Stage de survie mars 2018

5 mars 2018

Ces 4 jours de baroude se sont envolés, volatilisés, mais Dieu qu’ils furent bons et d’une folle énergie. 2 femmes et 4 hommes pour un groupe de haut vol. Pas tout le monde était sur deux pattes, mais la motivation se moque de ce détail numéraire… Alors l’Aventure a eu bien lieu, la pluie, le vent étaient au rendez-vous, comment pourrait-il en être autrement. La vallée perdue nous a accueilli, le torrent en cru nous a bercé, les grains nous ont enveloppé, la fraternité nous a soudé, comme si le monde n’existait plus, comme si nous étions devenu qu’un. Amputés, valides, l’objectif était l’initiation, l’apprentissage d’une existence sans superflu, sans chichi, juste vivre l’instant présent. Les bivouacs sous une bâche pas forcément étanche, les rafales qui s’engouffrent jusqu’au fond du sac de couchage, le sol détrempé qui rend les fringues du matin difficilement mettables, sont les lois qu’il faut apprendre sans rechigner. Les moignons ont souffert, mais jamais une seule fois quelqu’un c’est plaint, bien au contraire, cette part de boiterie nous a fait réaliser que nous étions vivants. Chacun a eu sa place, pas d’ordre, pas de contrainte, tout le monde en silence a saisi et pris son rôle à bout de bras avec envie et amour. Wilfrid fut nommé la force tranquille, Ludo le cueilleur au grand cœur, quant à « mes » monocylindres Antoine et Christophe de vrais découvreurs de limites. Les marches silencieuses nous ont porté vers l’essentiel, la découverte des plantes nous a plongé dans les entrailles de nos aïeux, la mise en place des bivouacs a offert sa part d’inconnu aux nuits sombres et mystérieuses. Chacun a livré ses secrets, chacun a déposé son masque pour briser ses tabous, le passé a baissé l’échine il s’est soudain senti abandonné. Pourquoi cacher, pourquoi tricher, nous sommes devenus qu’un, alors les confidences nous ont bouleversé, ému aux larmes, la vie cette chienne s’est révélée moins cruelle qu’on pouvait y croire. Les prisons de nos angoisses nous ont libéré en conditionnelle, oui, avec la seule condition de rester des femmes et des hommes libres coûte que coûte. Quelle joie de voir les filles avoir été les seules à ne pas se perdre, quel bonheur d’admirer « mes » éclopés gravir un dénivelé de folie sans entendre la moindre plainte, quelle sagesse de compter sur Wilfrid et Ludo pour l’organisation du feu et de ses protocoles. Les moments furent tous très forts, parole de tête dure. Les 6 m’ont bluffé, les 6 m’ont charmé… Le torrent en cru a nécessité plus de prudence et d’audace pour pouvoir le franchir avec un plan B en cas de chute. Confiance et motivation ont été les métronomes de ces traversées réalisées avec beaucoup de brio. Jusqu’au bout ils ont découvert leurs limites sans jamais les dépasser. Quand une des filles provoque les garçons en leur lançant le défi de traverser le lac à la nage et que Ludo accepte, mon cœur n’a fait qu’un tour. Puis au bout de leur nage une victoire simple comme l’a été ces 4 jours de pur bonheur… Les mots me manquent pour ce stage de partage, ils resteront comme un cadeau immense, comme un boost pour les jours de « moins bien ». Voilà que la page se tourne, demain elle sera vierge, à nous de l’écrire, à nous d’en être les purs acteurs…

Le grand luxe c’est quand la douleur s’estompe…

 

 

Plus que de la survie, la vraie vie…

26 avril 2015
Essais, d'avant départ...

Essais, d'avant départ...

