Dume Benassi au départ du double Iron Man de Lanzarote…

1 février 2012
Fréres de vie, nous nous sommes choisi...

Frères de vie, nous nous sommes choisis...

Il y a des épreuves qui laissent sans jambe ! Dans quelques jours aux îles Canaries aura lieu le double Iron Man… Vous allez me dire, kezako ! Un Iron Man simple est un triathlon démesuré. 3,2km de natation, 180km de vélo pour finir avec un « p’tit marathon » de 42km ! Le tout dans la même journée, bien-sûr. Donc un double Iron Man c’est X 2 ! Facile non ?

Ils seront seulement 74 athlètes venus du monde entier, la sélection est faite sur les temps réalisés dans leur pays respectifs. Un homme au départ que je ne vous présente plus fera parti de cette élite : Dume Benassi !!! Oui vous avez bien lu, Dume s’est qualifié sur des temps de valides pour cette course de gladiateurs… Il sera le seul unijambiste !!!

Ses entraînements ont été, évidemment à la hauteur de l’épreuve, beaucoup d’heures de préparation physique mais surtout une grosse construction mentale. Quand vous êtes fatigués physiquement, vous vous reposez et c’est reparti pour un tour, la faiblesse mentale c’est une autre chose. La manière de penser, de se nourrir, du pourquoi on le fait, sont les bases de cette élévation psychique. Construire au fil des entraînements des images de références qui vont étayer l’effort de l’épreuve, est la clé de la réussite. Si vous n’avez jamais fait de vélo et je vous demande de faire 100km, il y a de grande chance pour que vous refusiez l’effort en me riant au nez. Pourtant en changeant juste une donnée mentale, il y a de grande chance que vous réussissiez ! Si vous savez que la personne qui vous est la plus chère au monde est en péril et que le seul moyen de lui sauver la vie est de pédaler pendant 100km pour la rejoindre, il y a vraiment de grande chance pour que vous y arriviez. Ce cas se démontre très souvent pendant les guerres, les évasions… Le tout est de travailler donc ce côté émotif. Pourquoi, une équipe de foot qui joue à domicile aura plus de chance de gagner qu’à l’extérieur. Même joueurs, même ballon, même pelouse, mais une pression psychique différente.

Nos coups bas du passé sont là pour nous amener les premières pierres de l’édifice, puis les images de références vont servir de linteaux. Dumé est amputé par une balle perdue, la fédé de Triathlon lui a interdit pendant des années de pratiquer ce sport… Ni voyez pas une revanche de la vie, ce n’est pas dans la vindicte que l’on grandit. Le processus est juste une application à faire bien, à s’exercer à pratiquer le geste parfait, à ne penser qu’à l’instant présent sans se préoccuper de la prochaine seconde. Dans la vie de tous les jours il vaut mieux capter le positif que le négatif, on aura toujours une bonne raison de se plaindre mais aussi une bonne raison d’être ravi de l’instant. Les tuiles qui nous tombent sur la tête tout au long de notre vie sont des sortes de panneaux d’indications pour avancer. Dumé, samedi à 14h va s’élancer dans une des courses les plus folles au monde, 6,4km de natation, suivi de 360km de vélo pour finir par une balade de 85 km qu’il fera en fauteuil. L’effort non stop durera environ 30 heures. La nuit sera une  sélection naturelle, ils devront pédaler sur une boucle de 30km 12 fois ! Même si les muscles feront mal, le mental les portera au bout d’eux-mêmes. Le rire et la tristesse seront au rendez-vous. Les petites choses vont devenir gigantesques et les ennuis insurmontables deviendront minuscules…

Vous, derrière votre écran si vous avez des doutes sur votre devenir, dites vous que la pensée est bien plus forte que la force physique. Ne vous voyez pas diminué car on vous l’a déclaré.

Estimez qui vous êtes et devenez.

Forza o fratellu…

Double Iron Man de Lanzarote

Pédale et rêve…

13 janvier 2012

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Pour beaucoup, j’intrigue par mon acharnement à pédaler, vent, pluie, froid rien ne m’arrête, peut être que tout cela cache un rêve. Je n’aime plus les mots : défi, expédition, aventure, je crois sincèrement que ce qui me convient le mieux c’est tranche de vie. Bout de Vie, me diriez-vous ! Oui, c’est ça !!!

