L’effet papillon…

8 septembre 2010

un bout de vie partagé...

un bout de vie partagé...

L’effet papillon

Le 8 éme stage de plongée Bout de vie pointe son nez mais souvent on me demande ce que deviennent les anciens stagiaires ?

Vous avez certainement entendu parler de l’effet papillon.

C’est ce qui est arrivé au cours de ma vie, des rencontres, qui sans en avoir l’air m’ont complétement fait bifurquer sur un chemin absolument à l’opposé que ce l’on m’avait fait entrevoir.

A mon tour j’essaie d’être au carrefour de leurs vies pour les faire glisser vers un bout de vie, de vie debout.

En venant dans mon intimité, la plongée sous marine, la mer, la nature j’essaie d’allumer cette mèche que chacun de nous a.

Grosso modo entre tous les évènements que Bout de vie à créé cela doit faire une centaine de personne qui sont passées entre mes pattes. Pardon ma patte, et oui j’en ai qu’une!

De jambe c’est évident mais surtout de vie.

Quand ils viennent ce n’est pas pour être : plains, chouchoutés ou assistés mais pour être mis à nu, face à eux même, pour réaliser qui ils sont. Des hommes et des femmes à part entière qui ont encore la chance d’être là pour raconter leur Bout de vie.

La flamme qui va allumer ce carburant qui sommeille en nous j’essaie de lui donner vie.

Certains ont maintenant ouvert des portes qu’ils n’osaient pas entrevoir, Franck Festor du premier stage a depuis traversé un océan à la rame, tenté de gravir un très haut sommet en Argentine et bien d’autres aventures, à l’heure actuelle il pédale sur un tour de France en vélo tandem avec un pôte à lui, aussi abimé mais d’un bras ; d’abord c’est son histoire donc c’est pour lui qui le fait mais aussi pour vous, pour nous pour démontrer qu’on est vivant.

Allez sur son blog cela lui donnera encore plus de punch dans sa pédalerie.

Thierry Corbalan, quand je l’ai rencontré l’eczéma lui pourrissait la vie, être amputé des deux bras est un lourd handicap ! C’est que tout le monde disait, mais lui savait que c’était un tournant de sa vie, alors la flamme a atteint son carburant et depuis Thierry nage et comment… des courses longues distances, il en a plein son palmarès et l’année dernière comme entrainement il a traversé les Bouches de Bonifacio en mono palme. Seul nous et personne d’autre devront savoir quel sera notre statut, lui c’est homme dauphin qu’il a choisi d’être. Fin septembre il prépare une belle « baignade » je vous en parlerai bientôt.

Stephanie, petite blondinette, nait sans un avant bras, elle le cachait derrière des fringues toujours trop longues et puis un stage, une croisière en Antarctique avec un mec un peu Cabochard au caractère infecte, de coup de tabac en explication de texte sa garde robe a changé et les petits minets lui tourne autour comme un ours devant du miel.

Cathy, amputée double tibiale suite au diabète, je l’ai mis devant un miroir : son handicap n’était pas ses pattes en moins mais son sur-poids. Je n’y suis pas allé avec beaucoup de tact je lui ai juste démontré qu’elle était grosse. Toujours aussi fin le Frank !!!

Elle vient de reprendre la natation en compétition et peut être qu’on l’ a verra sur une course de valide bientôt.

Jérome c’est mis au triathlon, Valentin brille à l’école… et encore plein d’autres…

Attention ! D’autres sont retournés dans leurs habits de handicapés et ont plongé. Chacun est libre de son destin et personne ne pourra ouvrir notre sentier à notre place.

Allumeur de mèche, pour un Corse c’est évident ! Non?

Donc bienvenue au futur stagiaires et profitez de cette connexion pour allez soutenir Franck Festor dans son tour de France tandem en vélo.

Ayeltgnu…

3 septembre 2010
Pas à pas on avance ...

Pas à pas on avance ...

Depuis mon retour je me suis réfugié sur mon Cabochard, comme sur une île du Yukon où je fuyais les plantigrades ici je suis sur mon vieux bateau au mouillage pour esquiver les ours en vacances.

