La philosophie de l’aventure…

27 janvier 2011

La solitude, compagne fidéle de l'aventurier...

La solitude, compagne fidéle de l'aventurier...

J’ai beaucoup de demandes dans mes rencontres et j’ai essayé de décortiquer le sujet et de le noter noir sur blanc.

L’aventure est un vaste mot qui vient du latin adventura (ce qui doit arriver), il englobe beaucoup de choses.

On me définit comme aventurier, en vérité c’est un mensonge car chaque vie est une aventure et mon quotidien est fait de routine. Ce sont les autres qui en voyant mon rythme de vie me définissent en tant que tel.

J’admets que ma vie est un peu atypique, ma pension des anciens combattants est un solide soutien, mais j’en connais beaucoup qui ont le même titre sans trop se mettre en danger.

Je crois qu’à la base on naît avec, je n’ai jamais pu penser comme les autres ce qui me valut pas mal de soucis avec les institutions (école, armée).

Ensuite c’est ce côté chien fou, mais craintif en même temps qui est important. Larguer les amarres doit être fait une fois, non pas par force ou obligation, mais par conviction. Le premier pas est important, ensuite les « excuses ». Elles viennent taper à la porte les premiers jours, elles amènent dans leurs besaces les doutes et les remords. Je suis fou d’avoir tout largué, je suis fou d’avoir rompu avec la copine trop  « non-non », je suis fou de laisser tomber mon boulot et l’avenir qu’il allait m’apporter et puis si je tombe malade…

Le mental rentre en jeu, comprendre que cela est sa voie. Puis le premier défi, finalement on s’aperçoit que ce n’était pas si difficile que ça, puis on croise des autres « fadas » qui parleront le même langage.  Les rencontres sont rares surtout de part chez nous, l’Europe est devenue un aseptiseur de rêveurs aiguës.

L’entourage est très important, il ne comprend pas et vous blâmera, donc à vous de vous imposer. Se réaliser en se moquant du « qu’en dira t’on ». La compagne est aussi la base de la réussite, jamais une fois Véro ne m’a freiné bien au contraire elle en est le moteur. Avant elle, certaines ont essayé de me calmer je suis devenu un souvenir d’un gars hyper actif au mauvais caractère.

Les pions se mettent en place tout seul, puis les seuils d’aventures grandissent, ma première fût de partir pendant 4 ans naviguer avec mon bateau, l’arrivée du Cabochard à Gibraltar restera un des grands moments de ma vie. Là-bas j’y ai rencontré des gens qui avaient le même regard, la même folie non maitrisée. Je trouvais pour la première fois des frères et sœurs de vie.

L’idée murit, pourquoi ne pas continuer, ne pas franchir un autre pallier, je commence à écrire pour une revue nautique. Puis je rêve de plus fou, plus loin encore, alors je démarche mon premier sponsor et là c’est un flop ! Je sais que je commence une nouvelle vie. Les signes se succèdent et vous guident quand le doute secoue l’embarcation.

Je suis aventurier à part entière, je ne veux pas d’intérim, je veux porter cette parka 365 jours par an. Il m’est inconcevable de faire autre chose : vivre mes rêves les plus fous. Je ne veux pas devenir professionnel car j’aurais trop peur de m’enlever cette flamme de liberté, mais en même temps je ne veux pas que cela me coûte. Un juste milieu entre l’amateur et le professionnel.

J’en croise de temps à autre ; les festivals d’aventures ont cette faculté de nous réunir juste assez pour se sourire, jamais nous ne parlons de nos récits. Vous ne parlez pas de la couleur de votre voiture, du bilan de votre société, vous ne faîtes pas visiter votre appartement quand un nouveau arrive chez vous, vous ne laissez pas la télé allumée quand vous êtes entre amis…

Alors entre nous on parle de religion, de neige, de langue, de désert, d’éditeur…Vous voyez la routine. Je reviens d’un long voyage, mais dans ma solitude du grand Nord déjà des histoires venaient me gratter le bulbe de nomade. Vivre en immeuble, en pavillon, dans le même port, non merci. Chaque jour est le départ d’une journée incroyable, cela demande aussi une éthique, une dureté avec soi même, intransigeant intimement et exigeant avec l’équipe formée. Les tentations sont énormes, mais il faut savoir se diriger, ne pas s’égarer, garder le cap. Il est très facile de devenir l’insecte qui fonce dés qu’il voit une lumière, l’ombre est le dojo de l’aventurier déterminé.