Il était une fois un Prince blessé d’un royaume immobile, assis au milieu d’un torrent, trois vaillants chevaliers le protégeaient. Tout proche de la fine équipe un éclaireur veillait au groupe ; je crois qu’il s’appelait le Free Man boiteux ! Comment donner des mots à ce stage de survie, comment décrire l’indescriptible, comment narrer cette odyssée de lumière ? Pour retrouver notre monde éphémère revenons à un événement majeur. C’est le 30 novembre 2007, devant son public au Palexpo de Genève, que Marc Ristori grand champion de super cross, chute lourdement pour devenir paraplégique. Sa vie bascule dans l’inconnu, dans le monde de la souffrance, dans le miroir du regard des autres, dans la mobilité perdue. Pourtant Marco est un guerrier, son mental de sportif de haut niveau ne le lâche pas et il s’accroche aux branches pour survivre. Les vrais amis ne l’ont pas abandonné, parmi eux des sportifs de haut vol : Polo, Jean et Ronny. Paul me tarabustait depuis bien longtemps, pour venir à l’intersaison de hockey sur glace, à un stage de survie mais je savais que bien plus que du baroude, il souhaitait le partager avec son ami motard. L’idée me plut de suite mais la chose ne serait pas si simple. La seule solution pour progresser dans le maquis dense est la joelette ! Julie, accompagnatrice en moyenne montagne en Corse me proposa sans ciller de nous prêter cet outil indispensable à une telle opération, ici son site. Donc le matériel étant trouvé, il ne fallait plus que regrouper les volontaires pour une telle aventure. Jean, le frère de Polo hockeyeur et Ronny footballeur tous deux anciens pro de leur discipline étaient les personnes idéales pour un effort aussi intense et long. Jeudi nous sommes partis à l’aventure, pas de plan prévu, pas de ligne toute tracée à suivre nous devenions les écrivains d’une page vierge. Bien des « autres » nous auraient traités de fou en annonçant cette balade mais la vie est trop courte pour écouter les « assis dans leur tête », nous sommes des Free Man et peu importe si quelques bouts ne fonctionnent pas comme il est indiqué sur le mode d’emploi des hommes valides ! Alors nous avons arpenté le granit, nous avons traversé à maintes reprises les torrents. Le merle n’a apporté aucun jugement au groupe inédit, le vent ne nous pas regardé d’un mauvais œil, le feu du soir nous réchauffait et écoutait les copains rire d’être tout simplement vivant. Il y eut de vrais travaux de forçat pour pouvoir gravir les murailles qui nous barraient le chemin, il eut beaucoup d’énergie offerte pour contourner les arbres abattus, mais Dieu que c’est bon de se sentir des Hommes unis pour amener notre Marco là où bien des bons pensants nous auraient dit que c’était impossible… Polo, Jean, Ronny et Marco merci de m’avoir permis d’être à vos côtés. Allez les boys, ensemble on peut le gueuler : un souvenir ne s’achète pas il se vit…

Une équipe merveilleuse pour réaliser l'irréalisable!

Une équipe merveilleuse pour réaliser l'irréalisable!

Le sourire de Marc était notre dopant.

Le sourire de Marc était notre dopant.

Aux arrêts casse-croutes les siestes étaient de rigueurs.

Aux arrêts casse-croutes les siestes étaient de rigueurs.

Un spectacle à nous couper les jambes!!!

Un spectacle à nous couper les jambes!!!

Sur-vie douce et maquis

16 mars 2015
Sous un chêne liege centenaire...

Sous un chêne liège centenaire...