Je n’ai pas envie de raconter mon bout de vie car je sais par expérience que ce ne sera pas compris, alors je me suis isolé en attendant la fin de l’été. Quand on me demande où j’étais je répond sur le continent! Ma réponse brève et sèche ne donne pas envie d’en savoir plus.

Cabochard, bourrue et solitaire sont les trois mamelles de l’équipe à Jo Zef!

Je suis assez en connexion par téléphone et mail et je trouve que c’est déjà pas mal, la perspective d’un où deux documentaires télés pointent leur nez, le livre prend forme et de nouveaux partenaires aussi veulent collaborer. Du travail de fond qui commence à payer. Donc je trouve que je donne assez pour rester loin là bas sur mon « île » à contempler de loin 6 milliards d’autres se mettre sur la gueule pour un doigt tendu où pour une place de parking.

Aujourd’hui je suis reparti avec Immaqa, pas loin mais une bonne journée de kayak sans bruit, il y a encore du monde mais je connais assez pour trouver un début de paix, hier j’ai réussi une belle plongée et malgré une montagne d’obligation je réussi à m’évader. Je crois que je ne me referais pas, cette balade en solitaire m’a rendu zen et cette vie monacale dans la vraie nature me convient de plus en plus, alors je m’isole encore un peu plus, attention quand je dis «  je m’isole » cela ne veut pas dire ne plus rien donner, dans quelques jours une équipe d’éclopée va débarquer des 4 coins de France pour le stage de plongée Bout de vie et me réjouis de ce partage, mais voilà, avant, après j’ai besoin de temps pour moi pour penser, pour écrire, pour m’évader, pour vibrer.

J’ai trouver un titre pour mon prochain bouquin, encore une simple idée, un coup de crayon papier qui pourra s’effacer, mais je trouve que cela cadrerais avec ce que je vie depuis pas mal d’années:

Ayeltgnu ou je suis chanceux (en Tlingit),

bien sur vous mes chers lecteurs pouvez commenter ce titre et proposer pourquoi pas le votre.

J’attends de pied ferme.(rire)

A pluche

Je n’aime pas le verbe avoir je préfère le verbe être…

Comme l’eau …

31 août 2010

Un soir calme dans les flats du grand fleuve...

Un soir calme dans les flats du grand fleuve...

Doucement je me réadapte, mais il y a un mais.

Heureusement d’ailleurs que ma maison est un vieux bateau en  bois et que mine de rien la vie à bord à l’année ressemble étrangement à une vie en cabane de là bas.

Pas de douche, peu d’énergie et surtout 6 m2 habitable, caché au milieu d’un fond de golfe je suis assez isolé de la « foulitude ».

17 ans que l’on cohabite, comme si je vivais au Yukon.

Quand l’hiver ça cogne fort dehors ,les vents violents m’isolent et pendant de longues journées je suis seul au monde avec comme unique compagnie la tempête.

160 km de vent, ouragan ? Pas du tout, juste les coups de chien de l’hiver, à ce moment là tout devient différent, j’écoute les amarres travailler, je sens la prochaine rafale arriver et je me réjouis d’être bien à l’abri et non pas en mer.

Au beau milieu de la nuit je fais un tour du pont pour vérifier mes aussières et rentre me mettre vite à l’abri sous ma couette épaisse…

Mais c’est encore la saison estivale et pour l’instant j’ai fait une croix sur le silence absolu, je réalise à quel point la pollution auditive est quasi permanente ici dans la fourmilière Européenne, je ne veux pas juger car chacun est vraiment libre de sa vie mais de mon petit bateau je vois ce ballet infernal. Chaque jour qui nous rapproche de l’automne, va par vague successive écrémer la foule pour finalement début novembre donner à la Corse un retour à cette paix qui me convient.

J’ai repris mes habitudes, vélo, kayak, diététique car en vérité tout n’est que préparation, toutes mes expéditions je ne les ai jamais vécues comme un aboutissement mais bel et bien comme une préparation, du coup seul le moment présent est plaisant. Je suis déjà en train de monter ma prochaine aventure mais c’est trop loin pour en parler, je vis le moment présent et tentede m’en régaler.

Le bruit, j’essaie de ne plus l’entendre, les réflexions hors sujet depuis mon arrivée aussi, elles doivent passer au dessus de ma chapka !

