Des news de Norra…

11 février 2013
Confortablement installés dans les coussins du Cabochard...

Confortablement installés dans les coussins du Cabochard...

Depuis notre retour beaucoup d’entrevous se posent la question : Mais que devient Norra ?

Après une intégration sans difficulté  la p’tite suédoise a pris place dans les coussins moelleux du Cabochard. Jo Zef le solitaire se surprend d’être aussi attentif, il partage ses crêpes, c’est vous dire ! Mais sa venue dans le sud de l’Europe l’a remplie d’envie de découverte. Elle profita d’un moment d’inattention de Véro pour se glisser dans sa valise et partir 45 jours dans le Sud-ouest pour apprendre avec ma « Vrai » toutes les techniques du massage. Jo Zef pourra enfin se faire soulager toutes ses courbatures d’aventurier ! Mais à son retour le problème majeur n’avait pas bougé d’un poil de mascotte, bien-sur ! Elle était toujours dévêtue !!! Pasquale ma p’tite sœur, alias « Ginette » créatrice de renom (son site) l’a  hébergée pendant quelques jours pour l’habiller. Et voilà le résultat. De mon côté entre une sortie vélo et l’aménagement de mon bivouac planqué, je tente de retranscrire noir sur blanc  ma dernière aventure Arcticorsica avec le fabuleux sauvetage de Jo Zef envers la belle Norra.

Ces derniers temps beaucoup de rafus pour le mariage pour tous : Les filles avec les filles, les garçons avec les garçons, mais rien pour les mascottes. Halte à la mascotophobie !!!

PS : De la part de Norra à tous ses amis restés au pays : Ett stort hej till alla mina svenska vänner. PUNDSEDEL

Une couverture de magazine pour Norra, un minimum! Non?

Une couverture de magazine pour Norra, un minimum! Non?

Un braquage élégant !

20 août 2012
Le team Arcticorsica, mais où sont passée les noisettes?

Le team Arcticorsica, mais où sont passée les noisettes ?

Camping vide mais pas seul quand même ! Hier soir j’ai compté plus de 145 emplacements et seulement nous mais ce matin j’ai trouvé la mascotte en tenue de combat, Franck Festor serait-il dans les parages ? Jo Zef est sur le pied de guerre, il demande le renfort  des commandos de marine et un soutien de la légion !!!  Un détachement aérien est sur le point de décoller de France, le Porte-avion Charles De Gaulle fait route sur la Baltique… Un écureuil nous a déchiqueté le dernier sachet de noisettes qui nous restait !!! J’avais mal fermé la sacoche étanche et le « rappetout » profitant du calme scandinave nous a braqué nos friandises. Bon joueur, j’ai trouvé sa tanière et lui ai déposé le contenu du sachet, l’hiver va vite arriver et ce petit présent lui donnera un coup de main… La mascotte boude ! La pluie est proche mais je veux faire route sud. La forme revient doucement, la longue journée d’hier ne m’a pas trop affecté, les bobos s’atténuent, la selle et mon séant s’entendent un peu mieux. Tient, il pleut, cela faisait longtemps. Le dénivelé revient, je sais que cette étape sera encore de « montagnette » à gravir. Je fais mouliner mes jambes, je tente le vide dans ma tête. Le seul village croisé aujourd’hui s’appelle Korsberga. Si l’on traduit cela pourrait signifier la montagne Corse !!! Mais pas le moindre vieux sur un banc, pas de fromage explosif et encore moins de tag FLNC (Frank Le Nouveau Cycliste). C’est ma première pause café, je suis en corse alors je m’autorise quelques canistrellis, les derniers. Deux mois que je les avais préservé mais aujourd’hui cela s’impose. Une nuée de moustiques s’acharnent sur mon mollet gauche, j’imagine aisément un jumelage de Korsberga avec Porto-Vecchio, l’été on pourrait échanger les « zinzalis corsés » avec des « mosquitos suédois » !!! Je poursuis ma route. Ah non, mais c’est la journée, le lieu dit se nomme Milletholm !!! Millet étant la première partie du nom de famille de Véro. Il ne manque plus qu’une C1 blanche avec un autocollant Bout de vie pour que je m’évanouisse. Je monte, je descends, je monte, je descends, un coup à choper le mal de mer. Je bifurque sur Väjxö, un faux plat descendant me permet pendant 8’ avec le vent dans le dos d’avancer à 32km/h, je suis euphorique, c’est simple le bonheur. Des lacs et encore des lacs, une auberge en bordure de l’un d’eux, c’est l’heure de mon deuxième café, et s’il y avait un expresso ? Je mets sur béquille le vélo et tente l’aventure. Bien-sur monsieur, me répond une charmante serveuse avec une tarte aux pommes fumante sortant du four dans ses mains. Soyons fou, une grosse part m’est servie avec de la crème et une boule de glace à la vanille. Je fais gaffe, Jo Zef et Norra dorment dans le sac étanche, l’odeur pourrait réveiller les fauves et ravager les pâtisseries en vitrine. Je prends mon temps pour déguster ce bonheur, assis sur une terrasse en bois, le soleil tente une échappée et moi je retrouve la joie de vivre. 80km et je monte la tente en bordure d’un lac sur la commune de Väjxö, le vent la pluie se déchainent, je m’endors dans mon abri de toile, quoi qu’il en soit demain je ne serai pas en mer, pas de houle résiduelle, pas de courant dangereux, juste du goudron et du rêve…Qu’est ce qu’il a fait le septième jour le constructeur ? Il s’est reposé ! Demain j’en ferai de même, 550km en 6 jours pour une reprise s’est pas mal.

