Amour et liberté

25 mai 2011
Amour et liberté

Amour et liberté

Donne moi ta main

Je m’évertuerai à te guider

Donne moi ton amour

Je saurai te protéger

Donne moi ta joie

Je chasserai tes ténèbres

Donne moi ta douceur

Je serai ton servant

Laisse moi ma liberté

Je saurai toujours revenir…

Extrait de mes cahiers: Mots de maux entre vous émoi

Le festival de Cannes mérite le carton rouge et non le tapis…

23 mai 2011

La belle Neeta dans les bras de Bixente parrain de cœur toujours prêt à m'épauler...

La belle Neeta dans les bras de Bixente parrain de cœur toujours prêt à m'épauler...

Un courriel m’a attiré l’attention, les mots clés ne pouvaient se connecter : Festival de Cannes ; handicap ; discrimination ; réalisateur !

Après quelques échanges via le web, je reçu un appel téléphonique de Montréal, l’assistante du jeune réalisateur Canado-argentin Sean Marckos tentait de m’expliquer l’inexplicable.

Après avoir réalisé un long métrage tout en étant atteint d’une dystrophie musculaire, son film reçût les éloges de 11 festivals. Il roule en fauteuil électrique, mais surtout au rêve et à la foi qui ont raison de l’indifférence. En 2008 il est à Cannes au plus prestigieux de tous les festivals de films, mais un gros problème, les escaliers du tapis rouge où se pavanent les stars du grand écran n’ont pas prévu une rampe d’accès ! Devant des centaines de paparazzis et de caméras, les organisateurs sont pris au dépourvu et décident de le faire passer par le monte charge bien loin du public massé pour voir leur idole !!! Incident clos pour Sean ? Non ! En 2009 sa demande lui est simplement refusée, car il est en fauteuil !!! Tout au long de ses déboires une caméra le suivait et ayant pris le temps de visionner le teaser je suis écœuré du comportement de ce « beau ramassis » de célébrités. Pas un seul n’a levé le doigt pour changer la donne, trop préoccupé par leurs paillettes…

En contactant Bout de vie, il décide de faire une sorte de chaîne de solidarité partout dans le monde et bien sûr nous le soutenons. En raccrochant je ne voulais pas en rester là et j’en ai causé à Bixente Lizarazu mon frangin d’océan. Sans hésité il s’est joint à l’idée de soutenir ce jeune réalisateur qui j’en suis sûr n’est qu’au début d’une belle carrière cinématographique.

Une pétition est en ligne et si vous en voyez l’intérêt vous pouvez la signer. Le réalisateur autrichien qui s’est venté d’être un nazi a été viré ce qui est un minimum mais son film est resté en course et a reçu un prix ! Cerise sur le gâteau Samy Naceri qui est connu pour ses frasques provocatrices est invité en tant que célébrité…

Rien ne sert de briller si tu n’éclaires personne…

Trail de Lozère 2011, pour un Bout de vie…

20 mai 2011

Le trail de Lozère depuis trois ans reverse un euro à Bout de vie pour chaque concurrent inscrit.

Mais comment de la Corse à Chanac la connexion fût possible ?

En 2008 je défendais  notre cause dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur les ondes de RMC. La famille Miquel passionné par le sport d’endurance avait accroché à mon récit de traversée du Groenland. Magie du net il trouvait les coordonnées de Bout de vie et m’invitait pour donner une conférence sur le dépassement de soi la veille de la course. En accord avec l’équipe des  Salta Bartas, association qui organise la course, ils décidaient d’un accord commun de reverser un euro par concurrent inscrit…

Petit village très chaleureux situé en pleine nature, chaque année, 500 coureurs des bois viennent s‘affronter pacifiquement sur les sentiers perchés de la belle Lozère.  Pas trop loin de là se trouve le centre de Montrodat qui est un établissement accueillant la jeunesse dites « handicapées ». Bien sûr je ne pouvais passer dans la région sans m’y arrêter. Un moment très touchant avec des jeunes pleins d’énergie positive.