Comme la rivière qui contourne le gros cailloux.

De plus en plus je découvre ce que la grande rivière m’a apporté, paix, force, calme, énergie et surtout amour de la vie.

Je voulais être dur comme un roc et je me suis souvent égratigné l’âme par des chocs à répétitions, le corps bien sur en a gardé des cicatrices mais ça c’est pas bien grave mais les blessures de l’intérieur c’est abimé pour longtemps.

L’eau, être l’eau, un coup d’épée dans l’eau ! L’eau dont notre corps est composé à 80 %, essayez de tirer un coup de fusil dans l’eau, une belle gerbe et puis plus rien, tout revient comme avant, un roc au milieu du fleuve va être imposant, arrogant, destructeur mais au fil du temps l’eau va l’éroder, le polir pour le réduire en sable, chauffez l’eau, elle va s’évaporer et revenir en pluie ; le gel va la figer mais elle sera toujours là…

D’ailleurs je vais allez très prochainement sous l’eau pour faire partager mon aventure à toutes les sirènes qui m’y attendent…

De retour sur la rivière salée…

28 août 2010

Le nez collé au hublot avec la mascotte je suis attentif aux paysages qui défilent, Jo Zef l’innocence même commente et me questionne sur les contrées visitées.

Wouah, le survol de ses milliers de kilomètres de montagnes et glaciers vierges extra vierges.

Promis la mascotte, on va vite y retourner planter notre bivouac…

Le Groenland , pays d’Apoutiaq, Jo Zef lui envoie des « bisous ».

L’arrivée sur l’Europe : Un fleuve ! Oh le pauvre, cri Jo, il est cerné par les usines, les grandes routes et les villes, le Rhin devait être magique à pagayer mais il y a bien longtemps.

Mais ça « pouir » ici bas.

Les Alpes vues du ciel , que de routes, de téléphériques, de bétons…

Jo Zef broie du noir c’était si joli là bas.

Les grands lacs, l’hôtesse nous promet un beau panorama ! La mascotte soupire, des ports, des maisons à perte de vue , plus un endroit sauvage pour planter sa tente sans entendre le bruit de l’homme…

La côte et le survol d’une ville qui a vu la naissance d’un sacré Cabochard, un pays défiguré, bétonné… « Soupir ensemble… »

Des îles et des milliers de bateaux aux mouillages et oui la mascotte c’est ça l’Europe une fourmilière sclérosée, bouffée par la surconsommation et qui ne voit plus le désastre qu’elle a créé.

L’arrivée en Corse , on est abasourdi, KO debout, la chaleur, la foule, là bas le Cabochard est mouillé tranquillement, il m’attend mais je suis devenu maladroit, je n’arrive plus à mettre l’annexe à l’eau, des types s’insultent pour une histoire de place au port, ça crie, ça hurle, je suis perdu, je suis dans une jungle de fadas…

La nuit fut blanche j’entends toutes les vibrations du mal vivre de notre « monde », le bruit est devenu une manière de vivre, les insultes un moyen de communiquer et la destruction de la nature une façon de profiter de la vie.

Dans l’avion (le hasard n’existe pas) j’ai rencontré une famille qui s’est installée là bas dans le grand nord au milieu de la vie,loin du bruit et des promoteurs vendeurs, j’entends encore son récit de vie et je me sens moins seul; ils ont pris la décision d’y poser baluchons et d’y vivre, quitter la vieille Europe agonisante, leurs enfants grandissent en osmose avec la grande nature, celle qui est intransigeante, qui tuera l’étourdi, qui sanctionnera le prétentieux mais celle qui donne tout quand on se dépouille et redevient ce que l’on fut pendant des milliers d’années : des hommes pêcheurs, chasseurs et cueilleurs.

Me revoilà chez les sauvages, mais je vais m’y adapter, comme promis à la vieille dame de la grande rivière, je vais comme l’eau du fleuve esquiver les offenses, les frictions, les ombres et à chaque barrage je vais contourner au lieu d’essayer de le détruire, peut être à mon tour je quitterai ce monde qui ne me convient plus, pour bâtir un bout de ma vie là bas au pays des silences.