Gamin je passais des heures à rêver devant une mappemonde affichée devant mon nez, je connaissais par cœur les passages du Grand Nord, les détroits polaires, les peuples aux aurores boréales. Je n’ai décidément pas envie de grandir et souvent les soirs de grand vent, le Cabochard est visité  par quelques fantômes : Shackleton, Dumont D’Urville, Charcot, Nansen, Cartier… Je rêve de découvertes, mais les terres déployées devant moi sont depuis belle lurette, nationalisées, cartographiées, exploitées. Je pense que ce qui m’attire c’est le grand voyage de l’intérieur, celui qui est éternel, infini. Le périple devient alchimie, transformation de l’homme canalisé en un animal en osmose avec la nature qui cause.

Je vérifie presque comme un automate la pression de mes pneus, glisse le bidon dans son étui et pars pour une « pédalerie » romantique. La Corse hivernale est apaisante, peu de trafic routier intempestif, le cycliste quitte  son enveloppe qui gravit les côtes. Je vous le confirme, l’île de beauté n’est absolument pas plate ! Le col de Roccapina serpente, en face la mer est houleuse, les écueils me dévoilent un courant violent de nord, personne en mer…                                                                                                                                                  Je m’évade, je gravis la côte de l’un des multiples fjords de la péninsule de Nordkyn, l’océan Arctique ne laisse pas d’improvisation, mon vélo est très lourd, je suis en autonomie pour plusieurs jours de solitude. Le froid me fige le visage mais pas l’esprit…

Déjà le sommet, là bas au loin je devine le cap Sénètose ou mes « kayakeries » me mènent régulièrement. En roue libre je croise des « cornidés » ; des vaches ? Non ! Ma rêverie m’indique, un troupeau de rennes en quête de lichen, l’hiver va être long !

Déjà un millier de kilomètres, sympa le cycliste, il a donné son sang à tous les vampires ailés de la terre des sames. Un peu ému je me sépare de « Olla Vapaa », nom de ma bicyclette qui veut dire en Finnois : Etre libre,tout un  programme…                                                                                                                Immaqa reprend du service… Un autre millier de borne « Botnien ». Ma « kayakerie » redevient « pédalerie » ! Soyons prudent, il ne faut pas que je loupe l’embranchement du  pont de l’Ortolu avec sa plaine givrée en cette saison. Je fonce, je mouline, c’est vrai qu’elle est belle « ma » Corse chérie. J’augmente la fréquence des coups de pédales, Armstrong, tiens toi à carreau, j’arrive ..!

L’Europe à conquérir, je suis un argonaute, à chaque tour de roue, une langue différente. Plus peur des ours, des loups, ici le prédateur c’est l’homme. Le soir quand l’ombre cache la lumière, je dois camoufler mon bivouac de celui qui va venir me défier, m’épier, me voler ! Non je n’ai pas peur des hommes, je les connais, c’est tout ! Ah, mais on m’offre un bout de jardin pour planter ma tente, une douche chaude pour me décrasser, un coin de table pour un plat régional. Ouf il n’y a pas que des monstres..! .                                                                                                                                                                  Une  longue rivière qui cache des coins à « salmo trotta » endémiques , je jette un œil à mes postes préférés, bientôt de la truite meunière pour la mascotte ! J’aime cette route, son bitume me laisse croire que je suis un vrai pro, un maillot jaune que personne ne peut dépasser. Un détail, si aucun coureur ne me double c’est parce que je suis seul, comme quoi certain détails ont de l’importance ..!

Les panneaux routiers m’indique la Wallys, le Valais en romand. Ouais, on retrouve les copains, les indiens de la Lourantze avec leurs tipis, fait gaffe Jo Zef de ne pas y laisser ton scalp, chef Taïko veille sur le cousin. Derrière les pics enneigés j’entends le ressac, mais c’est la méditerranée, Véro, le Cabochard… Mais un détail ! Encore un, décidément la vie n’est qu’une succession de détails, il y a une barre montagneuse à franchir, c’est lourd un VTC en côte…  Devant moi la dernière terre à traverser. Ciao bello, le pays des souffres douleurs d’Obélix ! Ca gesticule, ça parle fort, ça change du pays des silences du Grand Nord. Une pizza pour la mascotte, une ! De l’eau salée tiédasse et au sud-ouest  une île à l’odeur corsée. Dis donc Jo Zef, ça fait un baille qu’on est partis! Immaqa s’ébroue, on rentre à la maison…

La dernière descente qui mène au port, 3 h de songe, de projet, de rencontre d’un moi plein d’émoi. Je remise mon vélo dans la voiture, jette un œil à mon Cabochard et rejoins le bord pour une séance d’étirements bien mérités. Pédale et rêve… Et si cela cachait un futur truc ?!? Suite au prochain épisode…Chut je retourne dans mon rêve.