Bien sûr dans ce milieu il y a plusieurs niveaux, les purs qui vivent toute l’année dans leurs tripes, j’en fais parti, mais nous sommes les intégristes de l’aventure. Les médiatiques : grandes productions de documentaires qui a mon gout sont des réalisateurs hollywoodiens, mais la ménagère aime et adhère (soupir), puis les intermittents qui en goute une de temps à autre, mais qui doivent gérer tout un entourage réfractaire.

Le sujet est vaste, mais je crois que j’en ai donné les trames, pour finir quand on me demande une info sur une préparation de tel ou tel projet, je suis acide, décapant, car ma réponse est toujours identique. Si tu me demandes un conseil alors le seul que je puisse te donner c’est ne pars pas, car quand tu seras face à toi-même au milieu de nul part seul toi devras le gérer et mes avis seront absolument inutiles.

Créer son histoire de A à Z :

Avant de gravir la montagne fais ton premier pas et apprends à être souvent seul. (Elle est de moi !!!) (Rire)

Aventure de l’écriture…

26 janvier 2011
Cabochard pris aux îles Lavezzi, copyright Eric Volto

Cabochard pris aux îles Lavezzi, copyright Eric Volto

Il y a bien longtemps les professeurs me définissaient comme un cancre un poil rebelle-rêveur, bien avant l’âge réglementaire je quittais l’école pour la vie active, je rentrais dans le monde des grands et j’en étais fier. On m’avait fait comprendre qu’un métier ne s’apprenait pas, mais il se volait!Je devenais un fauve à l’affut de toutes informations qui pouvaient me servir, un appel sous les drapeaux à contre cœur et mon antimilitarisme m’ouvrit la porte de l’enfer. Une jambe en moins je voulais plus que tout un papier et un crayon, j’écrivis un poème qui fut édité et le gamin de 18 ans ne pouvait se douter d’une nouvelle vie d’aventure et de passion d’écrire…

Des cahiers j’en ai griffonné des tas et j’ai retrouvé ceci écrit en 2001 période très violente. La même année où j’ai croisé le regard ténébreux de ma « Vrai »…

Mon île, ma vie

De la solitude à la rencontre

De la douleur au plaisir

De la haine à l’amour

De l’égoïsme à la main tendue

De l’occlusion à l’explosion

Il vit dans son rêve les yeux grands ouverts

Fuir ou affronter

La paix lui donne sourire, mais réflexion

Cette île qu’il aime, qu’il affectionne l’isole le protège, le mange peut-être

Ici tout est excès, la foule de l’été, la paix de l’hiver

La tempête dévastatrice, le calme apaisant

La vie sous-marine abondante au courant meurtrier

Son cailloux aux multiples facettes un peu comme lui

Si accueillante et si austère, si jolie et si tortueuse, si attachante et si blessante.

Ne lui brisez pas son silence, il vous tuera de ses yeux, ne le questionnez pas bêtement, il vous fuira

Aimez le pour lui et non pas pour ce qu’il représente, lui et son île ne font qu’un

Jamais autorités, braconniers, colonisateurs seront ses allies

Tel le félin sur ses gardes il est toujours prêt à bondir pour éliminer, supprimer

Si les soirs il converse, c’est qu’il se confie aux étoiles, aux oiseaux ses conseilleurs, au granit son confident.

Ne le dérangez pas il ne vit pas pour vous, il est devenu l’un d’eux et vous ne pourrez l’atteindre.

Écrit aux îles Lavezzi en Octobre 2001 sous le grand murier…

Jusqu’au sommet de Cagna…

24 janvier 2011

Le massif de Cagna vu du Cabochard

Le massif de Cagna vu du Cabochard

Entre ciel et mer...

Entre ciel et mer...

Une larme d'Apoutiaq encore figée...

Une larme d'Apoutiaq encore figée...

Si vous fouillez un peu la photo vous un Cabochard au mouillage apparaitra...

Si vous fouillez un peu la photo un Cabochard au mouillage apparaitra...

Pas de héros, ni d'aventurier, ici les géants ne sont que des ombres...

Pas de héros, ni d'aventurier, ici les géants ne sont que des ombres...

Hier est déjà loin, mais je le qualifierais de ballade à quatre mains. Le refrain, la nature, le thème, vivre, les paroles nous venaient du ciel et nous ne faisions que les lire !

