Nomade et libre…

16 mai 2017

La cala Chiesa est encore à l’ombre de l’aube, la bande est lovée dans les bras de Morphée, mais le « travail » nous attend. La pose de la palangre est un travail de patience, mais l’équipe en vaut bien la peine. Appâter avec la peau interne des holothuries (concombre de mer), la longue ligne est en attente, il ne nous reste plus qu’à implorer les Dieux des mers pour une offrande. Le soleil pointe au bout de l’horizon, au fur et à mesure nous comprenons que notre vœu a été exaucé.  Vider mais pas écailler, il ne nous restera plus qu’a trouver une plage sympa pour une soirée barbecue… L’ancre est levée, nous quittons les Lavezzi pour la côte ouest de la Corse, seul le vent nous dira où nous serons ce soir. Je crois que vous l’avez compris, ce n’est pas une vacance à cocher sur son carnet, mais une initiation de vie de Nomade. La carte marine est déployée, le compas de relèvement lui aussi est prêt avec la pointe sèche, Christophe dévoile les secrets de la navigation sans instruments… Le vent n’est pas de la partie mais nous ne sommes pas pressés… La vie est toujours aussi belle, à nous de la croquer à pleine dent… A pluche.

Le livre est fermé…

8 mai 2017

L’épilogue est conclu, le livre est fermé, je n’ai plus qu’à le ranger. Les dernières pages furent riches en émotions, en réactions, le cap fût maintenu, mais mon âme tremble de ce trop de vide. Grâce à lui, sans doute, une médaille rouge pour briller en société m’a été attribuée, suivit d’une balade boréale pour partager et notre dernier voyage pour transférer « Mon » petit bateau dans sa nouvelle vie sans « Moi ». Un soulagement et une envie d’hurler, une sage décision et une terrible amputation. Des amis, j’en ai eu des vrais, beaucoup ont rejoint les étoiles, mais j’en garde encore quelques-uns solides ; ma famille, je me la suis reconstruite avec Bout de vie. Mes femmes, elles m’ont toutes apporté sagesses, tendresse, mais la Liberté n’est pas prêteuse alors elles sont devenues tendres souvenirs. Mais mon p’tit bateau en bois lui il est unique, fidèle, toujours là dans mes coups durs, têtu comme une mule, il réclame que l’on s’occupe de lui comme un nourrisson. Dans les coups de vent on s’est révélé croyant, non pas en la religion mais aux Dieux des vents et des courants, on fuyait le Diable en forme d’écueils ou de déferlantes. La religion c’est pour ceux qui sont à Terre, dans des cubes en béton en se croyant en sécurité car ils sont blottis derrière des murs de principes, d’assurances, de crédits qui rêvent de croissance et de votes. Nous au large on baroudait, loin de tous ce brouhaha, quand deux Cabochards s’unissent gare aux épaves oubliées, aux baies abandonnées, nous devenions flibustiers des temps modernes.  Pirates des Caraïbes peut bien aller se démaquiller, nous Corsaires des causes perdues, pas une seule fois nous n’avons refait la scène, la première était la bonne. Il m’a connu sur deux pattes, des tonnes d’eau salée ont coulés dans ses entrailles mais dés, que je déployais une carte marine, nos yeux pétillaient, le compas pointait, la gomme effaçait et voguent les enfants terribles, à nous l’horizon de l’inconnu. On ne nous donnait pas cher en cette vie de baroude, on nous avait prédit de finir clochard, de revenir au premier coup de vent, mais deux caboches ensemble peuvent renverser Hercule et Samson, Libeccio et Meltem ! Quand on veut on peut. Ce matin le port m’a accueilli comme à son habitude quand le Grécale le transforme en soufflerie, mais pas de petit mat en bois, pas de café dans ses entrailles, j’ai récupéré quelques bouts de « ficelles » qui marquaient encore le quai de sa présence et m’en suis allé au camp des Solitudes… Ouf il pleut, la route est quasiment inaccessible, aucune âme perdue ne pourra m’interpeller. Les souvenirs sont le terreau de notre présent, attention aux émotions qui embellissent et enjolivent nos vieilles histoires. Mes mains tremblent, aucun amis disparus, aucune séparation ne m’a mis dans cet état, mais la tristesse est un droit d’Homme, alors j’apprends à danser sous l’orage plutôt que de gémir de cette tourmente affective. Son nouveau port est au bout de la mer à Cassis, il entendra le bruit des cigales, des galéjades du Sud, des marins qui parlent beaucoup et fort mais son nouvel armateur est un chic type, il sera choyé, j’en suis sur. Ici au camp des Solitudes, la tempête secoue le tipi, attise le feu qui essaie de me réchauffer mais en vain, ici dans la vallée perdue ce soir je ne suis pas seul, la solitude grande amie de la Liberté est à mon chevet… Prend soins de toi Cabochard tu n’es pas un bateau, tu es bien plus que tout ça, tu m’as sauvé la vie, prend soin de toi p’tit bateau je t’aimerai, même après ma mort…

