Entre Corse et Yukon…

16 mai 2010

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Allez, cherchez un peu où est caché le Cabochard ?

Le cœur serré je quitte mon repaire de « corsaire »… Quand je reviendrai des mois se seront écoulés et je retrouverai mon fidèle compagnon de vie.
Ma « Vrai » et des amis y veilleront, comme disent nos cousins Québécois, j’aime y être « encabanné » quand la tempête rugit dans les Bouches de Bonifacio…

Partir vers mes craintes pour revenir encore plus fort et donner encore plus à ceux qui le désirent…

Dêpeche AFP :

Amputé d’une jambe, Frank Bruno, animateur et créateur de l’association « Bout de vie », se lance un nouveau défi en tentant de descendre en kayak, seul et sans assistance, les 3.100 km de la Yukon River, entre Canada et mer de Béring en Alaska.

Bruno, 45 ans, figure charismatique du monde du handicap, ne compte plus ses performances sur terre et mer, à pied, à ski, à la rame, du Groenland à la Géorgie du Sud, des fonds marins de l’île de beauté à la banquise du pôle nord ou sur les sommets de la cordillère des Andes… sur une jambe.

Mais son infortune, survenue lorsqu’il avait 18 ans, militaire sur le porte-avions Foch au large du Liban en guerre en 1983, homme de pont dont la jambe droite fut écrasée sous le train d’atterrissage d’un chasseur Crusader, est devenue un sacerdoce.

« J’ai cru que ma vie était foutue, dit-il. Le mot espoir était sorti de mon vocabulaire. Mais c’est lorsque que j’ai cessé de ne penser qu’à ma petite personne, que j’ai réalisé que j’avais des centaines de compagnons handicapés comme moi, amputés d’un bras, d’une jambe et qui eux aussi avaient perdu espoir, que j’ai créé (Bout de Vie).

« Je n’ai jamais recherché l’exploit personnel qui n’a pas de sens, mais à travers mes aventures, je veux démontrer à tous ceux qui ont perdu le goût de la vie avec un ou deux membres en moins, que nous sommes comme les autres bien portant, que nous ne sommes pas diminués même si nous devons en faire plus que les autres à force de volonté et de rage de vivre ».

« Mon message, résume-t-il, c’est (Si vous voulez, vous pouvez. N’écoutez pas ceux qui vous disent que tout est foutu. Éteignez la télé, bougez… »).

Yukon River, fin du 19e siècle: des centaines d’aventuriers sur d’improbables embarcations, s’enfoncent dans l’inconnu des territoires sauvages et inhabités qui, du Canada à la mer de Béring, traversent l’Alaska. C’est la ruée vers l’or dans ces contrées si bien décrites par Jack London.

« A 45 ans, c’est mon rêve de gosse qui ressurgit. Je vais le faire ce voyage, je vais remonter le temps, affronter tous les dangers sur mon kayak, seul avec mes fantômes, ma prothèse, de la nourriture lyophilisée pour 70 jours et du matériel de pêche », avance-t-il.

Mais le danger ne viendra pas de la rivière mais de ses rivages ou chaque soir, Frank Bruno accostera et montera son bivouac.

« Oui, je sais, il y a des ours bruns et noirs, des loups, des lynx et peut-être même des humains sans foi ni loi qui traînent dans ces contrées sauvages. Mais je me refuse à emporter une arme. Je fais confiance à mon instinct. Je suis en osmose avec la nature. En Corse, je vis sur un vieux bateau en bois. J’ai plongé au Soudan au milieu des requins, j’ai traversé les territoires des ours blancs carnivores sur la banquise au pôle nord. Il ne m’est jamais rien arrivé. J’ai le principe de prudence ancré en moi… »

Frank Bruno entamera son périple début juin et compte atteindre l’estuaire de la Yukon River sur la mer de Béring en septembre, au début des grands froids.

Mais comme à chacune de ses aventures, dans un esprit collectif, il va faire partager le début de son voyage à six jeunes de 13 à 24 ans. Ils accompagneront Frank en canoë sur les premiers 350 km de sa navigation.