C’est le quatrième jour que nous arpentons le maquis sauvage de « ma » vallée perdue. Quatre jours entre nous, sans aucun lien avec le monde des « autres », quatre jours sans le moindre écran, quatre jours de « ma » vraie Vie. Le groupe est comme je les aime, rien à priori ne peut les unir, pourtant l’alchimie du nomadisme a créé l’union. Ghislaine, Corinne, Samuel, Didier, Jean-Luc et Sylvain sont les survivalistes, tous ont une personnalité, une âme différente, mais chacun est venue chercher une réponse à l’une de ses questions. Le guide est raccourci d’une jambe, mais ma prothèse ne permet pas de déceler ma mutilation. Sur ce stage, vu la méchante blessure qui vient enfin de guérir, j’ai pris la sage décision de changer mes bâtons de marche par des béquilles. Malgré la crainte de semer l’inquiétude dans le groupe, personne n’y a apporté attention. Je crois que je vais continuer à les utiliser, leur confort de marche hors sentier m’a convaincu de leur bienfait. Mais surtout, la « première » dans cette aventure de sur-vie douce, est que l’un des participants, Sylvain amputé fémoral, ne porte pas de prothèse ! Le pari était audacieux, mais homme de défi, j’ai de suite accepté le challenge. Grimper une montagne hors sentier, en se frayant un chemin au milieu des ronces et des racines croche-pattes, est une épreuve épuisante pour un valide mais pour un unijambiste non appareillé cela fait partie de l’exploit de haut vol. A bon pas nous avons arpenté la rudesse de la vie sauvage, le soir les bâches camouflées n’avaient pas pour premier rôle de rassurer leur occupant mais le feu prenait l’apparence du confident qui réchauffe les âmes. Mal assis nous tentions de ne vivre que l’instant présent. Le torrent, le soir nous ouvraient ses bras pour nous débarrasser du trop de sueur de la journée, comme par enchantement les « petits baigneurs » savouraient les biens-faits d’une eau vivifiante. Oui ; vivre sans rien est un luxe immense, oui ; le nomadisme est le retour à l’essentiel : Vivre. Mais ce quatrième jour fût une sorte de feu d’artifice, toute la nuit précédente, les grains n’ont cessé de gonfler les torrents et à ma grande surprise nous nous retrouvions « prisonniers » d’une sorte d’île encerclée d’eau bouillonnante ! La seule solution était le franchissement de l’un d’eux pour pouvoir se retrouver en zone de chemin retour. Sous ma parka je jubilais d’un tel dénouement, mes « élèves » allaient devoir découvrir de nouvelles limites.  Un passage facile était choisi, mais assez engagé pour un non initié. Avec un bout de corde, un peu d’ingéniosité et d’expérience, l’aventure allait prendre toute sa dimension. A tour de rôle chacun retenait son souffle pour ne pas glisser dans ce « jacuzzi » géant, l’exercice offrait sa part d’adrénaline. Mais le meilleur est toujours pour la fin, Sylvain sur une seule jambe traversait le torrent en furie en nous offrant une sacrée leçon de vie.                                                                                Voilà le stage est fini, l’équipe a repris le chemin de sa vraie vie, mais j’en suis certain tout le monde aura dans un coin de la tête ses moments de partage si forts et si sincères. Du pays où les apparences n’ont aucun pouvoir nous vous envoyions une bouffée d’air pur et humide du maquis.

Si cela vous tente il y a encore 4 places pour le stage de novembre. Aucune condition physique particulière n’est requise pour cette aventure, la seule condition, vouloir, l’espace de quatre jours devenir un Free man…

Un souvenir ne s’achète pas il se vit.
Un aperçu en vidéo:

Et pourquoi pas?

Et pourquoi pas?

Le sommet enfin atteint!

Le sommet enfin atteint!

Après l'effort le reconfort.

Après l'effort le réconfort.

Paire ou impaire!

Paire ou impaire!

Après une nuit de déluge!

Après une nuit de déluge!

Didier ouvre le bal du torrent en cru!

Didier ouvre le bal du torrent en cru!

Il va y aller!

Il va y aller!

Façon équilibriste!!!

Façon équilibriste!!!

Survie et émotions en photos.