Enfin arrivés à Ilulissat

17 avril 2017

 

Je me demande si les Dieux n’étaient pas avec nous, nous ont-ils quittés un jour d’ailleurs ! Le voyage fût parfait, pas de retard, des sourires en boucle et une arrivée au pays d’Apoustiaq comme dans un rêve. Pour notre plus grande joie, Julien nous attendais, direction la maison bleue vue sur la baie de Disko. Nous nous installons pour une seule nuit demain, l’expédition va se lancer. Ilulissat encore saupoudrée d’une averse de neige, est endormi par un lundi pascal très suivi. La première bataille de boules neige nous engourdi les mains, la fatigue, bien que présente n’arrive pas à nous accaparer.  La vie est un présent mais ça vous le savez déjà. Comme dîner d’accueil ce soir nous serons dans la jolie famille de Julien pour un ragoût de rennes. Les jeunes, la mascotte et moi-même nous vous disons à demain.

Still a free man…

10 octobre 2012
Toujours et encore un homme libre...

Toujours et encore un homme libre...

Me voilà de retour dans mon cocon, une routine qui m’est bien spécifique. Qu’il est bon d’être à bord du  Cabochard avec ses 6m² habitable. Un confort strict mais suffisant et une paix retrouvée. Le vent d’Ouest m’enveloppe, Véro a repris son travail, on se verra en fin de semaine, plus personne sur le port abri où je me cache. On me préconise de me reposer, de récupérer, tout le monde s’inquiète de mon physique, mais je suis en pleine forme, pas la moindre courbature avec une énergie débordante. Ces quatre mois ont été difficiles au départ mais au fil du temps le corps s’est endurci, renforcé et cette croisade est devenue un quotidien tranquille. Le mental, lui est usé, ça s’est vrai, je suis fragile, la moindre bricole me met à fleur de peau. Ce matin en écoutant par le net une radio suédoise qui ne passe que de la jolie musique qui m’a accompagné pendant plusieurs mois, j’ai entendu la mélodie de Mélissa Horn. Je me suis surpris à sentir des larmes couler. Pourtant je suis heureux d’être arrivé mais voilà ma cervelle doit se reposer. Alors pour tout remettre en place j’ai repris mes activités habituelles. En premier lieu je suis allé en montagne voir si mon refuge, que vous avez aperçu dans l’émission d’Echappée belle, n’avait pas été visité pendant cette longue absence. Personne n’a souillé mon nid sauvage. J’y ai passé une journée comme je les aime, j’ai remonté des murs en pierres sèches qui ne me convenaient plus, j’ai bricolé la charpente qui maintient la toile me servant d’abri, je me suis immergé dans le torrent pour me faire pardonner de cette longue absence. Au loin, quelques sangliers qui avaient oublié que le coin devait être partagé avec le mec qui cause aux oiseaux. Puis le  test vélo pour voir si avec un engin de 7,2kg je pouvais frôler le mur du son. Incroyable j’ai l’impression d’être un bon cycliste, je m’amuse comme un dingue, sur un long plat je tiens une moyenne de 43km/h, cela est hors norme, ces 4000km avec mon vélo-tracteur de 30 kilos m’ont donné une caisse de folie. Je monte des côtes à plus de 20km/h alors que chargé je ne dépasserai pas les 7km/h. La sortie s’avère euphorisante, j’ai pris 2kilos pendant ces quatre mois mais pas un gramme de graisse, les muscles sont devenus des machines. Vous en voulez encore ? Après la bicyclette, il fallait que j’aille un peu voir si les liches étaient de retour, ce poisson prédateur est un vrai délice. La combinaison rentre avec beaucoup de difficulté, les cuisses et les épaules passent moins bien ! Je me régale, les sérioles me tournent autour, je leur dis saumon mais elles ne comprennent pas ma langue. Ok les filles, je vous laisserai tranquille cette