« Un homme, un kayak, un fleuve pour un bout de vie!, c’est ma nouvelle aventure, « notre » nouvelle aventure porteuse d’espérance pour toutes celles et ceux à qui la vie a joué un mauvais tour », dit l’homme à la rage de vivre.

Vidéo de présentation du projet:

Last night in Pianottoli

15 mai 2010

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Crédit photo Éric Volto

Pianottoli tard dans la nuit! Soirée barbecue…

Juste avant mon départ je tenais à regrouper toutes les personnes qui au long de ses mois m’ont épaulé dans ma préparation « Yukonnesque »…

Ce n’est  pas un adieu mais juste un « A bientôt »…

Les desserts ont tous été testés minutieusement: Les gâteaux au chocolat, les crèmes, les beignets, les frappes, les cakes ,tous goutés regoutés voir engloutis.

Faut prendre du poids Jo!!!

Pourquoi t’es ballonné la mascotte???

La clef de ma réussite…

3 mai 2010

Dans mes explications régulières de mes préparations j’ai abordé je pense tous les thèmes mais la clé de ma réussite je la dois en grande partie à une sacrée Dame. Véronique…

Ma Vrai  sans E car je peux vivre sans « eux » mais pas sans elle, c’est son surnom, elle est arrivée en pleine tempête, je frôlais le naufrage et la violence et les grosses « bêtises » me tendaient les bras. Sans m’y attendre elle m’a ouvert une porte incroyable, l’amour. Je m’étais juré que ce n’était plus pour moi et j’étais devenu un drôle de loustique, briseur de cœur, bagarreur, un brin teigneux et dure à la douleur…

Elle ne m’a jamais jugé, elle a su trouver en moi le bon côté et à l’époque c’était enfoui très profondément, pas une fois elle ne m’a reproché des fréquentations dangereuses, pas une fois elle m’a donné des conseils sur mon bout de vie, elle a juste été un miroir de ma vie. Au début je n’arrivais pas à m’y voir puis le miroir devint plus clair , puis propre et je vis un côté obscure qui ne me convenait plus. Elle n’avait pas été épargnée par la vie, alors armée de courage, ses deux enfants sous sa coupe, elle partie non pas pour un autre nid mais pour une vie de « solitaire ». Elle aussi s’était bien jurée que l’amour ne viendrait plus la croiser.

Nos regards se sont entrechoqués, on s’est découvert, puis avec le temps on a osé le premier pas, d’un commun accord on a compris l’alchimie de la vie de couple. Si demain nous devions vivre ensemble un voile envahirait le duo alors chacun possède son territoire, son jardin secret, la femme au foyer a su se dépasser ; elle a touché à plein d’activités, si j’y pense j’ai du mal à y croire : sa première via ferrata en Nouvelle-Zélande avec un vide de 600mts qu’elle a su gérer sans ciller, une marche de nuit en plein milieu d’une tempête de neige, le lendemain la poudreuse avait recouvert le bivouac et malgré une température polaire, elle avait trouvé ça « Groenlandésque! », quelques plongée sous marine à la recherche de vestige antique au delà des 25 mts de fond, une initiation au ski qui fut gravée dans sa chair puisque le soir même elle passait au bloc pour remettre quelques ligaments qui avaient peu apprécié une lourde chute, une descente en bobsleigh à 4 où au premier virage elle fut happée par la force centrifuge, Bixente bon joueur alla lui aussi s’encastrer avec elle…

Mais en parallèle toujours présente pour ses enfants, confidente mais à la poigne ferme, elle sait s’adapter à toutes les situations, un soir à l’aise à la table du Prince Albert II de Monaco où celui-ci la prend à part pour qu’elle lui raconte comment on s’est rencontré puis le lendemain sans se la jouer aller faire des ménages dans des grandes villas à Spérone où ces dames qui ne sont et le resteront que les femmes « de » se la jouent d’une manière pédante et ne peuvent imaginer une seconde qui devait se confier la veille à Véro!

