The end…

24 août 2010

100 jours de nomadisme au grand nord…

Partage, solitude, découverte, rencontre, émotion, fraternité, bataille, introspection…

je pourrais rajouter, discours avec un « moi » inconnu qui m’a rassuré sur mon « être » et encore plus éloigné de ce qui salit la vie.

100 jours de connexion directe avec un au-delà maintenant familier, un silence indescriptible qui semble vous pénétrer pour vous décaper, une sensation de partir de ce monde si étrange que nous nous sommes créés, l’essentiel devient le basique, pagayer, manger, dormir, le reste devient abstrait, superflu, inutile, comme derrière un coin de porte j’ai perçu et oublié un instant votre, notre monde complétement dément…

Chaque aventure depuis quelques années m’ont amené devant un miroir qui m’a permis de découvrir beaucoup de ma personne, et du coup m’a amené vers les autres, j’ai trouvé du blanc et du noir, le froid et le brulant, le bon et le mauvais, cette solitude et ses grands silences vont me hanter longtemps et c’est clair que depuis que j’ai y gouté je la retrouverai régulièrement.

Savoir s’adapter est la base de tout, ce qui vaut une grande détresse à ceux qui la fuit.

Les peuples du grand nord ont une autre sagesse que nous avons perdu depuis bien longtemps, la rencontre mystique de cette femme Inupiaq du bord de l’océan Arctique qui dans son récit de vie imitait le battement d’un cœur d’un blanc et le sien : celui du visage pâle bat très vite sans relâche, là haut dans le pays du silence, il bât au ralenti…

Écouter le bruit du vent et en deviner la direction, lire les pièges du courant de la rivière, faire une prière après avoir piégé un mammifère qui assurera la viande pour le prochain hiver…

J’ai eu la chance de rencontrer et de deviner tout ça, je vais rentrer chez moi qui est un beau chez moi (la Corse) mais ici j’y ai planté une graine, un peu de ma sueur et de mon sang s’y sont éparpillés et je sais que c’est le début d’une grande histoire je ne sais pas encore comment pourquoi comment mais dans ces grands espaces j’y ai trouvé la paix que je n’avais jamais connue, pourquoi devrais je la perdre ?

Depuis 10 jours sur les bords de la rivière Wheaton j’écoute l’eau vivre son chemin infini, rien n’est plus apaisant que ce flot qui nous rend ce que nous sommes tous : une brindille sur un immense fleuve.

Vous voyez, je vous écris comme je pense car certains livres m’ont permis de casser ma gangue si épaisse et de vivre ma propre « légende » comme le dit si souvent Dumé.

Je vais rentrer mais ces jours fantastiques sur le grand fleuve et sa région seront à tous jamais gravés dans mon âme, une partie de moi est ici au Yukon, comme dans une plongée dite profonde je n’ai plus envie de remonter, rentrer pour entendre quoi ?

La nature m’a dicté un sacré livre et ma Vrai l’a découvert aussi, tout à l’heure elle s’est surprise d’aller se laver au bord de la rivière alors qu’il ne fait que 6°.

Autour de nous ils sont là et nous n’avons pas droit à l’erreur. Mais qui ? Les habitants de la forêt…

La famille à Robert et Carmen regroupe 9 chiens de traineaux, deux chats, un âne et trois brebis.

Mais autour ils guettent !

Un ours noir est venu voler un agneau il y quelques jours, seul le corps déchiqueté fut retrouvé, le plus vieux chien de la bande s’est trop éloigné de la maison cet hiver, la neige tombait abondamment et une meute de loup en silence est venu le dévorer. Il est hors de question de laisser sortir les chats en premier sinon le coyote serait de festin… Et comme le dit si bien Robert : that’s nature…

Quand l’ours noir rode, les deux gamins 3 et 5 ans le savent et ils rentrent se réfugier dans la cabane.

Cette année Lou a effectué sa première course de chiens de traineau, tout seul à 3 ans !!! Température de – 30° et que du bonheur pour le plus jeune musher de la région…

Vous voyez quand on veut on peut s’adapter et vivre différemment.

Je vais rentrer  et m’adapter à une autre vie qui va me sembler un peu fade et surtout d’un stérile absolu mais le temps va faire son travail et je reprendrai le chemin.

Beaucoup d’événements m’attendent à la rentrée et j’aurai le temps de vous les faire partager.

Une dernière série de photo avant le retour…

Ne jugez plus, ne pensez que par vous même pour votre très intime vibration, vivez votre légende et le vent, la pluie, la neige viendront vous guider pour un pays merveilleux qui s’appelle « LIBERTE ».

THE END

Robert et Carmen avec Lou et Anju.

Robert et Carmen avec Lou et Anju.

Encore du saumon

Encore du saumon

Et un petit dernier pour la route!

Et un petit dernier pour la route!

Un "vrai" coup de pagai au pays du silence...

Un "vrai" coup de pagaie au pays du silence...

Chutttt: Rêveur en partance!

Chutttt: Rêveur en partance!

Bleu, ma couleur ...

Bleu, ma couleur ...

Encore un lac, pourtant je me m'en lasserais pas...

Encore un lac, pourtant je ne m'en lasserai pas...

De retour au Canada…

18 août 2010

L’Alaska est déjà derrière, 5000km en voiture à croiser des bouts de vie…

A Anchorage j’y ai laissé comme un ami quelqu’un que j’ai croisé comme si l’on s’était retrouvé, Bryan.

La pluie n’aura pas touché ma manière d’être et l’arrivée de ma Vrai m’a permis enfin de partager.

Après tous ces jours sur la grande terre « Alyeska » comme la nomment les natifs nous retrouvons le Canada et plus précisément l’état du Yukon.

Beaucoup moins touristique que son voisin américain, je m’y sens plus à l’aise ; ici pas de règlements qui vous pourrissent la vie, pas de parking payant pour aller en randonnée, pas de contrôle systématique de cowboys armés et surtout personne dans la nature. Les parcs d’Alaska attirent la planète entière et je ne me sens pas à l’aise a partager un sentier pour un lac avec une cohorte d’aventuriers bruyants.