Le bateau est couvert de glace, la nuit fût feutrée. Ma « Vrai » s’en va pour la semaine et devant mes yeux la montagne saupoudrée me fait de l’œil.

Je n’aurai plus la  « petite » en rouge à surveiller, c’est décidé je tente le sommet.

Ce n’est plus une ballade musicale, mais une balade hivernale. Le refrain est le même, ce n’est plus en duo mais en solo. La route en terre grimpe et la neige en tapisse les ornières. Je suis à 9000 mètres à vol de corbeau du Cabochard, altitude de départ 870 mts température -1°. Je suis bien équipé et je reprends les traces d’hier, en 1H10 je rejoins la ruine que nous avions atteinte en 3 heures. Détrompez-vous je ne fais pas une course contre le temps, mais je suis tellement bien que je crois voler. Fini les traces, il faut que je détecte la voie, la poudreuse est abondante et il n’est pas rare que je m’enlise à mi-cuisse. Je souffle, le froid est vif, par moment je décroche, je découvre avec stupeur que cette expérience du Yukon en solo m’a affermi, m’a endurci, m’a révélé. Je ne trouve pas les mots, mais là au milieu de rien j’ai l’impression de rentrer dans mon chez moi. Je comprends doucement que les limites que l’on m’avait défini ont été abattues là-bas au pays des grizzlis. Je stoppe ma course, la forêt me parle. Je cherche le bouleau, je trouve le pin Lariccu, je détecte la trace, ce n’est pas celle du loup mais du renard en quête de pitance. Je fouille du regard  si les troncs sont griffés mais je ne trouve rien. Suis-je bête je suis chez moi en Corse. Je reprends ma marche forcée le sommet n’est plus loin.

Je m’enfonce de plus en plus, les raquettes ne me supportent plus. Je sais que c’est un déport de neige dû au vent qui a accumulé cette poudreuse démente. Je nage en montagne ! 45 mètres de bataille pour reprendre pied, ne voyez pas un jeu de mot lugubre sur ma patte en moins !

Les blocs de granit se sont écharpés de blanc, seraient-ils frileux qu’ils se soient emmitouflés ?

L’Everest de l’extrême sud est gravi, un solo hivernal !!! Mollo la mascotte, on n’est qu’à 1145mts.

Je déploie un morceau de bâche et me pose, je détaille le panorama. De l’Est à l’Ouest tout a son histoire. Au milieu une tache sombre, les îles Lavezzi. Des pages et des pages d’histoires beaucoup de beaux souvenirs mais aussi de sombres batailles. J’y ai pensé, j’y haïs, j’ai aimé mais surtout je m’y suis construit. Je ne pourrai plus comptabiliser le nombre de milliers de plongées que j’y ai pratiqué mais la plus profonde est celle qui m’a révélé que je pouvais être aussi un peu un « mec bien »…

J’englouti mes céréales couvertes de foie de morue mon met préféré et reprends ma descente. Je chante, je ris, je suis seul et pourtant plein de monde m’interpelle. La solitude dans les grands espaces me met en relation avec un monde que seuls les anges fréquentent.

Depuis ce matin une chanson revient en boucle, elle me colle à la peau depuis plusieurs jours, je la fredonne à en perdre le souffle. Chant profond Corse du groupe Voce e ventu en hommage au Lion du Panshir lâchement assassiné le 9 septembre 2001.

Protocole de sécurité oblige je dois laisser un avertissement à Véro pour lui confirmer mon retour à mon tout terrain. Pas de mot sur sa messagerie  juste un morceau de cette magnifique musique dédiée à un utopiste afghan de liberté sans armes.

L’omu di Cagna en hiver, Corse du sud…

23 janvier 2011
Pas à pas nous quittons la Corse pour le Grand Nord

Pas à pas nous quittons la Corse pour le Grand Nord

Le Nord-est sculpteur polaire

Le Nord-est sculpteur polaire

Trouvé la voie, jeu de rôle au pays du blanc...

Trouvé la voie, jeu de rôle au pays du blanc...

Pas incertains, sentier perdu, l'aventurier erre au pays d'Apoutiaq...

Pas incertains, sentier perdu, l'aventurier erre au pays d'Apoutiaq...

Rien ne sert de se plaindre, l'effort sera toujours récompensé...

Rien ne sert de se plaindre, l'effort sera toujours récompensé...

Elle, moi, nous : libre et heureux de n'être qu'un flocon de neige... Chut amoureux en partance...

