6 jeunes sur le fleuve Yukon

25 mars 2010
Yukon

Rivière Yukon

Charley River At Yukon

Voila le petit courrier qu’on reçut les futurs aventuriers !!!

On n’est pas là pour rigoler…

Le compte à rebours est bien entamé et nous rentrons dans la phase de préparation.

Tout d’abord merci d’avoir rempli les formulaires même si certains n’ont pas été trop réactifs. Mais je crois que l’on s’est expliqué donc c’est déjà du passé !

Le texte en dessous est à lire relire et encore et encore car là bas dans le « bush » vous pourrez regretter de ne pas avoir suivi les consignes décrites dessous…

En pièce jointe je vous ai mis la liste en anglais du matériel qui m’a été remise par l’équipe de Ruby range de Whitehorse qui nous épaulera,bien sur je pense que vous vous en doutez votre sac de voyage devra être le plus léger moins de 15 kilos et de matière souple pour être plié au fond du canoé. Le matériel en pièce jointe devra être absolument  avec vous pour la descente de l’un des plus grands et hostile fleuve du monde.

A propos justement de cette aventure j’ai pu constater pour certains un petit laxisme et du coup je me dois de vous préciser qu’elles vont être les conditions de ce raid.

Donc ce n’est pas un voyage mais bel et bien une expédition avec tous les avantages mais aussi tous les risques que cela comporte.

A votre arrivée à Whitehorse je vous attendrai et vous serez conduit dans un hôtel pour récupérer des 10 heures de vol depuis l’Europe et des 9 heures de décalage horaire.

Vous serez en binôme et chacun sera aussi responsable de son compagnon de chambré.

Dés le lendemain nous serons reçu par l’équipe de Ruby range qui vous prêtera les tentes et canoës. Donc là il n’y aura personne pour vous materner, juste vous et votre équipement. L’équipe vous expliquera tous cela en Anglais à vous de vous unir pour aider ceux qui comprendront le moins. (un conseil d’un vieux baroudeur, munissez vous d’un petit calepin pour tout noter, je le fais à chaque expe)

Ensuite nous rejoindrons notre premier camp sur les bords du fleuve Yukon, chaque équipe de deux devra monter sa tente comme il vous l’aura été expliqué précédemment et pas question d’entendre des: « je n’y arrive pas, c’est difficile ou je me rappelle plus ce que l’on m’a dit! »

Le lendemain nous chargerons tout le barda et partirons en 4X4 chercher un terrain assez facile pour pouvoir mettre les canoës à l’eau, Les guides avec nous seront là pour détecter tous les pièges pas forcement visible, le courant du fleuve peut atteindre les 12 kilomètres heures et la moindre erreur peut être fatale car l’eau provient de la fonte des neiges de tout le nord arctique CANADIEN (environ 4°!)

Nous naviguerons au ordre du chef de groupe qui définira les arrêts casse croute et les bivouacs. Chaque soir nous devons monter notre camp. A savoir que par binôme vous allez devoir monter votre tente et y mettre votre matériel perso. Ensuite aider pour couper du bois et allumer du feu et pour les plus dégourdis pêcher le repas du soir.

Bien sur en anticipant déjà le départ du lendemain qui devra être le plus rapide sans se presser pour autant, donc être très organisé. Donc éviter de répandre son matos dans la tente pour chercher le MP3 qui d’une manière ou une autre ne servira à rien car vu les conditions hydrographiques qu’il y aura il ne survivra que quelques minutes.(le MP3 pas vous) donc apprendre à gérer son unique sac d’affaire perso.

Nos soirées autour du feu nous plongerons dans une nature très hostile et il sera hors de question de quitter le camp sans l’avoir demander au préalable au chef du groupe. Ici nous ne sommes ni dans un zoo, parc ou réserve mais bel et bien dans un endroit où les animaux ne connaissent absolument pas les hommes et leurs réactions pourront être très imprévisibles, chacun aura une clochette sur son sac à dos pour signaler à l’animal qui traque sa nourriture qu’un danger (l’homme) arrive et ce bruit lui évitera l’effet surprise qui pourrait être un souvenir fatal !

Dans vos tentes il ne faudra JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS y introduire la moindre nourriture, car les ours (Grizzly et Baribal) sortent de leur hibernation et sont à la recherche de toute sorte de pitance.

Quand je dis aucune nourriture ce n’est même pas un bonbon, gâteau sec etc etc. Même le savon et dentifrice devront être stockés loin de vos couchages.

Comme vous le voyez l’expédition prend déjà toute son ampleur sauvage.

Pour les plus soucieux ne vous inquiétez pas si vous respectez les consignes, il ne vous arrivera absolument rien.

