La cabane de Kachemak bay

4 août 2010

Hi…

Juste de passage dans une ville pour quelques courses et un décrassage je me presse à vous retrouver.

Baptême de grizzli pour Véro et pas au téléobjectif juste à 5 mts et par deux fois en quelques minutes. Avant de partir pour le sud j’avais repéré une balade au dessus de Eagle river réputée pour ses habitants à poils!

8 heures du brouillard et une pluie fine, on commence à en avoir l’habitude c’est le pays qui veut ça. Le sac à dos sans nourriture pour éviter toute odeur et nous voilà parti, à peine 10′ de marche et pendant que je regarde ma carte j’entends quelqu’un qui vient vers nous, étrange de si bonne heure: y a déjà du monde? Véro esclaffe un mini soupir, un gri gri, un grizzli, il s’approche doucement et vient nous humer… A ma grande surprise elle restera calme, eh ben ça commence pas mal la journée.

Encore 10 autres minutes et ça bouge dans les fourrés! Véro se colle à moi et qu’est ce que j’aperçois? Une grosse truffe qui fouille pour son casse croute, 5mts maxi!!! Je sens un peu plus de tension de la part de ma dulcinée mais je la rassure, il y a tellement de saumons et de baies à cette saison que nous sommes vraiment en fin de liste de leur menu du jour!!!

6 heures de voiture et nous nous retrouvons dans un village au nom de Homer, route en cul de sac qui finit sur le Pacifique avec un port de commerce et de pêche aux flétans et aux crabes, en face à 16 km la rive est de la baie de Kachemak, l’oncle à Brian, Rick avec sa femme Dorla y résident à l’année et y possèdent une cabane en organisant des randonnées en kayak de mer. Nous sommes leurs hôtes pour 4 jours.

C’est une cabane comme il y en a beaucoup ici, un lit, un coin « tambouille » sans robinet et une vue sur l’océan et les loutres dignes du fameux reportage de Cousteau…

Bien sur pas d’eau courante car l’hiver tout gèlerait et du coup les toilettes sont assez rustique, un petit abri en bois à quelques pas de notre refuge avec un grand trou et pour prendre une douche au plus courageux une autre cabane en bois ou en allumant un poil à bois on peu obtenir un super sauna. Nous avons prévu un minimum de nourriture pour notre séjour mais je compte aller taquiner la morue.

Le cadre est des plus envoutant, la région est l’une qui reçoit le plus de pluie au monde et la végétation est luxuriante, température moyenne maintenant de 12° et une vie marine très très riche.

Loutres, phoques, orques et saumons en abondance.

Je remonte Immaqa et pars en éclaireur à peine deux heures. Je reviendrais avec une belle morue pour le diner. Les algues sont toutes comestibles ainsi que beaucoup de plantes dans la forêt. Rick va nous initier…

4 jours de vie au ralenti avec des sorties kayaks et pêche juste en toute intimité, Rick lui guide des kayakistes à la journée donc à nous la liberté…

Mais plus que du bla bla des photos…

Demain on remet la même chose mais dans une cabane très isolée au bord d’un lac avec comme seul accès une barque à rame…

PS: Jo Zef voudrait bien ramener quelques loutres en Corse! Mais est ce possible? Elles n’ont pas de passeports!!!

A pluche

Notre chateau pendant quelques jours...

Notre château pendant quelques jours...


Vue depuis notre cabane, rêve ou réalité?

Vue depuis notre cabane, rêve ou réalité?


Je retiens mon souffle, histoire de ne pas être le parasite de plus!

Je retiens mon souffle, histoire de ne pas être le parasite de plus!


Ma Véro qui rempli la cambuse de saumons rouges...

Ma Véro qui remplit la cambuse de saumons rouges...


On se sent observé... histoire de loutre!

On se sent observé... histoire de loutre!


une île, un kayak, un homme et une femme...

une île, un kayak, un homme et une femme...

l'îlot de la serrure et 10  métres de marée.

l'îlot de la serrure et 10 mètres de marée.


Une nouvelle amie pour la mascotte.

Une nouvelle amie pour la mascotte.

Rick notre guide...

Rick notre guide...

Enfin avec ma squaw, Lukwiq toyaxsn…

29 juillet 2010

13h de vol 10h de décalage horaire et 20° en moins!

Mais je retrouve ma « squaw ».

Les yeux rougit d’un tel voyage on se retrouve enfin, elle me voit amaigri et vieilli avec une longue barbe poivre et sel, premier bouleau je la rase enfin; 10 ans en moins…

Brian et son épouse Chris l’attendent alors rendez vous dans ma famille d’adoption Alaskane.

Mon premier courrier m’est donné et oui pour ma vieille voiture je suis domicilié chez eux, je garderais l’enveloppe avec cette adresse atypique.

Brian me parle d’un lointain oncle qui vit avec son épouse dans le sud de la péninsule de Kénai vers le hameau très isolé de Soldevia, endroit coupé du monde puisque les seuls accès sont par la mer par beau temps ou l’hydravion. Au milieu d’une multitudes de fjord ils ont leur maison et vivent en autonomie sans eau courante et électricité depuis peu ils ont construit deux cabanes pour recevoir quelques privilégiés, bientôt nous allons y poser nos sacs… Véro trépigne déjà d’y être et moi donc!

Au fait, me demande elle! Il y aura des grizzlys là bas?

Avec Jo Zef ont croise les pattes et le moignon et en cœur on balance le mensonge :

« Oh nooooooonnnnnnn!!! »

Mais aujourd’hui je voulais avant tout que ma Vrai découvre les peuples natifs d’Alaska, rien de plus simple à la sortie nord d’Anchorage se trouve le « Alaska native heritage center ».

Bien sur ici c’est pour les touristes en partie mais à notre grande surprise beaucoup d’ancien natifs viennent y découvrir leur propre culture qui à petit feu est en train de s’éteindre…

Des natifs des 5 nations sont invités a passer quelques jours ici pour transmettre leur savoir, d’autres nations peuvent se découvrir en terrain neutre et échanger.

