Tempête Corsée !

7 janvier 2012
Tempête d'hiver, régeneratrice de vie...

Tempête d'hiver, régénératrice de vie...

-Sémaphore de Pertusato, sémaphore de Pertusato, du Cabochard :

-Cabochard, je vous reçois fort et clair…

-Pourriez vous me donner la direction du vent, sa vitesse moyenne et en rafale SVP…

-Direction au 290° s’orientant doucement vers le Nord, moyenne de 52 nœuds avec rafale à 82 nœuds…

-Je vous souhaite bon quart et repasse en veille canal 16…

Ouais la mascotte, je crois que la nuit va être sans moustique !                                                 L’extrême sud de la Corse est réputée pour ses coups de vent légendaires. Depuis la fin de l’été le vent d’Est a voulu jouer au maître des lieux, il nous a balayés pendant plus de 40 jours. Le levant est un vent perfide qui rend fou, mais il a oublié que le vrai patron est le Maestrale. Beaucoup se sont réjouis de l’été indien de la douceur qui n’en finit plus, mais Eole tenait en soute le tout puissant Nord-Ouest… Je l’attendais depuis un moment mais je ne pouvais pas m’imaginer qu’il avait tellement envie de se dégourdir les ailes. Ces semaines d’oisiveté lui ont redonné une forme de jeune homme et cette nuit il a démontré qu’avec ce style de « ventilateur » il faut être très très prudent. 22 heures le baromètre  chute de manière vertigineuse, j’ai armé le Cabochard au combat, 11 amarres pour essayer de le caler et des défenses du côté ponton où il pourrait se drosser. Les enfants de Véro  étaient venus pour un diner exotique mais ils sont partis plus tôt que prévu. La tempête arrive : « Elle va manger le bateau lâchement mouillé, elle va abattre le mat mal étayé, elle va drosser l’embarcation non surveillée… » Le calme est soudain, sournois ! L’anémomètre donne un malheureux dix nœuds, puis le coup de poing arrive 60 ! Le Cabochard ploie, se courbe et fièrement se redresse.  Le ballet commence, les rafales sont énormes, la mer devient fluorescente. Véro reste à bord et ses silences en disent long. L’électricité disparait, le bateau passe en mode mouillage. Je fouille les cales et ressors mon vieux chauffage au gaz, ma veste de ciré et la frontale rivée sur le front ; j’ai compris que la nuit va être « sportive ». Les nouveaux pontons flottants se désolidarisent des pannes existantes, les passerelles tombent à l’eau et en profitent pour sectionner la canalisation d’alimentation en eau potable. La mer fume, le bateau d’un copain ne semble  pas en bonne posture, mais je ne peux l’atteindre puisque le ponton n’est plus accessible. Je démarre ma grosse annexe, je sens Véro tendue de me voir partir dans la furie. Le pneumatique pourtant lourd semble un fétu de paille ! J’essaie tant bien que mal de sauver ce que je peux de la vedette. Son annexe est entre deux eaux, je la hisse en force, sa bâche est déchirée et tout est chaviré… De retour à bord je reprends ma veille, l’anémomètre qui est gradué jusqu’à 60 nœuds reste bloqué, le Cabochard est assailli par les coups mais résiste. Je guette du coin de l’œil le baromètre mais il continue sa descente. Pour détendre l’atmosphère je rappelle à Véro quelques histoires de filles qui ont affronté seules les mers du sud. Nous ici on ne risque rien, juste du mouvement et demain matin tout sera rentré dans l’ordre. On se remémore les navigations que l’on a faites ensemble. La traversée d’Afrique du Nord où elle prenait son quart car j’accusais trente heures d’affilées de veille. Cette nuit là  le vent force 7 propulsait en surf le Cabochard vers la Sardaigne, les chalutiers jouaient aux lucioles et ma « Vrai » avait su déjouer tous ces pièges sans me réveiller… Le passage du Cap Horn, où ne pouvant plus tenir en cabine, elle émigrait sur le pont et devenait une cap-hornière un poil verdâtre… Être de quart dans ces conditions est une manière de retrouver une complicité avec mon vieux bateau, je l’écoute, je le sens et on discute, l’un sans l’autre on est rien !!! La clarté arrive, le vent a molli ce n’est plus qu’un pauvre force 9. Dans une heure le soleil chassera l’obscurité et nous allons pouvoir constater les dégâts occasionnés par cette furie. Des bateaux blessés, les deux pontons définitivement désaccouplés et une joie de découvrir que sous la croute de sel, le Cabochard a su s’en sortir comme un vrai loup de mer…

La journée va s’avérer longue pour tenter de remettre un peu d’ordre dans ce petit abri, j’enfile ma combinaison et pars pour une interminable journée humide. Dans mon masque mi eau mi mer j’admire mon vieux complice indemne…

Un souvenir ne s’achète pas il se vit…

Meilleurs Voeux 2012

4 janvier 2012
Tous nos voeux pour 2012

Tous nos voeux pour 2012

Un jour ordinaire… 31 décembre…

2 janvier 2012
Fondu Valaisane sur un brasero tunisien planqué dans le maquis Corse! Voyage voyage...