Oui je sais, certains penseront que je suis un vrai sauvage et que je dois accepter de partager la nature avec les autres, je suis d’accord avec vous mais je veux bien à condition qu’il y ait du respect et de l’harmonie avec les éléments, ces endroits là sont venus des nouvelles mines d’or et on y laisse déferler trop de monde irrespectueux, les parcs du monde entier sont devenus des endroits que je veux fuir, les Lavezzi en été en premier bien sur. Vous avez entièrement raison je suis de plus en plus solitaire. Voir un animal est très facile seul, à deux plus compliqué mais au delà c’est du miracle, en plus marcher avec des gens qui vont vous raconter leur boulot ou leur dernières parts de marché remportées sur le dernier semestre, non, non!!!

Donc ici, c’est grand comme la France avec 30000 habitants et presque tous concentrés sur Whitehorse et Dawson.

Sur le lac de Kluane (en face du parc!) nous rencontrons la famille Jacquot qui d’Alsace est venue chercher fortune pendant la ruée vers l’or en 1895 et sont restés ; depuis 6 générations ils vivent en autonomie sur ce grand lac le plus haut et le plus vaste de l’état. Nous occupons une de leur cabane toujours avec les mêmes commodités (aucune) et profitons une fois de plus d’un endroit encore éloigné de la civilisation.

Pour les jours suivants, ils nous déconseillent fortement le bivouac coté sud car la région regorge de baies ( bleuets, camarines, salmonberries…) et les grizzlis viennent y faire leurs provisions.

Jo Zef proteste fortement: on pourrait partager quand même !

Et nous voilà de retour à Whitehorse pour quelques heures seulement, je retrouve des visages familiers.

La petite ville bien que sympathique ne nous convient plus et nous voilà partis à la recherche d’un petit coin tranquille isolé.

A peine 40′ de la capitale nous trouvons une bonne piste en terre qui semble mener à nulle part pourtant nous savons où elle conduit. Au début de mon périple une équipe de 6 jeunes m’accompagnaient et nous avions comme guide Robert et son chien huskie Sky. Après beaucoup d’échanges et d’émotions, il m’avait laissé un plan pour aller rejoindre sa cabane avec la promesse d’y aller un jour : nous sommes sur le bon chemin.

Bien sur il n’est pas au courant de notre venue et il y aura peu de probabilité de le croiser, la saison touristique est très courte de part l’été qui est très bref et surtout avec très peu de monde sur cette latitude, il y a de grande chance qu’il soit en treck, mais nous essayons quand même…

Si je vous dis que c’est dans un endroit sauvage je crois que je ne vous surprendrai pas, une rivière y coule et une magnifique cabane y fait face. Une meute de chiens  nous accueille et « madame Robert » vient à notre rencontre, nous voulons jouer les égarés mais à peine le pied posé par terre elle nous reconnaît ? Et oui Robert nous avait mitraillé et Carmen s’est souvenue des clichés.

Je me sens à l’aise de nouveau, la nuit dernière à Whitehorse fut blanche, trop de bruit, de promiscuité et l’on nous propose de planter notre tente ici sur les bord de la Wheaton river.

Pour bien comprendre, chacun de nous vivons avec nos propres images de références, un campeur actuellement en vacances en Corse serait téléporté au campground de Whitehorse serait fasciné par son calme et sa fraîcheur mais quelqu’un qui vit depuis 3 mois sous tente dans des endroits très isolés cela lui paraît être invivable ! On en revient aux éternelles images de références, quand je vais sur le continent et que l’on me parle de villages de montagne isolés avec 500 habitants et autant de voitures, je souris car pour la Corse c’est déjà une ville très fréquentée invivable !!! Et quand je disais dans certains village de natifs que où je vis à l’année nous y sommes à peine 120 avec eau, électricité, supérette et route accessible à l’année cela leur paraît être une mégapole européenne!

Image de référence éternelle!!!

Donc la tente est en bordure de la Wheaton river et oh grande surprise ce soir Robert devrait arriver entre deux expéditions…

22h un bruit de moteur dans le grand silence de la forêt, comme des gosses nous ouvrons un coin de la tente pour voir l’arrivée de notre ami, pour un clin d’œil sympa nous avons mis Jo Zef dans leur cabane en signe de bienvenue.

Mais grand coup d’œil de pro il a de suite reconnu ma manière d’installer mon camp.

Dans les bras il a la mascotte et Sky le suit de prés, émotion intense de deux hommes qui ont la même vibration avec les éléments…

Il nous reste encore 10 jours avant de rentrer en Europe, c’est sur c’est ici que sera établi notre camp de base…

La cabane cachée de Robert et sa famille...

La cabane cachée de Robert et sa famille...

Sur la route du grand nord…

11 août 2010

Le calme règne sur les bords de la grande rivière, le feu protecteur crépite et de nouveau je suis happé par la mélodie de la vieille dame. Mais cette fois c’est différent « Immaqa » n’est pas soigneusement halé sur les graviers et demain je n’ai pas à pagayer. Et puis le grand silence est partagé avec ma « Vrai »…

La péninsule de Kénai est déjà loin un bref passage par Anchorage pour saluer Brian et sa famille et cap au nord…

Fairbanks comme première escale, une ville quelconque d’Amérique du nord mais quand même un plus. Du soleil!!!

Depuis mon arrivé sur les bords du Pacifique je n’ai connu une journée sans pluie, bien sur l’on doit s’adapter mais en bon Méditerranéen cela commençait à me manquer.

Route sur la highways qui mène à l’océan Arctique, une longue route de 800km de terre droite qui vous conduit sur les forages pétrolifères de la baie de Prudhoe, le bled qui sert de camp de base au forçat de l’or noir se nomme Deadhorse! Tout un programme.

Un pipeline fut construit en 1972 et transporte au milieu de la toundra ce bien précieux ,pour nous pauvre humain dépendant, jusqu’aux citernes de transformation de Valdez.

Plus connu pour cette fameuse triste marée noir suite au naufrage du pétrolier, l’Exon Valdez.

La conduite ainsi que la route serpentent sur des centaines de kilomètres, seul des monstres de camions empruntent ce chemin et nous tranquille nous voguons vers le cercle polaire.

