Un nouveau voyage commence…

20 juin 2012

la nature a revêti son manteau de pluie

la nature a revêtu son manteau de pluie

Pokka, Finlande, à 550km au sud de Mehamn et à 450km au nord de Luléa. Température de 7° pluie fine et blizzard faible. Je suis dans une cabane comme je les aime, perdu au milieu de nulle part avec le confort minimum, un lit, une cuisinière et un vieux poêle à bois pour sécher le passant en pèlerinage ! Depuis ce matin je roule sous la pluie, mais le cœur  léger, hier la rencontre de Gilles Elkaim m’’a rempli de bonheur, il est rare de rencontrer des personnes qui partagent ma vision de vie.
Au fil des kilomètres je me remémore la tête des jeunes qui nous écoutaient comme si nous nous étions préparés longtemps en avance. Cette vie est rude mais elle donne l’essentiel ; le gout de l’effort de chaque instant est une sorte de lecture d’un vieux parchemin qui renfermerait les secrets des plus profonds. Nous sommes rugueux, rustiques pourtant une sincère envie de partage nous habite. Je n’ai pas été tendre avec Robin et Nicolas, je ne pouvais pas laisser des actes et façons de faire qui me paraissaient hors sujet. Ce matin je suis parti bien avant eux d’Inari et je me demande bien ce qu’ils pouvaient penser du fada qui démontait sa tente malgré la pluie et le froid. Quelques dizaines de bornes plus tard ils me rattrapaient et je devinais en leurs yeux toute la détresse de gamins punis de suivre le grand méchant loup !

Iphone calé sur les genoux pour pouvoir facebooké au moindre réseau, musique « jeuns », ils tentaient l’approche. Mauvais moment pour eux j’étais entrain de fredonner mes vieux airs corses. Je souriais, ils me répondaient par un sourire un poil tendu. Au moment d’un arrêt, ils se soulageaient : Frank ce soir on rentre à Luléa, le GPS a perdu ses repères et nous demande de faire demi-tour, c’est qu’après demain on a l’avion ! Vous inquiétez pas les gars, on est sur la bonne route mais c’est un chemin de traverse qui évite les grands axes trop fréquentés
par les « campigariste » en quête d’aventure « komalamaison » ! VotreGPS, il n’est pas fait pour ça, regardez la carte et vous serez rassuré.
A la pose du déjeuner sous la pluie fine, je les sens joyeux de nouveau de savoir qu’ils seront en ville avec tout ce qui va avec !!! Je me résigne, je ne dis plus rien, mais quel dommage, être au milieu d’un endroit aussi beau et devoir le fuir par manque de virtuel, par addiction du net. Je joue le jeu et plaisante avec eux, nos mondes ne peuvent que s’effleurer.

Au 96éme kilomètres, je stoppe, et demande à Nicolas s’il ne veut pas pédaler avec ma machine. Tout heureux il part sous la pluie faire les 14 derniers kilomètres avant mon arrêt. Je
trouve une cabane n’ayant plus d’âge et essaie de faire comprendre à une vieille dame saame mon désir de dormir ici ce soir. Les jeunes me donnent un coup de main à m’installer et reprenne la route. Leur voyage fini le mien commence.
J’espère de tout cœur que cette initiation leur apportera quelque chose de positif dans leur avenir et que mes coups de gueules teinteront par moment dans leurs têtes pour leur rappeler que seul le présent est un cadeau.

Rencontre de Gilles Elkaim…

19 juin 2012

Rencontre improbable avec Gilles Elkaim...

Rencontre improbable avec Gilles Elkaim et son compagnon d'aventure l'illustre Pouchok...