Petit bout de femme au caractère trempé, qui de temps à autre ose rentrer tête baissée comme un bélier dans le Cabochard que je suis, elle ne tremble pas devant moi mais ne me provoque pas, je sais que son raisonnement est juste et je l’ai choisie comme confidente, sur mes aventures c’est elle seule qui sait trouver les bons mots au bon moment, dans l’association elle temporise beaucoup de situations, elle sait que je suis intransigeant avec moi même et du coup très exigeant avec les autres, elle connait mon quotidien et sait m’épauler sans empiéter, elle sait que mes journées sont souvent de longues heures de tâches minutieuses et fructueuses et du coup sait me soutenir et faire que je me sente moins seul ; ma croisade si j’arrive à la mener comme je le fais actuellement c’est en partie grâce à elle…

je pourrai continuer longtemps sur notre complicité, pour conclure nous n’avons aucun sujet tabou quand je dis aucun c’est vraiment aucun, pensez à un truc que vous n’avez jamais osé abordé avec votre compagnon et bien nous nous l’avons mis à plat et disséqué ensemble.

Je ne peux pas dire que Véro soit la femme de ma vie mais j’espère dire qu’elle soit la femme de ma mort, car nous le savons notre amour est éternel… Si ça finit ici, c’est pas bien grave là haut c’est jusqu’à la nuit des temps, pensez y  ! Personne n’appartient à personne!

Ma Vrai devant la caméra répond aux questions essentielles de la vie :

Souffrance

Limite

Différence

Défaite

Victoire

Sport

Amour

Naissance

Mort

Frequenza Mora…

22 avril 2010

Interview de Frank par Jean-Pierre Acquaviva sur Frequenza Mora.

David Guiber vient nous rejoindre dans cette émission de 60′ ou il livre son « Bout de vie » de personne différente depuis peu.

Frequenza Mora, Préparation Yukon

les derniéres sorties en photos…

21 avril 2010

Photos prisent par Olivier Bonnenfant.

Avec tous mes sincères remerciements.

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Photos que vous retrouverez dans le magazine « Carnets d’aventures » du mois de juin.

Ecoutez l’interview de France Bleu Frequenza Mora animée par mon pote Jean-Pierre Acquaviva  qui tend son micro à David Guiber  livrant son Bout de vie différente depuis seulement quelques mois. Dans quelques semaines il fera parti de l’équipe du Yukon…

Préparation psychique…

15 avril 2010

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Dans 31 jours je m’envole pour Whitehorse et les derniers préparatifs sont importants. Ce matin j’ai repris la mer avec mon Kayak au nom Groenlandais « Immaqa » (peut être en Inuit)!!!

Tout un programme, chaque projet est une multitude de petits réglages à effectuer et à peaufiner mais le principal c’est la tête qu’il faut avoir en place. Cet hiver fut rude, mais avec le recul c’était une préparation. Comme un punching-ball, j’ai encaissé une multitude de coups émotionnels et je l’avoue ça a failli me déstabiliser. Mais je crois que c’était vraiment nécessaire, de toute façon je n’avais pas le choix, comme le boxeur qui subit j’ai baissé le menton et me suis protégé du mieux possible en encaissant et puis sans que je m’y attende le match c’est fini et je suis toujours debout ! L’arbitre a déclaré match nul !

Donc dans ma préparation psychique j’ai travaillé sur mes peurs et mes angoisses, je les ai laissé m’envahir pour mieux les connaître, en stratégie de guerre il vaut mieux faire rentrer l’ennemi dans un vallon pour assurer une embuscade efficace que de l’affronter en terrain découvert.

Donc mes trouilles je les connais par cœur et du coup je sais quand elles peuvent se pointer et gérer au mieux leurs conséquences.

Au moment où je vous écris ce billet je suis au même endroit qu’il y a quelques mois mais à la différence c’est que ce soir je suis serein, le coin est toujours aussi désert mais j’ai changé les données au disque dur du Cabochard.

Pour la traversée à la rame avec Dume nous avions pratiqué pas mal de disciplines qui n’avaient rien à voir avec la mer pour nous mettre en situation de stress, chute libre, via ferrata en se bandant les yeux à tour de rôle pour travailler la confiance mutuelle et des sorties vélos en hypoglycémie.