2012: L’année Sans Différence!

28 décembre 2011
Ce qui me parait incroyable c’est que beaucoup l’aurait jeté à la poubelle, pourtant elle pince, elle tient seule au fil, c’est juste un peu différent à manipuler !!! Acceptez les « différents »…

Ce qui me parait incroyable c’est que beaucoup l’aurait jetée à la poubelle, pourtant elle pince, elle tient seule au fil, c’est juste un peu différent à manipuler !!! Acceptez les « différents »…

Chaque année une cause ou une nation est mise à l’honneur. Je propose, 2012 : Sans Différence !

Il y a quelques jours sur mon face book j’avais mis cette photo avec un commentaire sur la différence. A ma grande surprise vous avez été nombreux à réagir et pour commencer la nouvelle année de « bon pied » j’ai écrit ce billet.

L’oiseau ne sera jamais l’égal du poisson et pourtant ils partagent la même mer. Le soleil ne croisera que très rarement et de loin la lune mais ils ne peuvent vivre séparés. En électricité la batterie qui alimentera le démarreur est composée d’un plus et d’un moins. Cette pince à linge, malgré son bout en moins est toujours efficace pour sécher vos affaires. Alors pourquoi opposer les différences au lieu de les unir.

2011 est effacé de l’ardoise et le maître des lieux y inscrit 2012. Des résolutions comme chaque année : Fini les guerres, stop aux famines, moins de catastrophes naturelles… Et que le voisin nous regarde comme une personne à part entière !!! Abolition du : « Vous ne savez pas Madame Serfati ! J’ai un voisin handicapé, mais il est très gentil quand même ! Le Poooooooooooooovre ! »

Un habitant du Mans n’est pas un « menteur », celui de Bourges n’est pas un « bourgeois », le citoyen de la capitale n’est pas non plus un « parieur » ?!? Alors pour quoi un handicapé est un pauvre « différent »… Debout les culs de jattes, retroussez-vous les manches les manchots, travaillons « d’arrache pied » pour que nous soyons considérés enfin comme des êtres entiers. En changeant notre regard sur nous mêmes ; les « autres » nous verrons d’une autre manière. Moins de compassion, plus d’échange et de découverte. Celui qui pense que vous êtes handicapé, c’est parce que vous avez envie que l’on vous voit de la sorte. Aux beaux jours, hop en bermuda, en bras nues et que nos mutilations soient une sorte de tatouage et non une honte à cacher. Vous avez déjà vu une pin-up planquant ses attributs au printemps, un « musclor » emmailloter ses  biceps !  Le miroir, toujours et encore lui.  Petite expérience : Mettez vous à l’aise et si un regard semble vous défier faîtes  un grand sourire et approchez vous de lui. Qui sera gêné lui ou vous ? Si vous paraissez en harmonie avec votre corps, la personne en face ne sera plus mal à l’aise et un dialogue s’établira. Plutôt que de le réprimander ou de l’insulter charmez le, démontrez avec malice que vous pouvez être plus filou que lui et le courant s’inversera…

Pour 2012 je vous souhaite de la paix, de la santé. Que vos moignons cicatrisent, que vos emboîtures ne soient plus douloureuses à supporter et que vos rêves les plus audacieux se réalisent. La mascotte se joint à moi pour hurler : Que Dieu vous « prothèse » !!!

« Intouchables… »