A pluche !

Jour de repos et rencontre…

30 juillet 2012
Encore et toujours un bel accueil chaleureux, quel bonheur !!!

Encore et toujours un bel accueil chaleureux, quel bonheur !!!

L’été suédois continue de sévir, pluie discontinue toute la nuit, il parait que c’est le pire depuis quelques décennies ! Je suis en avance sur mon programme de navigation, je décide de rester là aujourd’hui. Je sens que mon corps et surtout mon esprit ont besoin de calme, de reprendre un peu d’énergie. Hier soir j’ai appris que le village était à 5km et qu’il y a avait une épicerie. Tranquillement muni de mon sac à dos je pars en balade. Des fraises des bois grosses comme des cerises que personne ne ramasse, certainement la peur d’attraper la maladie transmise par les renards. A l’Ouest une barre bleue d’azur, certainement le retour du soleil. Au détour d’un virage une biche traverse, sans se soucier de moi, la route..  belle rencontre matinale. La route semble mener à nulle part, à la première maison habitée je m’informerais. Pour l’instant tout semble vide, puis une cabane blanche a la porte ouverte. Un homme en peignoir me sourit, je lui demande si je suis sur la bonne route pour le village et à quelle distance exacte est-il ? Encore 5 bornes mais il n’ouvre qu’à 9h, je dois y aller moi aussi me dit-il. Je le remercie mais je préfère un peu marcher dans ce cadre magnifique, la pluie fait ressortir toutes les fragrances de la forêt, je m’enivre de bon matin ! Un taxi me double et ralentit, il me demande ma destination, mais je ne veux pas de ses services. Il insiste, sa cliente derrière ne dira rien, elle a un lourd déficient mental, il l’amène dans un centre spécialisé. Entre vous et moi je crois surtout qu’il a surtout envie d’avoir une compagnie, sa cliente est très agitée et je le sens un peu perdu !!! Finalement il me déposera sans me demander quoi que ce soit devant la superette, ma casquette avait l’air de plaire à la jeune fille qui n’arrêtait pas de vouloir me la chiper.
Je fais mes courses en essayant de ne rien oublier, ma liste en main je salive déjà du festin de tout à l’heure. A la caisse je reconnais l’homme en peignoir, qui ne l’est plus d’ailleurs. Il discute avec moi et me propose de me ramener jusqu’à mon camp. Lars travaille au parlement à Stockholm et semble passionné par ma « croisade ». Il me demande si j’ai contacté les médias suédois ? Je ris en lui répondant, vous savez en ce moment je ne pense qu’à une seule chose, avancer en restant entier, façon de parler ! Il me propose de le faire pour moi. Je lui laisse mes coordonnées sans trop y croire. Alors que je me prépare un petit déjeuné pantagruélique, mon téléphone sonne, une journaliste veut me rencontrer. Ce matin je ne savais pas si je reprenais la mer et me voilà avec un agent en communication qui veut faire la promo de Bout de vie ! Jana, est attentive et demain dans le journal régional, Arcticorsica sera décrit en suédois. Mais Lars ne veut pas en rester là, il est convaincu qu’il faut que ce soit du national, il s’engage à le faire pour moi, pour vous, pour nous.
Tak Lars !

PS : Jo Zef reprend du poil de la bête, le lyophilisé ça nourrit pas la mascotte et puis il a une grosse excuse avec Norra…
A pluche !

Un bout de repit…

20 juillet 2012
La mer de Botnie m'apprend à conjuguer le verbe "vivre"...

La mer de Botnie m'apprend à conjuguer le verbe "vivre"...

