Un kayak et un cerf volant…

8 juillet 2012

Ici ce n'est plus l'hiver mais ce n'est pas l'été, just now !

Ici ce n'est plus l'hiver mais ce n'est pas l'été, just now !

C’est toujours un pur bonheur de reprendre la route, arriver me plait, partir encore plus ! Le vent semble installé en Nord, Nord-est, juste dans la bonne direction. Je pagaie un petit quart d’heure et une folle envie me traverse l’esprit, et si j’envoyais le cerf-volant ! La brise doit être à peine de 6 nœuds mais la mer est déjà cahoteuse, pas de problème nous sommes sur un tapis roulant alors roulons. Il s’envole, je lui donne de la hauteur, beaucoup de hauteur, il faut qu’il prenne du vent stable. 50 mètres d’altitude au moins. Ma drisse de proue prend le relais de point d’amure et j’admire le travail. Il est gonflé à souhait et reste très stable. Juste pour le plaisir j’allume le GPS, sans rien faire je suis déjà à 4km, elle n’est pas belle la vie. Mais je suis là pour bosser et je reprends mes pagaies. J’ai l’impression d’être sur le fleuve Yukon de nouveau, j’avance façon matelas de plage qui se barre ! Une heure et il est toujours en l’air, deux, trois, quatre, cinq et six heures sans ciller, sans broncher. C’est l’heure du casse croute et surtout de dégourdir un peu les jambes. Je ne veux pas tarder, j’ai encore 3 kilomètres avant de rejoindre un petit archipel qui me mettra à l’abri du vent qui est en train de forcir. Je passe sur une sorte de barrière de récif qui me met sur une espèce de catapulte incroyable, ça déferle tout autour de moi, je scrute les pièges, puis d’un coup comme par miracle me retrouve dans la lagune. Calme plat juste le vent qui pousse. Je zig-zag au milieu d’îlots absolument magnifiques. Un petit passage me fait découvrir une sorte de lac, le vent vient par moment
mettre des risées sur ce plan d’eau fascinant, quand je crois deviner des grosses bouées blanches. Bizarre, des corps-morts ici, il n’y a pas d’eau et beaucoup de récif à fleur d’eau. Soudain, les bouées bougent, des cygnes trompettes !!! J’avance cela fait 40 km que je suis parti, j’ai rempli mon contrat. Que faire, trouver un abri ici ou rejoindre l’autre côté du golfe encore à 5 km. Le coin est très abrité du nord et surtout le baromètre a amorcé depuis hier une lente chute qui me plait qu’à moitié. Avancer ou arrêter, telle est la question ! A cette pâle
copie shakespearienne, sur mon bâbord je devine une table avec des bancs ! Clignotant et allons voir ce qu’il en est ! Un camp est en place pour le nomade de passage. Un foyer est organisé avec des bancs autour ainsi qu’une table. C’est là l’hôtel de ce soir Jo Zef ! Action, réaction !
Lieu sublime mais il y a un petit problème, l’endroit est une immense dalle de granit ce qui va rendre le couchage un peu dur. Je pars en repérage pour trouver une place plus confortable quand je tombe nez à nez avec une épave de voilier qui de ses entrailles m’offre quatre plaques épaisses de polystyrène qui nous serviront de base pour la tente. Je crois sincèrement que nos anges gardiens s’en donnent à cœur joie. Pour conclure quelques fraises des bois viendront assortir le dessert.
A pluche

Vaelkommen in Suède !

22 juin 2012

Quelle nuit mes amis d’un trait jusqu’à 6h, chose rare chez moi ! Un p’tit coup de téléphone à ma princesse et on file en cuisine pour le petit déjeuner. Aie, aie, du saumon fumé, des coulis de baies rouges et de la charcuterie en série. Hep, là ! Alors la mascotte on planque sa
boite en plastique derrière son dos. Bouh, c’est pas beau ça, confisqué!!! La panse tendue je reprends mon pédalage mais je savais bien que j’allais payer cash la journée d’hier et ma goinfrerie ! Peu importe  ce qui est pris n’est plus à prendre ! La première heure est un calvaire mon genou gauche décide de faire du zèle et mes fesses se sont syndiquées aussi au LDR (Les Douleurs Reviennent). Je sais que c’est temporaire alors je profite du paysage, je m’évade, je scrute la forêt. Vers 12h je passe finalement la frontière pour me retrouver en Suède. Depuis mon départ  c’est la première fois que je sens les rayons du soleil, quel bonheur ! J’ôte mes couches et pédale légèrement malgré un corps qui dit stoppe. Au 70éme kilomètre je découvre sur ma gauche une magnifique rivière, et si c’était l’heure de monter le camp ! En bordure de ce puissant cours d’eau je suis émerveillé du lieu, au loin une ferme. Je laisse mon vélo pour demander l’autorisation. Un homme est en train de décharger son tracteur, je l’interpelle. Il me dit que si je veux je peux mais qu’il y a un coin encore plus joli. Il laisse tout tomber et m’amène sur le terrain de son père. Le paradis sur terre, un calme apaisant et un peu plus en aval des chutes tumultueuses. Max est agriculteur, il n’est pas très loquace comme tout les scandinaves mais sa gentillesse m’a énormément touché. Il enfourche son vélo et me souhaite une bonne soirée. Dans une eau polaire je dérouille mes jambes et essaie d’éteindre le feu de mes fesses. Allez Jo, souffle, plus fort !!! Heureux comme un papillon je vous envoie plein d’énergie positive de cette région qui me plait de plus en plus.
Pensée Athapascan qui correspond bien à l’ambiance des gens d’ici : « Si tu ne fais pas le silence ta langue te rendra sourd. »
A pluche !