14 décembre 2011

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Je ne sais plus quel réalisateur disait que toutes personnes avaient deux professions : Son métier et critique de cinéma…
Depuis qu’on me tarabuste avec ce long métrage Véro m’a tiré par les cheveux, du moins ce qui m’en reste, pour me rendre dans une salle obscure et découvrir  « Intouchables… » Les salles de cinéma, ce n’est pas mon fort, mais depuis quelques années je me retrouve régulièrement        « parachuté » jury de festivals de films d’aventures. Je me suis prêté au jeu et j’ai énormément appris sur ce métier aussi vaste que complexe. Donc, j’ai vu « Intouchables… » Enfin, j’ai vraiment envie de dire, enfin un film qui traite du handicap sans cette chape de plomb qui vous donne envie de vous pendre en sortant. Enfin un film, qui prend en dérision la « différence » et qui enlève le tabou. Il m’est terrible et insupportable d’entendre dans le dos d’un « esquinté » : Le pauvre, il aurait mieux fait de mourir ! Cluzet, qui a la lourde tâche de prendre la peau d’un tétra, joue à merveille le rôle de cet homme qui malgré son immobilisme a envie de vivre et courir dans sa tête. Son assistant sort d’un milieu où le quotidien est un combat pour affirmer sa place. Il a d’autres soucis que de savoir comment fonctionne un « mec » en fauteuil. Les deux se découvrent,l’ handicapé, le valide, le riche, le pauvre, le Corse, l’Africain et le clin d’œil sur certains intellectuels du handicap à la recherche d’emploi m’a bien fait sourire. Rien n’est plus déprimant qu’un éducateur ou un assistant qui va continuellement vous rendre encore plus dépendant au lieu de vous faire vibrer et vous permettre de vous projeter comme n’importe qui. Les blagues à deux balles sont là pour dégeler la situation. Vous valides, oseriez vous balancer une vanne à un handicapé ? Non, et pour cause, la France est a des années lumières de cette « normalisation ». Je me répète, mais si la personne « différente » vit mal son statut, l’inconnu ne pourra jamais établir un lien. L’humour est la base de tout et la curiosité est vectrice de découverte. Ce film m’a vraiment plu et je suis vraiment heureux de voir que les salles ne désemplissent toujours pas, plusieurs semaines après sa sortie. J’ai l’impression qu’une « mode » est en train de pointer le bout de son nez, pas à pas le handicap ne sera plus qu’une spécificité parmi tant d’autres…
Puisque j’ai entamé un billet sur le cinéma, je voulais vous amenez vers une autre réflexion. Au sujet d’un film transatlantique qui traite d’un dauphin à la queue amputée ! Attention, malgré la participation de Morgan Freeman qui est un grand acteur, ce film cache une monstruosité ! Un business est depuis bien longtemps monté par les plus grands « seaquariums » du monde pour posséder des mammifères marins blessés à bas coup. Ces animaux sont sauvages et leur mutilations les rendent dépendants de l’homme qui leur affligent la sentence la plus terrible :   « perpétuité » ! Pour beaucoup, après les soins nécessaires, ils pourraient reprendre le large, mais ce n’est jamais le cas, les centres d’attractions les séquestrent pour un faible investissement… Ce film est sous-produit par des mécènes obscurs qui se font une pub éhontée pour leurs aquariums qui n’ont plus de sens à notre époque. Si un gamin n’a pas la chance de vivre au bord de l’océan, il vaut mieux qu’il voit un film très pointu sur l’espèce ciblée, que d’assister à cette décadence d’animaux prisonniers. Ils ne sont qu’un pâle reflet de la réalité, leur vie n’est faite que de chasse, jeux, procréation, parcourant des milliers de kilomètres. Une orque en captivité aura toujours sa nageoire dorsale pendante alors que la sauvage sera droite, un dauphin en mer ne mange que du poisson vivant en piscine ce n’est pas la cas, un manchot d’Antarctique descend à des profondeurs vertigineuses pour nourrir sa famille, en cage il est un forçat de l’immobilisme…
Si vous avez envie, jetez un œil sur ce site très explicite du trafic que représente les seaquariums du monde entier CLIQUEZ ICI

Désolé de vous avoir sapé le moral mais je n’arrête pas d’être interpellé au sujet du beau dauphin qui ressemble au logo de Bout de Vie…

Un grand coup de chapeau au film « Intouchables ». Pour les plus curieux un merveilleux documentaire sur Phillipe Pozzo Di Borgo et son ami Abdel Sellou dont leur histoire vraie a inspiré ce film.

Champ de ruine…

4 décembre 2011
Nagasaki...

Nagasaki...

Champ de ruine, le combattant en kaki qui sous prétexte d’une patrie, d’une religion, d’une langue, assassine au nom de « sa » liberté.

Champ de ruine, les « escrologistes » qui se servent de notre autodestruction polluante pour leur fond de commerce.

Champ de ruine, l’exode massive des pauvres qui n’ont rien et veulent tout vers les riches qui ont tout et ne donnent rien.

Champ de ruine, les enfants qui brandissent ces armes jouets et qui comme les grands, tuent, violent, torturent.

Champ de ruine, les torrents souillés, les océans vidés, les nuages noircis par une industrie au label éco citoyen.

Champ de ruine, les grincheux qui font grève à cause d’une délocalisation massive de leur emploi en pays asiatique et qui ne se gênent pas le samedi pour remplir leurs caddies de « made in china » !

Champ de ruine, ceux qui ne voient plus l’arbre fleurir, le vieux vieillir, l’enfant grandir, le vent tourner, la pluie poindre.