semaine mais après je mettrai mes lignes à l’eau. Enfin le Cabochard qui boudait mon absence m’a fait une blague, alors que j’effectuais ma manœuvre pour le mettre à quai, l’aventurier à cloche pied, a gentiment glissé par-dessus bord pour se retrouver en train de nager, Véro et les mascottes étaient hilares de cette baignade inattendue ! L’activité est ma manière de vivre, l’effort est une sorte de méditation. Dans quelques jours mon bouquin va être dans les bacs partout en France et dans les pays francophone, je sais que mon éditeur va me demander d’en faire sa promotion, alors avant le coup de bourre je vis au présent. Un ami hier soir me disait que mon quotidien était simple comme  celle d’un oiseau, mais pourtant de rêve. Je suis libre, aucune contrainte, je vais où le vent me porte. Alors pourquoi devrais-je être fatigué, pourquoi devrais-je me reposer. On me demande souvent s’il y aura un carnet de voyage sur cette aventure. Doucement les amis, je ne suis pas écrivain même si j’aime claquer le clavier, la sortie d’un ouvrage est beaucoup de travail. Je viens de recevoir mon deuxième et je peux vous dire que cela me fait drôle. A l’école j’étais un cancre et le radiateur était devenu une sorte de compagnon. Mes rêveries m’ont couté très cher, le refrain était le même : « Bruno répétez ce que je viens de dire ! » La classe explosait de rire et je me retrouvais viré… Quelques années plus tard avec un bout en moins et quelques anecdotes je me retrouve avec une bibliothèque avec deux bouquins de ma plume. Mon journal de bord Arcticorsica est bel et bien clôt mais mon envie de partager mes bouts de vie reste bien ancré, alors de temps à autres je passerai vous voir par l’intermédiaire du net.

Un grand merci de votre fidélité… Yes I’m a free man…

A pluche !

Au 100éme jour, la Méditerranée…

20 septembre 2012
100 jour que j'attendais ce moment...

100 jour que j'attendais ce moment...

Ce matin je ne fais pas le mariolle, je dois traverser le massif des Apennins ligure avec mon poids-lourd de vélo ; qui vivra verra !Je suis motivé, derrière la grande bleue m’attend. Je suis au fond d’une vallée très encaissée, autoroute, train et route nationale se partagent l’étroit lit de la rivière traversant les villages, un vrai capharnaüm. Un mémorial me rappelle que c’est ici qu’a grandi le champion Fausto Coppi, la route lui rend hommage. Je redoute encore plus la journée, il est rare qu’un grand cycliste s’entraîne sur du plat. Les montagnes rendent la vallée obscure, la route est jonchée de détritus, ce n’est pas un coin pour romantique. Je suis agréablement surpris, les lacets ne sont pas violents et j’arrive à garder une bonne moyenne. Je suis pratiquement seul, le gros du flux routier est sur l’autoroute qui dessert Genova. Au bout d’une heure trente j’attaque le col, une pauvre bosse de 2,5km/h que j’avale à 11km/h, je crois que je suis motivé !!! En haut, le village de Passo dei Giovi, un magasin a écrit en gros sur sa devanture : Chi cerca trova, (qui cherche trouve) ! Un clin d’œil de plus. Je cherche et je trouve à donner mon meilleur, à petit pas j’avance. J’enfile mon coupe vent couleur poussin valaisan et fonce vers la mer. Je suis prudent mais c’est tout de même grisant que de savoir que le Mare Nostrum est à quelques encablures. J’encourage, tous les cyclistes qui grimpent le massif à l’inverse de ma descente, je suis aux anges. La chanson Bel Ciao me vient en tête, je me mets à la chanter à haute voix, je n’ai pas le talent d’Yves Montant mais ses paroles me portent encore plus. Je me surprends à sangloter en même temps que je roule en roue libre, yes i’m a free man.