16 novembre 2014

Vous deviez vous demander pourquoi je n’avais pas publié quelques photos du stage dans mon dernier billet! La raison était simple, j’avais laissé mon appareil quelques part dans le maquis. Un peu têtu le garçon, j’ai profité d’un beau week-end de pluie d’orage et de solitude pour aller à sa recherche. Mon coup d’œil légendaire, diront certain « bisqueur », non seulement m’a permis de le dénicher mais aussi pour ma plus grande joie de retrouver aussi la montre de Valérie qui l’avait égaré!!! Je sais dame chance ne me lâchera jamais. Pour mon plus grand plaisir un petit album sympa.
En bas de ce billet j’ai posté la chanson que Ange-Paul nous a si joliment interprété au coin du feu. Une forte émotion m’a submergé mais je crois que je n’étais pas tous seul. Merci la vie et dire qu’un d’un cheveux je n’aurai pas pu te croiser Oh Ange-Paul…

Une longue route de terre pour que chacun puisse prendre ses repéres.
Une longue route de terre pour que chacun puisse prendre ses repéres.
La barrage lui aussi victime de la sécheresse.
La barrage lui aussi victime de la sécheresse.
Gwen prend déjà des notes.
Gwen prend déjà des notes.
La construction d'un abri demande toujours beaucoup d'energie et de concentration.
La construction d’un abri demande toujours beaucoup d’énergie et de concentration.
Allumé un feu avec de la bruyére mouillée n'est pas une mince affaire!
Allumé un feu avec de la bruyère mouillée n’est pas une mince affaire!
Mais qu'il est bon de se réchauffer auprés du foyer.
Mais qu’il est bon de se réchauffer auprès du foyer.
La gamelle chantonne un refrain d'une soupe qui va nous rechauffer.
La gamelle chantonne un refrain d’une soupe qui va nous réchauffer.
On reprend la route très loin des sentiers balisés.
On reprend la route très loin des sentiers balisés.
La concentration se lit sur les visages.
La concentration se lit sur les visages.
Trempés comme des souches le sommet est atteint. Ce n'est pas l'arrivée qui compte mais le chemein qui y méne.
Trempés comme des souches le sommet est atteint. Ce n’est pas l’arrivée qui compte mais le chemin qui y mène.
Nuits humides et inconfortables, la vie de nomade a ses exigences. Etre libre c'est choisir ses contraintes.
Nuits humides et inconfortables, la vie de nomade a ses exigences. Être libre c’est choisir ses contraintes.
Ici tout le monde s'en donne à coeur joie, de vraies bucheronnes!
Ici tout le monde s’en donne à cœur joie, de vraies bucheronnes!
Deux longues branches, deux blousons une touche d'astuce et le brancard de fortune nous sortira d'une mauvaise posture. Le blessé se porte à merveille!
Deux longues branches, deux blousons une touche d’astuce et le brancard de fortune nous sortira d’une mauvaise posture. Le blessé se porte à merveille!
Le dernier soir en douce la belle équipe m'a confectionné ce petit tipi. Ah émotion quand tu me kidnappe!
Le dernier soir en douce la belle équipe m’a confectionné ce petit tipi. Ah émotion quand tu me kidnappe!
Et si le hasard n'existait pas. Un immense concourt de circonstance et nous voilà les 7 devant le lion qui nous plonge en état de grâce. Que la vie est belle...
Et si le hasard n’existait pas. Un immense concourt de circonstance et nous voilà les 7 devant le lion qui nous plonge en état de grâce. Que la vie est belle…

Survie et émotions

12 novembre 2014
Une simple feuille; l'homme n'est qu'une simple feuille.

Une simple feuille; l'homme n'est qu'une simple feuille.