Fondu Valaisane sur un brasero tunisien planqué dans le maquis Corse! Voyage voyage...

Un jour ordinaire le 31 décembre …

4h10 : Je m’étire : « le réveil n’aurait il pas sonné ? Mais non je suis sous tente en plein milieu d’une sombre forêt… » Je repars dans mes rêveries ; pas de sortie kayak…

6h 12 : Cette fois je ne l’ai pas entendu pour de bon ce satané réveil ! Pas de vélo non plus ! La pause de fin d’année. Décidément c’est dur le repos !

7h16 : Je bouge en douce dans mon duvet, un vrai temps de fillette, 6° sous la toile. La respiration de Véro est douce et sereine. Il y a 10 ans, quand je l’ai rencontrée, elle n’aurait jamais pu dormir dans un coin si paumé et infesté de sangliers…

8h 46 : Je pratique ma petite demi-heure de marche à jeun que j’appelle : réveil du corps. La nature est givrée, le blanc cache la rougeur de certaines feuilles encore sous le charme d’un été indien. Pas un bruit, quelques branches cassent là bas dans le maquis, des « groins groins » me signalent quelques fouilleurs de glands, un poil tendu, en ces temps de chasse.

9h01 : Le zip de la tente qui s’ouvre émet son bruit si familier, un nez sort pour me souhaiter un joyeux anniversaire. Ne cherchez pas de cadeau, de gâteau, de plateau, de rameau, le Cabochard n’aime pas trop les jours programmés ! Pour faire de l’esprit je balance la phrase des grands jours : Déjà 48 ans ! Véro brise le silence de la sylve hivernale ! Elle me tourne autour, comme un enfant reluquant une pile de crêpes, me dévisage comme si elle me découvrait une énorme fraise des bois au bout du nez ??? Elle éclate de rire pour m’annoncer que ma comptabilité est fausse. 47 pas 48 !!! Et un an, en moins en quinze secondes, qui dit mieux !

9h09 : Le feu est bien gaillard, le petit banc que j’ai fabriqué hier avec quelques bois trouvés de ci de là, nous permet de faire face aux braises et de réchauffer nos mains un peu saisies par le froid matinal. Véro rectifie la branche sèche qui tente de fuir le bûché. Le bol de lait d’amande encore chaud qui inonde nos céréales nous enveloppe de bonheur de si bonne heure…

10h36 : Le vaisselier est en train de prendre forme, j’aime bien donner un air de « chez soi » à ce bivouac. Les gros murs de pierres sèches que j’ai tenté de caler donnent un air antique et savant à cet endroit que l’on nomme « notre refuge ». Je scie, je coupe, j’ajuste. La vie est simple, nos aïeux avaient ce quotidien et je ne suis pas sûr qu’ils fussent plus malheureux que nous. Et voilà c’est en place, l’endroit de la glacière, la boite des ustensiles : « Ouais, pas mal le meuble, ce n’est pas de l’Ikepa !!! »  Du rustique, du solide sans garantie de pied qui lâche à la deuxième minute !

12h14 : Moment très très solennel, la braise est installée dans le petit brasero en fer de récupération ramené d’un voyage aux îles Kerkennah. A midi le menu affiche fondu aux fromages de l’alpage de la Rawil, encore un souvenir de belle rencontre… Jo Zef prend place avec prudence, le poil de mascotte n’est pas compatible avec du fromage helvète dégoulinant ! Sur la table achetée dans le même magasin que le vaisselier, nous dégustons des croutons fromageux sous un air de feu tunisien !

13h 41 : Concours de sieste, Jo Zef nous bat sur toute la ligne. Elle a du métier la mascotte.

14h56 : Une famille complète de corneilles sort de la forêt avec le drapeau blanc, suit un clan de sangliers apeurés, les pattes en l’air. Les geais ramènent à nos pieds toutes les graines qu’ils ont volées dans cette belle journée corsée. Un Taliban serait il en planque dans le coin, un groupe occulte du canal historique serait en conculta ??? Non c’est Véro qui s’initie au tir à l’arc… A plat ventre Jo Zef…

16h 04 : Avant que le jour nous dise au revoir c’est la direction de la salle de bain ! Trois casseroles chauffent de l’eau du torrent. Qui ne connait pas les joies de la toilettes en plein air perd beaucoup du bonheur de se sentir propre et ravigoté au gré des brises thermiques. La mascotte fait semblant d’aller chercher un truc loin là-bas, si l’envie me prenait de lui ôter cette odeur de fauve en décomposition !