J’ai eu beaucoup de mal à dormir, régulièrement des cygnes se sont pris pour des « Castafiore » en poussant des hurlements que je n’avais jamais eu l’honneur et l’horreur d’entendre… 5h30 je file au milieu d’îlots somptueux. Un premier « bébé » golfe de 900mts à passer avec un très fort vent de travers, quelle chance d’avoir réussi cette longue navigation hauturière hier. Le deuxième à peine plus long m’affirme qu’aujourd’hui cela aurait été du suicide, ma cavalcade vers le sud a payé mes efforts de gladiateur. Finalement je suis dans l’axe du vent qui prend de la force,  un sms de Véro qui m’annonce un bon coup de Nord-ouest pour ce soir. Il m’est impératif de trouver un bon abri, je pagaie quand la carte me fait deviner une succession d’anses, à la dernière, une me semble si belle que je fais l’effort de changer de cap.
Je suis sur le cul, pardonnez moi l’expression mais alors là c’est du rêve. Sur l’onglet « Mon parcours en direct » vous pouvez zoomer google earth sur ma dernière position et apercevoir ce paradis. Je beach Immaqa et commence un dialogue de fou : Si tu ne reste pas là aujourd’hui, tu loupes ton voyage, rien ne sert de courir comme tu le fais ! La voix maligne répond : Avance Frank, aujourd’hui on peu péter le record de 50km avec ce vent dans le dos !!! Je deviens dingue, j’envoie tout balader, je reste. Le temps de monter ma tente, je marmonne dans ma capuche ; puis quelques rafales rasent la canopée de la forêt qui m’abrite et je me sens mieux, 600km en 21 jours, jamais je n’aurai parié une crêpe sur cette distance, alors j’apprécie, je me pose écoute le vent, happe le silence et vibre avec la mer de Botnie. Au programme : coiffeur, pressing et restau !!! La forêt de pin qui m’encercle embaume mes sens, je me prends pour une lavandière, sur un caillou plat je frotte mon pantalon qui lâche son noir comme le ferait un calmar apeuré. Pour les cheveux c’est plus technique ! Je n’ai comme ciseau que celui de mon couteau multifonction et il me faudra beaucoup de patience pour un rasage parfait. Au restau du midi omelette de chanterelles, tartine à volonté de fromage  et en dessert une assiette de myrtilles en compote.
Pour m’endormir à la sieste la radio FM fredonne mon air préféré du moment : Melissa Horn (faire le lien ou avec une vidéo ou son site comme tu le veux). Des oies et canards ont du sentir le coup de vent et ils sont venus se mettre eux aussi à l’abri.
Puisque j’ai le temps, je vous partage ce que je lis en ce moment : ..//.. La pluie qui tombe sur la terre asséchée n’est elle pas une chose extraordinaire ? Elle nettoie les feuilles et rafraîchit la terre. Je crois que nous devrions tous nettoyer notre esprit complètement, comme la pluie nettoie les arbres, car il est lourdement chargé de poussière accumulée au fil des siècles, de la poussière de ce que nous appelons la connaissance ou  l’expérience. Si vous et moi réussissions à nettoyer notre esprit tous les jours de la veille, chacun de nous aurait alors un esprit frais, capable de faire face aux nombreux problèmes de l’existence..//.. J.Krishnamurti
A pluche ! Jo Zef et Norra ne se lâchent plus !!!

Bout au vent…

16 juillet 2012
Il la protége, lui sussure le Sud, la Méditerranée, une île où les hommes sont rebelles mais ont un coeur gros comme le monde...

Il la protège, lui susurre le Sud, la Méditerranée, une île où les hommes sont rebelles mais ont un cœur gros comme le monde...