Elle, moi, nous : libre et heureux de n'être qu'un flocon de neige... Chut amoureux en partance...

Ni hier encore moins demain, juste maintenant...

Ni hier encore moins demain, juste maintenant...

« Adultisme »

21 janvier 2011

Un petit rat d'opéra qui découvrira un jour surement un pére vieille ours baroudeur...

Un petit rat d'opéra qui découvrira un jour surement un pére vieille ours baroudeur...

Pluie d’Alaska, mélange d’eau et de neige, comme le grizzly je suis dans ma tanière, le grésille martèle le roof de mon petit bateau en bois. Tout est en place, les mails, mailés, les contacts, contactés, la poste, postée, je peux retourner dans mon monde. Pas de radio, pas de musique, la mélodie ce sont les filles d’Apoutiaq (flocon de neige en Inuit) qui donnent le rythme. Je suis au milieu de la baie déserte à cette époque et mon monde d’enfant a libre court. Pas de bruit parasite autour, juste le vent et l’eau qui piétine le marin rêveur. Je sais que le seul élément qui me fasse peur c’est l’âme de l’homme qui rend tout sérieux, gris, solennelle. L’enfant qui réside en nous est le rayon de soleil dans la tourmente de nos vies. Les personnes sérieuses n’existent pas, car nous sommes tous identiques. Le pape, le président de la république, l’icône adulé et vous autres n’avez-vous pas été enfant, n’avez vous pas rêvé de gâteaux, de bêtises interdites. N’y pensent ils pas avant un sommet mondial sur la faim, avant la signature de protocole de paix …

Le monde de l’enfance qui pose la question qui dérange. Le monde de l’insouciance où le primordiale est le futile du grand de maintenant. Ma mascotte me suit partout juste pour me rappeler de ne pas perdre le fil avec ce que nous sommes tous : enfant du vent, du soleil, de la pluie et des étoiles. Pas un pays, une ethnie n’a son lot de légendes issues de l’imagination de l’homme-enfant.

L’adulte rend tout sérieux, la mort, la maladie, la souffrance, les désillusions. L’enfant reste insensible car insouciant du problème.

Je délire ? Je ne crois pas, l’homme investigateur des guerres et des vindictes, tue le gamin qui rit, qui rêve. Je suis dans mon monde et par le songe je m’envole aux pays des sourires, j’y vois ma fille que je ne connais pas encore, j’y vois un hangar où y est stocké ma jambe dite perdue, j’y vois un père retrouvé, j’y vois un article décrivant ma disparition, j’y vois une Véro allumant une bougie sur une de mes photos d’aventurier trop tôt disparu. Jo Zef lui ne me pleurera pas il retrouvera un « vrai » foyer et arborera mes fragrances sauvages et rebelles.

Vous voyez le chevalier enfant n’a peur de rien ; car l’inconnu n’est qu’une nouvelle aventure à vivre, naître pour mourir on le sait tous, mais on craint l’issu.

Comme un sale gamin lorsque je suis en publique, je pose les questions inattendues, les regards bizarres, les affirmations utopiques. De temps à autre je rencontre un sale gosse qui me ressemble alors on se renifle, on se tourne autour, on s’observe, on se frotte a un arbre pour y déposer son odeur, on se griffe, puis on s’étreint comme deux frères séparés depuis la nuit des temps…

Autour il vente, il neige, je pense, je rie, je pleure, j’ai envie, je suis fatigué, je déborde d’énergie,  je suis un homme héro-enfant, un chevalier des causes perdues…

Vivre est le défi de chaque jour, le présent est la seule montagne à conquérir, le reste : passé, futur, n’est qu’ « adultisme ».

L’after Courche…

20 janvier 2011

Jo Zef lance sa ligne: Mascot atitude

Jo Zef lance sa ligne: Mascot atitude

Non Jo Zef tu ne montes pas à bord du Cabochard avec tes chaussures de ski ! Non, je me moque que tu as des crochets dorés incrustés de pierres précieuses. Tu vas aussi t’épousseter les paillettes collées à ton poil !

Ok la mascotte !

Quoi ! S’il y a un cocktail de bienvenu sur le bateau parce que tu arrives ?

Mais tu ne serais pas atteint de « Zinédite » aigüe ???

Ouf de retour dans mon havre de paix. Je réintègre mes 6m2 vue sur la mer et un calme régénérateur. Je retrouve le bureau en quelque sorte.