18h45 : Le refuge se transforme en tripot ! Les dés sont lancés, les notes sont prises, malheur au vaincu. Les deux lampes tempêtes transforment le camp en casino de Macao… Faites vos jeux, rien ne va plus…

19h34 : La braise est bien placée, le gros bois lui doit continuer sa combustion un peu plus loin pour alimenter la poêle qui va nous régaler d’une paëlla aux fruits de mer… Camp, bivouac isolé mais pas lyophilisé ! Surement pas. Halte aux nouilles chinoises et au Hachi Parmentier en poudre !

20h45 : Miam miam, slurp… eh, Jo Zef, 5 fois de la paella, tu ne crois pas que t’exagères un peu ? T’auras pas de dessert !

21h 27 : Mais à coté de la grande Ours ce ne serait pas oméga ? Une étoile filante !!! pourvu qu’elle ne tombe pas sur la tête d’un coréen ! Deux points rouges sortent du maquis, ils se déplacent sur nous ? « La mascotte descends de cet arbre, les monstres à part toi ça n’existe pas ! » Mais de bleu, c’est que ça s’approche… Alien le retour !!! Mais non, deux pauvres chiens de battu égarés ont senti le feu et sont venus chercher abri au prés de notre camp. Les points lumineux ? Deux balises GPS pour que le patron puisse les retrouver en cas de fugue… Et dire qu’on croyait être seul ce soir de St Sylvestre …

22h 38 : Il est temps d’aller dormir mais avant de m’enfouir dans le duvet je pense à vous tous qui au fil de l’année m’avait encouragé, supporté, aidé, épaulé. Grâce à vous, ma « croisade » Bout de vie continue à exister. Je vous envoie une brise de paix et de sérénité de cet endroit qui semble hors du temps. Pas d’habitation, pas de réseau, juste une connexion en wifi avec la nature et le reste de l’univers. Si ce soir des millions de SMS seront expédiés je vous transmet un grand message d’amitié enveloppé d’une feuille de châtaigné au doux nom de liberté…

Pace e salute a tutti. A vita e fatta per campa sempre campa…

Mais où est la mascotte? Et qui c'est qui fait la photo???

Mais où est la mascotte ? Et qui c'est qui fait la photo ???

2012: L’année Sans Différence!

28 décembre 2011
Ce qui me parait incroyable c’est que beaucoup l’aurait jeté à la poubelle, pourtant elle pince, elle tient seule au fil, c’est juste un peu différent à manipuler !!! Acceptez les « différents »…

Ce qui me parait incroyable c’est que beaucoup l’aurait jetée à la poubelle, pourtant elle pince, elle tient seule au fil, c’est juste un peu différent à manipuler !!! Acceptez les « différents »…

Chaque année une cause ou une nation est mise à l’honneur. Je propose, 2012 : Sans Différence !

Il y a quelques jours sur mon face book j’avais mis cette photo avec un commentaire sur la différence. A ma grande surprise vous avez été nombreux à réagir et pour commencer la nouvelle année de « bon pied » j’ai écrit ce billet.

L’oiseau ne sera jamais l’égal du poisson et pourtant ils partagent la même mer. Le soleil ne croisera que très rarement et de loin la lune mais ils ne peuvent vivre séparés. En électricité la batterie qui alimentera le démarreur est composée d’un plus et d’un moins. Cette pince à linge, malgré son bout en moins est toujours efficace pour sécher vos affaires. Alors pourquoi opposer les différences au lieu de les unir.

2011 est effacé de l’ardoise et le maître des lieux y inscrit 2012. Des résolutions comme chaque année : Fini les guerres, stop aux famines, moins de catastrophes naturelles… Et que le voisin nous regarde comme une personne à part entière !!! Abolition du : « Vous ne savez pas Madame Serfati ! J’ai un voisin handicapé, mais il est très gentil quand même ! Le Poooooooooooooovre ! »