Bien sur toutes les semaines 1 an avant le départ nous étions en mer à ramer, d’où la réussite du projet, pour mes traversées polaires j’ai pratiqué seul en hiver les montagnes Corse et quand le temps se dégradait j’apprenais les bases du froid et de tous les problèmes que cela engendre au démontage et remontage de camp et surtout à la progression dans le brouillard givrant. Pour le Yukon depuis deux ans le kayak est sur le ponton devant mon bateau qui est ma maison et depuis ces 24 mois je ne compte plus le nombre de sorties que j’ai effectué, petit à petit j’ai découvert ce moyen de transport ancestrale des régions du grand nord et à chaque sortie j’en ai tiré des enseignements essentiels ; quand j’ai chaviré à 2 kilométres des côtes et que les déferlantes m’empêchaient de monter à bord, quand je me suis imposé de pagayer toute une nuit non stop après une belle journée de kayak avec un vent violent de face et qu’au petit jour j’atteignais mon bercail, quand je me faisais bloquer par le mauvais temps et que la petite passe m’empêchait de reprendre la mer… Toutes ces petites choses sont des grains de riz que j’ai déposés dans une bourse et quand là bas dans le pays de l’immensité la peur m’invitera à diner j’aurai de quoi me rassasier en la regardant droit dans les yeux.

Ce soir là haut sur mon cailloux je vois mon bivouac avec le feu qui l’illumine, Immaqa est bien amarré et quand je me glisserai dans mon duvet je partirai me réfugier dans les bras de ma Vrai pour laisser dehors tous les « kilitoqs » (démons Groenlandais) chercher un autre compagnon de jeu.

Demain de très bonne heure pendant que vous serez en train de vous réveiller je serai déjà en mer à la recherche d’une légende qui s’appelle Amour de vivre…

Le Yukon en deux mots…

14 avril 2010
Ps: Ca ne vaut pas une vue sur la Seine mais bon, je m'accomode !!! Hein Niko ?

Ps: Ca ne vaut pas une vue sur la Seine mais bon, je m'accommode !!! Hein Niko ?

Pour ceux qui visite en profondeur  le site de Bout de vie vous avez du constater que la page du Yukon s’était franchement étoffée : photos animalière de Nicolas Dory et surtout la nouveauté, la carte qui vous permettra de nous suivre à la trace sur google earth. J’ai « pondu » un petit texte qui bientôt va être envoyé à pas mal de rédactions qui je l’espère prendront le relais. Si vous voyez quelque chose à améliorer, je suis preneur.

Mon amputation de la jambe droite à l’âge de 18 ans fut très éprouvante je ne savais pas à l’époque que ce n’était qu’une préparation physique et mentale qui m’ont amené à traverser l’Atlantique à la rame comme un défi, à monter à pied au Pôle Nord comme une découverte, à traverser à pied le Groenland comme une aventure extrême, les quelques sommets au delà des 6000mts gravis une manière de m’élever, le tout pour ma croisade associative Bout de vie.

Dans quelques jours je pars dans le grand nord sur les traces de Jack London et Grey Owl, en effet je vais tenter la descente en solitaire muni de mon kayak du fleuve Yukon du lac Laberge au Canada à la mer de Béring en traversant sur sa totalité l’Alaska. Je ne pars ni sur un défi, ni sur une aventure mais sur un voyage de l’intérieur. En effet sur ces 3100 kilomètres je serai seul face à toute la beauté des ses grandes contrées encore sauvages, la solitude sera ma compagne de voyage et même si le physique sera à rude épreuve les seuls vrais dangers rencontrés seront mes fantômes embarqués.
Un homme, un kayak,un fleuve pour un bout de vie!

Bien sur comme à chaque fois je ferai partager mon rêve à des jeunes adhérents de mon association, en effet sur les premiers 320 kilomètres 6 jeunes âgés de 13 à 24 ans vont pagayer avec moi, 2 amputés, 2 cancéreux en rémission et 2 valides. Deux guides de Whitehorse m’épauleront pour guider ces jeunes aventuriers jusqu’au village de Carmacks ; de là je prendrai ma pagaie tout seul pour essayer de rejoindre le village Eskimo d’Emmonak en mer de Béring. La date d’arrivée? Avant que la glace ne refasse geler le grand fleuve !

Régulièrement j’enverrai mon journal de bord via téléphone satellite et quelques photos prises à la volée.