un petit coin de paradis quelque part en Suède...

un petit coin de paradis quelque part en Suède...

La rivière des insoumis…

14 novembre 2011
Photo Eric Volto

Photo Eric Volto

J’avais affronté les aventures les plus terribles, les éléments avaient fait de ma peau un parchemin, mes yeux avaient déjà rencontré la misère, les hommes m’avaient à maintes fois trahis, plus rien ne semblait m’effrayer mais pourtant j’étais à la veille d’un grand départ qui me terrorisait. Je m’étais mis en tête de descendre la rivière des insoumis…

Mon kayak « Immaqa » était fin prêt et malgré un nuage de tristesse je serrais dans mes bras une dernière fois ma princesse. La rivière minuscule serpentait une forêt dense et noire. Le silence envoutait ce lieu perdu. Je m’étais juré de ne pas pleurer pour mon départ mais des perles suintaient sur mon visage. Le vieux druide des lieux m’avait dressé une sorte de « road book », mais je l’avais pris pour un fou, il était impossible que je puisse rencontrer ce qu’il m’affirmait.

Je prenais la cadence, le ciel anthracite lâchait ses premières hallebardes et le pagayeur pagayait, quoi que de plus normal, non ! Au détour d’une courbe interminable, des rapides me barraient la route, je me calais comme pour partir à la guerre quand soudain des Elfes venaient à ma rencontre. Elles chantaient, elles dansaient, une moins timide, se posa sur ma proue : « Bonjour beau jeune homme, vient sur la berge, arrête ton voyage, tu verras ici tout est facile, plus de souffrance, fini les nuits terribles… ». Je ne pouvais croire en cette apparition puis me revenait en tête le discours du vieux druide, les fées du mal. Elles travaillaient pour un ogre insatiable, qui engloutissait tout être affaibli, il n’avait aucune règle, tout était excuse pour assouvir sa fringale démesurée. C’était le monstre de la surconsommation. La barre d’écume me barrait la route, je pris ma respiration et poussai au plus fort de mes capacités sur les pagaies pour passer les rapides malfaisantes. Les pestes ailées tentaient une dernière approche mais je les chassais d’un coup de rame. Le calme était revenu, je reprenais la veine du courant qui me portait je ne sais où. La tristesse du départ s’atténuait, mais j’avais compris que je n’étais qu’au début d’énormes surprises. Un îlot bien isolé m’accueillit pour y planter mon bivouac, pas de trace suspecte, je pouvais m’y installer. Le feu crépitait et la première étoile me tenait compagnie. Un bruit étrange me refroidissait, des pas, quelqu’un arrivait ! Derrière un massif d’épilobes, je croisais les yeux d’un monstre, la taille et la laideur du grizzli avec un regard démoniaque. Il se dressait sur ses pattes arrières et fonçait sur moi. Un éclair et je me remémorais les propos du vieux : « La peur prendra une forme animale et viendra t’affronter ». Je le fixais et chassais mes émotions, je lui riais au nez et l’invitais à prendre place au festin de saumon qui grillait. Lui tournant le dos je sentais son souffle, l’odeur de la mort. Je m’asseyais en douceur et déposais sur l’ardoise du poisson rose, je me devais de régaler mon hôte, ce n’est pas tous les jours que la peur s’invitait à mon camp. « Je sais que tu es un  monstre mais ta présence me tient compagnie, de toi je vais apprendre et je veux commencer de suite ». Le plantigrade se mit à hurler, à frapper le sol avec violence, la terre semblait se dérober à chaque coup assené. Puis comme par enchantement, il se couchait, se mit en boule pour dormir. J’avais compris qu’il ne me lâcherait jamais mais ne devais surtout jamais lui donner de l’importance.