Bien sur avant tout je veux retrouver le fleuve Yukon car quand j’avais passé le pont je m’étais promis d’y revenir avec Véro. Il est là mais nous prendrons notre temps au retour, je continue, la pluie fine revient et la route se transforme en bourbier, la pauvre « Titine » est méconnaissable, tout doucement la végétation disparaît et laisse place à une maigre toundra, j’affirme qu’ici:  « fini les ours » tout au moins jusqu’au bord de l’océan, mais ce n’est pas connaître les « kikis » à poils à 1 km tout rond de la latitude 66°33′ un gros pataud noir nous coupe la route et nous observe, le temps de sortir l’appareil photo et d’ouvrir la fenêtre il disparaît sur le bas côté.

Une minute après cette rencontre nous voilà devant le panneau qui symbolise le cercle polaire, je sens ma Vrai un poil (d’ours ) tendu!

L’idée était de bivouaquer ici mais de savoir qu’un habitant du cru se balade dérange un peu ma co-aventurière! En plus au menu se soir du saumon rouge grillé tout une bonne odeur au programme!

Ok on se barre, Jo Zef nous gratifie d’un grand ouf de soulagement car pour lui la place est déjà juste en partageant la tente avec Véro mais en plus avec un ours noir comme hôte qui ce n’est peut être pas lavé les dents depuis un bail, ça jamais pour la mascotte!

De retour sur les bords du Yukon, je déniche une mauvaise route qui mène à la rivière et à une vieille cabane fermée. Nous stationnons notre TAS (Titine Absolument Sale) pour partir en repérage de trace. Rien du tout à part un castor et une veille emprunte qui pourrait être celle d’un loup.

Tente montée, feu qui crépite vue sur la « mer »!

Elle est pas belle la vie?

Pour ne pas couper au tradition je me lave dans l’eau boueuse de la grande rivière, je me replonge dans ses entrailles, par pudeur, amour, Véro me laisse seul sans bruit, l’odeur très particulière me ravigote et je retrouve le dialogue avec la vieille dame.

Le saumon grille le riz se réhydrate et assis sur un tronc d’arbre nous nous réchauffons autour du feu, le silence du fleuve nous laisse sans voix.

Je m’écroule dans mon duvet la conduite ma épuisé, Véro n’arrive pas à trouver le sommeil, elle guette les bruits de la forêt, un coyote chante sa détresse d’être encore seul et d’autres animaux lui content légendes juste avant l’hiver qui va bientôt arrivé.

De très bonne heure je me rend à la voiture chercher notre petit déjeuné qui fut enfermé pour éviter les odeurs et je croise deux gros chats??? Par chance Véro est à vue, je m’agenouille et de loin elle aperçoit mon manège, je l’encourage par signe à me rejoindre, doucement elle pourra admirer ce couple de Lynx qui ont croisé notre route…

Cadeau de la vieille dame j’en suis sur…

En route vers le grand nord...

En route vers le grand nord...

Notre petit convoi croise un "autochtone"!

Notre petit convoi croise un "autochtone"!

Un "vrai" cercle polaire!

Un "vrai" cercle polaire!

Une squaw sur les bords de la grande rivière...

Une squaw sur les bords de la grande rivière...

La vie n'est pas un long fleuve tranquille!

La vie n'est pas un long fleuve tranquille!

Engineer lake cabin…

8 août 2010

De l’océan nous retrouvons l’eau douce et la pluie qui rend une végétation si luxuriante. Pour les amoureux des champignons c’est le paradis sur terre, des cèpes par tonnes et personne qui ne les ramasse. A toutes les sauces, avec du saumons bien sur, en omelette, pané, risotto…

La cabane du lac Engineer  se situe dans le parc naturel de Skilak sur la péninsule de Kenai,  perdue au bout d’une piste en terre il faut prendre une barque pour rejoindre le petit coin tranquille. Des victuailles pour 3 jours , réchaud, sac de couchage et nous voila partis pour une autre aventure, comme de bien entendu la cabane est basique, pas d’eau ni d’électricité, un poêle à bois et des toilettes ‘alaskaéenes » dans une baraque à quelques mètres de là.

Le parc met à disposition quelques cabanes au public, pour en bénéficier il faut se rendre à l’office à Soldotna et retenir sa place si elle est libre. 3 jours maximum.

Véro a embarqué avec elle ses grelots dans le cas de mauvaises rencontres.Dans le silence de la forêt le moindre bruit est distingué par tous ses habitants, le tintement d’une clochette est de suite perçue par la faune qui ne sera pas surprise par la présence humaine.

L’endroit pour le non initié serait impressionnant, les huards le soir entonnent leur chants un peu lugubre et glacerait bien des citadins.Les ours sont craintifs mais bel et bien présents leur traces nous indiquent leurs passages.

Le feu crépite dans le poêle  qui maintient une douce température dans notre refuge.

Tout au tour du lac nous allons récupérer du bois mort, il est hors de question d’abattre le moindre arbre en vie, muni toujours par prudence de ma « bombe anti-ours au poivre » nous nous transformons en bucherons.

Nous nous sommes habitués au temps humide de la région et du coup malgré le crachin nous partons à pied à la découverte de la zone. L’Alaska possède plus de 3 millions de lacs et chaque balade nous mène sur les rives de l’un d’eux.

Quelques photos qui parleront mieux que mes longs discours

La petite cabane du lac Engineer

La petite cabane du lac Engineer

Simple et efficace...

Simple et efficace...

Des hérons viennent aussi donner de la voix...

Des hérons viennent aussi donner de la voix...

Cela me rappel quelques choses??? O Dumé!

Cela me rappelle quelque chose??? O Dumé!

Sur les traces des trappeurs...

Sur les traces des trappeurs...

Une cabane, un lac, un couple et une grande paix pour les envouter..

Une cabane, un lac, un couple et une grande paix pour les envouter..

La cabane de Kachemak bay

4 août 2010

Hi…

Juste de passage dans une ville pour quelques courses et un décrassage je me presse à vous retrouver.

Baptême de grizzli pour Véro et pas au téléobjectif juste à 5 mts et par deux fois en quelques minutes. Avant de partir pour le sud j’avais repéré une balade au dessus de Eagle river réputée pour ses habitants à poils!

8 heures du brouillard et une pluie fine, on commence à en avoir l’habitude c’est le pays qui veut ça. Le sac à dos sans nourriture pour éviter toute odeur et nous voilà parti, à peine 10′ de marche et pendant que je regarde ma carte j’entends quelqu’un qui vient vers nous, étrange de si bonne heure: y a déjà du monde? Véro esclaffe un mini soupir, un gri gri, un grizzli, il s’approche doucement et vient nous humer… A ma grande surprise elle restera calme, eh ben ça commence pas mal la journée.

