
Allez, cherchez un peu où est caché le Cabochard ?
Le cœur serré je quitte mon repaire de « corsaire »… Quand je reviendrai des mois se seront écoulés et je retrouverai mon fidèle compagnon de vie.
Ma « Vrai » et des amis y veilleront, comme disent nos cousins Québécois, j’aime y être « encabanné » quand la tempête rugit dans les Bouches de Bonifacio…
Partir vers mes craintes pour revenir encore plus fort et donner encore plus à ceux qui le désirent…
Dêpeche AFP :
Amputé d’une jambe, Frank Bruno, animateur et créateur de l’association « Bout de vie », se lance un nouveau défi en tentant de descendre en kayak, seul et sans assistance, les 3.100 km de la Yukon River, entre Canada et mer de Béring en Alaska.
Bruno, 45 ans, figure charismatique du monde du handicap, ne compte plus ses performances sur terre et mer, à pied, à ski, à la rame, du Groenland à la Géorgie du Sud, des fonds marins de l’île de beauté à la banquise du pôle nord ou sur les sommets de la cordillère des Andes… sur une jambe.
Mais son infortune, survenue lorsqu’il avait 18 ans, militaire sur le porte-avions Foch au large du Liban en guerre en 1983, homme de pont dont la jambe droite fut écrasée sous le train d’atterrissage d’un chasseur Crusader, est devenue un sacerdoce.
« J’ai cru que ma vie était foutue, dit-il. Le mot espoir était sorti de mon vocabulaire. Mais c’est lorsque que j’ai cessé de ne penser qu’à ma petite personne, que j’ai réalisé que j’avais des centaines de compagnons handicapés comme moi, amputés d’un bras, d’une jambe et qui eux aussi avaient perdu espoir, que j’ai créé (Bout de Vie).
« Je n’ai jamais recherché l’exploit personnel qui n’a pas de sens, mais à travers mes aventures, je veux démontrer à tous ceux qui ont perdu le goût de la vie avec un ou deux membres en moins, que nous sommes comme les autres bien portant, que nous ne sommes pas diminués même si nous devons en faire plus que les autres à force de volonté et de rage de vivre ».
« Mon message, résume-t-il, c’est (Si vous voulez, vous pouvez. N’écoutez pas ceux qui vous disent que tout est foutu. Éteignez la télé, bougez… »).
Yukon River, fin du 19e siècle: des centaines d’aventuriers sur d’improbables embarcations, s’enfoncent dans l’inconnu des territoires sauvages et inhabités qui, du Canada à la mer de Béring, traversent l’Alaska. C’est la ruée vers l’or dans ces contrées si bien décrites par Jack London.
« A 45 ans, c’est mon rêve de gosse qui ressurgit. Je vais le faire ce voyage, je vais remonter le temps, affronter tous les dangers sur mon kayak, seul avec mes fantômes, ma prothèse, de la nourriture lyophilisée pour 70 jours et du matériel de pêche », avance-t-il.
Mais le danger ne viendra pas de la rivière mais de ses rivages ou chaque soir, Frank Bruno accostera et montera son bivouac.
« Oui, je sais, il y a des ours bruns et noirs, des loups, des lynx et peut-être même des humains sans foi ni loi qui traînent dans ces contrées sauvages. Mais je me refuse à emporter une arme. Je fais confiance à mon instinct. Je suis en osmose avec la nature. En Corse, je vis sur un vieux bateau en bois. J’ai plongé au Soudan au milieu des requins, j’ai traversé les territoires des ours blancs carnivores sur la banquise au pôle nord. Il ne m’est jamais rien arrivé. J’ai le principe de prudence ancré en moi… »
Frank Bruno entamera son périple début juin et compte atteindre l’estuaire de la Yukon River sur la mer de Béring en septembre, au début des grands froids.
Mais comme à chacune de ses aventures, dans un esprit collectif, il va faire partager le début de son voyage à six jeunes de 13 à 24 ans. Ils accompagneront Frank en canoë sur les premiers 350 km de sa navigation.
« Un homme, un kayak, un fleuve pour un bout de vie!, c’est ma nouvelle aventure, « notre » nouvelle aventure porteuse d’espérance pour toutes celles et ceux à qui la vie a joué un mauvais tour », dit l’homme à la rage de vivre.
Vidéo de présentation du projet:
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