Au petit matin je reprenais la route, la peur me suivait sur la berge, alors je sifflotais quelques airs d’harmonica. La journée se déroulait sans peine, la rivière des insoumis était belle et sauvage. Un camp de pêche se présentait sur mon bâbord et j’y faisais relâche. On me proposait de me reposer, un hameau paisible où la vie semblait douce et agréable. L’unique ruelle était fleurie et les enfants joyeux m’amenaient à ma demeure. Une étoile accrochée au dessus de la porte d’entrée donnait un côté romantique. Je ne pouvais refuser une telle aubaine, mais soudain la prédiction me revenait, j’allais croiser, l’oisiveté, celle qui tue le rêveur. Je m’accordais une seule nuit et au matin bien avant que le village ne s’éveillait je reprenais ma route. En face l’ours de la peur, m’attendais, je me moquais de lui : « Alors t’as dormi dans la boue ? T’as bien raison de me suivre, au moins je me sens moins seul ! »

Les jours se succédaient avec ses rencontres improbables, le corbeau me saoulait avec ses compliments, je savais que son seul objectif était de me dépouiller de mes guenilles alors je le prenais en dérision. Le castor voulait que je stoppe tout pour construire le plus beau barrage de la région. Plusieurs pièces spacieuses remplies de feuilles de bouleaux pour les longs hivers, un travail de longue haleine qui allait me demander de rester là des années à construire, construire. Tout cela pour avoir toujours le même couché de soleil… Non j’étais un nomade et poursuivais ma route. Le loup m’interpellait : « Suis moi et nous ferons une belle équipe. Ensemble nous serons forts, la biche et l’élan seront à nos repas chaque fois que la faim nous le demandera.» Tuer le faible pour nourrir le fort, non merci ! Immaqa semblait tout entendre et nous foncions vers notre destin…

Un jour de brume là bas au loin je vis enfin l’horizon, l’océan à perte de vue, la fatigue et les rencontres du voyage m’avaient donné encore plus l’envie d’une vie d’errance. La peur m’avait tenue compagnie et les démons m’avaient testé mais la détermination m’avait amené sur cette mer si pure et puissante au doux nom de liberté.

L’aventure à cloche pied: Le film

16 octobre 2011

L’aventure à cloche pied.

Rien d’impossible au Cabochard, nom de son bateau !
Malgré son « unijambité » Frank est plongeur-sauveteur en mer, sportif de l’exploit et aventurier dans l’âme rien dans sa vie n’est banal. Fondateur de l’association « Bout de vie », il partage ses élans de générosité avec ceux qui, comme lui-même un jour, crurent être brisés par la cruauté du destin : accidentés de la vie, certes, mais jamais abattus. Ce film est un témoignage simple mais fort que les malheurs sont les plus grand défis à relever. En quelques minutes on va le suivre sur une traversée de l’Atlantique à la rame retentissante, dernier degré du pôle Nord, la traversée d’Ouest en Est du Groenland, puis à l’ascension du plus haut volcan du monde (Argentine) et une odyssée en solitaire sur le fleuve Yukon, des milliers de kilomètres en kayak de Whitehorse à Grayling… un prétexte à se retrouver, à se regarder en face et à renouer avec l’harmonie fondamentale qui lie l’homme à la Nature. Un film sensible, grand public, réalisé pour ceux qui doivent chaque jour conjurer le mauvais sort… les blessés de la vie certes mais aussi, certainement, le commun des mortels…


Frank BRUNO: L'aventure à cloche pied par cabochard20

Camp Arktika

2 août 2011

Un dernier regard à l’océan Arctique et nous reprenons la route, des rennes encore et toujours eux, une pluie fine et une température estivale de 8° ! Nous pénétrons l’intérieur des terres sames de nouveau pour atteindre la frontière finlandaise et bifurquer sur la nationale qui mène au fameux nid à touriste : « le cap Nord ». Même certain norvégiens sont gênés d’une telle arnaque. La route reprend des airs  bizarres, des panneaux écrits en anglais fleurissent… Quelques dizaines de bornes et nous retrouvons la route qui qui nous plait, la sauvage ! Entre Ivalo et Inari se trouve le camp Arktika de Gilles Elkaim. Comme je vous l’expliquais dans mon dernier article, le seul livre que nous avions embarqué pendant notre traversée à la rame était le livre de cet explorateur des temps modernes. Il devait rejoindre avec ses chiens le Cap Nord au détroit de Béring en un peu moins de 4 quatre ans. Sur ces 12 000kilométres à pied ou en kayak son épopée nous avait tenue en haleine et nous permettait par moment de nous évadait de cette « ramerie océanique »…

La piste en terre nous mène au camp et nous sommes accueillis par une bronca de 53 Toutous des glaces. Gilles n’est pas là et nous le savions, il est dans un chantier naval en méditerranée, où son futur projet est en train de prendre forme. Un bateau en alu pour pouvoir naviguer en mer polaire  avec des clients…