PS : Jo Zef vous demande en douce si vous n’avez pas quelques bonnes adresses sur le fleuve Yukon de crêperies dignes de ce nom ???

les signes qui nous guident…

6 avril 2010

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Croix que j’avais amené avec moi sur l’ascension du Pissis (Argentine) elle appartenait au père de ma Vrai qui devait décéder quelques semaines avant notre départ pour la cordillère des Andes.

Les signes j’y crois dur comme une tête de Cabochard. Si cet hiver a été difficile dans ma préparation physique (blessures à répétition) je crois que c’est pour me rendre encore plus humble et patient. Je suis un « hyperactif » et le fait de me retrouver bloqué, devant absolument attendre la guérison est quelque chose que j’ai dû gérer et en comprendre le mécanisme.

Les coups de vents eux aussi se sont succédés et du coup le kayak est resté bien amarré sur le ponton à coté du Cabochard. Ce matin finalement l’ouest s’en est allé et malgré une forte houle résiduelle je prends la mer. Autour de mon cou en plus de mon talisman « Maori » offert par ma « Vrai » en Nouvelle Zélande, j’y ai ajouté une croix en bois d’olivier ?!?

Non je vous rassure je n’ai absolument pas changé sur ma manière d’être allergique envers toutes les simagrées que trainent derrière leurs fesses toutes sortes de religions inventées par l’homme tellement peureux devant la mort, la souffrance et la vieillesse.

Non j’écoute le destin qui nous a été tracé dans notre courte vie, certain l’appel Dieu, d’autre la destinée. Chacun s’accroche à ce qu’il croit juste. Donc ce weekend j’ai croisé mon « Dumé » avec qui j’ai traversé l’Atlantique à la rame. Il y a quelques années je lui avais présenté Pierre mon ami avocat et de cette union en est né une sacrée histoire : l’association Bout de vie. On pourrai dire la Trinité, nous sommes tous les trois très différents mais nous avons su à un moment unir notre différence pour aller vers les autres. Pierre est Franc-maçon et ne s’en cache pas d’ailleurs, il est catholique pratiquant et dans l’un de ses voyage à Jérusalem il a offert à Dumé une croix en olivier et ce weekend Dumé me l’a accroché au tour du cou.

Pendant ces mois d’isolement je ne penserai pas « religion », elle n’a pas la place dans la nature ni dans mon sang, mais je sais que je serai guidé par l’instinct de survie, par ma petite étoile qui jusqu’à présent m’a toujours soutenu et aidé.

Les disparus, eux seront avec moi, j’entends souvent le rire de ma grand-mère Lulu, je vois les sourires de mon pôte de toujours Dédé, la manière dont Loïc remettait en place sa longue chevelure : grand apnéiste trop tôt parti.

Donc autour de mon cou un peu de mes pôtes Dumé et Pierre.

Petit signe aussi ce matin jusqu’à Capu di Fenu pendant 3 heures environs trois grands dauphins m’ont accompagné de loin… Un bon présage !!!

Preparatif du Yukon…

23 mars 2010

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D’ici quelques jours je vais expédier la première partie de mon matériel à Whitehorse état du Yukon Canada.
Je vérifie au mieux mes accessoires, peu de chose pour trois mois de balade mais un minimum pour accéder à l’ambition du projet. J’ai comme d’habitude « customisé » pas mal de choses. La tente a des toiles à pourrir cousues en plus, en cas de tempête je pourrai coincer le tout avec ce que j’aurai sous la main (sable, cailloux, troncs d’arbre) ce qui empêchera au vent de s’engouffrer dessous et de me faire faire du « vol à voile », le réchaud est un MSR qui fonctionne avec tous les carburants possibles (essence, gasoil, kérosène) et j’ai là aussi « customisé » une casserole trouée en guise de carénage qui recevra le tout et qui permettra une économie de carburant,( bien sur en majeur partie j’allumerai un feu pour faire cuire ma nourriture, faire un peu fuir les nuages de moustiques et j’espère tenir à distance les Grizzly et Barribal), une sécurité pour bloquer ma gamelle en cuisson et quand je serai fatigué donc moins lucide me permettra une marge d’erreur supplémentaire en cas de choc, les 22 cartes aux 250 000 seront roulées dans un tube en PVC de 80 mm totalement étanche. Une balise spot tracking vous permettra à vous mes chers internautes lecteurs de plus en plus nombreux de me suivre à la trace. Un pote m’a trouvé les cartes compatibles avec mon GPS et il y travaille dessus.
Pour la nourriture je la prendrai sur zone. Et encore je la fais courte car je pourrai vous parler de la pharmacie (au fait je passe sur la table d’opération mardi qui arrive histoire de m’enlever une petite merde sur la mâchoire, reste d’un accident d’enfance) « déjà casse cou gamin! » De la trousse de réparation pour tout « réparer » au milieu de rien…
De plus en plus je rentre dans l’histoire et même si je suis encore à un peu moins de 50 jours du départ plus les jours rallongent plus je languis de me retrouver face à moi même sur le grand fleuve.
J’aurai un calepin et je pourrai noter mes délires du moment, des mots qui ressemblent à ça.