Depuis 6000 ans les guerres plaisent aux peuples querelleurs

Et pendant ce temps Dieu perd son temps à faire les étoiles et les fleurs…

Victor Hugo

La mer de Valdez...

La mer de Valdez...

Des glaciers à perte de vue sans trace de l'homme...

Des glaciers à perte de vue sans trace de l'homme...

Un lac bien encombré...

L'Europe : Un lac bien encombré...

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Menton vue du ciel...

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Moitessier, regarde ils sont devenus fous

Partenaire au grand coeur…

12 mai 2010

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C’est presque un conte de fée, comme d’habitude je rentre le dernier dans l’avion, ici en Corse tout le monde me soutient ce qui me vaut beaucoup de « bons mots » qui me rendent un peu mal à l’aise. Ma casquette vissée sur la tête avec l’inscription que j’ai faite graver dans la ville souterraine de Montréal: (Bears, no fears, just tears! Ours, pas peur, juste des larmes!).

En face de moi un homme me détaille et tente de savoir où il m’a vu, la casquette l’intrigue, je lui souris on échange deux mots. 1h50 après nous venons d’atterrir à Orly,tout le monde se lève, j’ai seulement 5heures de temps pour mon rendez vous et repartir en Corse, le temps presse, l’inconnu met enfin un nom sur mon visage, le temps que l’on déverrouille les portes on discute, on échange, étrange sensation que l’on se connait depuis longtemps, il me tend sa carte de visite et me promet de  me soutenir sur ma prochaine expédition… Le reste vous le connaissez Décathlon est partenaire du projet…

Mais voilà un partenaire c’est avant tout un membre de l’équipe et comme je suis intransigeant avec moi même je suis exigeant avec eux. (Demandez leur et vous verrez leurs réponses!)

En plus de tout ça il y a le côté affectif qui est très important et je ne suis pas preneur de n’importe quelle partenariat, une banque internationale en a fait les frais et j’ai envoyé balader le grand PDG!!! Je ne suis pas un produit ou un objet mais bel et bien un vrai « Cabochard » que l’on doit respecter et un peu « aimer »! N’oubliez pas que pour être libre c’est le prix à payer.

Des courriels, des coups de téléphone et puis on se dévoile et une lettre juste avant mon départ que j’avais envie de vous faire partager, une correspondance qui remue les tripes qui me donne encore plus de courage dans ma croisade où l’égoïsme et la bêtise des fois m’affectent et du coup tous les petits coups bas que l’on m’a donné se sont envolés…

J espère que tu vas bien.
Je t imagine bientôt sur le départ, dans les derniers préparatifs.  J ai en tête que tu partais mi Mai.
Je suis en déplacement au Sri Lanka et c est ce moment que j ai choisi pour à l écart lire ton livre. Un peu comme un enfant qui attend l instant propice.
Pour lui faire découvrir, aussi cet autre île ici (et à mon avis il a aimé..!!)
Il m’a emmené en moi dans toutes mes traversées de Désert ou d océan aux vagues insurmontables. Ce n’est pas que le témoignage pour moi d’un homme accidenté du porte avions Foch.
C est un message plus fort, plus universel.
Il parle pour moi du regard que l’on se porte, sur l acceptation de soi, de nos différences. Sa force permet à chacun de reprendre contact avec lui-même, de s’écouter.
Il est une bout(eille) jetée à la mer mais qui chemin faisant se multiplie et arrive sur le rivage de chacune de nos vies.
Elle nous porte un message de paix, d’amour. J ai senti les vagues qui hurlaient autour de vous, le froid qui soufflait dans vos tentes, mais j ai surtout entendu la musique de l’âme.
Cette âme si belle qui vit en nous. De mon hôtel en bord de mer je l’ai entendu s’exprimer en toi et que malgré nos difficultés, nos doutes, nos peines, nos handicaps à être nous-mêmes, à nous écouter malgré tout, tu nous exhortais à avancer vers cette lumière.
Je suis touché par cette bougie qui en toi, devient phare. Non pas un phare breton (à double sens!) solide et résistant, mais un phare qui aurait fait de sa faiblesse, sa force.
De son chemin, un destin.
Je m amuse à penser que je ne t’ai rencontré quelques minutes dans un avion et que cette casquette que tu portes a attiré mon regard et a permis notre rencontre.
Alors porte la bien cette casquette dans l’aventure, qu’elle te porte chance, qu’elle te garantit d’autres rencontres encore plus belles.
Sache que sur le quai, nous t’attendrons, nous t espérerons et que pendant ces semaines, nous nous inquiéterons pour toi. Par ce que ton message de bout de vie, nous parle d’espoir, de lumière.
Et que je crois que si ce qui se trouve au bout de la vie. Nous avons besoin de ton message Frank, pour nous,  pour nos enfants alors reviens nous vite entier même si certainement transformé au fond de toi;
Continues à transmettre ce message, à écrire, à dire, à porter,  jusqu’au bout,  cette vie qui nous relie chacun.
Tu peux compter sur mon soutien pour d’autres aventures.
Merci
É…