Encore 10 autres minutes et ça bouge dans les fourrés! Véro se colle à moi et qu’est ce que j’aperçois? Une grosse truffe qui fouille pour son casse croute, 5mts maxi!!! Je sens un peu plus de tension de la part de ma dulcinée mais je la rassure, il y a tellement de saumons et de baies à cette saison que nous sommes vraiment en fin de liste de leur menu du jour!!!

6 heures de voiture et nous nous retrouvons dans un village au nom de Homer, route en cul de sac qui finit sur le Pacifique avec un port de commerce et de pêche aux flétans et aux crabes, en face à 16 km la rive est de la baie de Kachemak, l’oncle à Brian, Rick avec sa femme Dorla y résident à l’année et y possèdent une cabane en organisant des randonnées en kayak de mer. Nous sommes leurs hôtes pour 4 jours.

C’est une cabane comme il y en a beaucoup ici, un lit, un coin « tambouille » sans robinet et une vue sur l’océan et les loutres dignes du fameux reportage de Cousteau…

Bien sur pas d’eau courante car l’hiver tout gèlerait et du coup les toilettes sont assez rustique, un petit abri en bois à quelques pas de notre refuge avec un grand trou et pour prendre une douche au plus courageux une autre cabane en bois ou en allumant un poil à bois on peu obtenir un super sauna. Nous avons prévu un minimum de nourriture pour notre séjour mais je compte aller taquiner la morue.

Le cadre est des plus envoutant, la région est l’une qui reçoit le plus de pluie au monde et la végétation est luxuriante, température moyenne maintenant de 12° et une vie marine très très riche.

Loutres, phoques, orques et saumons en abondance.

Je remonte Immaqa et pars en éclaireur à peine deux heures. Je reviendrais avec une belle morue pour le diner. Les algues sont toutes comestibles ainsi que beaucoup de plantes dans la forêt. Rick va nous initier…

4 jours de vie au ralenti avec des sorties kayaks et pêche juste en toute intimité, Rick lui guide des kayakistes à la journée donc à nous la liberté…

Mais plus que du bla bla des photos…

Demain on remet la même chose mais dans une cabane très isolée au bord d’un lac avec comme seul accès une barque à rame…

PS: Jo Zef voudrait bien ramener quelques loutres en Corse! Mais est ce possible? Elles n’ont pas de passeports!!!

A pluche

Notre chateau pendant quelques jours...

Notre château pendant quelques jours...

Vue depuis notre cabane, rêve ou réalité?

Vue depuis notre cabane, rêve ou réalité?

Je retiens mon souffle, histoire de ne pas être le parasite de plus!

Je retiens mon souffle, histoire de ne pas être le parasite de plus!

Ma Véro qui rempli la cambuse de saumons rouges...

Ma Véro qui remplit la cambuse de saumons rouges...

On se sent observé... histoire de loutre!

On se sent observé... histoire de loutre!

une île, un kayak, un homme et une femme...

une île, un kayak, un homme et une femme...

l'îlot de la serrure et 10  métres de marée.

l'îlot de la serrure et 10 mètres de marée.

Une nouvelle amie pour la mascotte.

Une nouvelle amie pour la mascotte.

Rick notre guide...

Rick notre guide...

Enfin avec ma squaw, Lukwiq toyaxsn…

29 juillet 2010

13h de vol 10h de décalage horaire et 20° en moins!

Mais je retrouve ma « squaw ».

Les yeux rougit d’un tel voyage on se retrouve enfin, elle me voit amaigri et vieilli avec une longue barbe poivre et sel, premier bouleau je la rase enfin; 10 ans en moins…

Brian et son épouse Chris l’attendent alors rendez vous dans ma famille d’adoption Alaskane.

Mon premier courrier m’est donné et oui pour ma vieille voiture je suis domicilié chez eux, je garderais l’enveloppe avec cette adresse atypique.

Brian me parle d’un lointain oncle qui vit avec son épouse dans le sud de la péninsule de Kénai vers le hameau très isolé de Soldevia, endroit coupé du monde puisque les seuls accès sont par la mer par beau temps ou l’hydravion. Au milieu d’une multitudes de fjord ils ont leur maison et vivent en autonomie sans eau courante et électricité depuis peu ils ont construit deux cabanes pour recevoir quelques privilégiés, bientôt nous allons y poser nos sacs… Véro trépigne déjà d’y être et moi donc!

Au fait, me demande elle! Il y aura des grizzlys là bas?

Avec Jo Zef ont croise les pattes et le moignon et en cœur on balance le mensonge :

« Oh nooooooonnnnnnn!!! »

Mais aujourd’hui je voulais avant tout que ma Vrai découvre les peuples natifs d’Alaska, rien de plus simple à la sortie nord d’Anchorage se trouve le « Alaska native heritage center ».

Bien sur ici c’est pour les touristes en partie mais à notre grande surprise beaucoup d’ancien natifs viennent y découvrir leur propre culture qui à petit feu est en train de s’éteindre…

Des natifs des 5 nations sont invités a passer quelques jours ici pour transmettre leur savoir, d’autres nations peuvent se découvrir en terrain neutre et échanger.

Des danses magnifiques nous accueillent et le tambour seul instrument universel ne serait ce par sa simplicité et symbolique, nous transportent.

Le cercle pour beaucoup de peuple est le symbole de l’infini cette figure n’a ni de début ni de fin…

Puis autour d’un lac les 5 nations sont représentés: Athasbascan, Yup’ik; Tlingit, Unangax, Inupiaq.

Un homme de l’île de Kodiak est là pour expliquer la construction des traditionnels « qayaq » (kayak) et nous parle de sa nation Unangax avec beaucoup d’amour. Depuis 2004 il a décidé de se lancer sur ces racines, bien sur la pêche industrielle est beaucoup plus lucrative mais à la naissance de son fils il a décidé de lâcher la vie moderne pour un retour au tradition, à sa grande surprise il voit que son idée marche et quelques uns sur son île ont repris le flambeau. Il crée de A à Z les kayaks et ses espèces de casquettes qui sont multifonctions, bien sur protection contre la réverbération sur l’océan, porte voix entre chasseur de phoque, sonotone pour détecter la proie et même de pagaie de secours en cas de pépin.