Champ de ruine, l’homme vaniteux qui veut changer la planète. La vieille dame, de quelques milliards d’années,  a supporté sur son dos plein de fourmis de notre espèce sans pour autant s’inquiéter de son sort.

Champ de ruine à rebâtir avec des fondations solides, non pas pour des palaces ou des châteaux mais  pour des bivouacs de bonheur. Nous ne sommes que des nomades éphémères errant, vivant les plus beaux moments de nos vies, car très courtes. Même si la nuit et l’orage par moment m’obscurcissent la route, je pose mon sac, observe et aime.

Semaine du handicap!

18 novembre 2011
Soirée coaching partagé au côté d'un expert en la matiére Chris Mc Sorley.

Soirée coaching partagée au côté d'un expert en la matière Chris Mc Sorley.

Après la journée de la sympathie, la fête des grand-mères et bientôt Noël nous avons droit à la semaine du handicap !!! Ouais ouais !!! Les handicapés ! Vaste sujet.

Depuis presque trente ans il parait que je suis handicapé, bon d’accord, moi je pense avoir un ongle incarné par rapport à certains copains et copines qui sont beaucoup plus touchés que moi dans leur chair. Mais là où j’ai envie de réagir c’est au « hors sujet » qu’est le handicap.

A l’heure actuelle, qui veut, peut ! Enfin presque. Les exemples sont quotidiennement mis en avant mais pour beaucoup le handicap est un refuge. Dans la vie de tous les jours il est clair que la personne en fauteuil aura plus de difficulté qu’un unijambiste à se déplacer mais ce qu’il faut voir c’est que c’est à nous les différents à s’accrocher aux branches et à démontrer que nous ne sommes pas des boulets. Les lois sont votées mais pas appliquées, mais en même temps à l’heure où les entreprises pensent plus à leur bénéfice en licenciant à tout va, le boss pense à deux fois quand on lui présente une personne dite handicapée. Le message est faux, ce n’est pas un handicapé qu’il doit voir mais un collaborateur brillant qui a envie de bosser dur pour la même cause : l’entreprise.

Je fais régulièrement des conférences « coaching » en entreprise et je vois le gouffre qui sépare les mentalités entre la France et la Suisse romande. Chez nos amis helvètes on me demande d’insuffler un message d’espoir, de donner la « patate » aux invités, de rebooster les participants. Le public est attentif, il prend des notes, pose de nombreuses questions judicieuses… En France, je suis toujours très surpris d’intervenir alors que les gens dinent, (depuis peu je refuse en bloc), la seule question qui m’est posé : « Comment recevoir un personnel handicapé dans mon groupe » !!! Le public est silencieux, on me dit que j’impressionne, que c’est trop d’énergie, que cela n’est pas possible !!! Réalité affligeante ! Je vous parle de conférence pour des grandes entreprises, pas des « trucs de quartier », non des milliers de personnes travaillent dans ces sociétés…

Chez nous on en est encore à se poser la question si l’on doit créer des places bleues pour les voitures, si c’est vraiment nécessaire que les espaces publics soient aménagés ? Une piscine mixte ennuie encore… Mais je n’afflige personne car comme dans un couple quand il y a un clash, c’est souvent cinquante-cinquante. Le valide ne sait pas, l’handi se cache derrière son carcan. Je ne vais pas encore épiloguer sur la FFH mais eux aussi ont leur part de faute, au lieu de booster la jeunesse sportive porteuse de handicap vers l’effort, elle les amène vers la « ghettoïsation ». Bout de vie reçoit beaucoup de courrier de toute sorte, livres, manuscrits de films, demandes d’aides financières, sponsoring de jeunes sportifs et j’en passe et des meilleurs.

Sur les dossiers de sportif, je suis surpris de voir leur présentation. C’est une démonstration flagrante du problème  en France sur la question handicap en générale.                                                                         Une page complète, sur le pourquoi comment, ils ont été amputés. Une page complète sur la demande d’aide financière. Un palmarès qui à mes yeux n’a pas de sens, puisque nous savons qu’ils ont été une poignée à concourir et donc facile à finir 2éme. Et un succinct tableau de la préparation sportive, alors que c’est là où il faut démontrer sa détermination à devenir un athlète de haut niveau ! S’entrainer 8 heures par semaine en prétendant une place olympique, je souris. Je me mets à la place du futur mécène qui reçoit cela sur son bureau. Pas un mot qui donne l’envie de sortir le portefeuille, pas la rage de vivre qui surgit de cette paperasse, on courrouce autour de pseudo titre mais l’énergie où est elle ? La recherche d’emploi, c’est identique, il faut donner de la force à votre personnage, il faut prouver que vous êtes meilleur, il faut faire sentir que c’est vous et personne d’autre. Dans ma dernière intervention, j’affirme qu’il ne faut surtout pas embaucher des personnes handicapées !!! Choc, tsunami, le corse dérape ! Non, votre entreprise a besoin des meilleurs ouvriers, des cadres les plus dynamiques, c’est ça ce dont a besoin votre entreprise, à savoir si elle est dans un fauteuil ou qui lui manque un bout ce n’est qu’un petit détail qui n’a aucune importance.