Maison d’arrêt d’Aix en Provence…

29 avril 2010

liberte

5 heures du matin, un réveil classique à bord du Cabochard mais pas pour une journée ordinaire.

9h45 je vide mes poches, je laisse à la consigne mon sac et me soumet à une fouille précise, la première grille se ferme la deuxième s’ouvre, l’oiseau de mer vient de se poser à la maison d’arrêt d’Aix en Provence.

Badge, grille, re-contrôle, ici le soleil c’est des néons, l’horizon des barreaux d’acier. Les matons, les taulards tout le monde se croise mais chacun pour des raisons différentes.

Si je suis ici aujourd’hui c’est par l’initiative d’un détenu, qui suite à son amputation a dérivé dans la chute aux enfers, divorce, drogue, braquage et tout le costume qui va avec!

Tony vient à ma rencontre, je lui souris en le regardant dans les yeux, en quelques secondes, il veut tout savoir de mon parcours, on a beaucoup de ressemblance, la jambe amputée c’est évident, une petite fille qu’il voit peu, moi aussi, un caractère impulsif, moi aussi. J’ai eu un peu plus de chance et su gérer différemment ma détresse en allant vers les autres.

Il me présente à ses copains de galère, chacun me salut chaleureusement.

J’attaque par la diffusion du film « Giramondu » suivi d’un question réponse. Un détenu se souvient de mon passage il y a 4 ans à la maison d’arrêt de Borgo (Bastia), avec de l’humour il me dit qu’il a déménagé !

J’avais demandé l’autorisation d’offrir mon livre et mon vœux fut exaucé, les gars me remercient de mon intervention car sur ce film on peut y faire un petit tour du monde, par des latitudes bien différentes tout en restant sur sa chaise.

Je sais que je suis une bouffée d’air du large et je ne mets pas de tabou, je parle d’évasion mentale, je parle de respiration, certains veulent en savoir plus. Être en taule et savoir s’évader mentalement c’est un peu « d’évasion légale » de « belle » sans effraction, les gars m’invitent dans leurs quartiers mais le protocole ne peut l’accepter.

A 13h30 je les retrouve et participe à un atelier sport, Philippe paraplégique est consultant dans les prisons et aujourd’hui il va initier, qui le veut bien, les pensionnaires à un parcours en fauteuil de sport, certains refusent par superstition, d’autres si essayent, l’ambiance est bonne enfant, certains viennent me voir, les caméras et les micros sont plus éloignés, des gars me racontent leur bout de vie, en se confiant je leur offre un peu de ma liberté. Un gamin immense me sert la main, il a pris 30 ans mais il me confie que lui aussi vit au jour le jour un peu comme dans mes aventures !!! Je suis scotché d’une telle sagesse.

Derrière tous ça, des drames, du sang mais je ne suis pas là pour juger qui que soit, juste transmettre ma manière de penser. Certains viennent me demander des trucs de muscu, alors on se lance dans une séance de gainage statique, facile à faire en cellule…

Le sablier se vide et il est l’heure pour moi de partir, Tony me sert dans ses bras, je lui ai promis que dès qu’il sera dehors il participera au stage de plongée Bout de vie…

L’avion survole l’extrême sud de la corse, je reconnais tous mes petits coins où j’ai bivouaqué pendant mes « kayakeries hivernales », je retrouve la paix et la liberté du Cabochard, ce soir je suis tout chose par cette journée pas ordinaire…

Remerciement particulier à Alain prof de l’éducation nationale qui enseigne dans l’établissement et au Capitaine Élisabeth qui avec une main de fer dans un gant de velours donne un côté plus humain à la maison d’arrêt et qui gère 600 détenus tout en étant une femme.