Véro est prête à aller chercher son beefsteak de bébé phoque!!!

Une femme Inupiaq, sur les bord de l’océan Arctique, raconte aussi avec beaucoup d’émotion l’histoire des clans: pécheurs, chasseurs et cueilleurs, elle enchaine sur la signification de tout ses tatouages aussi bien sur son corps que son visage et de la philosophie matriarcale de sa nation.

Enfin au village Tlinglit de la côte sud ouest d’Alaska nous admirons un sculpteur.

David est solide dans sa culture, il l’a parle, la chante et l’a transmis à ses enfants . Alors qu’il vient à discuter avec nous il me vient une idée!!!

Pendant ma « paddling Yukonnerie » j’ai laissé partir dans le courant du grand fleuve ma cuillère en plastique!

Aie plus de cuillère plus de repas.

Les rives regorgent de bois mort et avec un morceau de peuplier bien sec je me taille un vrai couvert avec un vraie histoire non pas « made in n’importe où »

Un bois flotté qui avant d’échouer ici a poussé malgré le froid et les tempêtes, qui a donné des feuilles,des bourgeons et qui un jour a fini sa vie dans la rivière. Un kayakeur en croisade le remarque et le transforme en un objet qui donne de l’énergie, qui sert de relais entre l’homme et la terre…

Mais cette cuillère manque de relief, de cuvette pour recevoir convenablement la soupe chaude qui réchauffe le corps fatigué, mais je n’ai ni l’outil ni surtout la classe pour le faire alors je m’en suis contenté.

Du coup je demande à cet homme si il veut bien me finir ce boulot. Il accepte et me demande d’où vient ce bois, pourquoi ne pas en avoir acheté une autre etc etc. Je lui compte mon odyssée et une connexion se créé. Je le regarde donner un autre aspect à cet objet qui se rempli d’une belle histoire. Je me demande si je peux figer le moment par une photo, timidement je lui demande, il accepte. Ma cuillère prend une autre symbolique en relation absolu avec ce que je viens de vivre. Il me rend mon ustensile et nous nous serrons franchement la main. Je suis comme un gosse, heureux d’avoir mon morceau de bois sculpté. Nous continuons à errer dans cette vibration ancestrale mais il est l’heure de repartir; à la sortie un magasin de souvenir nous barre la route, les touristes sont à la recherche de l’objet qui va bientôt n’être qu’un souvenir lointain d’une région du monde ou ils diront:  « j’ai fait l’Alaska! »

Je démarre notre vieille « titine » quand je vois mon sculpteur me demandant d’attendre. Je coupe le moteur, il me dit «  Tu es un voyageur pas comme les autres, et je veux te chanter ça, mais juste pour toi et moi, pas de caméra, pas d’enregistrement juste entre nous. Un chant qui dit en Tlingit:

« Tu es un grand voyageur et ta route à du être difficile mais tu es allé jusqu’où tu le désirais,tu es un grand voyageur et la lumière t’a guidé.. »

il m’offre un dessin de sa main qui est un soleil et me dit: « tu as de la lumière qui jaillit continue ta route bonne chance… »

Véro est là, elle n’a rien loupé, je ne sais quoi dire, encore une fois je vois que le partage et l’amour sont venu au détour de ma route.

Je lui offre un œil de st Lucie, un porte bonheur Corse qui a descendu la grande rivière avec moi, il m’inscrit sur mon calepin quelques mots.

Lukwiq toyaxsn (merci beaucoup) et on répond Ayeltgnu (sois chanceux)

Quelle bonheur d’avoir pu partager cela avec ma Vrai.

Un souvenir ne s’achète pas il se vit…

Danse, priére, chamanisme??? Vie tout simplement...

Danse, priére, chamanisme??? Vie tout simplement...

Main sur le coeur elle nous conte son bout de vie...

Main sur le coeur elle nous conte son bout de vie...

Ma cuillére en bois se transforme, un peu comme moi sans doute...

Ma cuillére en bois se transforme, un peu comme moi sans doute...

Une squaw Athabascane rencontre un nomade du grand nord, leur totem: l'amour...

Une squaw Athabascane rencontre un nomade du grand nord, leur totem: l'amour...

Coiffe de l'île de Kodiak, l'endroit ou vit le plus grand ours brun du monde!

Coiffe de l'île de Kodiak, l'endroit ou vit le plus grand ours brun du monde!

Au revoir solitude…

27 juillet 2010

D’une chambre d’hôtel d’Anchorage je reprends la vie urbaine, demain ma belle arrive…

Fini la solitude et les moments lourds de ne pouvoir partager, fini la souffrance d’être seul face à soi même, fini ces moments de grands silences qui peuvent vous faire chavirer vers le vide absolu.

J’aurai appris une fois de plus, j’ai décortiqué un sacré Cabochard et je suis heureux du chemin que j’ai pris, je l’ai pris seul à bras le corps, bien sur le doute et la peur ont voulu se glisser dans mon histoire mais j’ai positivement refusé.

La vieille dame du fleuve m’a soufflé des secrets que seul le silence et l’immensité peuvent vous dévoilé, j’ai pleuré très souvent.

De tristesse? Je ne crois pas.

De peur? Peut être mais ce n’est même pas sur.

De manque de confort? Oh non! La preuve j’ai continué.

Non je crois que la grandeur de ce que j’ai vécu m’a remis les pendules à l’heure, m’a nettoyé de tout le superflu, ma raison d’être était d’avancer au mieux, de trouver un bon campement avec assez de bois pour allumer un feu protecteur et essayé de dormir de toute mon âme pour recommencer le lendemain, d’espérer que les orages ne soient pas trop violent, que les ours soient indulgent avec le pauvre pagayeur en croisade et que les natifs ne se défoulent pas sur un étranger bien seul.

Je n’ai aucune prétention de donner la moindre leçon à qui que se soi, ce soir après une sacré douche chaude, j’ai vu dans le miroir un grand gamin bien maigre mais avec un visage serein et fier de se voir comme ça, je ne me prend pour personne d’autre, je ne suis que moi et c’est déjà pas mal, on dirai que cela fait un siècle que je suis parti, pourtant rien n’a changé c’est juste moi qui me suis encore plus dépouillé. Dans ma vie j’ai suivi le pas de quelques grands bonhommes qui m’ont mis cette étincelle pour avancer comme je le sentais.