Gladys est la responsable du camp en son absence, gérer 53 « tireurs de traineaux un poil têtus », n’est pas une mince affaire ! Elle nous accueille bien volontiers, puisque cela fait plusieurs semaines qu’elle n’a pas eu de visite. Nous avons l’honneur de loger dans la « kota », cabane typique finnoise,  en échange nous donnerons un coup de main dans les taches quotidiennes. Véro sera chargée du brossage des molosses, je suis surpris de voir avec quelle docilité ils se laissent faire. Mon boulot sera une entreprise de BTP, avec une brouette remplie de gravier je dois drainer le chemin qui mène aux habitations… Le soir sous le « grilli » en attendant que le saumon grille, nous échangeons, nous apprenons, bref des soirées remplies de bonheur. Une sortie en canoë pour découvrir les deux lacs et « Pouchok » nous fera l’honneur de nous escorter. Pour ceux qui ont lu le livre Artika vous avez compris que c’est un grand privilège d’avoir ce valeureux chien avec nous. Il est plus qu’un compagnon d’expédition pour Gilles il est comme un enfant, ou un frère ! Quatre années où les moments tragiques ont succédé au bonheur intense, où la famine les a forcé à se nourrir de cadavre de morses en état de putréfaction avancée. Pouchok est un instinctif avant tout, les canards qui batifolent le transforme en prédateur redoutable. Pendant un arrêt à la découverte d’une vieille pirogue abandonnée, notre ami à quatre pattes en a profité pour tenter de « zigouiller » un lemming ! J’ai du donner un coup de gueule pour le revoir intégrer le canoë sans « hamburger » à poil dans le museau ! Ces quelques jours ont défilé à toute vitesse, nous reprenons la route pour le sud, le golfe de Botnie…

Panorama vu du camp...

Un coin qui m'a attiré?!?

Vue du camp...

Vue du camp...

Tradition same, cardage du poil des chiens... Rien ne se perd.

Tradition same, cardage du poil des chiens... Rien ne se perd.

Pouchok, leader de l'expédition Arktika nous honore de sa prot

Pouchok, leader de l'expédition Arktika nous honore de sa protection

La yourte, tente dortoir, vaisselle et bricolage.

La yourte, tente dortoir, vaisselle et bricolage.

Gamvik en mer de Barents…

19 juillet 2011

Le vent dehors se renforce, la pluie martèle la toile, un grain passe sur les nomades du Grand Nord, température 8° ! Que c’est loin la Corse, la Maurienne, l’étape du tour et tous les sourires rencontrées. Le GPS donne 71° Nord, encore plus au nord de 600km du cercle polaire ! Non ce n’est pas le cap Nord, 500km à l’ouest, trop de monde, un nid à souvenir « made in Taïwan », ici c’est le bout du monde une route, qui mène à un comptoir de pêche à la morue et au flétan. Quand on s’arrête la première chose que l’on nous demande c’est pourquoi on est là ? Gamvik et ses hameaux. Devant notre bivouac la mer de Barents encerclée du majestueux océan Arctique, le vent est incessant, la végétation rase nous dévoile ses trésors.  Véro du coin de l’œil, bien emmitouflée dans sa parka m’observe, j’exulte, je vibre, une étrange sensation d’être chez moi ! Un long voyage nous a fait traverser la région  que les colons vikings ont appelé la Laponie. En vérité c’est le pays Same, dans leur langue le mot « lapon » signifie : homme en guenille !

Luléa port suédois le plus septentrional du golfe de Botnie, nous a accueillis. Une petite voiture, une tente, une carte et surtout une grosse envie d’un voyage authentique loin des clichés. Les routes sont belles, les forêts de pin et de bouleau nous font avaler des centaines de kilomètres. Bivouac en bordure de rivière, des rennes pas trop craintifs comme voisins et bien sûr des nuées de moustiques. Rien à voir avec l’Alaska mais nous nous sentons un poil donneur de sang contre notre volonté. Les lacs se succèdent par centaines et chacun d’eux nous éblouissent de leur magie. Sur le bord du grand lac d’Inari nous bivouaquons, de la viande de rennes fumées au menu, un vrai régal. La route est encore longue, Mourmansk à droite, Mehamn tout droit…

Nous y voilà, la mer de Barents, la péninsule de Gamvik, nous avons le souffle coupé, si je vous dis que c’est beau je vais vous paraître un poil « rabâcheur », pourtant c’est beau. Nous trouvons un beau spot pour monter le camp et malgré un fort vent de nord-est tout est en place… Le réchaud chauffe la soupe et de sous nos duvets nous pouvons observer la mer arctique se déchainer…

Une petite sélection de quelques clichés.

Rencontre trés fréquente sur ses routes très isolées.

Rencontre très fréquente sur ses routes très isolées.

Le lac Inari, certaines de ses îles sont encore sanctuaires pour les chamans samis.     Le lac Inari, certaines de ses îles sont encore sanctuaires pour les chamans samis.

Le lac Inari, certaines de ses îles sont encore sanctuaires pour les chamans samis.

Pirogues sur les bords du fleuve Tana.

Pirogues sur les bords du fleuve Tana.

Maison traditionnelle dans la toundra proche de l'océan Arctique.

Maison traditionnelle dans la toundra proche de l'océan Arctique.

Vue sur la mer de Barents, un bivouac de luxe...