Aujourd’hui sera une journée de récupération pour mes petites « guiboles ». Je tente un coup de poker, une visite au camp Arktika créé par Gilles Elkaim. Cet aventurier fût le premier homme à réaliser la traversée de l’Arctique eurasien sans moyens motorisés Expédition ARKTIKA, du cap Nord au détroit de Béring 12 000 km, 4 ans en solo, en traîneau à chiens et kayak. L’année dernière avec Véro nous avions eu le bonheur de passer plusieurs jours dans ce petit paradis finnois. Gilles a posé à quelques kilomètres d’Inari, son sac pour regrouper une cinquantaine de chiens sibériens autour d’un lac et accueillir quelques passionnés d’aventure polaire. Une yourte et deux cabanes pour une vie différente… Nous empruntons une route en terre mais j’ai prévenu les jeunes qu’il y aura peu de chance de croiser Gilles, peut-être nous y verrons Gladys son assistante ! Tiens, tiens une voiture de location immatriculée en France ? Les chiens hurlent dés que nous descendons du camion, je pars en repérage. Le camp semble vide, soudain je croise le regard d’une jeune fille :                                                  Désolé de vous déranger, je cherche Gladys. Elle est partie la journée ! Tant pis, dites lui que je suis passé. Attendez, je vais appeler Gilles !!! Depuis longtemps nous nous connaissons que par nos livres respectifs, nous avons tous les deux été récompensés par la Guilde européenne du raid, mais jamais physiquement nous nous étions croisés. Nous sommes surpris, émus, ravi de ce face à face. Je fais signe aux jeunes de venir nous rejoindre. Deux jeunes assistantes en formation vétérinaire nous rejoignent. Les deux vieux loups solitaires avec de la relève éventuelle. Sans se concerter nous faisons une sorte de colloque sur le dépassement de soi. Une jeune fille ose se plaindre que la vie au camp est dur et que personne ne la félicite de son travail, ce matin j’ai remis une couche au jeunes sur le respect de soi et des règles de vie en groupe. Avec Gilles nous sommes complices comme si l’on avait préparé notre débat depuis bien longtemps. Le silence est et doit être la récompense, anticiper, prévoir, apprendre. Si nous avons réussi nos entreprises c’est que nous sommes intransigeants avec nous même, donc très exigeanst avec ceux qui veulent être initiés. Le dialogue me plait. Les filles invitent les garçons, à rencontrer les chiens, Gilles m’amène dans sa cabane pour un thé… Nous sommes heureux d’être ensembles, nos vies bien que différentes comportent beaucoup de similitudes… Nous parlons de nos présents mais aussi des lendemains… Gilles vient de restructurer un bateau en aluminium pour naviguer dans le grand Nord, actuellement amarré à la Rochelle, il prendra la mer dés que possible pour rejoindre avant juillet la côte Est du Groenland. « Pourquoi pas » amener des jeunes amputés sur les traces de Charcot… Notre hôte a du boulot, demain il reprendra la route pour rejoindre son bateau. Avec gentillesse il nous prête un canoë pour aller découvrir les lacs environnants… Je croiserai aussi avec joie Gladys…

Le hasard n’existe pas j’en suis convaincu…

Deux aventures qui se croisent...

Deux aventures qui se croisent...

Un pied dans l’eau!

29 mai 2012
Clara en action...

Clara en action...

Rencontre d'une seiche...

Rencontre d'une seiche...

Magie de la vie...

Magie de la vie...

Silence, on rêve!

Silence, on rêve!

Aguerris, amarinés les termes manquent pour définir les marins du dixième stage. La nuit fût « lavezziene » ! Douce et bercée par les légendes du lieu. Un cadre que beaucoup connaisse, mais pour les autres imaginez un décor de cinéma mais ce n’est pas du théâtre. Entre vous et moi, ils le méritent bien. La vie  nous afflige bien des défis mais elle est plus forte que tout. Un bout en moins c’est une sorte de renaissance. Alors profitons de ce temps présent. Le vent est nul et le soleil nous gratifie de ses douceurs,  rejoignons le monde du silence. Dans la lagune l’eau est cristalline, une histoire d’eau nous tend un piège, sans que le « héro tique » ! A tour de rôle Gunther et moi promenons nos amis, l’aisance pointe le bout de sa nageoire. Thierry s’adonne à ses « palmeries » et Niko (Dubreuil) immortalise de quelques clichés les ébats de l’homodelfinus. Niko(2) le jeune de l’équipe est mon binôme, une seiche nous espionne, deux mecs, pour trois jambes et trois bras ? A l’école dans les cours sur les hommes on ne lui avait pas appris ça ! Je me demande si  l’université de la vie ne prend pas le dessus sur celle obligatoire ! L’élève écoute le prof, mais le collège est celle des flots bleus, nous tentons le large. Une arche de granit nous barre la route, c’est la porte de la liberté, nous nous glissons sans bruit dans ses entrailles et rejoignons nos rêves. Niko est attentif, il n’a pas le choix, je le rabâche sans cesse : La plongée n’est pas un sport mais une discipline. 10 mètres, c’est différents, de la haut, ici le petit c’est nous. 15 mètres une petite femelle mérou nous bade, puis sorti des profondeurs un vieux mâle nous croise, nous-a-t-il vu ? Pas sur… La nature ne nous juge pas, elle vit sa vie… 50 ‘ de bonheur, de partage… Le soleil décline la Galiote est toujours bien seule au mouillage, vous avez dit handicapé, c’est dingue la plongée ça rend sourd.