Des danses magnifiques nous accueillent et le tambour seul instrument universel ne serait ce par sa simplicité et symbolique, nous transportent.

Le cercle pour beaucoup de peuple est le symbole de l’infini cette figure n’a ni de début ni de fin…

Puis autour d’un lac les 5 nations sont représentés: Athasbascan, Yup’ik; Tlingit, Unangax, Inupiaq.

Un homme de l’île de Kodiak est là pour expliquer la construction des traditionnels « qayaq » (kayak) et nous parle de sa nation Unangax avec beaucoup d’amour. Depuis 2004 il a décidé de se lancer sur ces racines, bien sur la pêche industrielle est beaucoup plus lucrative mais à la naissance de son fils il a décidé de lâcher la vie moderne pour un retour au tradition, à sa grande surprise il voit que son idée marche et quelques uns sur son île ont repris le flambeau. Il crée de A à Z les kayaks et ses espèces de casquettes qui sont multifonctions, bien sur protection contre la réverbération sur l’océan, porte voix entre chasseur de phoque, sonotone pour détecter la proie et même de pagaie de secours en cas de pépin.

Véro est prête à aller chercher son beefsteak de bébé phoque!!!

Une femme Inupiaq, sur les bord de l’océan Arctique, raconte aussi avec beaucoup d’émotion l’histoire des clans: pécheurs, chasseurs et cueilleurs, elle enchaine sur la signification de tout ses tatouages aussi bien sur son corps que son visage et de la philosophie matriarcale de sa nation.

Enfin au village Tlinglit de la côte sud ouest d’Alaska nous admirons un sculpteur.

David est solide dans sa culture, il l’a parle, la chante et l’a transmis à ses enfants . Alors qu’il vient à discuter avec nous il me vient une idée!!!

Pendant ma « paddling Yukonnerie » j’ai laissé partir dans le courant du grand fleuve ma cuillère en plastique!

Aie plus de cuillère plus de repas.

Les rives regorgent de bois mort et avec un morceau de peuplier bien sec je me taille un vrai couvert avec un vraie histoire non pas « made in n’importe où »

Un bois flotté qui avant d’échouer ici a poussé malgré le froid et les tempêtes, qui a donné des feuilles,des bourgeons et qui un jour a fini sa vie dans la rivière. Un kayakeur en croisade le remarque et le transforme en un objet qui donne de l’énergie, qui sert de relais entre l’homme et la terre…

Mais cette cuillère manque de relief, de cuvette pour recevoir convenablement la soupe chaude qui réchauffe le corps fatigué, mais je n’ai ni l’outil ni surtout la classe pour le faire alors je m’en suis contenté.

Du coup je demande à cet homme si il veut bien me finir ce boulot. Il accepte et me demande d’où vient ce bois, pourquoi ne pas en avoir acheté une autre etc etc. Je lui compte mon odyssée et une connexion se créé. Je le regarde donner un autre aspect à cet objet qui se rempli d’une belle histoire. Je me demande si je peux figer le moment par une photo, timidement je lui demande, il accepte. Ma cuillère prend une autre symbolique en relation absolu avec ce que je viens de vivre. Il me rend mon ustensile et nous nous serrons franchement la main. Je suis comme un gosse, heureux d’avoir mon morceau de bois sculpté. Nous continuons à errer dans cette vibration ancestrale mais il est l’heure de repartir; à la sortie un magasin de souvenir nous barre la route, les touristes sont à la recherche de l’objet qui va bientôt n’être qu’un souvenir lointain d’une région du monde ou ils diront:  « j’ai fait l’Alaska! »

Je démarre notre vieille « titine » quand je vois mon sculpteur me demandant d’attendre. Je coupe le moteur, il me dit «  Tu es un voyageur pas comme les autres, et je veux te chanter ça, mais juste pour toi et moi, pas de caméra, pas d’enregistrement juste entre nous. Un chant qui dit en Tlingit:

« Tu es un grand voyageur et ta route à du être difficile mais tu es allé jusqu’où tu le désirais,tu es un grand voyageur et la lumière t’a guidé.. »

il m’offre un dessin de sa main qui est un soleil et me dit: « tu as de la lumière qui jaillit continue ta route bonne chance… »

Véro est là, elle n’a rien loupé, je ne sais quoi dire, encore une fois je vois que le partage et l’amour sont venu au détour de ma route.

Je lui offre un œil de st Lucie, un porte bonheur Corse qui a descendu la grande rivière avec moi, il m’inscrit sur mon calepin quelques mots.

Lukwiq toyaxsn (merci beaucoup) et on répond Ayeltgnu (sois chanceux)

Quelle bonheur d’avoir pu partager cela avec ma Vrai.

Un souvenir ne s’achète pas il se vit…

Danse, priére, chamanisme??? Vie tout simplement...

Danse, priére, chamanisme??? Vie tout simplement...

Main sur le coeur elle nous conte son bout de vie...

Main sur le coeur elle nous conte son bout de vie...

Ma cuillére en bois se transforme, un peu comme moi sans doute...

Ma cuillére en bois se transforme, un peu comme moi sans doute...

Une squaw Athabascane rencontre un nomade du grand nord, leur totem: l'amour...

Une squaw Athabascane rencontre un nomade du grand nord, leur totem: l'amour...

Coiffe de l'île de Kodiak, l'endroit ou vit le plus grand ours brun du monde!

Coiffe de l'île de Kodiak, l'endroit ou vit le plus grand ours brun du monde!

Au revoir solitude…

27 juillet 2010

D’une chambre d’hôtel d’Anchorage je reprends la vie urbaine, demain ma belle arrive…

Fini la solitude et les moments lourds de ne pouvoir partager, fini la souffrance d’être seul face à soi même, fini ces moments de grands silences qui peuvent vous faire chavirer vers le vide absolu.

J’aurai appris une fois de plus, j’ai décortiqué un sacré Cabochard et je suis heureux du chemin que j’ai pris, je l’ai pris seul à bras le corps, bien sur le doute et la peur ont voulu se glisser dans mon histoire mais j’ai positivement refusé.