Un habitant du Mans n’est pas un « menteur », celui de Bourges n’est pas un « bourgeois », le citoyen de la capitale n’est pas non plus un « parieur » ?!? Alors pour quoi un handicapé est un pauvre « différent »… Debout les culs de jattes, retroussez-vous les manches les manchots, travaillons « d’arrache pied » pour que nous soyons considérés enfin comme des êtres entiers. En changeant notre regard sur nous mêmes ; les « autres » nous verrons d’une autre manière. Moins de compassion, plus d’échange et de découverte. Celui qui pense que vous êtes handicapé, c’est parce que vous avez envie que l’on vous voit de la sorte. Aux beaux jours, hop en bermuda, en bras nues et que nos mutilations soient une sorte de tatouage et non une honte à cacher. Vous avez déjà vu une pin-up planquant ses attributs au printemps, un « musclor » emmailloter ses  biceps !  Le miroir, toujours et encore lui.  Petite expérience : Mettez vous à l’aise et si un regard semble vous défier faîtes  un grand sourire et approchez vous de lui. Qui sera gêné lui ou vous ? Si vous paraissez en harmonie avec votre corps, la personne en face ne sera plus mal à l’aise et un dialogue s’établira. Plutôt que de le réprimander ou de l’insulter charmez le, démontrez avec malice que vous pouvez être plus filou que lui et le courant s’inversera…

Pour 2012 je vous souhaite de la paix, de la santé. Que vos moignons cicatrisent, que vos emboîtures ne soient plus douloureuses à supporter et que vos rêves les plus audacieux se réalisent. La mascotte se joint à moi pour hurler : Que Dieu vous « prothèse » !!!

Baba yaga a mangé le Père Noël…

21 décembre 2011
Boule de neige sur la mascotte, une histoire troll!!!

Boule de neige sur la mascotte, une histoire troll , amis de Baba Yaga !!!

Dans les peuples slaves, Baba Yaga (Баба-Яга) a une grande place dans les contes et légendes. La vieille sorcière est unijambiste ! Une des histoires dit que le 24 décembre au soir elle fait le tour des maisons pour conseiller les enfants de se tenir tranquille tout au long de la prochaine année. Si quelques téméraires ne tiennent pas promesse, ils seront amenés au fond des bois et dévorés. Tiens, tiens, la mascotte semble se tenir à carreau !

Bientôt le Père Noël va faire le tour du monde avec son traineau, mais je crois que la légende est un poil, de renne, corrompue depuis quelques temps. A la base c’était une fête de la lumière. En effet à partir du 21 décembre les jours cessent de raccourcir et la tradition était de porter sa buche, d’où le gâteau, pour allumer un feu qui honorait la lumière retrouvée. Les occidentaux ont ramené de Turquie la vieille légende d’un homme qui avait trouvé un trésor et qui en voulant faire une surprise à ses enfants avait décidé de passer par la cheminé pour les couvrir d’or. Il se coinça et mourut ! Ses restes sont dans un musée archéologique sur l’île de Rhodes en face Marmaris. St Nicolas, pas le petit mais le barbu, serait donc arrivé au fil des siècles par le Levant, les régions du Nord-est en ont encore gardé la tradition. Les catholiques en ont profité pour y flanquer la naissance de l’enfant Jésus ! D’après d’autres chercheurs, je n’en fais absolument pas parti, la date serait fausse. Je me garderais de soulever la polémique sur l’authenticité de cet homme. (Zut je l’ai écrit !!!).

Puis le Père Noël est apparu, un vieil homme avec une longue barbe, vêtu de vert, qui distribuait des friandises aux enfants malheureux. Dans les années 50 un trust américain vendeur de soda a teinté de rouge ce pauvre vieux pour le rendre comme on le connait aujourd’hui. Les premières réclames étaient nées ! Je vous entends d’ici grincer des dents : mangez un marron glacé ça décrispe ! Donc, cette soirée est celle des enfants, hop à la poubelle les jours qui rallongent. De toute façon, on a la centrale atomique qui fournit à tout va la lumière du soir, donc aucune raison de fêter cela ! La soirée arrive et l’arbre de Noël bio croule sous les ampoules made in China, la pauvre dinde et KO marron ! Et les cadeaux arrivent ! Une manne incroyable pour les grands distributeurs. Le 26 décembre les présents sont remis en vente sur Ebay !!! Ouais ouais, une caricature qui n’en est pas une, hélas ! Pour continuer ma carte postale de Noël made in Cabochard, ce que je trouve malsain en plus de cette débauche d’argent, c’est le mensonge que l’on fait aux tous petits. Pour les plus fortunés le rôle du vieux barbu est tenu par un voisin ou un ami costumé mais l’illusion sera de courte durée. Dans la cour de l’école il va y avoir un plus dégourdi qui va balancer le scoop. Les parents seront embarrassés quand leurs petits chéris les bras chargés diront : « Dis maman pourquoi tu m’as menti, Morgane elle m’a dit qu’il n’existait pas le Père Noël!!! » Je dirais que c’est une certaine manière de les lancer dans la vie des adultes.