Cela fait quatre jours que le maquis nous a ouvert ses portes, quatre jours que nous sommes devenus le vent, la pluie, la nuit, quatre jours que nous ne sommes plus qu’un. Sur la route du retour, alors que les éléments se déchainent la côte submergée par une forte houle nous invite à la contemplation. La lumière tachée d’encre sombre nous laisse sans voix, en musique de fond, un chant bien de chez nous. Nos yeux cherchent l’infini dans un horizon mystique mais très sincèrement je crois plutôt que la solennité du moment est animée par nos âmes qui savent que ce sera la dernière fois que nous serons physiquement ensemble. Côte à côte une immense émotion nous envahit, le sel de la mer remplit nos yeux d’un bonheur intense de partage. Mais que s’est-il passé pendant ce stage de survie ? Très sincèrement je n’en sais rien, il me semble que la pudeur n’ose dévoiler ce merveilleux échange. La météo était à la hauteur de l’initiation puisque un avis de forte pluie et d’orage était annoncé sur tout le département, mais là-bas dans la vallée perdue, ces préoccupations d’homme n’ont jamais leur place. 6 personnes différentes venaient chercher un secret, à moins que ne se soit la quête d’une vieille plaie mal cicatrisée. La magie de ce groupe fût leur faculté à s’adapter, pas besoin de causer, ni d’expliquer, chacun avait sa place, là à l’instant présent. Les mains ont souffert dans les ronces, les muscles ont enduré le dénivelé, le dos a conjuré le sort des nuits sur un sol caillouteux, la peau s’est tannée aux multiples baignades dans le torrent mais pas une seule fois quelqu’un ne s’est plaint. Le confort était basique mais comment expliquer que mal assis sur un gros galet trempé d’une pluie fine automnale chaque soir nous avons veillé jusqu’au milieu de la nuit. Le feu doit avoir sa part de responsabilité mais une force mystérieuse nous empêchait de nous cacher dans nos sacs de couchage humides. La vie de nomade a ce pouvoir d’unir les hommes et les femmes, monter le campement sur une berge d’un fleuve perdu remet l’être humain à sa juste place, il ne devient qu’un grain de sable parmi des milliards d’autres d’une grève sablonneuse. Nous avons pris sur nous mêmes, pour devenir un Groupe, oui la majuscule s’impose quand la fusion est si forte. L’émotion ne nous a pas lâché, chacun y a apposé sa larme d’étoile mais alors ce n’est plus une vie que nous avons vécu mais une sur-vie bien au-delà de toute espérance. Allumer un feu sous la pluie replace les priorités, savoir remonter sa capuche quand l’averse s’invite sans prévenir garde permet aux âmes de se reconnecter, la pierre plate qui cuit le pain efface, et de loin, l’autel au calice d’osties. La bâche se sacralise, elle devient temple, la prière est simple, merci de l’instant présent. La marche de nuit en plein néant nous a donné le coup de grâce, sans éclairage alors que les orages nous empêchaient tout espoir de moindre vision, les pas on été douteux, gauches mais au bout du voyage la lumière de tout en chacun irradiait nos chemins de vie. Vous voyez l’émotion n’a pas quitté mes épaules meurtries par un lourd sac à dos, ce soir au fond de mon petit Cabochard, alors que la tempête couvre le bruit des hommes sédentaires, je vais pouvoir m’endormir sereinement. Oh Pascale, Valérie, Marlène, Gwen, Alan, Ange-Paul, vos sourires m’inondent encore le cœur, ne changez rien, vous êtes des êtres précieux.