« Una mattina mi son svegliato, o bella, ciao! Bella, ciao! Bella, ciao, ciao, ciao! Una mattina mi son svegliato e ho trovato l’invasor…//… È questo il fiore del partigiano morto per la libertà!» »

A ma grande surprise j’arrive au centre de Genova seulement après deux heures de route, j’en avais prévu au moins quatre! Je m’autorise un arrêt café dans un bar au hasard où je peux mettre mon vélo à vue. Un expresso bien serré et une brioche, je l’ai méritée. La serveuse est curieuse, mon barda, ma dégaine, mon accent… Je lui raconte mon périple, elle me demande si à part l’italien je parle une autre langue. Drôle de question ! Elle entame la conversation en espagnole, je ne la maitrise pas comme la langue de Dante mais j’essaie de comprendre où elle veut en venir. Equatorienne elle a émigrée en Italie, plus précisément elle est née à Guayaquil. J’y ai posé mes pieds il y bien longtemps, à l’époque je pouvais dire mes pieds ! Le voyage en train jusqu’à Quito restera gravé à tout jamais dans mes souvenirs. 12 heures de montée dans les Andes avec une micheline tellement bondée que les voyageurs font le voyage sur le toit du wagon. Puis les Galapagos encore tranquille, il y a au moins trente ans. Liliana m’offre le café, une fois de plus en quelques minutes la magie du voyage a opéré… Je traverse le grand port ligure, un vrai bonheur. Je connais par cœur le coin, j’y ai fait escale à maintes reprises avec mon Cabochard, j’y ai été marin au pair pour une belle italienne. Ne vous inquiétez pas Véro connais Lucia, dans mon premier livre je lui rends hommage. Grâce à elle, j’ai compris que je pouvais réaliser et vivre mes rêves. Elle, la piémontaise, est venue dans le monde macho de la voile professionnelle une figure de la régate. Elle fût élue skipper de l’année par les journalistes des magasines spécialisées en voile, italiens. Pour un hiver j’étais l’homme à tout faire, elle faisait partie de l’équipage féminin qui avait gagné  la course de l’Europe, contre des : de Kersauson, Parlier et autres pointures… De son côté Autissier, Chabaud, Arthaud et bien d’autres formaient un équipage de charme mais de choc… Je reprends ma « pédalerie » le cœur léger. Comme tous les grands ports du monde, la foule est multiraciale, en quelques pas on change plusieurs fois de continent. Je suis prudent, la conduite ici est périlleuse, mais j’ai confiance. Je quitte la mégapole par le lieu où se déroule annuellement le salon nautique, il y a bien longtemps le Cabochard avait dû user de tous ses charmes pour empêcher le sacrilège de l’échanger contre un plus gros en « plastoque » ! Je pousse vers le Sud Est, au loin le promontoire de Portofino, il me coupe la route je vais devoir le gravir. 37’ en plein « cagnard » à 6km/h. En bas le cap de San Fruttuoso où une statue de Madone est fixée par -18mts, de l’Europe entière les couples de plongeurs viennent s’y marier, j’y ai fait des bulles. Vous voyez je n’ai plus le temps de déprimer…

Aujourd’hui cela fait 100 jours que je me suis élancé en kayak depuis l’océan Arctique en Norvège pour arriver en Méditerranée, 100 jours de doute, de volonté, de rire, de pleure, de partage, de solitude. 100 jours pour crier à tue tête : Yes i’m a free man.