D’abord sortie vélo pour vérifier s’ils sont encore là. Premier bureau les « Zumeri associed » (zumeri : ânes en corse), ouf les 3 collaborateurs sont  toujours aussi attentifs. Deuxième bureau « Pecori attitude » (Pecori : Brebis en corse), c’est que ça bosse dure, le carnet de livraison est chargé et il faut assumer la production. Troisième bureau Milk Corsica, meuh ! Ok les filles je vous ai manqué, mais business is business !

Maintenant il faut que j’aille voir en mer, Immaqa est toujours en sac alors va falloir charmer le p’tit nouveau. T’es blanc parce que tu viens d’arriver et la dernière fois tu avais voulu me tester en me faisant faire une baignade hivernale. Mollo gamin on y va tout doux, sur le bout des pagaies je vais voir mes potes les « plumeux ». Tiens, un goéland à une grosse bosse sur la tête ! Histoire d’un kayakeur irascible certainement. Les cormorans sont au garde à vous. Repos l’escorte, rompez les rangs. Une sterne joue l’apprenti chute libre comme dirait la mascotte : un vol plané pour un anchois happé. La houle ondule, l’hiver isole et moi je revis. Quelques jours où j’ai raconté en boucle mon accident, mon traumatisme, mon moignon, ma prothèse, mon association … Festor sort de ce corps !!! (Allez rigole Franck).

Mine de rien sur ces événements j’endosse un habit de vendeur car des œuvres caritatives il y en a des centaines mais pour être soutenue cela devient une autre paire de manche.

J’ai planté des graines, la patience va me dire si j’ai fait un bon boulot…

Reprise de mes pédaleries et kayakeries non Jo Zef je n’ai pas souvenir des grandes blondes tops modèles aux signes astrologiques russes « bombe atomique », tu vas me faire avoir des ennuis avec une p’tite poivre et sel si tu continues …

Savoir changer de monde en un claquement de doigt et revenir sans avoir rien changer de son monde.

En vivant des moments pareils je détecte toutes les faiblesses de notre société, ce qui me rassure sur mon choix de vie qui vu de l’extérieur semble celle d’un ascète. Autour d’une table « champagnisé » je me suis amusé a bousculé mes interlocuteurs. Le sourire en coin j’ai posé la question suivante. Si pour 24 heures vous deviez vivre dans la forêt environnante au milieu de l’hiver pensez-vous vous en sortir. Je n’ai pas eu de réponse cohérente que des fuites en avant…

Voilà un raisonnement d’un sacré sale gosse qui aime bien de temps à autres mettre un coup de pied dans la fourmilière .

Rien ne sert de briller si tu n’éclaires personne…

Born Extreme

14 janvier 2011

Jean-Christophe Chopin à gauche ainsi que Pierre Sapin

Jean-Christophe Chopin à gauche ainsi que Pierre Sapin

Courchevel  station des alpes françaises, mais qu’est ce qu’un Cabochard peut bien faire là !!!

J’avais décliné l’invitation, les stations de ski ne sont plus dans mon carnet de plaisir, la montagne urbaine ne me fait pas vibrer, au contraire elle me chagrine…

Jean-Christophe Chopin a pas mal insisté pour que je sois présent. Il lance avec le couturier Chanel la gamme Born Extreme. Je suis désigné ambassadeur. Je suis ravi et accepte bien volontiers en leur faisant confiance les yeux fermés. Au fur et à mesure je vous expliquerai quel sera mon rôle et quel bénéfice ma croisade pourra en tirer.

Le gratin du monde des médias est aussi invité. Un mini Paris autour d’une tartiflette. Ce matin à peine les remontes pentes ouverts je suis parti me défouler puis rendez-vous à 13h pour un défilé fashion…

Je me mets dans un coin, je connais quelques visages mais c’est un jour où je n’ai pas envie de parler ! Mais JC avait préparé son coup à tour de rôle on vient à ma rencontre pour se présenter. Directeur général de chaîne, agence de communication… Je souris, je les fréquente depuis quelques années et à la fin mon histoire est classée sur une pile de dossier en cours…

Je ne suis pas trop tendre voir sans concession et je sens une écoute malgré ma froideur. On me dit que mon histoire est pleine de bonnes vibrations, que je suis un donneur d’énergie…

Ouais, ouais les copains, cette chanson je la connais par cœur.