La vieille dame du fleuve m’a soufflé des secrets que seul le silence et l’immensité peuvent vous dévoilé, j’ai pleuré très souvent.

De tristesse? Je ne crois pas.

De peur? Peut être mais ce n’est même pas sur.

De manque de confort? Oh non! La preuve j’ai continué.

Non je crois que la grandeur de ce que j’ai vécu m’a remis les pendules à l’heure, m’a nettoyé de tout le superflu, ma raison d’être était d’avancer au mieux, de trouver un bon campement avec assez de bois pour allumer un feu protecteur et essayé de dormir de toute mon âme pour recommencer le lendemain, d’espérer que les orages ne soient pas trop violent, que les ours soient indulgent avec le pauvre pagayeur en croisade et que les natifs ne se défoulent pas sur un étranger bien seul.

Je n’ai aucune prétention de donner la moindre leçon à qui que se soi, ce soir après une sacré douche chaude, j’ai vu dans le miroir un grand gamin bien maigre mais avec un visage serein et fier de se voir comme ça, je ne me prend pour personne d’autre, je ne suis que moi et c’est déjà pas mal, on dirai que cela fait un siècle que je suis parti, pourtant rien n’a changé c’est juste moi qui me suis encore plus dépouillé. Dans ma vie j’ai suivi le pas de quelques grands bonhommes qui m’ont mis cette étincelle pour avancer comme je le sentais.

Bernard Moitessier, Henri de Monfreid, Jacques Brel, je bois encore leur paroles, ils n’ont voulu rien changer du monde mais on voulu suivre leur monde. Tellement rare à notre époque.

J’ai écris un bouquin moi aussi tout en restant un petit , je ne sais pas si ça aidé quelqu’un à trouver sa propre voix mais ne serait ce qu’une personne et bien mon bref passage sur terre n’aura pas été vain. Je pense souvent à l’association que j’ai fondé avec les copains, une belle poignée de stagiaires ont largué les amarres pour vivre différemment malgré leurs bouts en moins.

Je choque par moment car mes mots doivent être acide pour celui qui ne sait pas les lires,mais je vous assure que je n’écris pas pour faire mal bien au contraire, tout à l’heure en triant mes affaires j’écoutais le Grand Jacques chanter les Marquises, le silence du Yukon m’a encore fait découvrir des mots de maux que je connaissais pas de lui et je me suis encore surpris en avoir la chaire de poule.

Ce blog est un peu mon confident et vous avez la possibilité de pénétrer mon petit monde secret, je me souviens exactement d’où je viens mais mon trajet je ne le dois qu’a ma ténacité et mon désir de vivre mes rêves et jusqu’à présent j’y suis arrivé. Combien de fois on m’ a traité de fou, de triste rêveur pourtant j’ai réussi certes avec beaucoup de chance et de volonté à réaliser mes rêves les plus fous, ni l’argent, ni le pouvoir et encore moins la violence ont en été les moteurs clés mais bel et bien l’amour. Pas le possessif abusif qui met en cage, non celui qui fait grandir, celui qui fait devenir le bossu beau, le repugnant gentil, le vantard rigolo, le borgne charmant, l’unijambiste surhomme…

L’amour un mot qui m’a fait comprendre encore une fois que seul lui était la force maitresse de notre vie.

Vous voyez je ne cesserais d’écrire et des ma rentré en Corse je reprendrais ma plume pour disséquer mes bouts de vie. Un jour quelqu’un ma demandé combien mon livre m’avait rapporté, j’ai failli m’évanouir d’incompréhension, un livre sur mon bout de vie pour de l’argent!!!

Si une personne et une seule seulement qui l’a lu à réussi à y trouver force, lumière et amour cela vaut tout les comptes en banques du monde.

Je ne vous promet rien car écrire un livre c’est du temps et un peu de chance pour trouver un éditeur mais ça aussi ce n’est qu’un détail, je prendrais ma plume et continuerais un deuxième tome, Jo Zef me souffle déjà un titre sympa: L’aventure à cloche pied…

Tout à l’heure ma Vrai va arriver, grâce à elle j’ai su bifurqué dans cette voix de tendresse et de partage, je ne suis pas devenu un moine loin de là, encore il y a quelques jours j’ai démontré que je n’étais qu’un sale gosse qui ne fallait pas chercher mais Véro m’a fait surgir ce Robin des bois qui prends aux plus nantis pour donner aux plus démunis, j’ai toujours rêvé de Zorro qui protégeait les faibles, du bandit Fra Diavolo qui après avoir effectué son larcin signé son acte en pendant un gros piment sur les lieux du crime et partait distribuer son butin aux pauvres du village…

La vie est trop brève pour ce prendre la tête, si j’ai réussi à pagayer ces quelques 2500km s’est que j’ai du compter que sur mon endurance et persévérance, pas une seule fois je n’ai pu éviter la furie de la grande rivière, j’ai du me poser, réfléchir et subir sans violence sa loi. Désormais je vais tenter d’appliquer la même conduite de vie pour mon avenir, si un obstacle se présente, je n’aurai pas d’autre choix que de le contourner, plus de contact, plus de tentative de destruction, comme l’eau de la rivière quand elle voit un obstacle elle ne le détruit pas mais le contourne, alors en avant et vive l’amour de la vie car chaque seconde sur terre n’est qu’un présent…

Un grand merci à France Barbe qui pendant mon long pèlerinage à mis en ligne mes mots de maux et créé la page du Yukon. Son heure d’aller en vacances est venu et je reprendrais les rennes de mon blog mais pas forcement au quotidien car nous allons reprendre la route de l’Alaska vers Whitehorse Canada par des chemins pas forcement connecté à internet mais régulièrement je vous écrirais quelques bout de vie à deux, ouais Jo à trois! Mais attend et Immaqa et Kuma qu’est ce que t’en fait?

A pluche

Quelques photos de compagnons de route:

Ici rien ne se gaspille...

Ici rien ne se gaspille...