Encore et toujours une pluie fine, le soleil est certainement trop occupé à cramer la Méditerranée ! Un bon coup de Nord-ouest se prépare et à 5h25, heure de mon départ, il est déjà en forme. Le grand golfe d’Omnefjärden prend une allure moutonneuse, mais je passe sans problème.
Bien à l’abri je louvoie très prés de la côte pour m’éviter, les pires rafales. Hier j’étais  protégé du Sud-est ce matin planqué du Nord-ouest, ici le vent ne connait pas de répit. J’arrive à la deuxième baie du programme, je passe mais cela devient plus engagé, un poil sportif ! Je retrouve une côte sous le vent mais quelques grosses risées me plaquent au kayak, j’en ai failli perdre la pagaie. Au détour d’un cap je dois bifurquer cap au Nord-ouest sur 400 mètres, je ne dois surtout pas baisser la garde. Je mouline pour gagner du terrain, finalement je m’en sors pas trop mal. Le crachin ne cesse de jouer les supporters mais je crains la prochaine traversée, le Gaviksfjärden est profond de 6km et il aura assez d’espace pour lever un sacré clapot, cela va être dur à gérer. Je me cache derrière un gros caillou pour prendre un peu de répit et manger quelques bricoles qui vont m’aider à affronter cette épreuve. Je m’élance, branche la caméra et envoi les watts, je suis à fond, je ne peux pas donner plus. Je ne suis même pas sur que j’avance, une demi heure pour gagner 500mts et je sens que j’y passe une incroyable énergie. Sur mon tribord un fjord protégé apparait, je vais essayer de tirer un bord sur lui sans trop me mettre en travers des lames pour ne pas finir sans dessus dessous. Finalement je touche la plage, je crois que seule la pluie est mon témoin du jour, pourtant depuis un moment j’étais observé par un homme qui possède le cottage où j’ai beaché Immaqa. Je m’étire quelque peu, je m’extirpe avec peine du kayak et touche enfin la terre ferme. Je vois déjà où je pourrai monter ma tente, mais avant, ma conscience « professionnel » m’exige de comptabiliser la journée. 24km, il manque 6 pour faire mes 30 que je me suis imposé ! Mais hier j’en ai fait 42, ok, je reste !!! Oui je sais cela peut vous faire sourire, mais la rigueur et la discipline sont nécessaires dans des raids aussi long, si l’on passe sur certaines choses à la fin le projet avorte. Pendant que je me bois une tasse de café brulant, un homme apparait, il m’a surveillé à la jumelle et vient à ma rencontre. « Belle bataille, monsieur ! » Je souris et lui répond qu’avec la Botnie, il n’y a ni combat, ni lutte, juste une volonté d’avancer au mieux, aujourd’hui’hui je n’ai plus de jus pour continuer. Il m’invite dans sa maison et debout devant un feu de cheminée je me sèche de cette dure matinée pluvieuse et venteuse. Il m’offre un café et me propose une cabane voisine de la sienne. Je refuse gentiment, j’ai pris l’habitude d’être sous ma tente mais accepte d’aller prendre ma deuxième douche brulante en deux jours !!! En préparant ce projet, j’avais lu pas mal de bouquins sur les pays que j’allais traverser et souvent je remarquais que les suédois étaient froids sans accueil pour l’étranger !!! Je ne sais pas si c’est ma chance légendaire mais depuis que je suis dans ce beau pays je n’arrête pas d’être reçu comme un frère.
PS : La petite rescapée d’hier commence un peu à sécher et Jo Zef l’a prise en affection, je crois qu’elle va venir avec nous jusqu’au bout du voyage. Le Cabochard sera sa prochaine demeure, la mascotte partagera son coussin de bannette.
A pluche !

Du rêve vers la réalité…

9 juin 2012
Promis je reviendrais...

Promis je reviendrai...

Je caresse la coque de mon bateau, une dernière vérification du mouillage, je le sais, il le sait, on va se séparer quelques mois. Véro m’observe, elle le sait aussi ! Le vent d’Ouest est au rendez-vous, il ne pouvait ne pas être là. On se cause, on vibre ensemble depuis si longtemps ! Il me promet de ne pas trop secouer le Cabochard, je lui donnerai des nouvelles de son cousin éloigné en mer de Barents … Tout est en place, l’odeur des vernis tout frais, sera la fragrance de départ. Le rêve se réalise, quel privilège d’aboutir à mes plus forts désirs. L’aéroport a retrouvé son activité estivale, les scandales chaussettes sont de retour avec les « moi j’ai fait la Corse » saison 2012 ! Ma main ne peut  décrocher celle de Véro, encore de l’eau salée dans mes yeux ! Pourtant je me suis douché !!! Femme d’aventurier est un rôle pas donné à n’importe qui. Vivre l’adversité fait oublier l’angoisse, mais pour celle qui est la seule à communiquer avec moi, c’est un travail de grande sagesse. Depuis plus de dix ans elle a su décrypter ma voix qui tremblait, elle a su comprendre que mon corps était dans la lutte. Ses mots ont toujours étaient précis et mes maux se sont apaisés… Stéphanie, la stagiaire Bout de vie régionale est aussi au départ, une sorte de famille de bouts manqués…

Je suis au pied de l’avion, je touche une dernière fois la terre corse en lui promettant de tout lui raconter à mon retour. Le vol est toujours aussi merveilleux. Mon bateau, si petit de là haut, semble me faire un « coucou », sacré Cabochard ! La houle d’Ouest rend la côte majestueuse. Le phare des Moines, cap Sénétose, golfe du Valinco, les îles Sangunaires, la Scandola… A pied, en bateau, en kayak, sous l’eau, les souvenirs ressurgissent…  La phase A est bel et bien finie, j’y ai laissé moins d’énergie qu’avant, mais quand même encore un peu. Démarcher, « vendre » le projet, tout un programme que je gère pas trop mal. Par ce billet je tiens à remercier tous ceux qui ont accepté une fois de plus de me soutenir. Merci du fond du cœur. Merci à vous tous mes amis, de vos témoignages de sympathie. Du Canada à l’Ukraine, du nord au sud de la France, amis proches, connaissance d’un jour, vos témoignages m’ont énormément touché…

Robin et Nicolas qui ont traversé l’Europe avec le fourgon sont bien arrivés à Mehamn, il ne me reste plus qu’à être patient et de saut de puce en saut de puce je serai sur zone dimanche en fin de journée…

Ce n’est pas la destination qui compte mais le chemin qui y mène.