P.A.L.M Aurélio Persico Orfévre du vélo…

10 octobre 2011

L'arrivée pointe son nez, le coup de pédale reprend du rythme.

L'arrivée pointe son nez, le coup de pédale reprend du rythme.

Faire du sport demande de l’effort, de la constance et de bons conseils.

Comme préparateurs physiques, je ne peux rêver mieux, Dume, Bixente et Laurent. Trois champions qui sont toujours présents à mes tonnes de questions.

La clinique du sport de Monaco qui m’a dévoilé les secrets de la diététique dans mes expéditions.

Et depuis peu un orfèvre pour la préparation de mon vélo.

Aurélio Persico que je ne connaissais pas, m’avait détaillé dans un peloton de petits Suisses en balade dans nos montagnes Corses.

En un clin d’œil il avait vu dans ma posture toutes les micros souffrances que je trouvais normales dans mes longues sorties. (Au-delà des 100km).

De passage à Genève, j’avais rendez-vous pour régler ma machine.  Le concept est absolument de son invention. Les côtes de votre machine sont reproduites sur un vélo de salle avec votre propre selle. Selon l’âge, une fréquence cardiaque est définie, à partir de là il suffit de se transformer en « souris blanche » et monter sur le home trainer. La fréquence cardiaque doit être absolument maintenue et l’orfèvre détail sur un graphique tous les mouvements. De là il cherche la meilleur posture sur selle, sur le guidon, la hauteur des bras de levier de pédales… Une après-midi en laboratoire où sans vous rendre compte votre posture change toutes les 10’, jusqu’à trouver la parfaite. La plus productive avec la même énergie. Sur une année de vélo qui représente des milliers de kilomètres, cela est plus qu’appréciable.

Il règle toutes sortes de vélo, BMX, route, VTC, VTT et surtout les tandems. Il s’est engagé avec des athlètes non voyants pour des épreuves aux quatre coins du monde.

Depuis mon vélo est réglé à merveille et je ne pouvais que lui rendre hommage par ce billet.Cliquez ici: P.A.L.M

Je n’ai aucune adaptation par rapport à mon amputation tibiale. Mon moignon est long et j’arrive après quelques années de pratique à pédaler quasiment normalement des deux jambes. Ma prothèse est celle de tous les jours, j’ai des chaussures classiques avec des cales pieds des plus usités. Le vélo n’est pas que l’action de pousser sur les pédales, il faut aussi tirer, ce qui est absolument bénéfique pour la  musculation de mon  moignon qui n’est qu’un restant de mollet…

Courant décembre je serais en Bretagne invité par la Fondation la française des jeux pour rouler avec l’équipe pro de la FDJ de Marc Madiot. Je ne connais pas encore le lieu  et la date précise mais je sais que ce sera dans un grand centre de rééducation fonctionnelle. Une belle occasion de partager nos expériences. Je vais tenter aussi d’organiser  une rencontre avec  de futurs cyclistes en devenir qui jusqu’à présent n’osent pas pédaler de par leurs statuts d’amputés.

Bonne route et yakapédaler !

La Fondation Sportforlife

29 mars 2010