Vue sur la mer de Barents, un bivouac de luxe...

Le phare le plus nord de l'Europe continentale.

Le phare le plus nord de l'Europe continentale.

Huitrié pie

Huitrié pie

Un os de baleine, non Jo Zef ce n'est pas une grosse arête!

Un os de baleine, non Jo Zef ce n'est pas une grosse arête!

Plage de rêve, mais baigneur attention, eau de mer à 4°

Plage de rêve, mais baigneur attention, eau de mer

Plage de rêve, mais baigneur attention, eau de mer à 4°

Plage de rêve, mais baigneur attention, eau de mer à 4°

Moteur, silence, on tourne…

23 juin 2011

De gauche à droite Fred Jouve, Isabelle Bres et Olivier Philippe

De gauche à droite: Fred Jouve, Isabelle Bres et Olivier Philippe

Depuis une semaine ma solitude chérie est un poil chamboulée ! Réaliser une aventure est une chose, monter un film, en est une autre. Sur ma « kayakerie » sur le fleuve Yukon bien-sûr j’avais embarqué une caméra étanche avec l’idée de ramener de belles images. Mais chacun son boulot, le fleuve m’avait transformé en forçat de la pagaie et les rushs ramenés étaient de piètre qualité ! Dommage !

Vous savez que je suis un poil têtu et dans l’adversité je ne me laisse jamais abattre. Depuis mon retour du Grand Nord je cherchais une solution pour vous faire rêver quelques instants, au pays de la longue rivière. Un seul dénouement trouver une équipe professionnelle pour réaliser un documentaire sérieux, mais cela a un coût !

Cet hiver je trainais la prothèse pour me rendre dans les Alpes où l’un de mes sponsors me conviait. Le week-end fashion mode avec un rustique un poil Cabochard, cela dénote ! Bref, j’acceptais l’invitation et restais dans mon coin, le seul en t-shirt en plein hiver au milieu de la neige c’est sur que ça attire le styliste en goguette. Je m’adaptais, mais mon monde était  bien loin de ce que je voyais… Pourtant, comme à chaque fois entre une paillette et une coupe de veuve Clicquot que je refusais pour consommer de l’eau de source, je rencontrais quelques personnes très attachantes. Une dame venait à ma rencontre et avait entendu parler de mon Bout de vie, directrice en communication de l’une des plus grandes sociétés au monde dans le milieu de la haute couture, elle semblait toute acquise à ma croisade, elle me laissait sa carte en me promettant de m’aider. Avec mon tact habituelle, je lui précisais que régulièrement on me faisait ce discours mais rare étaient ceux qui tenaient leur promesses…

Entre temps je trouvais une équipe prête à tourner, mais pas du second choix, des grands pros du documentaire. Rendez- vous à Paris et à ma grande surprise ils acceptaient de réaliser le film. Bien-sûr cela avait un cout, car pour l’instant ce reportage serait uniquement diffusé dans les festivals et salles de cinéma, la télé ce sera pour plus tard, si le film marche.

Le budget est en conséquence de la qualité du film et des personnes qui le réaliseront. Le devis me donnait le tournis, je ne voyais pas comment quelqu’un pouvait investir une telle somme pour un inconnu comme moi. Je baissais la garde et décidais d’y renoncer. Pourtant je ruminais et sur mes milliers de kilomètres d’entraînement vélo je pensais, je songeais, je rageais, je cherchais… Et si j’appelais la dame qui m’avait promis. Un mail pas forcément mielleux et moins de trois heures plus tard elle me répondait que sa société financerait la totalité du film. Une seule condition : la prestigieuse marque ne devait jamais apparaître !!! C’était un coup de cœur !!! J’étais séché, scié, estomaqué…

Voilà une bien belle histoire. Depuis le début de la semaine, Isabelle, Fred et Olivier  de 5h du matin à 22h non stop tentent de fixer les vibrations d’un drôle de Cabochard. Ce documentaire est un suivi de mon quotidien. Bivouac au milieu de nul part avec une vie basique, composée de gestes simples : allumer un feu avec une seule allumette, cuisson du pain sur une pierre, cueillette de quelques plantes pour le diner. Rencontre de deux jeunes amputés que j’amènerais plonger ; Stéphanie et Steve raconteront leur incroyable voyage  en Antarctique avec quelques images australes. Retrouvailles de Dume Benassi pour une sortie vélo de « fada ». Départ à fond, sortie en puissance, pour finir comme des dératés… Après-midi kayak avec des confidences de Dume sur sa vie à cloche pied avec bien-sûr une « ramerie » océanique ! Véro se confiera à la caméra, mots justes et émouvants. Plongée dite profonde où je vais décrocher une nasse d’un ami pêcheur au large des îles Bruzzi… Bien-sûr quelques retour sur mon parcours d’homme entier, enfin presque, et bien-sûr les images du Yukon…

Ecrire un livre je ne l’aurais jamais cru, le deuxième arrive bientôt ! Un documentaire, à chaque fois je suis surpris, mais de ce niveau là je ne pensais pas un jour que cela puisse se faire…

Pour ceux qui auraient encore envie de penser que je joue la vedette, le but est simple : Transmettre, encourager, redonner gout à la vie, booster ceux qui n’y croient plus… Je sais de quoi je parle à un moment bien précis j’en faisais partie moi aussi….