PS : Pour le fan club de la mascotte, vous risquez de l’apercevoir sur le petit écran dans l’Emission : Echappées Belles en Corse. A pluche.

Comme un bouquet final…

1 octobre 2011

Vous avez dis bonne humeur!

Vous avez dis bonne humeur!

La lune était rendez vous, jalouse du soleil elle désirait aussi sa part de bonheur

La lune était rendez vous, jalouse du soleil elle désirait aussi sa part de bonheur

Le bonheur c'est simple, il suffit de le partager.

Le bonheur c'est simple, il suffit de le partager.

Ils vont s'envoyer en l'air!!!

Ils vont s'envoyer en l'air!!!

La crique est encore endormie, à part nous, personne, seuls quelques cormorans endossent le rôle de voisins. C’est le dernier jour ici, tout le monde le sait bien. Une baignade pour mélanger les eaux salées. La Méditerranée est un poil plus dense que les larmes d’émotions des stagiaires. La Galiote reprend la mer pour son mouillage dans la baie de Santa Manza, la journée est un feu d’artifice de bonheur. Grace à Yann Rocchi et les pompiers de l’extrême sud de Corse du sud, un hélico attend la bande Bout de vie pour un vol au dessus des Bouches de Bonifacio. Trois rotations à la découverte d’une myriade d’îles et îlots de l’archipel des Lavezzi. Le spectacle est époustouflant et donne une autre dimension à ce petit coin de paradis en cette saison. Un diner toujours aussi copieux sur le bateau et direction le centre culturel de Porto-Vecchio. L’amphithéâtre nous est gracieusement prêté par la commune de la cité du sel. En première partie le film « l’aventure à cloche pied » est présenté mais une surprise m’attend. Alors que je reprenais ma place pour assister au concert des I Mantini, je suis surpris de voir mes plongeurs rejoindre la scène. Un silence de cathédrale donne une note solennelle à ce préparatif. Je me demande bien ce que peux cacher ce remue ménage ! Gunther étale du matériel de plongée, un drapeau Corse est déployé et les 8 stagiaires se couchent sur le sol. Une musique douce monte doucement. Je suis au premier rang, je ne peux rien louper. La symbolique est forte, doucement les acteurs rampent vers le matériel de plongée qu’ils découvrent et au fur et à mesure  un à un ils se redressent. Grace à cette semaine ils ont découvert leur limites, seul, face à eux même.

Gunther, Yovadi, Véro et moi sommes invités à les rejoindre et l’émotion qui fait vibrer la salle me fauche, je me mords les lèvres, je n’y suis pour rien. Seul eux ont su comprendre que le présent est un cadeau. Nous faisons un cercle et chacun se tient la main, les yeux sont rougis de ce trop plein de bonheur. Nous quatre rejoignons nos fauteuils, pour conclure, en ligne le dos tourné au public, ils lèvent leur t-shirts, chacun  a une lettre dessinée dans son dos pour former : « Bout de vie ».

Une semaine intense où chacun s’est dévoilé, où chacun a su partager, aider son compagnon de croisière. Si par moment je suis fatigué du monde d’égoïsme et vénale de notre société bien malade, vous : Audrey, Sylvie, Nathalie, Emmanuelle, Évelyne, Gérard, Yoann et Franck, vous m’avez donné une sacrée énergie pour continuer la croisade Bout de vie. Vie debout à l’envers !!!

Merci du fond du cœur et que Dieu vous prothèse !