Un jour de toussaint…

2 novembre 2014

Il parait que c’est le jour des morts, c’est peut-être pour ça que je m’extirpe de mon tipi pour aller les rencontrer, il fait encore nuit et seule ma lampe frontale offre de la lumière. Mais hélas aucun fantôme, pas même le moindre génie, ne m’attendent ! Mon sac est prêt, il me faut vite prendre le maquis, je suis recherché, mais oui les habitudes pourraient me kidnapper à paresser au camp des solitudes. Je connais beaucoup de sommets mais il y en a, encore plein, vierges de mes pas boiteux. Le soleil va bientôt arriver, je me remets bien d’aplomb, il faut que je sois présentable, quand on a la visite du patron, c’est un minimum. Le dénivelé est à la hauteur des mes espérances mais il en faut plus pour épuiser un Cabochard. J’enchaîne les génuflexions, non je ne suis pas à l’église, mais dans un temple qui se nomme « Maquis » et malheurs à celui qui ne se voute pas. Une odeur, une vibration, j’en sens un ! Il est devant moi, on s’observe, cela ne dure que quelques secondes alors j’ouvre l’œil et le bon. Un gros sanglier d’au moins 80 kilos me coach sur le rythme à prendre pour bouffer de l’altitude, les poètes resteront sur leur faim, où il passe plus rien ne repousse. Non mon signe astrologique chinois n’est pas cochon, n’écoutez pas ceux qui essaient de me suivre, ce sont des jaloux. J’avance d’un bon pas, les rouges-gorges m’épient mais je ne les calcule pas, ils pourraient me racketter ma seule barre de céréales qui devra me nourrir pour la journée. Des nouveaux blocs de granit me surprennent, d’en bas je ne l’ai avais jamais deviné, puis je rejoins la crête, et si j’y donnais un nom. Ok ! Chut, ça c’est mon secret ! Vers le Sud-ouest j’arriverai sur un terrain connu, vers le Nord-est c’est « terra incognita », vous avez deviné où je file tout en sifflotant ! Au fait j’ai oublié un détail, je ne suis pas seul, non les mascottes sont restées au camp, j’ai amené mes deux maîtresses, oui je suis devenu bigame ! L’une se nomme Liberté et la seconde Solitude. Deux sauvageonnes qui sont tombées folles amoureuses et qui ne me lâchent plus la prothèse. Alors à la manière hippie on divague main dans la main, mais où allons nous ? Peu importe ce n’est pas la destinée qui est importante mais le chemin qui y mène. Dimanche prochain je ne serai plus seul, trois femmes et trois hommes vont suivre mes pas pour un stage de sur-vie, si l’aventure vous tente, fouillez le site et vous trouverez les dates du prochain où il reste certainement une place pour vous… Le maquis m’a inspiré quelques mots, je vous les offre, ne les gâchez pas ; d’accord !

Et dire que certains croient que seul le soleil peut offrir sa lumière.

L’échec est une invitation à devenir.

Il y a une route unique dans chaque homme, égarez-vous et vous trouverez la vôtre.

Un homme si malheureux qu’il ne mangeait jamais les pennes !

Mon passé s’échappe mais qui est le gardien de mes souvenirs ?

L’eau et le bon sens ont un point commun, ils sont les moins bien repartis sur Terre.

A pluche.

Un "chez" moi bien douillet...

Un "chez" moi bien douillet...

Le seul autorisé à ronfler dans mon tipi, c'est le poêle à bois.

Le seul autorisé à ronfler dans mon tipi, c'est le poêle à bois.

A bandera, je sais mais c'est plus fort que moi.

A bandera, je sais mais c'est plus fort que moi.

Au loin la mer, ici le silence, j'ai fais mon choix...

Au loin la mer, ici le silence, j'ai fais mon choix...

Incroyable je n'y ai pas trouvé de trésor, mais j'y ai caché le mien, chut c'est un secret.

Incroyable je n'y ai pas trouvé de trésor, mais j'y ai caché le mien, chut c'est un secret.

Un fée m'a invité, je l'ai suivi jusque dans ses nuits.

Un fée m'a invité, je l'ai suivi jusque dans ses nuits.

Et si un troll surgissait!

Et si un troll surgissait!

Quand les esprits de la forêt s'incarnent...

Quand les esprits de la forêt s'incarnent...

Et dire qu'un jour j'ai failli mourir...

Et dire qu'un jour j'ai failli mourir...