L’année dernière Marianne Chapuisat avait été la conférencière d’avant course, quelques sommets au-delà des 8000 MTS d’altitudes avait conquis les athlètes venu en masse, cette année j’ai mis la barre haute pour Thierry Corbalan qui a réalisé la traversée des Bouches de Bonifacio A/R  en mono palme tout en étant amputé des deux bras. Il va devoir s’improviser conférencier…

Dimanche matin sur la commune de Chanac en Lozère 500 concurrents vont s’élancer pour un Bout de vie…

Info pratique :

Parcours et Horaires
– Le départ et l’arrivée du Lozère Trail ont lieu le dimanche 22 mai devant la salle polyvalente de Chanac. Le départ ayant lieu à 8h30
– Le LOZERE TRAIL est une épreuve qui se compose de deux courses respectivement longues d’environ 43,5 km et 22 km pour un dénivelé positif de 2300 m et 900 m (et autant en négatif).
– Les deux courses ont un départ commun à 8h30, le choix définitif de la distance peut être effectué au ravitaillement du 14ème km
.

Merci Philippe et salutation sportive à tout ton clan.

Erhard Loretan, la derniére cordée…

2 mai 2011
Regard des cimes...

Regard des cimes...

3 jours de bivouac, 3 jours cachés au milieu de la forêt, 3 jours où l’insignifiant se révèle incroyablement beau et bon, si loin du monde des fourmis … Retour dans la fourmilière, réseau, message, connexion, information il parait qu’il faut 13 clochettes pour le bonheur ? C’est bon j’ai compris je suis de retour chez mes frères les hommes… On choisit ses amis, mais pas sa famille, ce n’est pas moi qui l’ai écrit, celle-là !

Une nouvelle me fauche, m’électrocute Erhard Loretan a dévissé en montagne, son corps a été retrouvé sans vie, le jour de ses 52 ans…

Pendant le festival des Diablerets  il était membre du jury, Dume, Marianne et moi devions donner notre avis sur des films d’aventures…

Pendant cette semaine je découvrais le personnage, un nomade des cimes. Il refusait de dormir dans une maison et avait aménagé un utilitaire comme bivouac mobile, son lit se trouvait au milieu de baudriers, crampons, piolets et bric à brac nécessaires pour approcher un peu plus que n’importe qui les étoiles. Petit bonhomme noueux, pas un gramme de graisse, un regard franc et une poignée de main qui ne trahit pas le personnage. On ne pouvait pas attendre de lui qu’il vous raconte son parcours, il n’était pas facile de lui tirer les vers du nez, Marianne Chapuisat, le connaissait très, très bien. L’artiste faisait partie du club très restreint des hommes qui avaient atteints les 14 sommets au delà des 8000 mts !!! Il était le troisième alpiniste à avoir enchainé l’impensable, l’impossible…

Respect, respect…

Guide de haute montagne il était l’un des meilleurs grimpeurs au monde. Sa technique était basique et directe ; camp de base jusqu’au  sommet non stop !!! Des courses incroyablement longues, mais qui avaient l’avantage d’être très rapides et à cette altitude le beau temps est éphémère. Un sac à dos light, avec un peu d’eau chaude, des barres de céréales et une volonté d’acier pour des 50 heures de balade aux milieux des Dieux des montagnes… De ses yeux jaillissait la beauté des cimes. Un poil sauvage, je me marrais quand c’était à son tour de parler aux journalistes, on aurait dit un p’tit garçon que l’on forçait d’aller à l’école. Quand  c’était le tour de Dumé comme un chenapan il passait juste derrière en disant avec son fort accent Suisse : « C’est de la propagande pour le handicap !!! » Quel bonhomme, quelle âme. Bien-sûr on s’était juré de faire un truc ensemble, il nous avait proposé le Mont Blanc pour commencer, mais chacun devait partir vers sa propre « légende ».

Entre deux expéditions il guidait ses clients en mal de sommet, et jeudi dernier avec une jeune femme sur une arête pas forcément plus technique qu’une autre, mais la montagne facile n’existe pas, ils dévissaient tous les deux. Les secours ne purent envoyer l’hélico pour cause de brouillard, une patrouille partit à ski, mais découvrait trop tard le corps du célèbre alpiniste sans vie, sa cliente elle, est dans un état grave…

C’était le jour de ses 52 ans, lui aussi détestait toutes ces mascarades de fêtes bidons, il était libre comme l’aigle des montagnes et il est allé rejoindre son petit bébé, qui lui était mort dans ses bras quelques années auparavant…