PS : Je viens de faire gouter aux mascottes une spécialité locale, la farinata. De Nice à Menton et même à Bastia, elle porte un autre nom, on appelle cette galette de farine de pois chiche, la socca… Un vrai régal, mais un poil pesant pour le cycliste en effort !

A pluche !

You are a free man…

13 juillet 2012
Le passage d'un grand cap est toujours un soulagement. Cap Skaghallan

Le passage d'un grand cap est toujours un soulagement. Cap Skaghallan

Même décor, même heure, même météo, mais il y a un petit plus, le brouillard est d’une intensité que je n’avais jamais connu. J’avance dans le coton, le silence m’enveloppe, à 5km de là un trio d’îles que je dois pénétrer, toujours cap au sud. Compas, carte, je me retrouve nez à nez avec la passe. Large de 30 mètres il n’y a pratiquement pas de fond et les trois minuscules terre se réunissent quasiment. Je passe de l’autre côté et croise un patron pêcheur. Il est surpris de me voir là avec une si petite embarcation et de si bonne heure. Nielsen me pose plein de questions, il me fait voir ses prises du jour, de beaux saumons d’au moins dix livres pièce. Il veut m’en donner un mais je ne peux accepter pour plein de raisons. En un clin d’œil j’ai vu que cet homme ne roulait pas sur l’or et qu’un si beau poisson pour moi tout seul c’est trop. Ses silences me touchent, je revis le même moment qu’à Kallviken, on ne se connaît pas mais le golfe de Botnie nous rend frères de mer. Il me demande où je vais dormir ce soir, combien de kilomètres je fais par jour. Il sait que ma journée est loin d’être finie et me lâche l’amarre en me disant « take care, you are a free man ! » (Prend soin de toi, tu es un homme libre !) Je repars gonflé à bloc, je n’arrête pas de repasser en boucle cette phrase : « You are a free man »  yes I’m.
Les kilomètres sont avalés différemment aujourd’hui, je descends vers le sud, je descends vers le soleil. A propos, il tombe des cordes, des murs d’eau s’abattent sur moi mais je chante, je ris, je suis libre, comme les sternes arctiques que je croise. Libre de continuer, de m’arrêter.

Au détour d’un promontoire de granit, une centaine, d’oies bernaches me regardent un peu inquiètes, passer. Je stoppe mon pagayage et leur hurle : «  you know I’m a free man ! » Elles se jettent toutes à l’eau pour aller se planquer derrière de gros cailloux. Je suis euphorique, la vie est si belle. 14h j’ai la dalle et j’ai pas encore mis les pieds sous la table, allez Jo Zef au prochain restau on s’arrête !!! Je pénètre un archipel sous un rideau de pluie et  implore les Dieux des mers et des océans de me trouver un petit endroit bien sympa pour monter mon bivouac. A bâbord je détecte une échancrure, une sorte d’alcôve marine, allez la mascotte on va voir comment est le lieu ! Le paradis sur terre… je beach Immaqa et pars à la recherche du bon coin plat pour y monter la tente. Le tarp (toile qui sert d’abri) est aussi monté et en dessous je monte mon chalet de toile. Ce soir le soleil pointe son nez mais le vent du sud va envoyer certainement ces watts le baro qui est déjà bas vient de faire une rechute. I’m a free man !
Pour les comptables, 30km de fait quand même.
A pluche !

Liberté d’être un homme libre !