Pour conclure et rassurer le fan club de Jo Zef la mascotte, vous allez voir qu’il a  bien sa place dans ce beau film qui sortira en avant première au festival  du film d’aventure Suisse des Diablerets entre le 6 et le 13 aout…

Silence on tourne, clap première…

A pluche.

Un air de Yukon en Corse…

2 juin 2011

Bivouac au air du Yukon, bien caché quelque part...

Bivouac au air du Yukon, bien caché quelque part...

Une année déjà ! Le Grand Nord me tendait les bras pour une belle leçon de vie. Je me doutais que cela serait une sacrée aventure, mais je ne pensais pas à quel point cela modifierait ma manière d’évoluer.

Sur le grand fleuve, seul face à moi-même, pas de place au superflu, observer, pagayer et rêver. Le but étant de ne pas être mangé, ni dépecé, tout un programme ! Entre deux prières, manières Cabochard, je partais dans des rêveries « corsées » : Un coin planqué sur mon île, un bivouac paumé, un mini monastère où j’irai régulièrement me ressourcer. Mais la Corse, ce n’est pas l’état du Yukon, il y a du monde et partout…

Depuis mon retour début septembre, j’en ai arpenté du maquis, mais chaque fois il manquait un élément au cahier des charges. Cet hiver alors qu’avec ma Vrai nous nous restaurions sur le bord d’un torrent très isolé, une folle envie de le traverser me pris. Véro, bien décidée à rester sèche, souriait à ma traversée du cours d’eau à la température polaire. Trempé comme un castor, je découvrais un coin planqué, mais je me voyais mal, à chaque envie de paix, jouer au sous-marin pour aller rejoindre ce camp perdu. Puis en fouillant au milieu des chênes lièges et verts je trouvais un restant de piste ! Ma curiosité toujours affutée devait me transformer en lecteur de parchemin qui mènerait au fameux trésor des templiers…Euréka!  Une piste en terre agricole, qui mène à nulle part, puis une sente… Muni de mon pinatu (serpe) je partais à la recherche d’un passage, sueur et sang furent mes alliés pour débusquer les ronces qui barraient la voie de mon rêve. Quatre jours de bataille pour enfin arriver à un refuge de corsaire. Une fois de plus, j’ouvrais la porte d’un de mes rêves. J’organisais une plateforme qui recevra ma tente, mes restes de maçon se sont réanimés et avec entêtement et plaisir j’ai monté une enceinte en pierre sèche. Quand le vent soufflera en tempête, il sera obligé de nous effleurer sans nous mordre. Au fil des jours avec du bois de récupération j’ai fabriqué une belle table et ses bancs…

Depuis quelques semaines quand je ne pédale pas, je m’échappe dans mon sanctuaire, tout y est paix et sérénité. Ici pour commencer aucun réseau, pas d’appel avec les éternels : « T’es où ? Qu’est ce que tu fais ? » Pas de wifi, pas de prédateur. Les plantigrades sont remplacés par des ongulés, les loups par des renards craintifs et si les grizzlis ne rôdent pas, la vigilance est de mise au cas où un randonneur vraiment égaré rejoindrait cette tanière.

Je retrouve le contact direct avec la nature, l’inspiration de voyage me revient, partir pour mieux revenir ! Paradoxe des hommes et de ses incompréhensions. Une mésange à tête noire vient régulièrement me rendre visite, je suis toute ouïe, rien que pour elle. Au mois d’octobre le livre sera chez votre libraire, c’est fait, le contrat est signé. De mon camp j’y ai rédigé quelques mots à maux et si en ouvrant au hasard des pages, un mélange de fragrances, d’épicéas du Grand Nord et de bruyère blanche embaume votre espace, c’est que vous aussi, vous êtes assis à ma table perdue quelque part aux pays des géants pétrifiés en bloc de granit…

Seul le silence dit la vérité… (Vous voyez comme ça m’inspire !)

Le livre sacré de chacun…

9 mars 2011
Danse de l'oie, juste avant la chasse. Alaska Eagle river.

Danse de l'oie, juste avant la chasse. Alaska Eagle river.

Il y a quelques jours une joute écrite s’est produite sur mon blog et elle m’a inspiré une histoire comme une légende athapascanne.

Dans une tribu holikachuk vivait 4 jeunes gens,  l’âge adulte pointait à l’horizon.

« Coyote fuyant » était le leader de la bande, plus grand, plus fort, il était un chasseur de grande qualité. Il détestait plus que tous les trappeurs blancs qui ne tuaient que pour le gain.