Golfe de Botnie…

4 août 2011

Adossé à un pin je suis face au golfe de Botnie, pour beaucoup cette mer est inconnue. Douce comme un lac, aux milliers d’îles et îlots quasi déserts, elle rejoint plus au sud la Baltique qui se prolonge par la mer du Nord et finit en Atlantique. Par habitude, chaque fois que je découvre une étendue d’eau je me dois de la gouter. Toutes ont une salinité différente, la mer Rouge, une des plus salée, la Méditerranée plus dense que l’Atlantique… Ma surprise fût grande pour constater que sa douceur permettait de me désaltérer sans quelconque filtrage. Les bivouacs de mer de Barents nous avaient apaisé par la quiétude polaire si loin des hommes, et nous redoutions de perdre ce doux calme. Notre petite berline de location n’est pas un tout terrain, mais malgré tout l’envie me démangeait de découvrir des pistes forestières qui mènent sans doute au « paradis ». L’île de Seskova est  reliée par un pont. Le village est d’un calme extraordinaire, une piste semble partir vers le sud, nous l’empruntons à pas de loup, quelques cailloux nous rappellent à la prudence. Finalement au milieu d’une forêt dense couverte de myrtilles prêtes à être englouties, nous stoppons devant la mer. Pas un bruit, pas la moindre trace. Je pars à la recherche du camp idéal. Les mottes de mousses donnent un terrain toujours trop tourmenté pour dresser la tente. Un petit replat au milieu de quelques bouleaux, idéal pour faire un vrai camp d’aventurier en quête de silence. En deux temps trois mouvements tout est en place. Un madrier porté par une tempête de Noroit servira de banc, des restes de planches de cabanes abandonnées feront la table et une toile tendue sera le coin cuisine. Véro ramasse une quantité industrielle de myrtilles et framboises et de mon côté je tente quelques lancés pour le déjeuné. Oh surprise, un brochet au deuxième essai vient me rendre visite, comme dirait la mascotte : « Une aubaine pareille ne se refuse pas ! » Fileté, assaisonné au poivre citronné, épice nationale de Finlande, nous nous en ferons un festin. (Le lendemain au premier lancé un autre brochet décide de manger avec nous !) Et dire que certains affirment que ce coin perdu n’est pas poissonneux !!! En randonné nous découvrons une petite presqu’île où une cabane semble abandonnée depuis un moment. Le hangar en bois qui abritait une barque s’est effondrée dessus. Un renne et son petit sont dérangés par nos recherches et à notre grande joie nous découvrons un tapis de fraises des bois en grande quantité. Tout en remplissant un vieux seau, trouvé dans les décombres, de fraises, je rêve de cet endroit si beau, si calme si apaisant. J’essaie d’imaginer l’hiver, la mer qui gèle, les nuits qui n’en finissent plus et le poêle qui ronronne alors que dehors la neige ne cesse de tomber… Un rêveur ce cabochard… Trois jours de bonheur et nous levons le camp, nous retrouvons Luléa (prononcé Luléo), bientôt c’est de là où nous reprendrons l’avion. Nous visitons les abords de cette ville capitale provinciale, les cabanes ne sont plus de simples planches ajustées colmatées à la mousse et au lichen. Ce sont des maisons de haut standing avec bateau au mouillage, moto des neiges bâchés et pelouse bien tondue. Aucune chance de trouver un bivouac pour nous. Un passage par la presqu’île du coin et nous visitons un camping de taille monstrueuse. Malgré les centaines de camping cars parqués les uns à coté des autres pas un bruit, même pas un brouhaha, le calme des scandinaves est remarquable. La majeure partie des clients sont norvégiens, ils viennent à la recherche du soleil du « midi » du grand Nord ! Réflexion d’un sale gosse que je suis, « Mais quel intérêt de se coller côte à côte dans un camping alors que les alentours sont d’un sauvage à couper le souffle ? » L’homme qui a perdu le contact avec l’essentiel de sa vie, vivre avec la nature et non contre. Un poil étonné de ce camp de sardines, nous nous éloignons de 30 kilomètres plus au sud pour fouiller les chemins perdus… Bingo, il est trouvé, du sable fin blanc et personne aux alentours, montage du camp et vous connaissez la suite… Pour faire plaisir à la mascotte, gâteau aux framboises et myrtilles cuit au feu de bois… Ouais Jo Zef c’est dur la vie de nomade, très dur !!!

A pluche

Le bivouac en terre isolée m'inspire à écrire...

Le bivouac en terre isolée m'inspire à écrire...

Seul le silence dit la vérité..

Seul le silence dit la vérité..

web

La nuit recommence à montrer le bout de son nez.

Un cailloux pour m'abriter du vent dans la plus grande salle de bain du monde... Un luxe!

Un cailloux pour m'abriter du vent dans la plus grande salle de bain du monde... Un luxe!

Véro goute au gâteau cuit sur une pierre, la mascotte la surveille du bon œil

Véro goute au gâteau cuit sur une pierre, la mascotte la surveille du bon œil

Un brochet en brochette!

Un brochet en brochette!

kayak en mer de Barents…

26 juillet 2011

Être sur les bords de l’océan Arctique sans pouvoir y tremper la pagaie cela devenait une déchirure !