4 juillet 2012
Déja une semaine de bivouac au bord du golfe de Botnie

C'est une plage de galets qui m’accueille pour ce nouveau bivouac au bord du golfe de Botnie

Déjà une semaine que j’ai quitté Luléa, une semaine d’apprentissage, 7jours de cours intensifs. Je crois être attentif et bonne élève. Encore ce matin les trois première heures ont été un enfer, je crois que je radote mais c’était dur, flippant et très abrasif mentalement. 3 heures de cours pour comprendre que la Botnie est une dure à cuire et que le p’tit méditerranéen, il a intérêt à bien apprendre ses leçons sinon, dehors au piquet ! La journée s’est passée, j’ai pagayé, c’est mon boulot, pendant que vous vous étiez à « l’usine », moi j’avançais. Ce soir le bivouac est monté, le feu crépite, l’eau réchauffe ma gamelle et je suis seul au monde. Un sentiment qui me fascine, qui est une sorte de drogue. Seul face à moi-même, pas de chance de s’échapper, pas de : «chut je regarde le film ». Un échassier braille de tous ses poumons, de joie, de peur, de colère, je n’arrive pas à le comprendre, je vous rassure lui non plus n’arrive pas à comprendre les hommes. Ma Véro m’a envoyé une poésie fantastique sur la relation du couple, son père lui avait transmis. Deux âmes qui se rencontrent ne doivent se ressembler, elles doivent accepter l’autre tel qu’il est. Nous nous acceptons comme nous sommes, moi l’oiseau de mer, elle le merle bleu sédentaire. Pourtant notre union est profonde, sincère. Comme des enfants nous nous aimons et ni les tempêtes, ni les orages n’arrivent à nous séparer. Tout à l’heure alors que je tirais dur sur les pagaies une idée m’a traversé l’esprit… j’arrivais avec Immaqa aux Lavezzi, quatre mois d’effort pour rejoindre ce lieu qui m’est si cher. Soudain des bateaux autour de moi et sur l’un d’eux ma Vrai qui me regardait. Je me surprenais à avoir de l’eau salée sur mes joues alors que la mer de Botnie est douce. Le feu me réchauffe l’âme mais ce soir je suis le plus heureux des hommes car je suis libre, libre comme le vent, comme la houle, comme le sont les enfants.  Une semaine de mer qui fut très dure mais nécessaire pour ma survie d’homme errant.
Que vos rêves vous emportent là où la folie rime avec envie. Il n’y a pas plus beau comme être humain que celui qui est libre.
A pluche !

Chronique du paradoxe…

25 avril 2012

P4250068

Connexion, wifi, t’es où, je suis en mode look at me, i’m the nombril of the world… Les flics patrouillent, ils nous protègent, les pourris rodent, ils nous dépouillent. Les bons eux, sont tranquilles!!! Le portable dans la poche t’es localisé, la conversation qui va t’ébranler, coupée par la sonnerie plus importante que les yeux bleus océan devant toi qui se livrent. T’es pas sur le net ? C’est dommage j’aurai su qui tu étais ! Malheur à celui qui se déconnecte… Terroriste, celui qui cause aux oiseaux. Tu ne rentres pas dans la case, tu n’es pas dans le moule. Eux, c’est des mecs bien ! Qui ??? Mais les vendeurs de rêve en ligne. Les autres, les moutons sages qui parfois s’indignent plutôt que de s’amputer, se laissent encercler, parquer et attendent la  tonte. Khalife « paradoxe » est en convoi et souvent fauche le cliqueur de PC ! Merde, il m’a heurté ! Ouf, j’ai tout en poche, il m’a tout remis. Mon blog est là, mes face book aussi, il me manque un compte tweeter, on verra ça demain. « Paradoxe »  a passé son chemin, je suis mon errance, il faut que je m’allège la route est longue et mes épaules sont écrasées par le poids du sac des « choses importantes ». Je zappe face book, c’est vrai que je suis plus léger, je bloque mon blog contre un bloc et oblique. Waouh, c’est bon d’être en apesanteur! Encore un truc en moins, j’oublie mon portable, les brebis ont des puces moi je vire la mienne… Aux  croisés des chemins, une crique. J’entends les sirènes,  ici même Ulysse a mouillé son ancre. Sa nef a été prise en otage, le nouveau capitaine me fixe, je le reconnais, le khalife des paradoxes. Je baisse la tête, remets ma peau de mouton. C’est vrai quoi, l’air est frais, il faut se couvrir. Je remplis de nouveau ma besace de tout mon attirail et de nouveau je suis en contact… Ouf j’ai failli vous perdre !!!