De mes mots jaillissent, la fougue, la volonté, la rage de vivre et dites vous que si depuis 8 ans je suis toujours bien en place avec Bout de vie c’est que les investisseurs se régalent de nos rencontres, un vrai échange, un partage inversement proportionnel. Vous m’aidez et à mon tour je  vous aide.

Donc la semaine du handicap est passée et rien ne s’est passé, pourquoi en serait-il autrement ? A vous de vous retrousser les manches. Avant de prouver aux autres que vous êtes capable, prouvez le vous déjà à vous-même, puis osez le premier pas, il y aura des échecs, il y aura des affronts, ce n’est pas grave, vous vous savez de quoi vous êtes capable.

Ce n’est pas le but qui compte mais le chemin qui y mène.

A vous de laisser votre trace, même sans jambe c’est possible. Ceci n’est pas un monologue et si vous avez envie de réagir, je crois que c’est le bon endroit.

A pluche…

La rivière des insoumis…

14 novembre 2011
Photo Eric Volto

Photo Eric Volto

J’avais affronté les aventures les plus terribles, les éléments avaient fait de ma peau un parchemin, mes yeux avaient déjà rencontré la misère, les hommes m’avaient à maintes fois trahis, plus rien ne semblait m’effrayer mais pourtant j’étais à la veille d’un grand départ qui me terrorisait. Je m’étais mis en tête de descendre la rivière des insoumis…

Mon kayak « Immaqa » était fin prêt et malgré un nuage de tristesse je serrais dans mes bras une dernière fois ma princesse. La rivière minuscule serpentait une forêt dense et noire. Le silence envoutait ce lieu perdu. Je m’étais juré de ne pas pleurer pour mon départ mais des perles suintaient sur mon visage. Le vieux druide des lieux m’avait dressé une sorte de « road book », mais je l’avais pris pour un fou, il était impossible que je puisse rencontrer ce qu’il m’affirmait.

Je prenais la cadence, le ciel anthracite lâchait ses premières hallebardes et le pagayeur pagayait, quoi que de plus normal, non ! Au détour d’une courbe interminable, des rapides me barraient la route, je me calais comme pour partir à la guerre quand soudain des Elfes venaient à ma rencontre. Elles chantaient, elles dansaient, une moins timide, se posa sur ma proue : « Bonjour beau jeune homme, vient sur la berge, arrête ton voyage, tu verras ici tout est facile, plus de souffrance, fini les nuits terribles… ». Je ne pouvais croire en cette apparition puis me revenait en tête le discours du vieux druide, les fées du mal. Elles travaillaient pour un ogre insatiable, qui engloutissait tout être affaibli, il n’avait aucune règle, tout était excuse pour assouvir sa fringale démesurée. C’était le monstre de la surconsommation. La barre d’écume me barrait la route, je pris ma respiration et poussai au plus fort de mes capacités sur les pagaies pour passer les rapides malfaisantes. Les pestes ailées tentaient une dernière approche mais je les chassais d’un coup de rame. Le calme était revenu, je reprenais la veine du courant qui me portait je ne sais où. La tristesse du départ s’atténuait, mais j’avais compris que je n’étais qu’au début d’énormes surprises. Un îlot bien isolé m’accueillit pour y planter mon bivouac, pas de trace suspecte, je pouvais m’y installer. Le feu crépitait et la première étoile me tenait compagnie. Un bruit étrange me refroidissait, des pas, quelqu’un arrivait ! Derrière un massif d’épilobes, je croisais les yeux d’un monstre, la taille et la laideur du grizzli avec un regard démoniaque. Il se dressait sur ses pattes arrières et fonçait sur moi. Un éclair et je me remémorais les propos du vieux : « La peur prendra une forme animale et viendra t’affronter ». Je le fixais et chassais mes émotions, je lui riais au nez et l’invitais à prendre place au festin de saumon qui grillait. Lui tournant le dos je sentais son souffle, l’odeur de la mort. Je m’asseyais en douceur et déposais sur l’ardoise du poisson rose, je me devais de régaler mon hôte, ce n’est pas tous les jours que la peur s’invitait à mon camp. « Je sais que tu es un  monstre mais ta présence me tient compagnie, de toi je vais apprendre et je veux commencer de suite ». Le plantigrade se mit à hurler, à frapper le sol avec violence, la terre semblait se dérober à chaque coup assené. Puis comme par enchantement, il se couchait, se mit en boule pour dormir. J’avais compris qu’il ne me lâcherait jamais mais ne devais surtout jamais lui donner de l’importance.