Salut Erhard, une bougie brûle pour toi, veille sur nous. Bientôt promis, on ira grimper un nuage ensemble…

Femme de mer…

18 avril 2011

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Depuis quelques nuits je suis plongé dans la lecture d’une biographie d’une sacrée femme Ellen Mac Arthur, marin hors norme qui a déverrouillé pas mal de record à la voile autour du globe, aussi bien en équipage qu’en solitaire. Etrange sensation de découvrir un bout de ma vie ! Non rien à voir avec les records ou autre mais plutôt avec cette jeune femme que je vais vous conter comme une belle histoire salée

Il y a une vingtaine d’années, j’étais en train de prendre une voie nouvelle, mais ce choix me perturbait. Peut-on vivre différemment ? Au bras d’une belle « pépé », j’étais à l’arrivée d’une course de grands voiliers en Sardaigne, dans cette réunion de bateaux des plus élégants les uns que les autres, l’un d’eux m’ avait subjugué, le skipper était une capitaine. Un ketch de 28 mètres manœuvré par une jolie jeune femme ! L’accostage s’effectuait sans aide extérieure, uniquement en jouant avec les voiles, sur ce type d’unité le moteur n’a pas sa place. Devant des centaines de spectateurs médusés, la mise à quai spectaculaire lui avait valut une bronca d’applaudissements. Vu le nombre de télés et journalistes présents je me doutais que le marin en jupon devait être connue et reconnue.

Ma « cops » de l’époque avait peut-être eu de l’intuition en me lançant : « Voilà la compagne qu’il te faudrait ! »

Me dégageant peu élégamment de mes obligations de fiancé je me retrouvais engagé quelques mois plus tard comme plongeur sécu sur la plus grosse réunion de voiliers de Méditerranée, la Nioulargue de St-Tropez. 700 bateaux de toutes sortes sur l’eau, c’était un spectacle époustouflant. Je partageais le bord d’un très proche ami et pour nous faire un peu remarquer, puisque notre place était à coté de la vedette des gendarmes, nous avions planté un petit drapeau corse de plusieurs mètres carrés. La musique insulaire engagée, couvrait le brouhaha du port.

Tous les soirs c’était un défilé d’invités surprises, tout le monde voulait trinquer avec les Corses. Alors que je m’attelais à faire des crêpes, déjà adepte à l’époque, pour nos nouveaux amis, un groupe de marins nous souriaient. Je mettais un moment à comprendre que l’équipage n’était composé que de filles !!! Libre comme le vent nous les convions à partager nos galettes (Jo Zef s’est évanoui). Mais là, une surprise de taille m’attendait, le chef était la fille que j’avais vu manœuvrer en Sardaigne. J’en perdais mes moyens. Elles trouvaient la Corse et ses habitants merveilleux et moi je me vidais de toute initiative.

Devant moi, j’avais un grand marin et malgré ses grands yeux verts je n’y voyais que des couleurs d’océans conquis. Pendant la semaine quand des photographes rejoignaient notre bord ils recevaient mon ordre de mitrailler la skippeuse rien que pour moi ! En fin de journée j’essayais toujours de me trouver à l’accostage. Le dernier soir était cocktail, elle m’invitait à bord, je ne savais plus quoi dire, je serrais la main de plein de marins qui avaient écrit les livres de bord du Cabochard, amis, je peux vous dire que quand Mr Éric Tabarly entamait une brève conversation avec moi j’étais persuadé que j’allais me réveiller.

Le matin de son départ le Noroit et le crachin rendait l’aurore glauque, elle me remettait un papier avec ses coordonnées chez ses parents, puisque, nomade sans domicile fixe, elle aussi. Elle me promettait de me retrouver un jour. « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme », disait Renaud, mais là c’était un marin qui avait fait flanché pour un autre marin !