Mehamn ne compte que 800 habitants quasiment tous pêcheurs. Le touriste est celui qui s’est égaré ! En cherchant sur le port, je tombe sur Ruan, Sud-Africain tombé amoureux du coin en effectuant avec sa compagne suisse, Tina, cap Nordkin-sud Grèce à pied en 3 ans, soit 6000km. Ouf je me sens moins seul, enfin un gars un  peu fêlé comme moi. Il est employé dans l’usine à morue, un métier rude, mais qui lui permet de résider en péninsule de Nordkin. Depuis cette année ils ont ouvert un bed and breakfast et tentent de créer une activité nature. Rando, chiens de traineau en hiver, kite sur glace et location de 4 kayaks. Je suis son premier client ! Je trépigne de pouvoir m’aventurer dans une mer si sauvage et isolée, mais ce n’est pas « Immaqa » dans lequel je prends place mais un p’tit kayak un poil instable à mon gout ! Combinaison étanche neuve, gilet neuf, je prépare un sac étanche avec un minimum au cas où et vogue la galère. A midi je donne rendez-vous à Véro sur une plage qu’elle rejoindra à pied et dès le casse-croute englouti je pars cap au nord. Des marsouins me précédent sans se laisser approcher, les sternes arctiques dorment sur du bois flottant, la mer est un mélange de bleu nuit et de gris d’encre. Un poil tendu le « Cabochard » ! J’avance rapidement et commence à m’habituer à naviguer avec ce type d’embarcation. J’essaie de ne pas penser à l’endroit où je me trouve car sinon c’est la boule au ventre. La mer de Barents a une sale réputation, mais c’est plus fort que moi, je veux aller jusqu’au promontoire sombre vers l’Est ; de là je devrais voir le fameux phare de Seltnes, le plus nord de l’Europe, juste 10 petits kilomètres. Des oiseaux en pagaille et de la grosse solitude, celle qui fait déglutir avec difficulté, celle qui ne donne plus envie de se nourrir… Je persiste et évite de penser au cas où je dessalerai. Encore un petit mille et je pourrais enfin le voir, la mer est d’un calme anormal, je suis sur mes gardes. Le courant violent du cap que j’avais pressenti est bien présent. L’autoroute se transforme en piste en terre et je suis en kayak de promenade et pas de guerre comme mon « Nautiraid 540 ». Ca bouge dans tous les sens. Je tente la photo mais promis juste un coup c’est tout, avec beaucoup de concentration je vire de bord pour reprendre la route de Mehamn. Bien-sûr ici tout est éphémère et le grand bleu laisse la place à la tourmente. Je ne traîne plus, je ne cause plus aux oiseaux, j’appuie sur les pagaies de toutes mes forces et essaie d’anticiper d’où viendra le combat ! Là-bas au port les éclairs claquent et le vent fraîchit, pour l’instant je suis dans du calme, pourvu que ça dur. Je prends l’option de rejoindre la côte, cela allongera la route mais en cas d’embrouille je pourrais avoir un plan B ! Une faille se découvre et j’en prends la direction. Finalement dans cette espèce de brèche, je m’enfile… Pause relaxation, je mange un bout, effectue quelques étirements sans trop attendre, je sais que là-bas on doit s’inquiéter pour moi, l’orage claque à en perdre haleine. Je reprends la mer, ça y est, c’est pour moi, des grosses gouttes me nettoient le visage, les éclairs donnent de la voix et le pagayeur pagaie, quoi que de plus normal me diriez-vous ! Finalement je double le premier phare du port pour me retrouver face à face avec des rennes. Je leur explique ma journée mais je crois que cela ne les intéresse pas trop ! Plus de respect pour les aventuriers à cloche pied ! Véro me rejoint et voit dans mes yeux le déroulement de ma « kayakerie ».  Dans leur magnifique appartement, vu sur le port, nous écoutons nos nouveaux  copains nous narrer leur périple à pied. 8 paires de chaussures usées jusqu’au bout et une taille et demi de plus en pointure pour 6000 km de « marche et rêve ». Ruan me surprend en train de décortiquer la carte de la mer de Barents, lui aussi passe des heures devant la planisphère à imaginer des voyages insolites… je lui présente mon idée de projet, mélange d’aventure en solitaire et de partage avec des louveteaux de Bout de vie. Il m’épaulera avec les jeunes et j’en suis très heureux, c’est un gars fait d’acier en qui j’ai confiance, bizarre en quelques heures ? Non, quand on vit des expériences aussi fortes que les nôtres et que l’on se croise, quelque chose d’inexplicable se produit, comme si l’on se connaissait depuis toujours. Si vous voulez découvrir la péninsule de Nordkin c’est par Red Tree qu’il faut passer, Tina, Ruan et leur mascotte Harry vous accueilleront chaleureusement.

Juste entre vous et moi en toute intimité, je vous dévoile déjà le titre de ma future « folie »

Arcticorsica 2012…Chut c’est un secret…

Mehamn, port de pêche du bout du monde.