14h un café et quelques p’tits gâteaux et je remets les gaz pour me retrouver à dévaler des pistes damés que je n’ai même pas eu le mérite de gravir à la sueur de mes efforts.

Ce soir défilé de mode, Jo Zef est mort de rire ! Fais gaffe la mascotte je te mets dans leurs pattes avec piercing et rouge à lèvre bleu.

Oh côte ouest hivernale de ma Corse, oh montagne insulaire pure et vierge, bientôt je vais vous retrouver…

A pluche et vive les raclettes aux vrais fromages corses aux caractères piquants…

Active Lifestyle Born designers à Courchevel

12 janvier 2011

afficheWEB

Quand on dit sport et aventure le partenariat en est le support principale. Depuis ma traversée océanique à la rame j’ai enchaîné pas mal d’histoires au bout du monde et à chaque fois la société Bornforsports m’a soutenu. Financière, logistique et humaine.

L’association a droit aussi à son aide, la gamme aventure Bornforsports est en vente pour Bout de vie.

Derrière tout ça un homme de génie. Jean-Christophe Chopin natif des Alpes quitte son poste de jeune moniteur de ski pour innover dans la vente par minitel. Précurseur de la vente en ligne alors qu’Internet n’existe pas. Créateur de la première banque sur le web et de ventes privées.

A l’occasion d’une soirée de clôture de stage de plongée Bout de vie il se retrouve par un hasard incroyable en face de trois jeunes femmes « différentes » qui viennent d’effectuer la semaine aux îles Lavezzi. Elles racontent avec beaucoup d’émotions comment elles ont su se dévoiler et oser le grand bain. Cet homme sportif, mais de cœur avant tout est touché par ma croisade. Il me demande mes coordonnées et me promet de m’épauler. Je suis à 6 mois du départ de ma régate transatlantique à la rame. 48 heures après l’avoir croisé il déclenche la machine. Nous allons avoir deux techniciens qui vont venir de Paris pour nous fournir tout le matériel nécessaire nous permettant d’émettre un journal de bord depuis le milieu de l’océan.

Depuis notre première rencontre il me soutient. Ma croisade serait difficile à supporter seul et il en est l’un des fidèles piliers.

Innovateur il est infatigable et se lance dans un défi qui est d’organiser un festival international de designer de sport et de luxe.

Courchevel summum du luxe alpin va recevoir pendant 4 jours les plus grands stylistes de la planète.

En temps que p’tit ambassadeur de sa marque je serais là pour me glisser dans un monde un peu inconnu, mais fier de pouvoir compter sur une amitié solide.

Eh la mascotte mollo avec le vin chaud, une seule chose importante : Flexion, extension, planté du bâton…

A pluche !

Immaqa ricane !!!

10 janvier 2011

Immaq fidéle compagnon dans le gros temps ...

Immaqa fidéle compagnon dans le gros temps ...

Pour la semaine du nouvel an, j’avais comme une sensation de dernier voyage avec Immaqa (kayak d’expédition du Yukon), je naviguais en confidence avec un copain qui avait su m’accompagner dans une longue odyssée du Grand Nord.

Juste avant de partir on me livrait un kayak blanc en fibre de verre. J’étais très attelé à mon départ pour notre robinsonade de fin d’année, mais j’avais senti Immaqa un peu surpris de devoir partager le ponton avec un blanc bec.

Un nouveau beau projet en tête je me dois de former la nouvelle équipe. Immaqa est puissant et surtout très marin, je l’ai testé dans les bouches de Bonifacio par force 7 avec 2,5 mètres de creux et je me suis toujours senti en sécurité. Dans la descente du Yukon, vers la fin quand le fleuve était gigantesque les gros coups de vent ne lui ont jamais posé problème. Un seul petit reproche, il est lourd donc il faut beaucoup d’énergie pour le faire avancer.

Depuis longtemps j’avais entendu parler du kayak blanc dont je tairais le fabriquant et le voyais bien comme compagnon de route de ma prochaine aventure été 2012.  Une balade en mer polaire lointaine. Une embarcation plus légère donc plus rapide…

Ce matin une houle de 1 mètre ondule ma belle Méditerranée, le vent est quasi faible et le soleil donne un air estival à un hiver qui ne veut absolument pas venir dans l’île de beauté.

Je charge le « jeunot » blanc et prend la route, c’est vrai que ça file !