Bernard Moitessier, Henri de Monfreid, Jacques Brel, je bois encore leur paroles, ils n’ont voulu rien changer du monde mais on voulu suivre leur monde. Tellement rare à notre époque.

J’ai écris un bouquin moi aussi tout en restant un petit , je ne sais pas si ça aidé quelqu’un à trouver sa propre voix mais ne serait ce qu’une personne et bien mon bref passage sur terre n’aura pas été vain. Je pense souvent à l’association que j’ai fondé avec les copains, une belle poignée de stagiaires ont largué les amarres pour vivre différemment malgré leurs bouts en moins.

Je choque par moment car mes mots doivent être acide pour celui qui ne sait pas les lires,mais je vous assure que je n’écris pas pour faire mal bien au contraire, tout à l’heure en triant mes affaires j’écoutais le Grand Jacques chanter les Marquises, le silence du Yukon m’a encore fait découvrir des mots de maux que je connaissais pas de lui et je me suis encore surpris en avoir la chaire de poule.

Ce blog est un peu mon confident et vous avez la possibilité de pénétrer mon petit monde secret, je me souviens exactement d’où je viens mais mon trajet je ne le dois qu’a ma ténacité et mon désir de vivre mes rêves et jusqu’à présent j’y suis arrivé. Combien de fois on m’ a traité de fou, de triste rêveur pourtant j’ai réussi certes avec beaucoup de chance et de volonté à réaliser mes rêves les plus fous, ni l’argent, ni le pouvoir et encore moins la violence ont en été les moteurs clés mais bel et bien l’amour. Pas le possessif abusif qui met en cage, non celui qui fait grandir, celui qui fait devenir le bossu beau, le repugnant gentil, le vantard rigolo, le borgne charmant, l’unijambiste surhomme…

L’amour un mot qui m’a fait comprendre encore une fois que seul lui était la force maitresse de notre vie.

Vous voyez je ne cesserais d’écrire et des ma rentré en Corse je reprendrais ma plume pour disséquer mes bouts de vie. Un jour quelqu’un ma demandé combien mon livre m’avait rapporté, j’ai failli m’évanouir d’incompréhension, un livre sur mon bout de vie pour de l’argent!!!

Si une personne et une seule seulement qui l’a lu à réussi à y trouver force, lumière et amour cela vaut tout les comptes en banques du monde.

Je ne vous promet rien car écrire un livre c’est du temps et un peu de chance pour trouver un éditeur mais ça aussi ce n’est qu’un détail, je prendrais ma plume et continuerais un deuxième tome, Jo Zef me souffle déjà un titre sympa: L’aventure à cloche pied…

Tout à l’heure ma Vrai va arriver, grâce à elle j’ai su bifurqué dans cette voix de tendresse et de partage, je ne suis pas devenu un moine loin de là, encore il y a quelques jours j’ai démontré que je n’étais qu’un sale gosse qui ne fallait pas chercher mais Véro m’a fait surgir ce Robin des bois qui prends aux plus nantis pour donner aux plus démunis, j’ai toujours rêvé de Zorro qui protégeait les faibles, du bandit Fra Diavolo qui après avoir effectué son larcin signé son acte en pendant un gros piment sur les lieux du crime et partait distribuer son butin aux pauvres du village…

La vie est trop brève pour ce prendre la tête, si j’ai réussi à pagayer ces quelques 2500km s’est que j’ai du compter que sur mon endurance et persévérance, pas une seule fois je n’ai pu éviter la furie de la grande rivière, j’ai du me poser, réfléchir et subir sans violence sa loi. Désormais je vais tenter d’appliquer la même conduite de vie pour mon avenir, si un obstacle se présente, je n’aurai pas d’autre choix que de le contourner, plus de contact, plus de tentative de destruction, comme l’eau de la rivière quand elle voit un obstacle elle ne le détruit pas mais le contourne, alors en avant et vive l’amour de la vie car chaque seconde sur terre n’est qu’un présent…

Un grand merci à France Barbe qui pendant mon long pèlerinage à mis en ligne mes mots de maux et créé la page du Yukon. Son heure d’aller en vacances est venu et je reprendrais les rennes de mon blog mais pas forcement au quotidien car nous allons reprendre la route de l’Alaska vers Whitehorse Canada par des chemins pas forcement connecté à internet mais régulièrement je vous écrirais quelques bout de vie à deux, ouais Jo à trois! Mais attend et Immaqa et Kuma qu’est ce que t’en fait?

A pluche

Quelques photos de compagnons de route:

Ici rien ne se gaspille...

Ici rien ne se gaspille...

Monsieur et madame pygargue et p'tit nid

Monsieur et madame pygargue et p'tit nid

Le cri du huard le soir! A vous donner le frisson!

Le cri du huard le soir! A vous donner le frisson!

Une fleur d'eau...

Une fleur d'eau...

Et un sommet, un…

26 juillet 2010

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Il pleut ! Bon celle-là vous commencez à la connaître, mais en plus, c’est tempête et ça c’est nouveau !!!
C’est clair que les seuls sous tente en Alaska aujourd’hui, ça doit être nous. 8° à l’intérieur ce matin, c’est pas encore la journée où on va prendre un coup de soleil…
J’avais prévu une journée kayak avec barbecue pour couper et ben c’est râpé !!!
Pas de problème que des solutions. On va aller découvrir la région façon touristes en voiture, avec le chauffage et la radio. On arrive pas à choper une radio Corse ici. Si ça continue, on va commencer à croire qu’ils sont racistes avec nous ?!

Sur la carte, une route en terre qui mène nulle part, ce sont mes préférées !
Elle longe le grand lac de Kenaï, mais en bout de piste, soit une bonne quinzaine de kilomètres, je vois comme un accès à un autre lac avec un panneau (seulement pour locaux !!) Ouais, Jo Zef, nous on est domiciliés à Anchorage et puis avec l’accent qu’on a, on fait local ??? Mais blague à part, ma vieille voiture couverte de boue, son chauffeur couvert de boue et mal rasé et fâché avec la savonnette, ça fait très locaux !
Non local ! La mascotte lâche le clavier, on dit un bocal, des bocaux !!
Mais non, c’est pas pour y mettre les saumons !!!
Parfois, elle me fatigue la mascotte (SOUPIR). Et hop !! un deuxième grand lac, paumé de chez paumé, un sentiment d’être sur une autre planète. Bizarrement pas un brin de vent et une accalmie pour la pluie. Ça doit être sympa sous le soleil pour y planter son camp, pas de traces suspectes, enfin je crois….