Vie sauvage et maquis

24 octobre 2014

Cela faisait une bonne paire d’années que je m’étais mis bille en tête de guider une équipe « d’éclopés » en plein maquis, finalement le rêve est devenu réalité. Carole, Claire, Audrey, Marie et Sylvain tentent l’aventure. Comme tout bon aventurier il leur était demandé de trouver un « sponsor » qui les aiderait à compléter leur équipement de vie sauvage et de payer une partie de leur déplacement, le reste étant pris en charge par Bout De Vie. Thierry représentant l’association Res Publica , dirigée par Mr et Mme Jean-Claude Perrin mécène du projet, nous accompagnait. Il n’est pas simple en un claquement de doigt de devenir un être de la forêt, il n’est pas aisé de se fondre avec le vent et le silence, mais leur volonté fût d’une exemplarité magnifique. La route en terre annonce l’isolement du lieu, pas de maison, ni âme qui vive, au bout d’une piste perdue, nous stoppons nos véhicules, la nature les attends de pied-ferme. Marie est la seule non-amputée, sa force, oups pardon, je voulais dire, sa différence, est, qu’elle est non voyante, mais à son contact nous avons appris à regarder avec les sons. Le briefing de départ met un peu de pression, il est hors de question que je m’apitoie sur leur sort. Nous sommes là pour grandir et laisser derrière nous les « citadineries » ! Les gadgets avec écrans sont strictement interdits, la seule connexion possible sera avec les grands espaces. Sylvain par confort et habitude ne porte pas de prothèse, il sera un peu le prof à ces demoiselles qui doivent apprendre à marcher avec des béquilles. Le terrain est accidenté, pour quelqu’un qui n’a jamais pratiqué le maquis, il est surement impossible d’imaginer un seul instant la difficulté de la progression hors sentier dans ce dédale de bois mort enchevêtré et au milieu des ronces. Il découvre un autre monde, seul la concentration leur permettra de surmonter ces difficultés, je sens de la détermination mais beaucoup de doute les envahissent à tour de rôle. Les kilomètres s’égrainent, le dénivelé positif et négatif sont gagnés mais la fatigue les attend au détour d’un arbousier ou chêne liège, pas de chance, elle ne trouvera aucune place dans leur sac à dos. Le soir des bons repas traditionnels les attendent au coin du feu, les silences aident Marie à sentir le lieu mais qu’il est difficile pour une bande de filles de faire le silence ! Alors le grand frère lance un souffle, un regard noir et elles comprennent. Pendant ces jours de partage, chacun des participants, même Thierry, le seul « valide », ont trouvé de nouvelles limites, les obstacles du premier jour ont été amputés de quelques degrés. Sous le duvet, au fond du tipi, dans la magie de la nature encore sauvage, ils ont été pour un instant plus près des anges. Quel plaisir l’autre soir de s’allonger sur une grande bâche pour chercher son étoile filante, quelle joie d’avoir la visite de Jean-Baptiste le seul éleveur de toute la vallée qui nous a gâté de gâteaux et de sourire. Ses histoires ont fait comprendre ce qu’était la « vraie » Corse loin du monde et des clichés. Une après-midi Véro est venue les masser, une manière pour rester le soir et partager la soupe corse qui mijotait dans son poêlon de fonte depuis le début d’après-midi. J’en aurai encore des choses à écrire mais certains souvenirs ne se racontent pas ils se vivent, puis les jardins secrets ne peuvent être trop dénudés. Certains d’entre eux auront l’envie de vous le raconter avec leurs mots, désolés les autres maux ont glissé dans le torrent à l’occasion des baignades vivifiantes de fin de journée commando. Pour ceux qui douteraient de ce récit voici juste entre vous et eux quelques clichés.

L'humour comme guide de rando, rire de nos malheurs en prenant notre pied!

L'humour comme guide de rando, rire de nos malheurs en prenant notre pied!

La concentration d'une traversée, un pas aprés l'autre.

La concentration d'une traversée, un pas après l'autre.

Brossage des dents avec du charbon, la seule solution de la vie en pleine nature.

Brossage des dents avec du charbon, la seule solution de la vie en pleine nature.

Une mascotte qui ne sait plus sur quel pied danser!!!

Une mascotte qui ne sait plus sur quel pied danser!!!

Thierry en plein boulot!

Thierry en plein boulot!

La récompense, une balade avec une baignade...

La récompense, une balade avec une baignade...