Naitre pour mourir
Passager heureux sur terre l’homme nait
Passager malheureux sur terre l’homme meurt
De guerre en bonheur pourquoi se bouffer le nez
Quoi qu’il se passe quoi qu’on fasse on attend l’heure
Alors par tous les saints, les dieux, les montagnes, les océans
Sourire, partage, union feront de nous grand
Cette vie si longue, si courte pleine d’espoir et de désespoir
Question sur question jamais sur de se revoir
Les chemins qu’on croise nous même tout au bout
Ils s’entrechoquent à vous rendre fou
Si solitude parait sagesse
Si fuite parait promesse
Nul n’échappe au moment fatal où tout s’éteint
Le noir , l’absolument vide le moment de la fin
Le souvenir défile tout devient dérisoire
Souffrance rire peut être la peur du noir
Ne jamais perdre l’espoir et accepter s’entendre dire
Sur notre pauvre terre la devise c’est naître pour mourir

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse
ALFRED DE VIGNY

Déja un peu sur le grand fleuve…

23 février 2010

Pour réussir une épreuve la visualisation est nécessaire pour ceux qui suivent les JO observez les skieurs juste avant leurs départs vous pouvez remarquez qu’ils visualisent leurs parcours,les portes à franchir, les dangers à surmonter, pour un politique c’est le même processus il visualise la tribune avec ses sympathisants et opposants, un artiste avant de monter sur scène imagine et sent le public et son spectacle.
Jusqu’à présent juste avant mes départs pour mes grands périples je visualisais, j’essayais de m’y plonger avant l’heure et ce fut que bénéfique.
Donc dans ma préparation pour le Yukon je visualise, le grand fleuve, les dangers et les bonheurs, les peuples rencontrés amis ou moins accueillants, je sais très bien que les gentils « Indiens » des films sont pure romance et bien que leurs légendes et cultures me passionnent, le présent est bien différent, mais la trame n’est pas loin derrière ; alors pour m’imprégner du grand nord j’écoute souvent de la musique de chez eux, je m’imbibe de ce pays plusieurs fois grand comme l’Europe où vive une petite minorité de natif, j’essaie d’imaginer une journée de kayak, des heures qui m’auront demandé de l’effort mais aussi une possibilité de m’évader aux milieux des arbres, des oiseaux, du vent, du soleil, de moi, de vous… J’essaie d’imaginer comment je vais gérer les campements dans un silence époustouflant, comment gérer des bouffées de tristesse ou de joie intense, je visualise l’arrivée dans un village où peut être mon voyage n’aura pas de sens pour des gens qui eux vivent alors que moi je serais seulement en survie, comment se fondre avec un groupe de chasseur qui vivent là depuis des millénaires alors que je ne serais que la fleur qui surgit du névé et disparaît au premier coup de vent. Je visualise, je m’imprègne et cette berceuse en fermant les yeux me transporte dans mes questions et rêve.

Fermez les Yeux et soyez attentif vous allez entendre le grand fleuve frémir, le bruit du grand Corbeau qui passe juste au dessus de vous, la branche qui craque sous le poids d’un animal qui restera pour toujours inconnu…

Ps: Jo Zef  s’est coiffé de plumes de goéland et il visualise l’odeur des crêpes qui cuisent au coin du feu sur les bord du « Grand Fleuve »!!!