Info intéressante, l’association prend tout en charge bien sur mais si quelqu’un à Whitehorse veut un extra sachez que la monnaie est le dollar Canadien environ 1€= 1,40$ , si vous voulez utiliser une carte de crédit chaque fois vous serez taxé de quelques Euros selon la banque où est inscrite la carte, les téléphones portables ne passent pas du tout on est au milieu de la nature et donc pas de relais ; attention aux drogués des « trucs » éléctroniques la conditions de vie que vous allez avoir ne permet pas de se trimballer des gadgets comme MP3, lecteurs DVD, IPOD et autres merdouilles. Donc juste un appareil photo qui ne craint pas l’humidité . J’aurais avec moi du matos pour fixer des images.

Je crois que j’ai fait le tour de la question.

Dans la liste en pièce jointe je pense vous obtenir de la part d’un futur équipementier, un pantalon et veste étanche, un sac de couchage approprié, un matelas de sol et un sac à dos.Dés la confirmation je vous tiendrez informé.

Mais ce n’est pas encore du certain. Pour l’instant rassemblez avec soin tout le matos de la liste. Vous avez compris que si quelqu’un oublie quelque chose il sera lourdement pénalisé pendant ce fantastique périple car où l’on va il n’y aura rien de ce que vous connaissez (magasin, supermarché) Donc c’est maintenant que vous devez vous  préparer au plus précis.

Et si vous respectez à la lettre la discipline de groupe vous en ramènerez une force incroyable qui vous servira jusqu’au dernier jour de votre vie.

Merci de m’envoyer un accusé de réception, ceux qui ne le feront pas auront l’honneur d’entendre ma charmante voix !

Bonne préparation

Un souvenir ça ne s’achète pas ça se vit !


OURS-Ecole

Preparatif du Yukon…

23 mars 2010

avatar kayak

D’ici quelques jours je vais expédier la première partie de mon matériel à Whitehorse état du Yukon Canada.
Je vérifie au mieux mes accessoires, peu de chose pour trois mois de balade mais un minimum pour accéder à l’ambition du projet. J’ai comme d’habitude « customisé » pas mal de choses. La tente a des toiles à pourrir cousues en plus, en cas de tempête je pourrai coincer le tout avec ce que j’aurai sous la main (sable, cailloux, troncs d’arbre) ce qui empêchera au vent de s’engouffrer dessous et de me faire faire du « vol à voile », le réchaud est un MSR qui fonctionne avec tous les carburants possibles (essence, gasoil, kérosène) et j’ai là aussi « customisé » une casserole trouée en guise de carénage qui recevra le tout et qui permettra une économie de carburant,( bien sur en majeur partie j’allumerai un feu pour faire cuire ma nourriture, faire un peu fuir les nuages de moustiques et j’espère tenir à distance les Grizzly et Barribal), une sécurité pour bloquer ma gamelle en cuisson et quand je serai fatigué donc moins lucide me permettra une marge d’erreur supplémentaire en cas de choc, les 22 cartes aux 250 000 seront roulées dans un tube en PVC de 80 mm totalement étanche. Une balise spot tracking vous permettra à vous mes chers internautes lecteurs de plus en plus nombreux de me suivre à la trace. Un pote m’a trouvé les cartes compatibles avec mon GPS et il y travaille dessus.
Pour la nourriture je la prendrai sur zone. Et encore je la fais courte car je pourrai vous parler de la pharmacie (au fait je passe sur la table d’opération mardi qui arrive histoire de m’enlever une petite merde sur la mâchoire, reste d’un accident d’enfance) « déjà casse cou gamin! » De la trousse de réparation pour tout « réparer » au milieu de rien…
De plus en plus je rentre dans l’histoire et même si je suis encore à un peu moins de 50 jours du départ plus les jours rallongent plus je languis de me retrouver face à moi même sur le grand fleuve.
J’aurai un calepin et je pourrai noter mes délires du moment, des mots qui ressemblent à ça.

Naitre pour mourir
Passager heureux sur terre l’homme nait
Passager malheureux sur terre l’homme meurt
De guerre en bonheur pourquoi se bouffer le nez
Quoi qu’il se passe quoi qu’on fasse on attend l’heure
Alors par tous les saints, les dieux, les montagnes, les océans
Sourire, partage, union feront de nous grand
Cette vie si longue, si courte pleine d’espoir et de désespoir
Question sur question jamais sur de se revoir
Les chemins qu’on croise nous même tout au bout
Ils s’entrechoquent à vous rendre fou
Si solitude parait sagesse
Si fuite parait promesse
Nul n’échappe au moment fatal où tout s’éteint
Le noir , l’absolument vide le moment de la fin
Le souvenir défile tout devient dérisoire
Souffrance rire peut être la peur du noir
Ne jamais perdre l’espoir et accepter s’entendre dire
Sur notre pauvre terre la devise c’est naître pour mourir