Mehamn, port de pêche du bout du monde.

A peine sorti du port la solitude envahi le kayakiste qui kayakait!

A peine sorti du port la solitude envahi le kayakiste qui kayakait!

Cap 17°, au bout du promontoire je devrais apercevoir au loin le phare le plus nord d'Europe, Slettnes.

Cap 17°, au bout du promontoire je devrais apercevoir au loin le phare le plus nord d'Europe, Slettnes.

Une faille, une bréche, je vais tenter un debarquement acrobatique!

Une faille, une brèche, je vais tenter un débarquement acrobatique!

Des rennes pour m'accueillir aprés une journée de mer placée sous le signe de l'émotion.

Des rennes pour m'accueillir après une journée de mer placée sous le signe de l'émotion.

Tina et Ruan devant leur maison, Jo Zef rencontre Harry leur mascotte!!!

Tina et Ruan devant leur maison, Jo Zef rencontre Harry leur mascotte!!!

Week-end corsé pour Valentin…

20 juin 2011

Bout de Vie juin 2011 004

Que c’est court un week-end!                                                                                                                                                                          Valentin et son “body guard” Laurent sont déjà repartis ! Deux petites journées, certes, mais intensives…

Eole grand seigneur a su orchestrer les bouches de Bonifacio si souvent ventilées avec un samedi matin calme et une mer à peine ridée. Le pneumatique paré, nous voilà partis de mon repaire de Corsaire pour le détroit du vent « déventé » !… Sacré joli clin d’œil.

Jaloux de mes coins perdus, je mettais de côté ma devise de sauvage pour dévoiler à nos amis vosgiens des coins d’eaux encore protégés des « autres » ! De criques, en grottes, de fjords en cales nous arrivions dans le repaire des Lavezzi. Au ralenti, nous nous faufilions au milieu des géants de granit. Valentin reconnaissait comme un vieux loup de mer  la crique de la Galiote où il avait partagé son Bout de vie avec d’autres amis eux aussi différents !

D’un coin d’œil je surveille le vent, le contrat est donné, calme ce matin, violent demain…

Magnifique balade ou d’émerveillement en émerveillement nous rejoignons le bord du Cabochard.

Jo Zef la mascotte nous attendait de pied ferme car l’heure du déjeuner était déjà bien avancée. Dans un petit restaurant, réservé rien que pour nous, nous nous régalions de quelques plats énergisants. Emmanuel Coindre, narrait à Valentin ses 8 traversées océaniques à la rame et Laurent Benezech quelques plaquages sévères de All Blacks si redoutés pourtant… La journée n’est pas finie, malgré le sable qui glisse dans la sphère de verre nous essayons de bloquer le sablier ! J’engage mon tout terrain dans une piste en terre qui rappelle à mon « p’tit  neveu de cœur » sa dernière aventure sur le marathon des sables au sud Maroc avec les p’tits suisses de l’association de Carole Lauk courir ensemble. La piste semble mener à nulle part, pourtant je sais qu’au bout de la route défoncée se dresse un beau lac isolé…

Passage par le monastère de la Trinité où une réunion avait lieu. Mélange de paghjela, chant traditionnel religieux en langue corse et hommage très émouvant à un défunt…

Il est temps de renter à l’hôtel pour se préparer au match…

Roselyne et Yan Rocchi ont organisé cette belle soirée. Réunir des champions est toujours un exercice périlleux. Tellement sollicités, leurs venues est toujours un cadeau. Entre jeunes retraités et footballeurs en trêve, l’équipe est solide. Nicolas  Pennettau de Porto-Vecchio, actuel gardien de Valencienne en L1, avait prévu le coup et  offrira son maillot de gardien à notre jeune vosgien, la tenue du match endossé, Valentin donnera le coup d’envoi de la partie. Deux fois trente minutes, entente parfaite sans la moindre anicroche et une victoire courte contre les pompiers de l’extrême sud…

Soirée chant corse et grillade…

Le sable du sablier glisse  toujours à la même vitesse, la nuit fût bonne mais courte. Eole se lâche et met les gaz… Il a compris que cette journée nous mènera sur les bords d’une paisible rivière où les truites sont en quête de moucherons égarés… Valentin s’adonnera au lancé. Quelques rameaux de Népita (Sorte de menthe endémique) dans le sac de notre jeune aventurier et nous voilà déjà à l’aéroport de Figari…

Résumé d’un petit week-end bien sympathique…

Rien ne sert de briller si tu n’éclaires personne…

Remerciement à tout les bénévoles, vous avez été nombreux à œuvrer pour que cette soirée soit magnifique. Roselyne et Yan vous avez été le scintillement des étoiles de ce samedi soir…