Mais la sensation que j’ai de mon embarcation ne me rassure pas, je suis très serré dans son hiloire et de plus il y a vraiment peu de place pour charger du matériel. La sortie du golfe me confirme que la houle est bien présente, je pagaie quasiment à 8km/h, je file comme un missile. 4 dauphins communs chassent autour de moi et le soleil envoie les gaz. Le vent passe au Nord-ouest et l’onde de fond prend du volume, je fais un arrêt café, reçois un coup de téléphone d’un p’tit basque qui me confirme que chez lui aussi l’océan ondule.

Je me mets en chemisette tellement il fait bon. Je louvoie de crique en passe et tente le diable ! Un amas d’îlots rend le passage toujours très agité en cas de flux de Nord-ouest, je vais y mouiller la pagaie.

Avec Immaqa nous avions affronté pire donc je veux me rendre compte. Je batifole vers la mer de Barents, je rêvasse de golfe de Botnie, je fredonne des airs de Trolls… Mais devant moi ça déferle !

J’y vais, c’est mon boulot non ? Première vague je prends de l’altitude, deuxième je tombe dans un gouffre, troisième, je chavire !

Le cockpit est très serré et ma prothèse est coincée au fond du palonnier. Je suis sous l’eau tête en bas et je sens les écueils très proches. J’essai de retrouver un semblant de calme et m’extirpe avec beaucoup de chance. Je ne suis pas dans l’eau mais dans une marmite en plein bouillon. Je suis surpris car j’ai une sensation d’eau tiède, je retourne mon esquif et tente de remonter à bord.

Dans ma baignoire je reprends mes esprits et double le cap pour aller me refugier sur une plage de sable… Je vous confirme qu’on est bel et bien en hiver !

Immaqa est dans mon hangar et je le sens fier d’avoir compris qu’il sera du prochain raid.

Le jeune blanc bec m’aidera aux entraînements, mais surement pas pour mon voyage en eau du grand Nord chargée de pièges…

Chaque jour est une leçon de vie. Aujourd’hui il m’en a fallu un cheveu pour y laisser ma peau, un endroit que je connais par cœur. Comme quoi !

« Si vous ne risquez rien, vous risquez encore plus. »

Erica Jong

Mouette kayak

Thése? Non prothése !

6 janvier 2011

Plénitude d'être simplement là...

Plénitude d'être simplement là...

Belle après-midi pour essayer un nouveau kayak, avec la nuit je rejoins mon p’tit bateau refuge. Je me connecte au monde et ouvre mes courriers électroniques. Hasard ou pas, je reçois des messages de sociétés qui veulent que j’intervienne dans des rencontres de coaching. Un ami fait parti de ces demandes. Il voudrait un mot pour son site ?

Qu’écrire, que dire, je ne suis qu’un sale gosse un poil sauvage, champion du monde toutes catégories confondues de fautes de français.

Tant pis pour vous, je me lance dans ma thèse, non prothèse, plutôt !!!

Donner, libérer, alléger…

Tout un programme me diriez-vous.

Chaque vie est un long chemin souvent ombragé par notre propre être. Se découvrir c’est connaître le piège qui va blesser notre âme. La clé existe, elle au fond de tout en chacun, mais la serrure est obturée par les habitudes, par les limites que nous avons-nous même plantés. Se déconstruire pour poser sa première pierre. Tomber n’est pas bien grave tant que l’on se relève, une fois debout le premier pas, même s’il est vacillant doit être de sa propre initiative. Il n’y a pas de sentier ? Tant mieux, c’est que vous êtes en train de prendre votre propre chemin.

On ne transmet rien, on échange, on ne donne pas, on offre.

Les coups que l’on prend ne feront mal que si on le veut, cela peut paraître incroyable, mais les blessures d’une vie ne sont qu’une série de pierres blanches qui guidera celui qui saura et voudra s’ouvrir.

En trainant la prothèse autour du globe j’ai rencontré des gens qui avaient bifurqué à 180° suite à un événement qui aurait pu être vécu comme une injustice incroyable.

La mort d’un enfant, un emprisonnement par erreur, une guerre de trop, un tremblement de terre qui anéanti un pays.

J’ai vu ces gens sourires de tout ça et j’ai compris. Enfin, je crois !

Une petite pensée qui j’espère sera reçue comme un air de musique aux oreilles, comme un couché de soleil sur une mer hivernale calme, comme le sourire d’un inconnu dans la rue.

Cela parait anodin,  mais c’est tellement bon…

En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.

Nelson Mandela

sangliers 2