La forêt enchantée…

21 mai 2013
Nombril de Vénus

Nombril de Vénus

Et oui encore dans mon maquis dense et isolé, mais n’allez pas croire que j’ai changé de vie, absolument pas ! J’ai retrouvé dans ce paradis de ronces et de fougères la sérénité que j’avais connue il y a bien longtemps aux iles Lavezzi. Mais voilà l’archipel des Bouches de Bonifacio s’est fait happer par le tourisme de masse et l’urbanisation des lieux, alors j’ai posé mon sac ailleurs. Là au milieu de la forêt j’y ai retrouvé ce qui m’amusait dans les iles au granit. L’histoire est enfouie sous la mousse et la fougère, je la sens, je la hume et ici je sais que je ne serai pas dérangé par les empêcheurs de rêve. Alors je songe, montant maintes projets, je les annonces à Véro, elle me connait bien et sait que pour la plus part ils prendront forme. J’ai une idée qui revient sans cesse en boucle, je ne veux personne sur ce territoire vierge, sauf quelques privilégiés ; mais qui ? Patience on y arrive :

Dans une sorte de Guyane insulaire, de lianes et de ronces le cabochard cogite. Et si j’ouvrais une brèche pour passer avec une joelette, mais la densité de la flore n’aime pas le tête en l’air ! Ok vous n’avez jamais entendu parler de cet outil ; une joelette est une sorte de fauteuil roulant tout terrain qui n’a qu’une seule roue et qui peut passer dans des endroits très accidentés, elle est tractée par deux accompagnants. Donc en tant que rêveur je m’imagine guider un gamin à mobilité réduite dans mon Eden. Mais voilà devant moi un Everest de végétation ! Le premier boulot est de deviner le meilleur terrain pour avoir des pentes douces et non piégeuses, puis définir où traverser le torrent sans risque. Je visualise et me lance à mains nues, je m’attaque au maquis, il est consentant mais le travail est titanesque, comme je les aime. J’aurai pu appeler à la rescousse mais non l’âme du solitaire est trop forte, les « moi à ta place » ne sont pas admis ici ! Je trouve ma piste, je la vois s’ouvrir devant moi, puis je prends le rythme, je progresse très vite ; Véro me rend visite elle prend part aux travaux,  sa charge est d’ouvrir le nid de ronces qui coupent le gué du torrent. Telle la coiffeuse, avec son sécateur elle offre une coupe au bol au murier sauvage !  Les arbustes sont déracinés, certains doivent être tronçonnés, les pierres de granit qui barrent le passage sont savamment déplacées, qu’Hercule se tienne à carreau je le prends où il veut au jeu du caillou roulé. Pendant deux jours je sue à grosse goutte, j’en arrive au bout. La tronçonneuse m’offre un tatouage supplémentaire, une erreur d’inattention et elle vient me mordre le genou, le bon bien sur ! Pas de trousse à pharmacie dans la forêt, je suis dans un vrai laboratoire bio. Une feuille de Nombril de Vénus me sauve de l’hosto et des points de suture, il suffit de lui ôter sa mince peau et de l’appliquer comme pansement et voilà un matelot tout neuf. Finalement le chemin est ouvert et un rêve va se réaliser, bientôt un petit « différent » va pouvoir découvrir mon camp de corsaire des bois.

Ces moments m’apportent une énergie débordante et après trois jours de maquis ce matin je n’ai pas pu me faire doubler en vélo dans les bosses de Roccapina et sa région. Désolé les gars je sais que je suis un poil taquin quand  les attaques viennent !!!  Donc mi-juin je vous raconterai, j’en suis sur une belle histoire : Il était une fois un nomade des bois qui connaissait les Elfes et fées des forêts, là bas dans la citadelle des marais salants vivait un petit homme, la sorcière Carabosse lui avait ôté la mobilité mais ce n’était pas connaître les pouvoirs de la forêt enchantée… A l’entrée du lieu des Djinns un panneau avertissait l’égaré : Attention forêt enchantée des maux rôdent et s’envolent…

Norra et Jo zef réclament la suite du conte…

Une joelette en action.

Une joelette en action.