« Crocus des prairies » était intellectuel, toujours fourré auprès de l’homme médecine, il récoltait toutes sortes de plantes pour soigner ses oncles malades, en lui sommeillait un grand chaman.

« Flamme vacillante » naissait malade et sa jeunesse n’était qu’une succession de guérison entrainant d’autres maux.

« Pas qui s’efface » était certainement le plus faible du quatuor, il craignait la foudre et les combats, son cauchemar était de se retrouver seul  en forêt un jour d’ouragan.

A  l’aube de la quatrième lune Aigle Rusé le grand chef,  réunissait le village, un immense feu central était encerclé par toute la tribu et des chants ancestraux mélangés aux sons des tambours couvraient le hurlement des coyotes en quête de proies.

Les quatre jeunes savaient que c’était le moment du départ. Chacun reçut un paquet identique : un poignard, de l’amadou séché, une pierre à éclat et un parchemin à ne lire qu’en plein milieu de la forêt.

Pendant trois cycles de lune ils devront survivre avec peu, prier, jeûner, penser et surtout découvrir le monde des grands esprits.

Ils prirent leurs dotes et partirent le cœur serré aux quatre coins cardinaux.

La première nuit fût longue et brumeuse, la fatigue, la faim et le manque de compagnie les recroquevillaient sur eux mêmes. Plus les jours passaient et plus les corps s’affaiblissaient. Ce n’était que le début du printemps et à part des pissenlits la nature n’était pas encore généreuse.

Le grand chef en leur remettant le parchemin avait bien stipulé qu’ils ne devaient l’ouvrir qu’au moment où le doute s’installerait. Ce texte serait une sorte de guide, de conseilleur…

« Coyote fougueux » était sur une zone trappée par les visages pâles en abondance et il ne réussissait pas à piéger d’animaux pour se nourrir. Il était épuisé et perdait le moral en même temps que son poids, il fondait comme un glaçon au soleil. Il se mit à lire le parchemin. Le texte disait que l’homme blanc était supérieur aux athapascans, qu’ils étaient mieux organisés et que la forêt allait leur appartenir…Dans une rage noire il hurlait sa haine contre les visages pâles et maudissait le chef du village de lui avoir fait subir cet affront avec ce texte odieux.

« Crocus des prairies » découvrait des plantes qu’il ne connaissait pas, il se perdait dans les théories qu’il avait cru apprendre mais ici loin de sa terre tout était différent. Il était temps de lire le manuel d’Aigle Rusé. Où que tu sois les plantes sont poisons, les rivières souillées et l’animal trop futé pour se laisser piéger, tout ce que je t’ai appris ne sert à rien… Il était abasourdi d’une telle nouvelle, pourquoi une si grande trahison alors qu’il commençait à appliquer sa médecine ?…

« Plume vacillante »n’était pas en meilleur état que ses autres frères, mais il encaissait pas trop mal cette immense épreuve. Les anciennes blessures bien-sûr prenaient de plus en plus de place et le moment de rentrer au village lui tardait. A son tour il ouvrait le parchemin : La maladie va te ronger comme le fleuve qui ravage une berge, loin des tiens tu va souffrir et dans le grand astre noir tu vas partir. Il se mit à sangloter et ne pouvait croire que le grand chef avait pu écrire cela…

« Pas qui s’efface » était celui des quatre qui était le plus mal en point, seul au milieu de la forêt tout le faisait sursauter. Un grizzli était venu croiser son chemin et il avait bien cru que c’était sa dernière heure. Chaque buisson, talus, arbre semblaient lui cacher un monstre. Il était temps pour lui de prendre du réconfort en lisant les écrits d’Aigle Rusé : Le grand vent du Nord qui porte la foudre et la grêle vont s’abattre sur toi, le tonnerre mettra le feu à la forêt que tu arpentes et comme tu es seul les grizzlis et les loups te dévoreront. Il se mit à hurler comme une bête féroce. Il se jugera de rentrer au village pour se venger…

Au matin de la troisième lune, quatre gars décharnés se présentaient au milieu du village, le feu était toujours allumé où du genévrier brulait pour éloigner les mauvais esprits. Le son du tambour lancinant rameutait la tribu et autour des jeunes disciples Aigle Rusé récitait de vieilles prières.

Le calumet était fumé à tour de rôle et les percutions de fémur d’orignaux sur les peaux tendues embrouillaient encore plus les esprits…

Soudain le vieux planta sa lance dans le sol et le silence glaça l’assistance.  Alors mes enfants avez vous rencontré le grand esprit ? Est ce que mes écrits vous ont guidé ? Le mutisme était pesant puis le plus courageux des quatre pris la parole. Il le regardait droit dans les yeux en tremblant de rage : Tu m’as trahi, tu m’as prédit de devenir un guerrier et sur tes écrits tu sublimes l’homme blanc. Les trois autres saisirent l’occasion pour vociférer contre le grand chef, tu es un vieux fou, tu nous as trahi, tu mérites l’exile…

Le sage saisit les parchemins et les déroula devant tout le monde, ils étaient vides de toute trace, vides d’écrit, vierges de peinture !!!