Comme je sais que les billets de mon blog vont être affichés au bloc G :

Salut les gars et promis dés mon retour du Yukon je viendrai vous revoir, un seul mot LE MENTAL !!!

Dominique Benassi répond!

27 avril 2010

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Dominique Benassi dit Dume je vais tenter une  présentation :

Né au Maroc il retourne en Corse avec ses parents alors qu’il est encore enfant, il découvre  son île et ses paradoxes : les gens parlent plus le français que la langue Corse ! Là bas en Afrique du nord l’arabe et le corse étaient ses langues , après avoir exercé plusieurs métiers il rejoint les pompiers de Bastia. En 1988 une balle de fusil de chasse lui explose le genou et devient amputé fémorale de la jambe droite. Sa vie bascule ! Non pas dans la détresse mais dans la lumière, il décide de se mettre au sport et découvre le triathlon, dans cette discipline il retrouve toute la polyvalence qu’il avait chez les pompiers. Mais voilà on décide pour lui que ce sport ne peut être praticable avec une jambe en moins, pendant des années il s’entraine sans rechigner et jamais n’a le droit de prendre part au course avec les « normaux », au triathlon de Nice comme il n’est pas admis il fait quand même la course mais sans prendre le départ et encore moins passer la ligne d’arrivée, un américain champion du monde en élite le remarque et l’histoire peut enfin commencer ; il est invité au États Unis et obtient son premier titre de champion du monde de triathlon catégorie « Handicap » et non handisport !

Depuis il a obtenu 11 titres de champion du monde et est devenu président de la ligue Corse de la FFT. Ce n’est pas pour autant qu’on le reconnait athlète de haut niveau et EDF qui l’a engagé ne veut rien savoir sur ce statut qui lui simplifierait bien des choses… En 2001 on s’est rencontré on était tout les deux amputés et en plein divorce, une belle histoire d’amitié, de fil en aiguille on s’est découvert avec toutes nos différences mais aussi beaucoup de ressemblance.

Je décide de créer Bout de vie et tant bien que mal il suit et notre route croise celle d’un drôle de breton de Molène Joseph Le Guen qui nous met la puce à l’oreille et nous traversons l’Atlantique à la rame, une première mondiale, 22 mois de préparation où nous avons vécu 6 jours sur 7 ensemble puis 54 jours à pleurer, euh pardon à ramer et puis la vie nous a fait prendre des chemins différents, il continue le triathlon et moi les aventures, il décide de faire son bout de vie mais l’âme est marquée au fer rouge et quand on se retrouve, une trame, une vibration, une cicatrice fait que nous savons plus que tout que nous sommes frangins de vie. Même si nos routes sont différentes personnes et aucun évènement ne pourra délier cette fraternité choisie.

Avant de partir sur le fleuve Yukon on ne pouvait pas ne pas se voir, se confier, s’observer, deux frangins que la vie à un peu bastonner et si la violence nous a effleuré elle en n’aura laissé que de fades traces. Nous savons que notre rencontre fut un des plus beau cadeau de nos vies, quand on est ensemble on est comme des gosses que rien n’arrête . Une anecdote parmi une infinité :

Un soir , nous sommes les invités d’une soirée très mondaine dans une villa de luxe de l’extrême sud de la Corse, grand champion, chanteur et top modèle sont là pour recevoir les deux « frangins », alors que nous pénétrions dans ce palais aux milles et une nuit une des personnes nous demande comment nous avons été amputés, Dumé avec son œil malicieux lui rétorque, moi c’est est une balle à bout portant et Frank pendant la guerre du Liban !!! La tête de notre hôte fut plus blanche que les neiges Himalayennes et encore maintenant nous nous demandons comment nous n’avons pas explosé de rire ! De vrais sales gosses !!!