Au petit matin je reprenais la route, la peur me suivait sur la berge, alors je sifflotais quelques airs d’harmonica. La journée se déroulait sans peine, la rivière des insoumis était belle et sauvage. Un camp de pêche se présentait sur mon bâbord et j’y faisais relâche. On me proposait de me reposer, un hameau paisible où la vie semblait douce et agréable. L’unique ruelle était fleurie et les enfants joyeux m’amenaient à ma demeure. Une étoile accrochée au dessus de la porte d’entrée donnait un côté romantique. Je ne pouvais refuser une telle aubaine, mais soudain la prédiction me revenait, j’allais croiser, l’oisiveté, celle qui tue le rêveur. Je m’accordais une seule nuit et au matin bien avant que le village ne s’éveillait je reprenais ma route. En face l’ours de la peur, m’attendais, je me moquais de lui : « Alors t’as dormi dans la boue ? T’as bien raison de me suivre, au moins je me sens moins seul ! »

Les jours se succédaient avec ses rencontres improbables, le corbeau me saoulait avec ses compliments, je savais que son seul objectif était de me dépouiller de mes guenilles alors je le prenais en dérision. Le castor voulait que je stoppe tout pour construire le plus beau barrage de la région. Plusieurs pièces spacieuses remplies de feuilles de bouleaux pour les longs hivers, un travail de longue haleine qui allait me demander de rester là des années à construire, construire. Tout cela pour avoir toujours le même couché de soleil… Non j’étais un nomade et poursuivais ma route. Le loup m’interpellait : « Suis moi et nous ferons une belle équipe. Ensemble nous serons forts, la biche et l’élan seront à nos repas chaque fois que la faim nous le demandera.» Tuer le faible pour nourrir le fort, non merci ! Immaqa semblait tout entendre et nous foncions vers notre destin…

Un jour de brume là bas au loin je vis enfin l’horizon, l’océan à perte de vue, la fatigue et les rencontres du voyage m’avaient donné encore plus l’envie d’une vie d’errance. La peur m’avait tenue compagnie et les démons m’avaient testé mais la détermination m’avait amené sur cette mer si pure et puissante au doux nom de liberté.

Que choisir ?…

9 novembre 2011
Que choisir : Avancer ou contourner...

Que choisir : Avancer ou contourner...

On ne peut tout avoir dans une vie, alors il faut choisir.

Choisir entre les pas déjà faits ou ceux à parcourir.

Entre le couché du soleil ou son levé.

Entre amour ou fraternité.

Entre mer ou océan.

Entre départ ou retour.

Entre vous et moi.

Entre Dieu ou Nature.

Choisir entre son frère ou sa sœur.

Entre donner ou offrir.

Entre lâché prise ou combat.

Entre arc en ciel ou soleil.

Entre remplacer ou oublier.

Entre nomade ou sédentaire.

Entre fleur ou grizzli.

Choisir entre la blessure qui nous fait douter ou la guérison qui nous fait avancer.

Entre briller ou éclairer.

Entre le Sud ou le Nord.

Entre l’automne et le printemps.

Entre apprendre ou enseigner.

Entre condamner ou pardonner.

Entre question ou réponse.

Mes idées s’embrument, assis dans le train de ma vie, le décor défile. Je ne sais pourquoi mais à certaine gare la locomotive daigne s’arrêter à d’autre l’arrêt ne semble n’en plus finir. Quand les questions reviennent, je doute, pourtant j’avance. Ni le regret, ni la victoire, ne seront mes compagnons de route, faux amis perfides, je cherche la vérité  dans mon miroir intime.

Que choisir, vivre les yeux fermés ou mourir les yeux ouverts ?

Votons pour la fondation Sport for life…

30 octobre 2011

207fr

Bonjour à tous, un petit clic pour un élan de solidarité.