Pour cette soirée de Noël il y aura un couple enlacé dans une grande forêt noire et silencieuse. Un feu réchauffera les amants unis, cherchant dans les étoiles celle du Père Noël disparu, il y a bien longtemps. Jo Zef sera de la partie et il a promis de ne plus faire de bêtise car sinon la vieille sorcière unijambiste viendra le kidnapper… D’ailleurs il est convaincu que Baba Yaga va venir manger le Père Noël le soir du réveillon, chut c’est un secret…

Joyeux Noël !

Je pense, donc je fuis!

18 décembre 2011
Quand je serai grand, je voudrais être un enfant!!!

Quand je serai grand, je voudrais être un enfant!!!

Les livres de Sylvain Tesson m’ont révélé ma passion d’écrire, j’ai compris que mes mots n’étaient pas issus de  folies, mais d’envies de découvertes. Etre charnel avec une page écrite, sensuel avec une épigramme douloureuse, comprendre que le mot s’accorde souvent avec les maux.

L’océan m’a offert son antre, l’arrogance était dans mon sac étanche et puis de rame en rame j’ai ouvert ma besace et foutu pardessus bord son contenu. Je suis devenu pieux. Dieu était une crête d’écume, les icones priées portaient des plumes : Saint pétrel, Saint puffin. Depuis chaque jour je me recueille en son église que quelques païens appellent nature.

L’amour de ma « Vrai » m’a amené au pays de la sagesse, de l’homme libre qui sait aimer sans être en cage. Ne pas vivre au quotidien pour laisser à nos anges gardiens le temps de s’enlacer.

Le blizzard arctique est un banc d’école, j’y suis assez mauvais élève, toujours à vouloir fondre la glace avec le prof, j’ai souffert de sa frigidité. Je croyais que souffrance se conjuguait au passé, alors j’ai dû apprendre le temps présent. J’ai mal, tu as mal, il a mal… Nous avons mal.

« Dumé » ce grand frère qui sait m’élever, me rassurer, transformer ma rage en force et qui par nos heurts fraternels m’a réconcilié avec les hommes. Les vrais, ceux qui vibrent d’être simplement eux-mêmes, sans aucun mimétisme.

Une vieille dame sacrément ours m’a amené en balade, j’y lisais du Jack London, je croyais que Cochise était un bon Indien et que Buffalo Bill un méchant chasseur sans pitié. Un serpent boueux m’a mordu au plus profond de mon âme. Je sentais son poison couler dans mes veines et puis j’ai imploré les arbres, les nuages, les orages, les vents contraires. Miracle, mes vœux se sont exhaussés et j’ai guéri. Je m’en suis réchappé libre et fier de m’être étreint avec une sacrée squaw : Solitude de mes jours et de mes nuits…

Ma fille Alice est la plus belle, car je ne l’a connais pas ! Souvent quand j’imagine ses yeux, j’invente sa voix, je ris des bêtises qu’un jour on fera peut-être ensemble. On ira piquer le chariot du Père Noël imposteur qui dès leurs plus jeunes âges trompe les petits enfants. On parlera avec les étoiles qui lui diront la vérité. On sautera dans les plus grandes flaques boueuses, on ira piquer des bonbons au super marché et je lui apprendrai le verbe aimer et détester l’adjectif acheté…

Les petites sœurs et frères de ma croisade qui en se confiant, en pleurant, en doutant, se transforment en miroir. Je revois ma souffrance, ma différence, cette injustice avec ce refrain « Du pourquoi moi ». La semaine passée à leur côté  est une prise de calmant homéopathique, sans séquelle grave pour mon organisme. Pas d’effet secondaire, que du bonheur à l’instantané. Un hymne à la vie qui aux yeux  des « Validus tristus » est  teinté de noir. Etre entier de son âme est un bonheur que peu ont la chance de réaliser. Les 7 milliards d’autres pourraient prendre la carte Bout de Vie, beaucoup sont amputés.

La vie est une cabane en bois, perdue au milieu d’une forêt boréale. On sort, en rêvant de liberté, on revient pour y trouver refuge. La porte doit être ouverte, sans serrure. Confiance et intuition, entre chien et loup. Mon isba flotte, les marins l’appellent  bateau. Ma maisonnette est si petite que je peux à peine la partager avec mon confident Jo Zef. Certains y voient une peluche, alors que c’est mon maître de cérémonie. Ses silences sont mes cours du soir et de mes nuits, sa sagesse est profonde car infantile et si je le serre de temps à autre c’est très certainement pour entendre ses légendes qu’il connait depuis la nuit des temps car il est immortel.