Monsieur et madame pygargue et p'tit nid

Monsieur et madame pygargue et p'tit nid

Le cri du huard le soir! A vous donner le frisson!

Le cri du huard le soir! A vous donner le frisson!

Une fleur d'eau...

Une fleur d'eau...

Et un sommet, un…

26 juillet 2010

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Il pleut ! Bon celle-là vous commencez à la connaître, mais en plus, c’est tempête et ça c’est nouveau !!!
C’est clair que les seuls sous tente en Alaska aujourd’hui, ça doit être nous. 8° à l’intérieur ce matin, c’est pas encore la journée où on va prendre un coup de soleil…
J’avais prévu une journée kayak avec barbecue pour couper et ben c’est râpé !!!
Pas de problème que des solutions. On va aller découvrir la région façon touristes en voiture, avec le chauffage et la radio. On arrive pas à choper une radio Corse ici. Si ça continue, on va commencer à croire qu’ils sont racistes avec nous ?!

Sur la carte, une route en terre qui mène nulle part, ce sont mes préférées !
Elle longe le grand lac de Kenaï, mais en bout de piste, soit une bonne quinzaine de kilomètres, je vois comme un accès à un autre lac avec un panneau (seulement pour locaux !!) Ouais, Jo Zef, nous on est domiciliés à Anchorage et puis avec l’accent qu’on a, on fait local ??? Mais blague à part, ma vieille voiture couverte de boue, son chauffeur couvert de boue et mal rasé et fâché avec la savonnette, ça fait très locaux !
Non local ! La mascotte lâche le clavier, on dit un bocal, des bocaux !!
Mais non, c’est pas pour y mettre les saumons !!!
Parfois, elle me fatigue la mascotte (SOUPIR). Et hop !! un deuxième grand lac, paumé de chez paumé, un sentiment d’être sur une autre planète. Bizarrement pas un brin de vent et une accalmie pour la pluie. Ça doit être sympa sous le soleil pour y planter son camp, pas de traces suspectes, enfin je crois….

A midi, je suis de retour à « la casa ». Le vent ici n’a pas molli, mais la pluie a cessé. Repas et concours de sieste. The winner is…
Il semblerait qu’ une micro barre claire surgit à l’horizon. Et si on allait voir là-haut si c’est beau. Allez la mascotte, y faut un peu bouger son gras !
Sac à dos, GPS en cas de retour du brouillard, le tel sat et de quoi prendre des photos.

Le départ du sentier se fait dans une  forêt obscure, du coup j’ai les yeux qui ne cessent de scruter le sol à la recherche de traces qui pourraient m’indiquer le passage d’un mec pieds nus qui n’aurait pas coupé ses ongles depuis sa naissance et qui chausse du 58 fillette, vous voyez de quoi je parle ? Tiens la pluie revient. On s’en fout, on est des aventuriers, des vrais.

Enfin on quitte la forêt, avec la mascotte, on ne cesse de siffler, non pas les filles, mais juste pour se faire entendre car les randonneurs pieds nus y z’aiment pas être surpris. Mais c’est que ça grimpe dans ce bled. De la glaise, super et je suis en chaussures de sport et sans bâton !!!
Ah des herbes bien hautes, qu’on ne nous voit plus. J’augmente les coups de sifflet, on sait jamais, on peut tomber sur un susceptible en train de comptabiliser en douce le nombre de touristes qu’il a déjà dépecé depuis le début de l’été, enfin de ce truc infâme qu’ici ils appellent « été ».

Donc ça grimpe et le vent nous rappelle qu’il n’est pas mort. La vue sur le lac qui est blanc de moutons est impressionnante. Là encore, sensation de bout du monde et qui me rappelle que si on se pète une cheville et ben on est mal !!! Ça y est le sommet. A la louche 100 à 120 km/h de vent, ça fait un bail que j’ai planqué la casquette et tant pis si je frise. Une vue de folie, mais je ne vais pas m’éterniser. Je ne suis pas tranquille.
Allez savoir pourquoi !

La descente est digne des plus belles figures du patinage artistique. Aucune chute à déplorer mais des salto triples boucles inversées, avec rattrapage flipper dauphin arrière que l’on pourrait nous filer la olympic gold medal…

Enfin la voiture…

Trempés comme des castors du Yukon, mais fiers d’avoir su dominer nos peurs, ouais la mascotte, on a pas eu peur, hein ?
Je tremble !
Mais ça doit être à cause du froid ! Quoi ? Au lieu des 5h indiquées sur le panneau, on a mis 2h10 !!! Non, je ne courais pas en descente, je marchais à vive allure et puis, je suis handicapé lourdement, un raccourci y peut pas avoir fait ça hein ???
Au fait la mascotte, je crois que tu t’es gourée de fruits. Les groseilles c’est rond et sucré. Les trucs rouges et ovales ce sont des saponniers, ces baies étaient utilisées par les natives pour laver leurs habits et puis, entre nous, chaque fois que tu essayais de siffler, y sortait des bulles !!!
A pluche.

Entre deux gouttes de pluie et deux gouttes de larme

25 juillet 2010

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Depuis mon altercation, les patrouilles se succèdent à mon campement avec des grands « Hi » faux cul à n’en plus finir. Des fois que je me transforme en killer notoire, c’est décidé je lève le camp !
Pas loin, juste un autre lac, mais encore plus difficile d’accès. Je trouve le bivouac idéal, inaccessible en voiture, soit à pied ou en kayak. Les gros durs urbains doivent être amputés des deux jambes et surtout du cerveau car ces endroits là, c’est pas possible pour eux. Mais pourquoi n’y suis-je pas allé plus tôt ?
Bref, je monte tout le « chalet » et me bricole même un abri bâche pour cuisiner car la pluie est proche. Et me voilà de nouveau au milieu de la nature et loin des humains qui me déçoivent de plus en plus. Cette aventure au Yukon m’a rendu encore plus lucide sur ma race. Nous sommes devenus pire que des animaux sans aucune règle et surtout géré que par son petit nombril.