A midi, je suis de retour à « la casa ». Le vent ici n’a pas molli, mais la pluie a cessé. Repas et concours de sieste. The winner is…
Il semblerait qu’ une micro barre claire surgit à l’horizon. Et si on allait voir là-haut si c’est beau. Allez la mascotte, y faut un peu bouger son gras !
Sac à dos, GPS en cas de retour du brouillard, le tel sat et de quoi prendre des photos.

Le départ du sentier se fait dans une  forêt obscure, du coup j’ai les yeux qui ne cessent de scruter le sol à la recherche de traces qui pourraient m’indiquer le passage d’un mec pieds nus qui n’aurait pas coupé ses ongles depuis sa naissance et qui chausse du 58 fillette, vous voyez de quoi je parle ? Tiens la pluie revient. On s’en fout, on est des aventuriers, des vrais.

Enfin on quitte la forêt, avec la mascotte, on ne cesse de siffler, non pas les filles, mais juste pour se faire entendre car les randonneurs pieds nus y z’aiment pas être surpris. Mais c’est que ça grimpe dans ce bled. De la glaise, super et je suis en chaussures de sport et sans bâton !!!
Ah des herbes bien hautes, qu’on ne nous voit plus. J’augmente les coups de sifflet, on sait jamais, on peut tomber sur un susceptible en train de comptabiliser en douce le nombre de touristes qu’il a déjà dépecé depuis le début de l’été, enfin de ce truc infâme qu’ici ils appellent « été ».

Donc ça grimpe et le vent nous rappelle qu’il n’est pas mort. La vue sur le lac qui est blanc de moutons est impressionnante. Là encore, sensation de bout du monde et qui me rappelle que si on se pète une cheville et ben on est mal !!! Ça y est le sommet. A la louche 100 à 120 km/h de vent, ça fait un bail que j’ai planqué la casquette et tant pis si je frise. Une vue de folie, mais je ne vais pas m’éterniser. Je ne suis pas tranquille.
Allez savoir pourquoi !

La descente est digne des plus belles figures du patinage artistique. Aucune chute à déplorer mais des salto triples boucles inversées, avec rattrapage flipper dauphin arrière que l’on pourrait nous filer la olympic gold medal…

Enfin la voiture…

Trempés comme des castors du Yukon, mais fiers d’avoir su dominer nos peurs, ouais la mascotte, on a pas eu peur, hein ?
Je tremble !
Mais ça doit être à cause du froid ! Quoi ? Au lieu des 5h indiquées sur le panneau, on a mis 2h10 !!! Non, je ne courais pas en descente, je marchais à vive allure et puis, je suis handicapé lourdement, un raccourci y peut pas avoir fait ça hein ???
Au fait la mascotte, je crois que tu t’es gourée de fruits. Les groseilles c’est rond et sucré. Les trucs rouges et ovales ce sont des saponniers, ces baies étaient utilisées par les natives pour laver leurs habits et puis, entre nous, chaque fois que tu essayais de siffler, y sortait des bulles !!!
A pluche.

Entre deux gouttes de pluie et deux gouttes de larme

25 juillet 2010

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Depuis mon altercation, les patrouilles se succèdent à mon campement avec des grands « Hi » faux cul à n’en plus finir. Des fois que je me transforme en killer notoire, c’est décidé je lève le camp !
Pas loin, juste un autre lac, mais encore plus difficile d’accès. Je trouve le bivouac idéal, inaccessible en voiture, soit à pied ou en kayak. Les gros durs urbains doivent être amputés des deux jambes et surtout du cerveau car ces endroits là, c’est pas possible pour eux. Mais pourquoi n’y suis-je pas allé plus tôt ?
Bref, je monte tout le « chalet » et me bricole même un abri bâche pour cuisiner car la pluie est proche. Et me voilà de nouveau au milieu de la nature et loin des humains qui me déçoivent de plus en plus. Cette aventure au Yukon m’a rendu encore plus lucide sur ma race. Nous sommes devenus pire que des animaux sans aucune règle et surtout géré que par son petit nombril.

L’été, on veut être au frais et l’hiver au chaud. Dans l’appartement surchauffé, un congélateur conserve, dans une maison climatisée, un four réchauffe ??? Mais non, je n’ai pas pété un plomb, mais je constate, je vois, je m’ouvre et vois le mur qui est en travers de la route. La voiture de la surconsomation est lancée bien à fond et il n’y a plus de frein, là-bas, le mur et bientôt l’impact. Tout le monde se planque derrière son mur et ne veut pas voir devant ses yeux, quand ça va péter et ben ça va être un beau feu d’artifices…

Je vis depuis le  20 mai sous tente et je ne m’en plains pas. Il fait soleil, ça chauffe mon couchage, il pleut, je suis bien
sous mon duvet. Se laver à l’eau chaude, un luxe plus utile, mon corps s’y est habitué. Avoir des fringues propres à l’occasion et puis pour quoi faire !!! Et oui, on s’adapte, mais vous, mes amis qui m’êtes fidèles lecteurs, que pensez-vous, que faites-vous pour éviter ce grand mur. Je sais que si demain tout devrait s’arrêter, j’aurais plus de chance que n’importe qui de vivre de peu, voire de rien. Mais je ne le souhaite pas, mais je m’y suis préparé et vous, vous l’êtes ? Sans maison, sans chauffage, sans frigo, au milieu des arbres et des nuages.