Dumé m’a fait le plaisir de passer deux jours avec moi, j’en avais besoin juste avant mon départ pour ces mois de solitude. J’ai eu l’idée de lui faire un interview express…

Proverbe qu’aime bien Dumé:

A vitafatta di scala, à quandu si colla à quandu si falla

(la vie est faîte d’escalier, des fois tu montes des fois tu descends)

Une étoile de plus brille ce soir…

7 avril 2010
Photo d'Olivier Föllmi qui fut exposée  à Washington lors de la venue du Daïla-Lama au USA en 2006

Photo d'Olivier Föllmi qui fut exposée à Washington lors de la venue du Daïla-Lama au USA en 2006

L’autre nuit une étoile supplémentaire est née, tu es parti sur la pointe des pieds, je ne te connaissais pas trop mais tu étais un grand sportif qui avait, après les défis décidé de se consacrer à Dieu et tu étais devenu un pasteur ! On se voyais très peu mais tu avais eu le courage de me dire au lendemain de mon accident que c’était par la grâce de Dieu qu’il m ‘était arrivé ce drame, je l’avais trés mal accepté et il m’aura fallu beaucoup d’années pour que je te donne un peu raison, aujourd’hui beaucoup te pleure et c’est légitime, pourtant comme je l’ai dit à ton fils, mon cousin, je suis serein car tu es parti rejoindre les tiens et ton passage sur terre n’aura été que partage et amour, une sacrée leçon de vie, tu avais choisi une religion pour le faire et tu l’as fait avec conviction, bravo je suis fier de t’avoir eu comme parrain.

Cette pensée Amérindienne est pour toi, chacun donne un nom différent à ses ou son Dieu pourtant le plus important dans notre passage larvaire sur terre est partage et amour.


Quand nos ancêtres sont arrivés en terre du grand Ouest ils ont appelé les natifs de ces terres vierges : les « sauvages ».  En découvrant ce poème Athapascan, je me demande si les « sauvages » ce ne serait pas nous ?

Tout le monde fuit la mort alors qu’elle est inévitable et nous les grands donneurs de leçons nous nous cachons derrière un océan de mensonge…
Lisez le avec paix et un air de liberté du grand nord va vous envahir et vous rendre serein, si vous êtes mal à l’aise après sa lecture c’est que vous n’êtes vraiment pas bien avec vous même et il est toujours grand temps de s’ouvrir à l’inconnu.

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,
Laissez-moi partir.
J’ai tellement de choses à faire et à voir.
Ne pleurez pas en pensant à moi,
Soyez reconnaissants pour les belles années,
Je vous ai donné mon amitié.
Vous pouvez seulement deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté.

Je vous remercie de l’amour que chacun vous m’avez démontré,
Maintenant, il est temps de voyager seul.
Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelque temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur.

Je ne suis pas loin et la vie continue …
Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai.
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là.
Et si vous écoutez votre cœur, vous éprouverez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai.

Et quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir.
Absent de mon corps, présent avec Dieu.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là, je ne dors pas,
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit.
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là. Je ne suis pas mort.

Plus le temps passe plus une partie de moi part déjà pour un voyage incroyable…
Le voyage intérieur celui qui vous fait peur…

A bientôt Walter !

Ton filleul

A fond la forme!

1 avril 2010

idunedownload-7Et qui c’est la « princesse à Bixente »? Et Élisa entre toi et moi, elle est plus belle ma prothèse!!!

J’avais envie de vous dire merci du fond du cœur…

Quand Bout de vie vu le jour je ne pouvais imaginer ce que cela allait entraîner. Et pourtant !

Depuis le 1er décembre 2009 le nouveau site permet de voir et de décortiquer la venue des internautes. 89 pays plus de 20 000 visiteurs uniques des milliers de connexions. Et vos mots, vos lettres, les stages que j’essaie de maintenir bec et ongle, mes coups de gueule envers les stagiaires qui aimeraient plonger dans la peau d’une personne handicapée alors que je crie haut et fort que nous sommes juste un poil « différents » et encore !