Un mois après, alors que je bricolais sur mon bateau un gars de la capitainerie venait m’amener un message bref. « Suis entre deux courses et voudrait te rencontrer avec ton Cabochard … »

Élue deux fois d’affilé marin de l’année dans son pays, son parcours était époustouflant, des grandes courses gagnées devant les ténors de l’époque alors que de ses 1,60mts pour 50 kilos elle semblait si frêle.2éme Quebec- St Malo en solitaire; 1ére tour d’Europe en équipage (Que des filles à bord et non des moindres, les plus fortes de l’époque)

Les mois s’écoulèrent entre deux régates et deux convoyages ; elle m’apprenait le métier de la voile en course. Après sa saison, elle se devait de ramener des bateaux aux quatre coins des mers et m’engageait comme matelot. Je lui rabâchais qu’à part quelques courses gamin, je ne comprenais pas grand-chose aux bateaux à ficelle, mais elle ne démordait pas et me donnait toute les tâches les plus difficiles. Des anecdotes j’en aurais de quoi faire un livre mais l’une de mes préférées est celle-ci :

Nous devions ramener, un « truc » en carbone qui avec un pet de vent, part comme une Formule1.Tirer des bords dans le fond d’un golfe doit être amusant avec ce gadget, mais traverser une Méditerranée hivernale allait s’avérer un parcours du combattant. La météo ne me plaisait pas du tout, du Nord-Est 20 à 30 nœuds avec des orages. Des vivres pour une semaine et nous voilà partis sur une mer d’encre. Le baro de bord effectuait une chute libre et le ciel prenait une couleur de mort, prévoyant le coup je préparais une grosse plâtrée de pâtes, car je me doutais bien que la nuit allait être longue et  très éprouvante. Trois ris et nous volions sur l’eau, impossible de rester plus de 15 secondes le cul collé au siège baquet, à l’intérieur le bruit était dément, on aurait dit que des hommes frappaient la coque avec des poutres. Notre allure ne baissait pas, entre 16 et 20 nœuds, nous avions dû mettre des masque de plongée pour ne plus avoir les yeux brulés par le sel. Un orage d’une violence rare s’abattait sur nous et il nous fallait affaler pour envoyer le tourmentin, mais quelque chose coinçait !!! MERDE ! La jeune femme, en deux temps trois mouvements me donnait les directives : «Je vais grimper en milieu de mat et tu dois maintenir le bateau dans cette gîte bien précise, ni plus, ni moins. » Je ne pouvais plus avaler ma salive, une erreur et ma dulcinée partait au bain éternel. Pendant 16 minutes, 16 longues minutes elle bataillait comme un pantin sur une branche secouée par des démons pour débrouiller l’affaire… Finalement 70 heures après nous amarrions sans casse le voilier à sa place…

Mais comme tous les gens de mer nous avions de forts caractères, sa vie était la compétition, la mienne le vagabondage… Sans trop se perdre de vue par la presse spécialisée j’ai toujours suivi son parcours et un jour dans mon courrier je recevais un livre. Dumé qui était à côté de moi ce jour là ne comprenait pas qu’est ce qu’il m’arrivait, mes yeux s’embuaient car le prologue de sa biographie était consacré à notre bout de vie en commun bref, mais fort.

Pendant ma traversée à la rame Véro avait retrouvé son contact et je ne saurai jamais ce qui c’est dit mais ce qui est sûr c’est qu’elle avait rassuré ma « Vrai » en lui disant que même dans la débâcle que connaissait notre course (14 abandons dûs à la tempête tropicale Omega) j’aurais la force de ramener à bon port la yole et son équipe…

Voilà chers amis, le beau livre D’Ellen MacArthur « Les pieds sur terre » a fait ressurgir une rencontre qui m’a permis de m’affirmer pour le restant de mes jours…

Il y a ceux qui vivent, ceux qui meurent et ceux qui naviguent…

Pensée printaniére…

7 avril 2011

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Le printemps a déjà une saveur estivale, les moutons sont prêts pour la tonte, les salades du maquis abondent, l’ail sauvage embaume, la Corse exulte.

Ce matin un brouillard épais emmitoufle mon petit bateau, résultat d’une mer encore froide  avec des températures très chaudes pour la saison, manie citadine, tique urbain, à défaut de télé j’allume la radio ! Charnier découvert en Côte d’Ivoire, Libye en pleine guerre civile et la pub des fameux régimes de printemps. Je me précipite pour couper la boîte à vocifération, on parle de faire maigrir les gros alors que la moitié de la planète crève de faim. Un sentiment d’injustice me fait rager, un budget pour maigrir, une main tendue pour un bol de riz…

Un abysse nous sépare, l’été dernier en Amérique du nord je découvrais une pub qui rappelait aux américains qu’ils étaient un peuple fort et devaient avoir de la volonté pour relever le pays qui tombait dans un laxisme déroutant !!! Je restais abasourdi d’une telle propagande.