Les jeunes les reprirent en mains et hurlaient que ce n’était pas possible, qu’il y avait de la sorcellerie dans tout cela.

Les tambours reprirent  comme le battement d’un cœur qui bat au ralenti, le chef se mit à chanter en lançant du sel sur le feu. Puis de nouveau il planta sa lance dans le sol et s’approcha face contre face des quatre apprentis.

Ces parchemins étaient vierges !!! Il se mit à rire comme jamais ils n’avaient entendu… Ils sont vides, je n’ai jamais rien écrit dedans, ils ont juste un pouvoir, celui qui tente de le lire ne voit que ses faiblesses, ses rancœurs, son passé. Vous n’avez lu que ce que vous avez au plus profond de vous…

Voilà chers amis une petite histoire qui m’est venue en réflexion pendant une journée kayak en montagne en plein milieu d’une Corse hivernale paisible.

Il est dur d’écrire, mais encore plus de lire et d’interpréter. Si le cœur vous en dit vous pouvez bien-sur écrire un mot à Grand Aigle Rusé…

Ayeltgnu

Une leçon d’aventure pour les élèves de CM1 de Bonifacio…

8 mars 2011
Ecole de CM1 de Bonifacio

Ecole de CM1 de Bonifacio

Article du Corse Matin du 23 février 2011 signé Alex Rolet:

A l’invitation d’Eric Volto, directeur de l’école élémentaire, Frank Bruno a offert une grande leçon d’humanisme à plus de 40 élèves, captivés par ses récits d’aventures, plus étonnantes les unes que les autres.

Un Bonifacien de réputation internationale

Bonifacien d’adoption, résident sur son bateau nommé Cabochard et aventurier de profession, Frank Bruno est connu et reconnu dans le monde entier pour ses exploits physiques et ses défis surhumains. Il a même été lauréat en 2009 du Trophée Peter Bird qui récompense un aventurier « normal », si l’on peut dire. Car dès l’âge de 20 ans, il doit être amputé d’une jambe lors d’un accident à bord du porte-avions Foch. Un handicap qui n’aura de cesse de le motiver à se dépasser, à nous dépasser même. Car ce qu’il réalise aujourd’hui, bien peu d’entre nous en sont capables. D’ailleurs, devant des enfants amusés et médusés, il nous affirme non sans humour : « aujourd’hui, mon seul handicap, c’est que je fais des fautes d’orthographe ». Ce qui n’est pas sans poser problème quand on écrit un livre comme il le fait en ce moment.

Ayeltgnu : le titre de son nouveau livre

Prononcez « alietnou », ce qui veut dire « tu as de la chance » en langue athapascan, du nom du peuple de « natives » qui habitent le bassin du Yukon. Ce fleuve coule sur plus de 3 000 kilomètres, de l’ouest du Canada en traversant l’Alaska jusqu’à la mer de Béring. Il offre des paysages aussi extraordinaires que quasi désertiques, parsemés de milliers de lacs. Mais seul, Frank ne le sera jamais. Lors de la descente en kayak de cette rivière puissante, parfois large de 15 kilomètres, Frank fera les 300 premiers kilomètres accompagné de 6 enfants invités, eux aussi handicapés, dont Elliott résident à Bonifacio. Ensuite, oui, Frank fera la descente en solitaire.

Mais toujours accompagné de Jo-Zef, sa mascotte (qui déteste qu’on dise d’elle qu’elle est une simple peluche), et de nombreux animaux tels que loups, renard des neiges, orignal, lynx et quelques autres biens moins sympas que des peluches, même si de loin il y a ressemblance.

En effet, ours noirs et grizzly (3 mètres debout, 500 kg, griffes de 15 centimètres et vitesse de pointe de 66 kilomètres/heure) sont omniprésents tout au long du parcours. Comme nous le disait un élève de CM1 imaginatif et émerveillé par les performances de Frank Bruno, « le grizzly, il est plus haut que le plafond de la classe ».

Des rafales de questions

Après plus d’une heure de récits palpitants, la séance de questions a été très animée. Les unes concernant les diverses expéditions de Frank (dont la traversée de l’atlantique à la rame), mais beaucoup de questions ont fusé aussi au sujet du handicap d’être unijambiste voire même d’être différent. La prothèse de Frank baptisée Maggie (car « ma guibole ») est passée de main en main, d’abord avec appréhension, mais très vite, les enfants ont compris que Frank n’est pas différent de nous. Sauf peut-être que depuis des années, il a développé plus de volonté, plus de combativité et plus d’humanité que la grande majorité. Sur une jambe, il nous a tous doublés, il faut bien l’avouer. Rendez-vous sur le site www.boutdevie.org pour découvrir ses aventures, les pensées de Jo-Zef et quelques coups de gueule justifiés.

Alex Rolet