Bout de Vie avec les pros de la Française des Jeux…

16 décembre 2011

499-page-actualites

Pen-Bron, Loire-Atlantique à la pointe extrême de Guérande, l’équipe cycliste pro de la Française des Jeux effectue son premier stage de préparation pour sa future saison 2012.                        La région est mise en alerte météo orange, mais ce n’est pas ça qui va freiner ses athlètes d’effectuer leur sortie d’entraînement. Les routes sont quasi –désertes et les quelques égarés rencontrés en étant un poil attentif auraient pu remarquer qu’au cœur de peloton se cachaient quatre «mecs »  différents…

Depuis l’année dernière la Fondation Française des Jeux soutient Bout de vie et cette année le partenariat a été renouvelé. Laurent Benezech parrain de l’association forme chaque année une équipe Bout de Vie pour réaliser l’Etape du Tour Mondovélo, qui  a pour but de récolter des fonds qui financeront en partie le stage de plongée sous marine annuel. Chaque année en effet un groupe de personnes amputées est invité à participer à cette semaine d’initiation… Bixente Lizarazu autre parrain de cœur m’avait fait venir sur le plateau de France 2 à l’occasion d’une soirée prime time qui mettait à l’honneur des associations épaulées par la Fondation La Française des Jeux. J’avais pu rencontrer les dirigeants et exposer les objectifs de ma « croisade ». Si je me souviens bien une certaine ancienne stagiaire avait été présente dans le public !

Quelques mois plus tard leur commission m’avait reçu, en quelques minutes j’avais développé les buts à atteindre sans saoûler les 12 personnes qui prenaient des notes. Ouf ! Examen réussi… Le Big boss que je n’avais bien sûr pas reconnu m’avait félicité sur mon engagement et avait ri de mon manque de physionomie.

Donc voila dans ce cadre de mécénat je suis invité à rejoindre l’équipe pro cycliste en stage de préparation. Bien sûr il m’était impossible de ne pas faire intégrer  Dominique Benassi et Jean-Marie Buchot, eux aussi amputés et qui ont réalisé à plusieurs reprises l’Etape du Tour. L’hôtel de Pen-Bron est fermé au public et en hui-clos les 28 pros effectuent leur reprise. 60 personnes en totalité forment cette grande famille, pas de « star », que des gars qui tentent de donner leur meilleur, l’ambiance est bonne-enfant mais en vélo il nous est difficile de suivre ! Des avions de chasse, des fusées intersidérales ! Le peloton nous abrite du vent mais la cadence est puissante, mais ce qui est encore plus terrible, je me rends bien compte qu’ils ne sont pas là pour de la performance mais pour une reprise « pépère » !!! 40km/h de moyenne, aie, aie ! La tête veut mais les guiboles disent NON ! Pourtant on tient, on s’accroche à leurs roues, on ne veut pas lâcher, on n’est pas là pour se plaindre… Certains viennent s’informer si tout va bien si le rythme n’est pas trop haut, mais si eux, sont tout à fait capables de parler pour moi il n’en est pas de même. Je n’ai jamais roulé aussi vite…

J’ai vraiment apprécié cette rencontre et je voudrais noter la démarche de la Fondation qui permet au champion de France handisport Jacky Galletaud, vainqueur de la Coupe du Monde de bénéficier des stages avec les pros. Un beau clin d’œil à la différence.                                                                                                                   Etirements, douche, repas équilibré mais ce n’est pas le moment de la sieste. L’ancien commentateur d’Eurosport Patrick Chassé spécialiste du vélo donne un cours média-training. Face-Book et Tweeter sont en train de devenir de vrais supports médias et il est très important pour un champion de savoir maitriser ces outils. 1h30 très intéressante où j’ai appris beaucoup de chose et en suite logique la création de ma page  Face Book Officiel que je vous invite à « liker »…

Le stage est fini et le prochain rendez vous est donné en Corse du Sud où l’équipe de Marc Madiot effectuera mi janvier une autre semaine de préparation… Pédalage à suivre !

Surtout ne pas lacher le peloton...

Surtout ne pas lacher le peloton...

Un poil à la traîne, le Cabochard... Photo Ouest France

Un poil à la traîne, le Cabochard... Photo Ouest France

« Intouchables… »