La vielle Europe est en train d’en prendre le chemin, tout le monde revendique le cul assis sur une chaise,  le monde exige en prenant sa voiture pour 500 mètres. Les pubs sont le reflet de ce que notre société est. Devenez mince sans effort, soyez célèbre en un claquement de doigts, obtenez la richesse en grattant le bon ticket ???

L’effort quotidien est aboli, l’école de la volonté est en prison pour perpétuité, les mecs comme moi, dérangeons, et c’est très bien ainsi. Tous les jours, sont des cadeaux de la vie et je trouve que beaucoup l’ont oublié. L’abondance est vicieuse car elle amène dans son cortège, faiblesse, oisiveté et laxisme. L’effort et l’autoréflexion sont les deux moteurs pour grandir. Souvent avec une pointe d’humour un peu tordue on me dit que j’ai la belle vie ! Seuls quelques proches connaissent le prix d’efforts quotidiens que je m’impose pour en arriver là. Dans beaucoup de contrée l’eau est à plusieurs heures de marche du domicile, les récoltes qui nourriront la famille dépendent des Dieux des vents, des pluies. Et si elle n’est pas bonne les plus faibles s’éteindront. Chez nous chaque « urinerie »  : 6 litres d’eau potable partis dans les égouts, de quoi faire boire 6 personnes. Tout le monde parle du risque de catastrophe nucléaire, que faisons-nous dans notre quotidien pour l’empêcher ? Baisser son chauffage, supprimer son congélateur, réduire les éclairages des villes… Oui j’ouvre encore ma gueule mais je ne peux m’en empêcher.

Pour dernière estocade, le monde du handicap en occident est tout autant morose, nos prothèses sont des plus fiables et leurs techniques sont en constante progression et malgré cela j’observe des torrents de plaintes sur le sujet. Prenez un sac à dos et voyagez, amputés avec des moignons indescriptibles qui n’auront jamais la moindre chance d’avoir un bout de bambou en guise de jambe de bois qui se débrouillent tant bien que mal pour avancer car ils n’ont pas le choix… A chaque retour j’apprécie le pays qui a vu ma naissance, mais atterré par pas mal de gens qui y vivent et sont aveugles dans leur cocon de soie.

J’ai quelques amis voyageurs, pas en avion ou paquebot, non de vrais poètes errants. Des nomades qui partent à pied, autostop, vélo et qui parcourent le monde avec aucun, voire, peu de moyen. Leur retour en Europe est toujours aussi violent, le pays est merveilleux mais plus personne ne le voit.

Je vous conseille quelques lectures intéressantes de copains voyageurs.

Sylvain Tesson : Petit traité sur l’immensité du monde, édition Pocket.

Philippe Sauve : Sibéria, édition Les presses de la renaissance

Mathilde et Edouard Cortés : Un chemin de promesses, édition XO

Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt

Valentin dans le desert marocain…

3 avril 2011

Depuis trois ans Bout de vie est en échange avec l’association genevoise Courir ensemble qui organise des stages plein air pour des jeunes cancéreux. Chaque année les p’tits suisses viennent profiter du sud de la Corse, en 2008  je rencontrais pour la première fois la belle équipe. Depuis il y a eu des échanges. Avec la complicité de Séverine et Pascal Olmeta Un sourire un espoir pour la vie , ils étaient invités au beach soccer de Lyon, des étoiles, aux milieux des stars…

Adrien rejoignait l’équipe des 6 aventuriers qui descendaient les premiers 350 km du fleuve Yukon en canoë avec moi. Entre temps Carole investigatrice de Courir ensemble tombait sous le charme de Valentin dit « Tintin » et l’invita à les rejoindre pour le marathon des sables.

En plein milieu du désert marocain des athlètes du monde entier viennent se mesurer aux rigueurs des dunes de Merzouga. Une équipe de dirigeants de l’association genevoise vont tenter cet « Everest » de la course à pied. Une bande d’ado aura le privilège de suivre ses gladiateurs des temps modernes avec des bivouacs sous les étoiles. 10 jours au pays du Petit Prince…

Vous pouvez bien évidemment suivre leur périple sur le site de Courir ensemble

Dis monsieur dessine moi un sourire…

Enfant de Gaia…

22 mars 2011

Oser le plongeon d'une vie nouvelle...