L’été, on veut être au frais et l’hiver au chaud. Dans l’appartement surchauffé, un congélateur conserve, dans une maison climatisée, un four réchauffe ??? Mais non, je n’ai pas pété un plomb, mais je constate, je vois, je m’ouvre et vois le mur qui est en travers de la route. La voiture de la surconsomation est lancée bien à fond et il n’y a plus de frein, là-bas, le mur et bientôt l’impact. Tout le monde se planque derrière son mur et ne veut pas voir devant ses yeux, quand ça va péter et ben ça va être un beau feu d’artifices…

Je vis depuis le  20 mai sous tente et je ne m’en plains pas. Il fait soleil, ça chauffe mon couchage, il pleut, je suis bien
sous mon duvet. Se laver à l’eau chaude, un luxe plus utile, mon corps s’y est habitué. Avoir des fringues propres à l’occasion et puis pour quoi faire !!! Et oui, on s’adapte, mais vous, mes amis qui m’êtes fidèles lecteurs, que pensez-vous, que faites-vous pour éviter ce grand mur. Je sais que si demain tout devrait s’arrêter, j’aurais plus de chance que n’importe qui de vivre de peu, voire de rien. Mais je ne le souhaite pas, mais je m’y suis préparé et vous, vous l’êtes ? Sans maison, sans chauffage, sans frigo, au milieu des arbres et des nuages.

La bataille de l’autre nuit et sa suite m’ont remis le pied sur terre. Je me suis vu animal, devenant un élastique que personne ne peut saisir. Je voulais la paix. J’ai donné des coups. J’avais juré à la vieille dame de la riviére jamais plus ça. Je m’étais juré de devenir une sorte de moine paisible et la société gangrénée est venue me corrompre, me rappeler à l’ordre et j’ai été aspiré et j’ai fait mal. Les coups que j’ai donné m’ont fait presque plus mal qu’aux abrutis qui les ont pris et je me sens de nouveau sale, laid et une seule envie, fuire ces tarés. La vie sur le Yukon m’a rendu d’une rapidité de réaction assez hallucinante et je me suis mis à la place de cette maman grizzly qui voit arriver un pauvre fada de kayakeur. Elle ne veut pas le combat, surtout pas, mais elle ne veut pas qu’on touche à son territoire où vivent ses petits. Alors elle se dresse sur ses pattes postérieures, deploie ses griffes et commence à baver de stress, à bailler en signe d’attaque imminente et après ce sont les griffes qui déchirent la chair, les crocs qui brisent les os et une fois la correction finie, elle repart vers ses petits pour les lécher en signe d’amour, ne se souciant plus du tout du pauvre parasite qui est passé sur son chemin…

Sur le bord du grand fleuve, j’ai écrit ces quelques mots de maux…

Il découvre sa solitude mais il n’est pas seul, son bout de vie en moins, c’est déjà loin.
La nature l’envahit, le Yukon lui tend ses bras et prend soin de ce nomade du grand nord.
La pluie martèle la rivière mais il fait soleil dans son cœur, les oiseaux en prennent soin.
Les ours le laissent en paix car sa croisade n’a pas peur de la mort.
Quand retournera-t-il chez lui ?
Personne ne le sait et ne doit y songer.
Avancer, tel est le refrain de la chanson qui doit sans cesse reprendre.
Un chaman lui a prédit bon voyage et sur sa route rencontrera sa vérité.
Ni toi, ni eux ne savent qu’est-ce que ses yeux tentent de surprendre.
Et chez lui retournera l’âme légère et l’esprit apaisé d’avoir enfin accepté.
Comme dans un rêve, il pensera à la terre si lointaine habitée par ses frères.
La joie et la tristesse ne font qu’une, le futur, le présent et le passé se disputent le duvet.
Il avance, sans autre but que d’être vivant, ni douleur et doute ne seront partenaires.
La sylve boréale s’incline sur son passage car ce n’est ni une aventure ou un défi
Mais bel et bien un long voyage de l’intérieur pour une place vers l’éternité.
Beaucoup de choses lui manquent mais il a l’essentiel : la vie.
Dormir d’un sommeil profond sans veiller au danger quotidien du vagabond boréal.
Ses rêves le rassurent mais ici depuis le début, ce n’est que survie, lui seul est son rival.

Écrit le 4 juillet 2010 sur les bords du fleuve, entre deux gouttes de pluie et deux gouttes de larme.

Engineer lake…

23 juillet 2010

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36 heures qu’il ne pleut plus. Elle est pas belle la vie ?? Mais voilà, je suis de retour chez les hommes, les vrais !
J’avais trouvé un coin planqué pour y mettre ma tente et hier soir, un vrai aventurier est venu se mettre à une centaine de mètres !!! Ok ! en Europe, on ne le verrait même pas, mais ici, en Alaska, c’est inadmissible. Alors mon gros touriste avec un camping car style château de la Loire est venu se coller près du frenchie pour peut-être avoir une protection en cas d’attaque de kikis à poil.

Il y a tellement de calme ici que le moindre bruit s’entend de très loin et hier soir, je parlais tout seul dans ma tente. Ce matin, je pars à la recherche d’une autre planque. De toute façon, le baro fait une chute libre et le lac Skilak a très mauvaise réputation en cas de fort coup de vent. Ma carte de la région me dévoile une route en terre pas autorisée au camping car donc c’est là que je vais fouiller. Le chemin est étroit et effectivement les gros culs ne peuvent pas y faire demi tour. Un tout petit lac avec l’interdiction d’y naviguer avec un engin motorisé, donc deux races de clients à claques en moins. Je trouve un emplacement avec table en bois et foyer pour y faire un feu. C’est décidé la mascotte, on change de « crêperie » !

Je ne démonte même pas Immaqa, j’arrive à le faire rentrer dans la voiture d’une pièce, en deux temps, trois mouvements. Je mets tout en vrac dans la voiture et nous voilà repartis. Elle est pas belle la vie ?? Ça nous plaît plus, on s’arrache !! Je monte vite fait le camp avant que ça se déchaîne, mais les orages claquent de partout sauf sur nous, pour une fois.