14 décembre 2011

Intouchables_fichefilm_imagesfilm

Je ne sais plus quel réalisateur disait que toutes personnes avaient deux professions : Son métier et critique de cinéma…
Depuis qu’on me tarabuste avec ce long métrage Véro m’a tiré par les cheveux, du moins ce qui m’en reste, pour me rendre dans une salle obscure et découvrir  « Intouchables… » Les salles de cinéma, ce n’est pas mon fort, mais depuis quelques années je me retrouve régulièrement        « parachuté » jury de festivals de films d’aventures. Je me suis prêté au jeu et j’ai énormément appris sur ce métier aussi vaste que complexe. Donc, j’ai vu « Intouchables… » Enfin, j’ai vraiment envie de dire, enfin un film qui traite du handicap sans cette chape de plomb qui vous donne envie de vous pendre en sortant. Enfin un film, qui prend en dérision la « différence » et qui enlève le tabou. Il m’est terrible et insupportable d’entendre dans le dos d’un « esquinté » : Le pauvre, il aurait mieux fait de mourir ! Cluzet, qui a la lourde tâche de prendre la peau d’un tétra, joue à merveille le rôle de cet homme qui malgré son immobilisme a envie de vivre et courir dans sa tête. Son assistant sort d’un milieu où le quotidien est un combat pour affirmer sa place. Il a d’autres soucis que de savoir comment fonctionne un « mec » en fauteuil. Les deux se découvrent,l’ handicapé, le valide, le riche, le pauvre, le Corse, l’Africain et le clin d’œil sur certains intellectuels du handicap à la recherche d’emploi m’a bien fait sourire. Rien n’est plus déprimant qu’un éducateur ou un assistant qui va continuellement vous rendre encore plus dépendant au lieu de vous faire vibrer et vous permettre de vous projeter comme n’importe qui. Les blagues à deux balles sont là pour dégeler la situation. Vous valides, oseriez vous balancer une vanne à un handicapé ? Non, et pour cause, la France est a des années lumières de cette « normalisation ». Je me répète, mais si la personne « différente » vit mal son statut, l’inconnu ne pourra jamais établir un lien. L’humour est la base de tout et la curiosité est vectrice de découverte. Ce film m’a vraiment plu et je suis vraiment heureux de voir que les salles ne désemplissent toujours pas, plusieurs semaines après sa sortie. J’ai l’impression qu’une « mode » est en train de pointer le bout de son nez, pas à pas le handicap ne sera plus qu’une spécificité parmi tant d’autres…
Puisque j’ai entamé un billet sur le cinéma, je voulais vous amenez vers une autre réflexion. Au sujet d’un film transatlantique qui traite d’un dauphin à la queue amputée ! Attention, malgré la participation de Morgan Freeman qui est un grand acteur, ce film cache une monstruosité ! Un business est depuis bien longtemps monté par les plus grands « seaquariums » du monde pour posséder des mammifères marins blessés à bas coup. Ces animaux sont sauvages et leur mutilations les rendent dépendants de l’homme qui leur affligent la sentence la plus terrible :   « perpétuité » ! Pour beaucoup, après les soins nécessaires, ils pourraient reprendre le large, mais ce n’est jamais le cas, les centres d’attractions les séquestrent pour un faible investissement… Ce film est sous-produit par des mécènes obscurs qui se font une pub éhontée pour leurs aquariums qui n’ont plus de sens à notre époque. Si un gamin n’a pas la chance de vivre au bord de l’océan, il vaut mieux qu’il voit un film très pointu sur l’espèce ciblée, que d’assister à cette décadence d’animaux prisonniers. Ils ne sont qu’un pâle reflet de la réalité, leur vie n’est faite que de chasse, jeux, procréation, parcourant des milliers de kilomètres. Une orque en captivité aura toujours sa nageoire dorsale pendante alors que la sauvage sera droite, un dauphin en mer ne mange que du poisson vivant en piscine ce n’est pas la cas, un manchot d’Antarctique descend à des profondeurs vertigineuses pour nourrir sa famille, en cage il est un forçat de l’immobilisme…
Si vous avez envie, jetez un œil sur ce site très explicite du trafic que représente les seaquariums du monde entier CLIQUEZ ICI

Désolé de vous avoir sapé le moral mais je n’arrête pas d’être interpellé au sujet du beau dauphin qui ressemble au logo de Bout de Vie…

Un grand coup de chapeau au film « Intouchables ». Pour les plus curieux un merveilleux documentaire sur Phillipe Pozzo Di Borgo et son ami Abdel Sellou dont leur histoire vraie a inspiré ce film.

Un Bout de Vie présenté par la comédienne Brigitte Rosset…

12 décembre 2011
Humour assuré sur scéne...

Humour assuré sur scéne...

On avait 20 ans, on été insouciant mais la vie m’avait déjà mis quelques défis à relever. Brigitte venait en vacances pour plonger, j’étais jeune moniteur… 25 années après, le temps a fait son boulot, on n‘oublie pas on s’habitue c’est tout, disait Brel… Le miracle du net et nous voilà face à face, presque pas de ride, le même sourire… Je lui présente Véro, je découvre son compagnon… Elle est comédienne et régulièrement elle présente son « onewoman show »  dans les théâtres francophones… On se promet de se retrouver, de faire un « truc » ensemble pour Bout de vie. Toutes les semaines elle rédige une nouvelle pour le quotidien helvète « Le Matin »…

Ça coûte combien une jambe ?