Oser le plongeon d'une vie nouvelle...

Gaia divinité qui enfanta les mers, les océans, les montagnes… Invention des hommes craignant la mort et la souffrance. Dans son ventre elle avait aussi des monstres et des titans.

Vous, moi, eux sommes les enfants de Gaia, la souffrance et la mort nous effraient et pour cause.

La grande famille Bout de vie rassemble les blessés de la vie, chaque semaine la famille s’agrandit et il en sera ainsi pour toujours. Se retrouver avec un ou plusieurs bouts en moins est une épreuve de taille à surmonter. Pour les plus chanceux les proches sont là, pour les moins chanceux la solitude sera compagne de chambrée. Mais dans tout cela il y a quelque chose de sournois qui nous rassemble. Les proches ne peuvent pas comprendre ! Attention n’y voyez pas une attaque, ou une offense. Se retrouver mutilé est une injustice colossale, que ni l’amour, ni les mots ne pourront atténuer. La seule lueur d’espoir est de rencontrer des gens comme soi. Dans ma convalescence, mon moral était en dent de scie, en haut en bas. Une épreuve pour moi, mais aussi pour mon clan. Je ne supportais plus les : « Tu es courageux et puis tu es un héros maintenant » Une belle jambe de bois, les décorations et l’habit de héros de la nation…

Quelques mois de greffe en greffe et puis le centre de rééducation, le moral au fond de l’emboîture et une injustice grandissante. Qui s’approchait de moi, y laissait des plumes. Un prothésiste m’appareillait avec un truc immonde, moitié en plâtre, moitié en bois !  Et dire qu’on m’avait promis que j’aurais une sorte de vraie jambe !  La personne qui s’occupait de moi me harcelait sur ma manière boiteuse de marcher, jusqu’au jour où j’allais lui faire un truc qui fait mal ; c’est alors qu’il leva son pantalon pour me dévoiler sa prothèse…

De ce jour je compris et me sentis moins seul…

Bien-sûr chacun le vit différemment et la chose la plus importante est de faire un pas après l’autre. La rage et l’envie furieuse de hurler est normale. Gérer, comme l’alpiniste qui attaque la face Nord de la montagne la plus haute du monde. Il ne pense pas au sommet, mais à chaque pas qui va le conduire au toit du monde. Bien-sûr, il y a un objectif, mais il faut penser au présent. Combien de fois en sauvetage en mer au lieu de me précipiter sur mon embarcation, je me calmais, je mangeais, je prévoyais tout doucement la dangerosité de l’intervention pour finalement arriver sur zone à 100 % de mes possibilités.

Être amputé est une épreuve qui doit être vaincue doucement, trop d’éclat au départ et la chute fait encore plus mal. L’injustice par moment est une douleur quasiment physique : Ce foutu « pourquoi moi » revient sans cesse. Le grand Jacques chantait : « L’homme n’oublie pas, il s’habitue c’est tout… ».

Vous souffrez et seul vous, savez à quel point, je ne peux pas grand-chose à votre place. La solution est au fond de vous. Se foutre en l’air ? Pourquoi pas, mais entre vous et moi je trouve que c’est dommage. La vie est tellement pleine d’imprévue que le suicide n’est pas la panacée. Les drogues ? Déjà que nous avons un truc assez balèze à gérer en plus il faudra surmonter ce monstre immonde ! Une autre solution et celle-là, je la trouve sympa, c’est tourner la page. OK, je vous entends dire facile à dire moins à faire. Un pas après l’autre. Sur mes expéditions tous les jours pendant une minute je crie, non, je hurle… Une manière d’évacuer le stress. Technique que j’ai appris à l’hosto.

Je ne vais pas vous tenir la prothèse trop longtemps, mais sachez en tous les cas que vous n’êtes pas seul et dés que vous en aurez envie, un grand frère est là pour vous botter le cul et avec une lame en carbone ça fait mal !!!!

PS : Vous savez que j’aime bien finir par des citations, alors j’ai ressorti un vieux cahier où pendant des années j’ai griffonné des mots de maux, celui-ci est de circonstance.