A midi, on est en place et après le concours de sieste obligatoire, l’envie d’aller découvrir les 3km² du lac Engineer me démange la pagaie, des trucs à plumes en pagaille !!! Je ne veux absolument pas les déranger et du coup prend mon temps pour y avancer, certain m’autorise quelques clichés. En face, je découvre une cabane. Allons à sa découverte. Elle est ouverte et du monde y réside, je repars sans voir personne. A mon retour au camp, une voiture arrive. Je me ferme, comme une coquille d’huître et renforce le noir de mes yeux en baissant la casquette d’un cran. Je les ignore !
Si on était sympa, cela ce saurait, non !

Le  couple s’approche et me demande d’où je suis ? Pas de concession : Corsica island (au moins, je suis tranquille y connaissent pas et me lâcheront la prothèse).

Super !!! on y a été souvent !!! Bonifacio, Sarténe, Porto-Vecchio !!!

Allez la mascotte, ouvre la boutique, on les sert ces braves gens !!! Des Ukrainiens qui ont immigré aux US et qui squattent la cabane en face. Ils sont chargés comme des mules et pour rejoindre leur résidence, il faut suivre un sentier très peu marqué et long. En bon samaritain, je leur propose de tout amener en kayak, puisqu’il est vide. Ils acceptent mais à une condition : je suis leur invité pour le dîner…
Je traverse le lac sur sa largeur et arrive bien avant eux sur zone. L’endroit est magique, calme et apaisant. Au menu : des cèpes !!! Ici, personne ne les ramasse et du coup, c’est des millions de champignons qui pourrissent sous la pluie.
Ils me racontent leur bout de vie et moi le mien. L’été, ils préfèrent vivre en cabane, sans eau et électricité pour couper de leur vie stressante sur New York.

Je reprends Immaqa pour retraverser le lac qui semble endormi. La fine pluie lui donne un air de conte de fées, de l’autre côté, une famille de castors prépare déjà le prochain hiver qui sera long. Je retrouve mon camp. J’allume un feu qui démarre bien, malgré l’ambiance humide et sous ma toile bleue, je vous envoie ces quelques mots de plénitude.

Le présent est un cadeau…

Robinson crusoë saumone

22 juillet 2010

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Vous voulez un scoop ? Eh ben il a plu toute la nuit et ça caille !!!
Mais soyons positifs, cela pourrait être pire. Du style, une île boueuse sur le fleuve Yukon démonté avec plein de kikis à poils qui, dès qui zon su que j’étais pote avec Laurent Benezech, ont tous rappliqué pour une belle partie de rugby !!!
Ça y est, ça c’est enfin arrêté, il ne pleut plus ! Ce matin avant de commencer quoi que ce soit, j’ai quand même fait un tour de mon campement pour voir si quelqu’un n’était pas passé par là, pendant qu’avec la mascotte, on « sciait du bois » ! Rien, pas de trace. Rien que des canards à foison. Ouf ! De toute façon, j’étais tellement cuit que s’ils seraient venus et ben….. je les aurais pas calculés et y seraient repartis vexés. NA !!!

Je remonte « Immaqa » bien reposé dans son sac. Il garde, lui aussi, quelques cicatrices du grand fleuve. Promis, si le vent se lève on rentre, juré ! Prudence, prudence ! J’embarque un sac étanche avec téléphone sat, balise sat et un peu de nourriture au cas où. Je suis quand même dans un coin hyper isolé et avant de comprendre qu’on est en vrille, eh ben va falloir se débrouiller seul comme d’hab, donc prudence.

Pas un pet de vent et surtout une barre bleue pale à l’horizon. Peut être qu’on va y avoir droit, on est sage hein Jo Zef  ! Comme des images !!! Allez les bleus !!!

Donc le but, c’est de découvrir ce grand lac paumé et vide de toute habitation et d’humains. Je vais tenter de le traverser et si la bise qui devrait arriver d’ouest débarque, et ben on sera sous le vent et tranquille pour retourner à la « maison ».
4 petits kilomètres avec un kayak vide, c’est du pipi d’ours !

De l’autre côté, on est reçu par toutes sortes d’oiseaux : des grands, des petits et surtout par le grand aigle pygargue. Je longe doucement la côte en prenant mon temps de photographier et sans toujours regarder la montre et l’horizon pour y déceler le piège, quel bonheur d’être sans contraintes. Là-bas, une grande plage avec un amoncellement de bois sec. Je gueule un bon coup, vérifie s’il y a des traces et me transforme en bûcheron. J’avais prévu mon coup et le grand sac qui reçoit en principe la partie structure du kayak, va servir de sac à bois. Je passe par l’embouchure de la rivière Kenai qui se jette dans le Pacifique à 100 km d’ici, mais avec prudence de peur d’y être aspiré et devoir pagayer comme un forcené pour m’y en sortir.
De retour pour le déjeuner, j’allume un bon feu et y fait cuire une poignée de pâtes assaisonnées avec les œufs séchés façon poutargue de saumon et encore du poisson orange grillé avec un zest d’huile d’olive et de citron.
Un concours de sieste battu haut la main contre la mascotte et une petite discussion avec un couple de tic et tac qui n’arrêtent pas de s’engueuler pour une poignée de noisettes !

Voilà comment d’aventuriers, on est passé à pantouflards « robinsonisés » !!

Retour au calme au lac Skilak

21 juillet 2010

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La fièvre s’en est allée et un bout de soleil surgit, c’est le signe du départ. Je suis nomade dans l’âme et je ne peux
rester trop longtemps au même endroit. De très bonne heure, je démonte ma tente et scrute le ciel. J’ai peu de temps pour trouver un autre camp. Le ciel là-bas est noirâtre et bientôt la pluie reviendra.

Brian m’a certainement entendu et vient m’aider à charger ma voiture. Il est triste de mon départ mais a compris qu’un oiseau de mer doit continuer sa route. Je lui promets que je reviendrais chez lui, à Anchorage, mais plus seul, mais bel et bien accompagné de ma « princesse ».