-T’as vu maman, la dame elle court avec une jambe électrique.
-C’est pas une jambe électrique, c’est une prothèse.
-Pourquoi elle a une comme tu dis.
-Ben parce qu’il lui manque une jambe.
-Elle a eu un accident ?
-Peut être, ou elle est née comme ça.
-Mais t’as vu elle court vite, elle. Le monsieur devant la poste, il reste assis parce qu’il n’a pas une jambe électrique ?
-Probablement…
-s’il demande de l’argent, c’est pour sa jambe ?
-probablement…
-Ca coûte combien une jambe ?
-Je ne sais pas ma puce.
-Ca doit coûter cher parce que le monsieur ça fait longtemps qu’il est là, et il a toujours pas une nouvelle jambe…
-Tu sais ma puce, mon premier amoureux, il avait une jambe en moins.
-Il avait une jambe électrique ?
-Non, mais une fausse jambe.
-Pourquoi il avait plus de jambe ?
-Il a eu un accident
-T’étais triste ?
-Non je n’étais pas triste, j’étais amoureuse. Il avait un plein de trucs en plus
-Trois bras ?
-Non ma puce, plein de qualités.
-C’est comme moi, je suis amoureuse de Thomas, eh ben, il a un bout d’oreille en moins, mais il est très chouette. Maman, ça coûte moins cher qu’une jambe une oreille, non ?
-Je ne sais pas ma puce.
-Tu sais maman, c’est vrai, ceux qui ont un truc en moins, ils ont un truc en plus. Moi, je vois pas bien et ben j’ai un truc en plus : mes lunettes !

Mon premier amoureux, il a une association formidable, qui aide tous ceux qui ont un truc en plus, heu en moins. www.boutdevie.org

Pour ceux qui veulent passer un bon moment regardez ce sketch:

Un Bout de vie au Rotary Valence Drôme-Porte du Soleil…

7 décembre 2011
Un endroit féérique pour y pratiquer la plongée...

Un endroit féérique pour y pratiquer la plongée...

Lavezzi été 2002, mon école de plongée tourne plein pot, une micro structure puisque je suis seul !

Par habitude je ne posais jamais la moindre question à mes clients sur leurs activités. Ils étaient là pour plonger et ma devise était de les faire rêver en les déconnectant de leur quotidien.

Nicanor et son épouse faisaient partis des habitués, comme à l’accoutumé on cause, poisson, épave, tempête mais pas le moindre mot sur leurs fonctions. Le temps passe et bulle après bulle je change de cap et ferme définitivement mon école au public. Seul quelques amis et membres de Bout de vie ont droit de buller maintenant en ma compagnie ! Eté 2009, un yacht au pavillon des USA mouille où il ne faut pas, avec mon tact habituel, je vais « virer » ses cow-boys ! Incroyable à son bord je me trouve nez à nez avec Nicanor !!! Je suis comme d’habitude prêt à prendre l’avion et ne peux m’éterniser mais nous renouons le contact, entre temps il avait suivi par les médias l’ascension de Bout de vie. Septembre 2010, le retour de mon expédition du Yukon m’est difficile. Ces semaines de solitude ne me donnent pas trop l’envie d’être au milieu des « autres » !!! La pile de courriers et de mails me laisse indifférent, au milieu de tout ça un fax urgent. Pas le temps, pas envie et puis zut, si les ours m’avaient bouffé, je n’aurai pas pu répondre ! Logique, non ? Finalement, je décortique les plis, j’ouvre les courriels et lis les fax… Nicanor reprend contact avec moi, il veut m’entendre pour une soirée caritative Bout de vie…

5 Décembre de cette année me voilà invité par le Rotary de Valence Drôme-Porte du Soleil. Nicanor, encore lui, en est le créateur et ce soir une grande salle de 120 personnes sont réunies pour une vente aux enchères de grands vins Côtes du Rhône. Le restaurant de Michel Chabran, étoilé Michelin, nous régale les papilles et les grands crus sont mis aux enchères. Le charmant président du Rotary, Marc Duc, prend la parole et me demande de le rejoindre. Brièvement je me présente et en quelques mots dévoile mon Bout de vie. Une soirée très conviviale où la culture du vin a rimé avec solidarité.

Une fois de plus les « cailloux des Lavezzi » m’ont permis de continuer ma croisade Bout de vie.

Merci de tout mon cœur et de la part de tous les futurs stagiaires de Bout de vie à toute l’équipe du Rotary Valence Drôme-Porte du Soleil. Grâce à votre générosité des « raccourcis » de la vie vont pouvoir découvrir un lieu magique où des miracles s’y déroulent chaque année.