je pense que cette fois ci je suis sorti d’affaire. Pour être léger j’ai fait le choix de ne pas avoir ma nourriture de midi, mais je n’avais pas anticipé que cette route était déserte. Pour l’instant ça descend alors j’oublie mon déjeuné. Je retrouve une rivière, je sens la fin de mon calvaire, elle doit descendre à la mer donc il ne devrait plus y avoir de côte. Enfin un village animé, il y a un bar restaurant, je stoppe ma « pédalerie ». Pas de plat à emporter, au diable le protocole, je m’attable. Alors que je me déshydrate avec une grande bouteille d’eau gazeuse, je m’aperçois que le local se nomme : « La Fenice » le Phoenix en français. Je cause avec le gérant sur ce nom, renaître de ses cendres comme le phœnix, ca me parle. Une date avec un patchwork de photos est dans mon dos, il est écrit la date du 25 octobre 2011, pour ne jamais oublier. Je prends le soin de détailler les images, il semble qu’une inondation aurait ravagé le village. Effectivement des pluies très violentes ont en amont formé un barrage de branchages et quand il a cédé une très grosse vague a envahi la région. 3 morts et des vies de labeurs mis à terre, Davide est très jeune et il vit mal, l’après drame. Le village au lieu de s’unir, s’est divisé et une mini guerre s’est installée. Il me parle de partir travailler au Mexique mais la peur le freine, peur de l’inconnu, peur de ne pas savoir s’adapter. On cause un bon moment, il me prend pour un surhomme mais je lui cause de mes craintes quotidiennes. Elles ne m’arrêtent pas, bien au contraire, elles sont justes là pour m’avertir du danger et je découvre que je peux les surmonter. Allez Davide, fait ton sac et tu verras que la Terre n’est qu’une petite île, où que l’on soit on y rencontre que de bons voisins… Je reprends la route ventre repus et cœur léger de cette belle rencontre, j’aime bien transmettre de l’énergie positive à qui veut la recevoir. Mais la route est longue encore une grosse montée le vent dans le nez, j’abdique, je baisse la tête et fait le vide il faut que j’avance c’est tout. Enfin, j’arrive aux abords de La Spezia, deux routes se présentent à moi, droite, gauche ? C’est une longue descente, je vais vite et je n’arrive pas à détailler ma carte, je choisis celle qui mène vers le Sud-est. Hasard ou pas je me trompe d’itinéraire, j’avais décidé de stopper dans ce grand port mais c’est une périphérie qui me l’a fait éviter. Ok, j’ai compris ce sera une très longue journée, le plat descendant au programme, ce n’est pas si mauvais quand même. J’avance, le compteur affiche bientôt les 100km, je trouve une auberge de campagne, ok les mascottes, on va pas faire les difficiles. Une chambre proprette pour une poignée de figue, c’est le camp de ce soir. On est à la frontière avec la Toscane.

A pluche…

Sur les bords du Rhin avec l’amiral Festor…

6 septembre 2012
Jo Zef très fier de présenter le grand Franck à Norra...

Jo Zef très fier de présenter le grand Franck à Norra...

Mon dernier break fut Northeim , tendinite disparue, vélo nickel « yakarouler » soit 611 km en 6 jours d’affilés. Je m’autorise un break, bien que je sois en forme. Le vieil adage le dit : Qui veut aller loin doit ménager sa monture… Ce matin ce n’est pas pour autant que je tarde au lit, la vie est trop courte pour dormir. La petite ville de Lauterbourg est paisible avec un certain charme qui me fait un bien énorme. Depuis presque trois mois que je sois parti, rares furent les moments où j’ai pu m’exprimer dans la langue de « Coluche » ! Je deviens une pipelette, je suis trop heureux de pouvoir échanger sans chercher mes mots. Mon vélo est un tas de sable, le patron de l’hôtel du Cygne me met à disposition tous les moyens pour le rendre comme neuf. De plus il me prête une lime à bande électrique pour rectifier enfin ma prothèse qui me blesse au niveau de la tête de péroné. Je peux vous dire que je m’en donne à cœur joie, je creuse, je rabote pour enfin laisser la plaie ne plus subir ces douloureuses frictions qui par moment me gâchent un peu la vie. Petite course au supermarché du coin pour remplir ma cambuse, mais je dois me freiner, je ne dois pas sortir de ma diététique stricte même si les produits en vitrine me font saliver. C’est dur de prendre que des salades alors que les choucroutes nous tendent les bras, une sorte de remake d’Ulysse et les sirènes façon charcuterie alsacienne !!! Mais la belle nouvelle de la journée c’est que je vais avoir de la visite. Fidèle de mon journal de bord, vous avez dû remarquer que régulièrement je suis encouragé par le grand Franck Festor, et bien aujourd’hui il a fait le déplacement depuis sa région de Metz. Aussitôt revenu de sa deuxième traversée océanique à la rame en courant un marathon il s’est blessé au moignon et ne peut plus porter sa prothèse pour cicatriser. Il a choisi l’opportunité pour partager un bout de vie avec le « cabochard ». Je suis toujours heureux de le croiser, un géant au cœur en or, toujours prêt à aller soutenir un nouveau venu dans le monde des raccourcis. Sous une tonnelle au bord du Rhin entre deux péniches qui luttent contre le courant nous échangeons nos idées, nos sentiments. C’est vrai qu’il est bon de savoir s’arrêter pour vivre le moment présent si riche. J’entends souvent parler de miracle pour certaines choses extraordinaires qui arrivent, mais pour moi le miracle c’est le fait de vivre chaque seconde les yeux ouverts. Ce n’est pas un miracle le soleil qui se lève tous les matins, le fleuve qui coule depuis des siècles, la plaie qui cicatrise, deux hommes qui papotent avec sourire de leur souffrance… Oups je me lâche, c’est vrai les jours de repos je cogite plus que d’ordinaire…

Merci amiral Festor, que les Dieux des vents, des océans et de tes rêves te protègent encore longtemps. Son blog…

A pluche !