Il garde ma part de saumon et on se sert la main très fort.
Good luck Frank take care, eyes for the bears !!! Bonne chance Frank, porte toi bien et un oeil aux ours !!!

En venant par ici, j’avais découvert une route en terre qui mène au grand lac de Skilak et je pense que j’y trouverais mon petit coin de repos. Je quitte la nationale à la recherche de mon nid douillet. Un accès à la rive me mène dans  un coin paisible pour y monter ma tente avec vue sur la « mer ». Le terrain, comme dans plein d’endroit, est aménagé pour les campeurs : une aire plate pour la tente avec une table en bois et un demi fût métallique pour y faire brûler son bois et griller son poisson.

Un peu plus loin, une famille y passe certainement des vacances. J’appelle quelqu’un dans la tente pour avoir une ou deux infos et je suis surpris de voir un sac de couchage bouger sur la table. Une petite tête blonde en sort ! Un peu intriguée par ce grand barbu, la petite fille appelle ses parents. Je leur demande s’il faut une autorisation spéciale pour y passer quelques jours et si le coin est tranquille avec les ours ?
Yes good place for camping !

Rassuré, je m’active car je sais que bientôt la pluie va revenir. Tout en montant ma tente, je goute enfin au calme que j’avais rencontré sur la grande rivière. En prévision, je déplace, non sans mal, la lourde table en bois pour la caler entre deux arbres et y tendre la fameuse toile bleue pluie. Une fois tout en place, je repars en arrière sur la route en terre car j’y ai vu un coin où l’on a défriché la forêt et laissé un maximum de bois pour ma popote. Muni de ma hâche, scie et fidèle spray bear, j’y en coupe une grosse quantité qui remplira ma voiture. Je vois que la forme reviens !

Le feu démarre et je prépare mon déjeuner. La petite famille me salue. Elle rentre à Anchorage. Le brasier crépite, la sérénité revient finalement. Ma salade assaisonnée, juste avec de l’huile d’olive, et un gros morceau de saumon qui part sur le grill : c’est simple le bonheur.

Le lac est calme et bientôt avec Immaqa nous allons voir comment il est fait. Les premières gouttes martèlent la toile bleue. Je n’ai plus d’échéance, plus de kilomètres a avaler coûte que coûte. S’il pleut et bien j’attendrai le retour du soleil. Je monte ma canne. Ici les truites peuvent dépasser les 15 kilos !!! Je vous l’ai déjà dit, ici tout est gigantesque. Pour les mordus de pêche, le truc qui marche super ici pour ce type de poisson, c’est le Masmhallow (sorte de meringue molle écœurante qui peut être rôtie au feu). On la trouve dans les magasins spécialisés aromatisée à l’ail. On y rajoute des œufs de saumon et y reste plus qu’à allumer un feu…

Bien au sec dans ma tente, je savoure la paix d’Alaska. Ici rien que la nature et moi-même. Il me semble que ce soir, je serais seul. Je fouille dans mes feuilles de papiers froissés. J’y retrouve des mots de maux écrits pendant mon périple. Je vais les relire et certainement vous en faire partager quelques-uns. Je retrouve aussi les enveloppes bleues que certains d’entre-vous m’avez écrit, j’en ai encore les yeux mouillés.

Je crois que je vais ramener ma Vrai ici, en espérant un peu de soleil. Et puis, s’il ne vient pas, ce ne sera pas bien grave, il est dans nos cœurs.

Tiens, la mascotte se plaint de fièvre et de courbatures !
Pas de problème Jo Zef, j’ai la pharmacie ouverte : antibio, piqûres, suppositoires ???
Quoi une pile de crêpes matin, midi et soir ?
Et c’est qui qui t’a prescrit ce traitement ? Un crépôlogue de renom !!!!! (SOUPIR)

Doucement je réalise…

20 juillet 2010
Tout petit de plus en petit je me sens...

Tout petit,de plus en petit, je me sens...

Depuis quelques jours je suis dans un camp de pêcheur et bien sur tout le monde vient me voir et me raconte son bout de vie. Ici l’été c’est le rush du saumon et quand on dit saumon on dit ours.

Se sont pour la plus part des guides de pêche ou de chasse et doucement leurs histoires me donnent un autre sens à mon périple sur la grande rivière. Déjà les natifs me prenaient pour un doux dingue ou un grand homme suivant le village ou je m’arrêtais et là ça continue. Je suis en train de réaliser doucement que j’ai eu beaucoup de chance et je suis de plus en plus heureux d’avoir pris cette sage décision d’arrêter. Tout le monde à vécu des histoires assez incroyable avec un « nounours » et chaque fois une arme leur a permis de pouvoir la raconter.

Depuis deux jours je me suis laisser envahir par une forte fièvre comme si mon corps devait évacuer un trop plein de concentration et de stress. Tout les jours j’ai refusé le doute et la peur mais ce fut un combat pacifique, les rounds ont laissé des traces et depuis peu je me laisse aller. Sur ce lieu de pêche chacun me parle avec cœur, l’Alaska ne laisse pas de place aux vantards et bouffons, je ne trouve que des gens qui vivent à l’année dans la nature et qui ont été tordu et retordu par le froid, les ours, les moustiques et tout ce qui va avec. Je sens beaucoup de respect pour l’environnement, un grand respect pour les Natifs et l’étranger qui comme moi a su avoir la bonne étoile pour pouvoir le raconter. Quand je leur dit Yukon river je sens du respect, de l’intrigue.

Comment tu as fait sans arme?

Ma bonne étoile et beaucoup de gens qui ont prié pour moi!

Mais quand tu as vu les grizzli qu’est ce que tu as fait?

J’ai un peu filmé et je suis vite parti malgré le vent, les courbatures et la grande rivière déchainée.

Je ne sais pas si c’est la fièvre mais depuis deux jours je fais des cauchemars et revis différemment ma croisade.