Alex Ahr mon petit frère avocat Suisse du sport à son tour s’est lancé dans la vie associative avec la Fondation Sport for life. Voici un bref explicatif :

Le sport est l’une des plus belles écoles de la vie !

La passion, le respect, l’intégrité, l’esprit d’équipe, l’effort, la persévérance, la générosité et l’humilité conduisent nos vies et définissent notre vision du sport. Ces valeurs contribuent à l’éducation des jeunes et leur serviront tout au long de leur carrière sportive, et même plus largement dans leur vie d’hommes et de femmes.

C’est dans le but de promouvoir le sport et de partager ses valeurs que la Fondation Sport for Life a été créée par Hugues Quennec. Président du club du Genève Servette Hockey Club, il avait eu le coup de génie de m’engager comme coach mental de son club en 2009.

Séduite par les valeurs véhiculées par la Fondation, Amélie Mauresmo, qui m’a permis de renconter Alex, a accepté de s’engager en qualité d’Ambassadrice de Sport for Life. Pour elle, « les valeurs que Sport for Life véhicule, comme la passion, le respect, l’intégrité, l’esprit d’équipe, le goût de l’effort, la persévérance, la générosité, l’hygiène de vie, ou encore l’humilité sont celles que je partage. Elles m’ont guidée tout au long de ma carrière et même bien au-delà ! »

Un concours national  a été lancé et la cause qui recevra le plus de votes sera récompensée d’une bourse pour continuer leur projet. Amélie, Hugues et Alex m’ont épaulé dans notre aventure Bout de Vie ; à notre tour de les aider. Bout de vie est dans votre cœur alors           cliquez ici et votez simplement Fondation Sport for Life.

Je compte sur vous, votez et faites passer le message !

12 éme titre de champion du monde de triathlon pour Dominique Benassi.

18 septembre 2011
Légende du triathlon Dominique Benassi...

Légende du triathlon Dominique Benassi...

Pour la douzième fois Dominique Benassi vient d’être sacré champion du monde de triathlon « half Iron man »…

Petit rappel de la discipline : 1,9km de natation, suivi de 90km de vélo pour conclure avec un semi marathon de 21km qu’il effectue en fauteuil puisqu’il est amputé fémoral et ne porte pas de prothèse. Effort de l’épreuve 5h53…

Si vous décortiquez la course de Las Vegas vous ne trouverez aucun gars dans sa catégorie et pour cause : Pour être invité à ce championnat du monde il faut se qualifier sur des temps de valides. Le seul au monde à y arriver c’est Dumé. Un phénomène au mental d’acier. Les américains adorent ce type de personnage rare mais chez nous il n’en est pas de même.

Je ne vais surtout pas rentrer dans la polémique et je trouve intéressant que de temps à autres que de telles personnes  dans leur coin brisent les règles du jeu montées par des intellectuels pointilleux.

Oscar Pistorius en athlétisme déchaine les passions. Natali Dutoit première femme amputée au monde a avoir participé aux jeux olympiques des valides en natation catégorie milieu naturel longue distance. Une discipline qui n’attire pas grand monde et du coup la participation  de la Sud-Africaine n’a attiré aucun regard… Dans le milieu de l’aventure je dérange par moment, mais doucement je m’impose, non pas comme un fauteur de trouble mais comme un vrai passionné.

Dumé prépare pour 2012 une épreuve hors norme que seule une poignée d’hommes et de femmes au monde peuvent réaliser: le triple Iron Man. L’épreuve consiste à effectuer successivement 11,4 km de natation, 540 km de cyclisme puis 126,62 km de course à pied, c’est-à-dire des distances triples de celles de l’Iron Man. Bien-sur, le tout non stop !!! Si je vous dis qu’il sera le seul unijambiste vous me croirez j’espère ! Une fois de plus les limites sont découvertes, décortiquées, analysées et repoussées.

Chapeau l’artiste.

Message de Dumé:

Les pensées et croyances que vous entretenez sont souvent la cause de beaucoup de vos perceptions ! Si elles sont défaitistes, vous vous autosabotez tout seul, Si vous croyez en vous, en vos compétences, vos capacités, eh bien allez encore plus loin ! Ne croyez pas en la défaite. Le succès est avant tout un « exercice » mental, une attitude !

C’est de l’intérieur de soi que vient la défaite. Dans le monde extérieur il n’y a pas de défaite. La nature, le ciel, la nuit, la pluie, les vents ne sont qu’un long triomphe aveugle.

Merci à vous tous