La bataille de l’autre nuit et sa suite m’ont remis le pied sur terre. Je me suis vu animal, devenant un élastique que personne ne peut saisir. Je voulais la paix. J’ai donné des coups. J’avais juré à la vieille dame de la riviére jamais plus ça. Je m’étais juré de devenir une sorte de moine paisible et la société gangrénée est venue me corrompre, me rappeler à l’ordre et j’ai été aspiré et j’ai fait mal. Les coups que j’ai donné m’ont fait presque plus mal qu’aux abrutis qui les ont pris et je me sens de nouveau sale, laid et une seule envie, fuire ces tarés. La vie sur le Yukon m’a rendu d’une rapidité de réaction assez hallucinante et je me suis mis à la place de cette maman grizzly qui voit arriver un pauvre fada de kayakeur. Elle ne veut pas le combat, surtout pas, mais elle ne veut pas qu’on touche à son territoire où vivent ses petits. Alors elle se dresse sur ses pattes postérieures, deploie ses griffes et commence à baver de stress, à bailler en signe d’attaque imminente et après ce sont les griffes qui déchirent la chair, les crocs qui brisent les os et une fois la correction finie, elle repart vers ses petits pour les lécher en signe d’amour, ne se souciant plus du tout du pauvre parasite qui est passé sur son chemin…

Sur le bord du grand fleuve, j’ai écrit ces quelques mots de maux…

Il découvre sa solitude mais il n’est pas seul, son bout de vie en moins, c’est déjà loin.
La nature l’envahit, le Yukon lui tend ses bras et prend soin de ce nomade du grand nord.
La pluie martèle la rivière mais il fait soleil dans son cœur, les oiseaux en prennent soin.
Les ours le laissent en paix car sa croisade n’a pas peur de la mort.
Quand retournera-t-il chez lui ?
Personne ne le sait et ne doit y songer.
Avancer, tel est le refrain de la chanson qui doit sans cesse reprendre.
Un chaman lui a prédit bon voyage et sur sa route rencontrera sa vérité.
Ni toi, ni eux ne savent qu’est-ce que ses yeux tentent de surprendre.
Et chez lui retournera l’âme légère et l’esprit apaisé d’avoir enfin accepté.
Comme dans un rêve, il pensera à la terre si lointaine habitée par ses frères.
La joie et la tristesse ne font qu’une, le futur, le présent et le passé se disputent le duvet.
Il avance, sans autre but que d’être vivant, ni douleur et doute ne seront partenaires.
La sylve boréale s’incline sur son passage car ce n’est ni une aventure ou un défi
Mais bel et bien un long voyage de l’intérieur pour une place vers l’éternité.
Beaucoup de choses lui manquent mais il a l’essentiel : la vie.
Dormir d’un sommeil profond sans veiller au danger quotidien du vagabond boréal.
Ses rêves le rassurent mais ici depuis le début, ce n’est que survie, lui seul est son rival.

Écrit le 4 juillet 2010 sur les bords du fleuve, entre deux gouttes de pluie et deux gouttes de larme.

Engineer lake…

23 juillet 2010

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36 heures qu’il ne pleut plus. Elle est pas belle la vie ?? Mais voilà, je suis de retour chez les hommes, les vrais !
J’avais trouvé un coin planqué pour y mettre ma tente et hier soir, un vrai aventurier est venu se mettre à une centaine de mètres !!! Ok ! en Europe, on ne le verrait même pas, mais ici, en Alaska, c’est inadmissible. Alors mon gros touriste avec un camping car style château de la Loire est venu se coller près du frenchie pour peut-être avoir une protection en cas d’attaque de kikis à poil.

Il y a tellement de calme ici que le moindre bruit s’entend de très loin et hier soir, je parlais tout seul dans ma tente. Ce matin, je pars à la recherche d’une autre planque. De toute façon, le baro fait une chute libre et le lac Skilak a très mauvaise réputation en cas de fort coup de vent. Ma carte de la région me dévoile une route en terre pas autorisée au camping car donc c’est là que je vais fouiller. Le chemin est étroit et effectivement les gros culs ne peuvent pas y faire demi tour. Un tout petit lac avec l’interdiction d’y naviguer avec un engin motorisé, donc deux races de clients à claques en moins. Je trouve un emplacement avec table en bois et foyer pour y faire un feu. C’est décidé la mascotte, on change de « crêperie » !

Je ne démonte même pas Immaqa, j’arrive à le faire rentrer dans la voiture d’une pièce, en deux temps, trois mouvements. Je mets tout en vrac dans la voiture et nous voilà repartis. Elle est pas belle la vie ?? Ça nous plaît plus, on s’arrache !! Je monte vite fait le camp avant que ça se déchaîne, mais les orages claquent de partout sauf sur nous, pour une fois.

A midi, on est en place et après le concours de sieste obligatoire, l’envie d’aller découvrir les 3km² du lac Engineer me démange la pagaie, des trucs à plumes en pagaille !!! Je ne veux absolument pas les déranger et du coup prend mon temps pour y avancer, certain m’autorise quelques clichés. En face, je découvre une cabane. Allons à sa découverte. Elle est ouverte et du monde y réside, je repars sans voir personne. A mon retour au camp, une voiture arrive. Je me ferme, comme une coquille d’huître et renforce le noir de mes yeux en baissant la casquette d’un cran. Je les ignore !
Si on était sympa, cela ce saurait, non !

Le  couple s’approche et me demande d’où je suis ? Pas de concession : Corsica island (au moins, je suis tranquille y connaissent pas et me lâcheront la prothèse).

Super !!! on y a été souvent !!! Bonifacio, Sarténe, Porto-Vecchio !!!

Allez la mascotte, ouvre la boutique, on les sert ces braves gens !!! Des Ukrainiens qui ont immigré aux US et qui squattent la cabane en face. Ils sont chargés comme des mules et pour rejoindre leur résidence, il faut suivre un sentier très peu marqué et long. En bon samaritain, je leur propose de tout amener en kayak, puisqu’il est vide. Ils acceptent mais à une condition : je suis leur invité pour le dîner…
Je traverse le lac sur sa largeur et arrive bien avant eux sur zone. L’endroit est magique, calme et apaisant. Au menu : des cèpes !!! Ici, personne ne les ramasse et du coup, c’est des millions de champignons qui pourrissent sous la pluie.
Ils me racontent leur bout de vie et moi le mien. L’été, ils préfèrent vivre en cabane, sans eau et électricité pour couper de leur vie stressante sur New York.

Je reprends Immaqa pour retraverser le lac qui semble endormi. La fine pluie lui donne un air de conte de fées, de l’autre côté, une famille de castors prépare déjà le prochain hiver qui sera long. Je retrouve mon camp. J’allume un feu qui démarre bien, malgré l’ambiance humide et sous ma toile bleue, je vous envoie ces quelques mots de plénitude.

Le présent est un cadeau…