Aujourd’hui dans le courrier de l’association une dame se livre et me raconte son Bout de vie, je suis le premier à qui elle dit ses mots de maux, elle me raconte son accident et toutes les galères qui se succéderont, chaque fois je prends conscience à quel point nous nous sommes retrouvés isolés après notre amputation. Bout de vie à petit niveau est devenu un briseur de « carcan ». Mon livre est sur le chevet de quelques éclopés de la vie et c’est tant mieux.

Il y a des fois où je me dis que je pourrais rouler pour ma pomme et y passer un peu moins d’énergie et puis un mail, une lettre, un regard croisé, un commentaire sur mon blog et je reprends la route des « autres ». Il n’y a pas longtemps on m’a signalé que mon témoignage était dans le bouquin de Yann Arthus Bertrand « 6 milliard d’autres », être tellement nombreux pour ne trouver personne à qui se confier, quel dommage !

Alors Bout de vie transmet, régulièrement je vais sur le forum « contrôler » un peu les messages et je souris car pour beaucoup je connais leurs histoires et au fil du temps je constate du changement.

Aujourd’hui la liste des stagiaires pour la semaine de plongée 3éme semaine de septembre est finalement complète, comme d’hab ils ne savent pas encore pourquoi ils viennent mais au bout de la semaine ils repartiront « différent » d’avoir fréquenté un sacré « Cabochard ».

Et puis ma bonne étoile ! Elle brille sans cesse au dessus de ma caboche, alors que je m’étais résigné à médiatiser l’aventure du Yukon sans que je fasse le moindre dossier de presse « j ’ai plus envie », la plus grande chaîne de télé française et la radio de France la plus écoutée m’appelle pour être dans le fond du Kayak !!! C’est bizarre la vie ! Qui vivra verra.

Et puis mon équipementier qui se fait racheter par une grosse boite et qui décide de retirer de ses magasins tous les produits de prêt ou de loin en rapport avec l’aventure, je me résigne en me disant que c’était déjà formidable d’en avoir eu un pendant 2 ans et encore la petite étoile qui scintille au dessus de ma tête, dans un de mes A/R à Paris assis dans l’avion à côté de moi, ma gueule attire celle d’un homme qui au bout de 5 minutes me questionne me dit qu’il m’a déjà vu à quelques part, je lui déroule mon bout de vie en quelques secondes, il me tend sa carte et me promet de m’aider il est à la tête d’une très très grosse entreprise internationale !

Cette histoire je l’ai entendu maintes fois! Aujourd’hui coup de téléphone, Décathlon est partenaire du projet Yukon et les stagiaires seront équipés de la tête au pied par la célèbre marque. Avec promesse  de m’épauler avec la Fondation Décathlon qui a le désir de soutenir Bout de vie sur les prochaines années.

Voilà un Bout de ma vie au service des autres, certains diront que c’est pour me racheter des « conneries » que j’ai commis avant ! Certainement, on se sent toujours fautif d’avoir fait souffrir, mais je ne peux plus revenir en arrière et comme je suis têtu et le chantait si bien la môme Piaf « non rien de rien, non je ne regrette rien … » mais je ne pense pas à demain et encore moins à hier mais juste au présent qui est un cadeau…

Merci à tous d’exister, ce soir je crois encore et toujours en ma bonne étoile car c’est vous qui en alimentez la lanterne.

Allez Jo Zef tous en cœur :

Non ! Rien de rien …
Non ! Je ne regrette rien
Ni le bien qu’on m’a fait
Ni le mal tout ça m’est bien égal !

Non ! Rien de rien …
Non ! Je ne regrette rien…
C’est payé, balayé, oublié
Je me fous du passé !

Avec mes souvenirs
J’ai allumé le feu
Mes chagrins, mes plaisirs
Je n’ai plus besoin d’eux !

Balayés les amours
Et tous leurs trémolos
Balayés pour toujours
Je repars à zéro …

Non ! Rien de rien …
Non ! Je ne regrette rien …
Ni le bien, qu’on m’a fait
Ni le mal, tout ça m’est bien égal !

Non ! Rien de rien …
Non ! Je ne regrette rien …
Car ma vie, car mes joies
Aujourd’hui, ça commence avec toi !

A toi ma « Vrai »

Raisonnement sur notre planête par un Cabochard!

30 mars 2010

ITW à la FNAC de Dijon organisé par la Guilde Européenne du Raid une caméra était là.