A Whitehorse j’ai beaucoup appris sur les ours mais c’était avec le vécu de la région et c’est vrai que la population de plantigrade est absolument insignifiante par rapport à l’ouest Alaska.

La petite ville ou j’ai posé ma tente est régulièrement visité par un ou deux grizzlis et la population est la plus importante du monde. Ici il se méfie des hommes car chacun est armé alors que sur le Yukon à part dans la proximité des villages les animaux ne connaissent pas les hommes et ne fuient pas.

Pour vous donner une idée chaque camping à son caisson métallique pour y stocker sa nourriture et produit odorant, au Canada je n’avais jamais vu ça…

Donc je suis bien heureux de n’avoir pas rencontré Brian et son clan avant car c’est sur qu’a Circle j’aurais arrêté ma Yukonnerie.

Je rassure mes proches aujourd’hui j’ai finalement sorti ma pharmacie et cet après midi malgré une pluie persistante et fine, j’ai retrouvé une petite forme pour embarquer jusqu’à l’embouchure de la rivière Kenai. Entre eau salée et douce et les 10 mètres de marée le saumon est tellement dense qu’ils suffit de mettre de grande épuisette à l’eau et ce laisser porter par le courant pour les pêcher. Attention seul les locaux ont droits à cette pratique et un contrôle stricte est effectué par les rangers et d’ailleurs nous avons été contrôlé. 30 pièces par saison et par famille, au moment de partir il faut impérativement noter sur un fascicule prévu à cet effet  combien de poissons ont été capturé et couper leurs queues pour rester en règle. Ensuite la traditionnelle découpe et mise en sac.

Un gros paquet a été mis au freezer en attendant que ma Vrai débarque ici…

Jo Zef me tire un peu la gueule et dire qu’on a failli se faire bouffer tout les jours alors que nous on se prenaient pour de vrais aventuriers!!!

A pluche et vive le remake de « Saturday fever » Ouais la mascotte on se cambre, allez encore…danse!!!

Cours de pêche au saumon…

19 juillet 2010

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Ouf je laisse derrière moi la grande ville pour me retrouver dans la péninsule de Kenai, ici le roi c’est le saumon! Je dirais plutôt la victime…

A trois heures de route d’Anchorage les citadins viennent taquiner le king salmon, une licence obligatoire et 3 prises par 24 heures maxi, Je me plie à la règle et rejoins la famille de Brian sur les bords de la rivière Kenai, mon nouveau pote est guide de pêche donc je vais apprendre beaucoup sur cette pratique qui fait rêver le monde entier.

A l’entrée de la rivière un sonar compte le nombre de salmonidés qui y pénètrent, l’année dernière plus d’un million s’y sont aventurés pour s’y reproduire et mourir, en amont un second sonar et dés qu’un certain quota est atteint la pêche est fermée et les rangers ne sont pas là pour être complaisants.

Donc me voilà en activité, pas besoin d’avoir le « détecteur de plantigrade » en route ici il y a beaucoup de monde et les ours sont méfiants.

Une canne très spéciale munie d’un simple hameçon sans appât et un moulinet lui aussi très spécifique, le but est de fouetter la surface de l’eau et de ramener tranquillement en espérant que le fil glisse dans la bouche en permanence ouverte du poisson et dés que l’on sent une tension ferrer…

Il me faudra une bonne demi heure pour arrêter de démaquiser derrière moi pour enfin avoir un lancé digne d’un Alaskan. Whoua j’en ai un et pas un petit et puis un deuxième et mon dernier…

15 kilos de saumon tout frais, Brian me rejoindra et maintenant il faut nettoyer, sortir les filets et les découper en lanière pour les enfourner dans le fumoir. Mais d’abord elles passeront une nuit dans un sac renfermant du sel fin , du sucre blanc et beaucoup de sucre roux. Au petit matin sous une pluie discontinue depuis 24 heures nous nettoyons la mixture et déposons méticuleusement les lanières précuites avec cette sorte de saumure dans le fumoir qui sera alimenté en copeau de bois de pommier. Je ne peux m’empêcher de chiper quelques morceaux qui ont macéré et qui sont pour mon palais un vrai délice.

Ici personne ne garde les œufs et hier soir bien qu’invité à manger du poisson grillé j’ai amené les œufs cuits dans de l’huile, avec un brin de réticence tout la bande réuni autour du feux malgré un temps humide et glacial (12°) a gouté et apprécié cette nouveauté pour eux. Bien sur je n’ai pu m’empêcher de saler les autres pour essayer de les transformer en poutargues comme on le pratique un peu partout en méditerranée avec les œufs de mulets. Le seul hic c’est que pour sécher il faut du soleil et je crois avoir compris qu’ici c’est seulement en carte postale qu’il leur rend visite. Je peux vous assurer que c’est vert et que déjà fin juillet les cèpes tête de nègres remplissent la forêt et ici personne ne les ramasse !!!

Malgré un temps pourri et un froid de canard je suis heureux d’apprendre autant sur un bout de vie si différente de la mienne aussi loin de ma très chère Corse qui croule sous la canicule et de la massive invasion « italo-parinisation intense!!! »

PS: Jo Zef demande si on peu pas récupérer quelques 10 petit degrés Corse, un brin de soleil et nous on vous envoie de la pluie, du froid et ouais la mascotte je suis absolument d’accord avec toi un ou deux charters d’ours histoire d’être un peu moins sur les nerfs.

Pour info un grizzli au début du printemps a pénétré le centre ville d’Anchorage en y provoquant une sévère panique avant d’être transformé en descente de lit…

(ricanne pas sournoisement autant un cousin à lui va lire ce post et rechercher le « french paddler and the strange mascott » CHUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUTTTT!!!

A pluche

Un grand merci à Laurent Benezech parrain de cœur de Bout de vie qui a réuni 25 cyclistes dont quelques un « raccourcis » pour une équipe Bout de vie et récolter des fonds sur l’une des plus difficiles réunion de cyclotourisme au monde: L’étape du tout mondovélo.

Bravo à tous et merci aux coureurs et partenaires, pensée sportive du fin fond du monde…