« Une porte ne peut être ouverte, poussée, fracturée que seulement si elle existe… »

Stage de moto trial la vidéo: « Bout de trial »

19 mars 2011


Stage « bout de trial » par MystaTraiz

Merci à tous pour avoir organisé cette magnifique aventure , la famille Bout de vie est heureuse de cette rencontre qui a permis aux stagiaires de prendre leurs pieds !!!

Les volontés faibles se traduisent par des discours; les volontés fortes par des actes.

Gustave Le Bon


Une leçon d’aventure pour les élèves de CM1 de Bonifacio…

8 mars 2011
Ecole de CM1 de Bonifacio

Ecole de CM1 de Bonifacio

Article du Corse Matin du 23 février 2011 signé Alex Rolet:

A l’invitation d’Eric Volto, directeur de l’école élémentaire, Frank Bruno a offert une grande leçon d’humanisme à plus de 40 élèves, captivés par ses récits d’aventures, plus étonnantes les unes que les autres.

Un Bonifacien de réputation internationale

Bonifacien d’adoption, résident sur son bateau nommé Cabochard et aventurier de profession, Frank Bruno est connu et reconnu dans le monde entier pour ses exploits physiques et ses défis surhumains. Il a même été lauréat en 2009 du Trophée Peter Bird qui récompense un aventurier « normal », si l’on peut dire. Car dès l’âge de 20 ans, il doit être amputé d’une jambe lors d’un accident à bord du porte-avions Foch. Un handicap qui n’aura de cesse de le motiver à se dépasser, à nous dépasser même. Car ce qu’il réalise aujourd’hui, bien peu d’entre nous en sont capables. D’ailleurs, devant des enfants amusés et médusés, il nous affirme non sans humour : « aujourd’hui, mon seul handicap, c’est que je fais des fautes d’orthographe ». Ce qui n’est pas sans poser problème quand on écrit un livre comme il le fait en ce moment.

Ayeltgnu : le titre de son nouveau livre

Prononcez « alietnou », ce qui veut dire « tu as de la chance » en langue athapascan, du nom du peuple de « natives » qui habitent le bassin du Yukon. Ce fleuve coule sur plus de 3 000 kilomètres, de l’ouest du Canada en traversant l’Alaska jusqu’à la mer de Béring. Il offre des paysages aussi extraordinaires que quasi désertiques, parsemés de milliers de lacs. Mais seul, Frank ne le sera jamais. Lors de la descente en kayak de cette rivière puissante, parfois large de 15 kilomètres, Frank fera les 300 premiers kilomètres accompagné de 6 enfants invités, eux aussi handicapés, dont Elliott résident à Bonifacio. Ensuite, oui, Frank fera la descente en solitaire.

Mais toujours accompagné de Jo-Zef, sa mascotte (qui déteste qu’on dise d’elle qu’elle est une simple peluche), et de nombreux animaux tels que loups, renard des neiges, orignal, lynx et quelques autres biens moins sympas que des peluches, même si de loin il y a ressemblance.

En effet, ours noirs et grizzly (3 mètres debout, 500 kg, griffes de 15 centimètres et vitesse de pointe de 66 kilomètres/heure) sont omniprésents tout au long du parcours. Comme nous le disait un élève de CM1 imaginatif et émerveillé par les performances de Frank Bruno, « le grizzly, il est plus haut que le plafond de la classe ».

Des rafales de questions

Après plus d’une heure de récits palpitants, la séance de questions a été très animée. Les unes concernant les diverses expéditions de Frank (dont la traversée de l’atlantique à la rame), mais beaucoup de questions ont fusé aussi au sujet du handicap d’être unijambiste voire même d’être différent. La prothèse de Frank baptisée Maggie (car « ma guibole ») est passée de main en main, d’abord avec appréhension, mais très vite, les enfants ont compris que Frank n’est pas différent de nous. Sauf peut-être que depuis des années, il a développé plus de volonté, plus de combativité et plus d’humanité que la grande majorité. Sur une jambe, il nous a tous doublés, il faut bien l’avouer. Rendez-vous sur le site www.boutdevie.org pour découvrir ses aventures, les pensées de Jo-Zef et quelques coups de gueule justifiés.

Alex Rolet