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse
ALFRED DE VIGNY

Déja un peu sur le grand fleuve…

23 février 2010

Pour réussir une épreuve la visualisation est nécessaire pour ceux qui suivent les JO observez les skieurs juste avant leurs départs vous pouvez remarquez qu’ils visualisent leurs parcours,les portes à franchir, les dangers à surmonter, pour un politique c’est le même processus il visualise la tribune avec ses sympathisants et opposants, un artiste avant de monter sur scène imagine et sent le public et son spectacle.
Jusqu’à présent juste avant mes départs pour mes grands périples je visualisais, j’essayais de m’y plonger avant l’heure et ce fut que bénéfique.
Donc dans ma préparation pour le Yukon je visualise, le grand fleuve, les dangers et les bonheurs, les peuples rencontrés amis ou moins accueillants, je sais très bien que les gentils « Indiens » des films sont pure romance et bien que leurs légendes et cultures me passionnent, le présent est bien différent, mais la trame n’est pas loin derrière ; alors pour m’imprégner du grand nord j’écoute souvent de la musique de chez eux, je m’imbibe de ce pays plusieurs fois grand comme l’Europe où vive une petite minorité de natif, j’essaie d’imaginer une journée de kayak, des heures qui m’auront demandé de l’effort mais aussi une possibilité de m’évader aux milieux des arbres, des oiseaux, du vent, du soleil, de moi, de vous… J’essaie d’imaginer comment je vais gérer les campements dans un silence époustouflant, comment gérer des bouffées de tristesse ou de joie intense, je visualise l’arrivée dans un village où peut être mon voyage n’aura pas de sens pour des gens qui eux vivent alors que moi je serais seulement en survie, comment se fondre avec un groupe de chasseur qui vivent là depuis des millénaires alors que je ne serais que la fleur qui surgit du névé et disparaît au premier coup de vent. Je visualise, je m’imprègne et cette berceuse en fermant les yeux me transporte dans mes questions et rêve.

Fermez les Yeux et soyez attentif vous allez entendre le grand fleuve frémir, le bruit du grand Corbeau qui passe juste au dessus de vous, la branche qui craque sous le poids d’un animal qui restera pour toujours inconnu…

Ps: Jo Zef  s’est coiffé de plumes de goéland et il visualise l’odeur des crêpes qui cuisent au coin du feu sur les bord du « Grand Fleuve »!!!

Yukon: présentation de mes 6 coequipiers…

9 février 2010

kayak06

Depuis bien longtemps la chance ne m’a jamais abandonné et même si j’ai croisé des tempêtes j’ai toujours retrouvé rapidement l’abri protecteur.

J’ai croisé des gens qui ont changé radicalement mon destin et je ne pourrais jamais les oublier. La vie me donne beaucoup et par contre partie j’ai envie à mon tour de lui rendre le bonheur qu’elle me procure quotidiennement.
En rêvant du fleuve Yukon je n’aurai pas trouvé juste de faire cette expédition sans la partager du moins en partie.

J’ai prospecté pour constituer une équipe de 6 jeunes qui vont effectuer les premiers 200 kilomètres avec moi. Pas un truc stérile avec des gardes fous de tous les côtés non une vraie aventure. Le départ va être donné de Whitehorse état du Yukon au Canada le er juin et nous allons glissé sur le « Grand fleuve » comme l’appellent les Athapascans jusqu’à Carmacks. Tout le monde sera en binôme sur des canoës doubles, les bivouacs seront dressés sur les berges tous les soirs et chacun aura sa tâche, montage, démontage des tentes, faire le feu, pêcher, réserve d’eau…
Je ne serai pas seul pour les encadrer, ma Vrai sera du voyage et sera la responsable du clan, Nicolas Dubreuil m’épaulera dans la sécurité du groupe et l’équipe de Felix Gheiter nous assurera la logistique.
Donc en primeur je vous présente les 6 aventuriers :

Elliot 15 ans de Bonifacio : il est sera le seul insulaire et devra s’adapter à la vie de groupe, je l’ai déjà testé sur une sortie de 3 jours en montagne et je suis confiant.

Ben 14 ans du Viet-Nam : il parle l’anglais, le vietnamien et le français je crois que ses futurs amis vont souvent le solliciter pour quelques traductions.

Adrien 18 ans de Genève : même si un cancer est venu lui rendre visite il n’a jamais baissé la garde et le fait de se retrouver en plein « bush » comme dise les canadiens sera une belle récompense de la vie.

Alex 18 ans de Paris : lui aussi a été visité par un cancer mais comme son prédécesseur il a su lui faire un pied de nez et amènera sa volonté au groupe.

David 24 ans de la Vendée le grand frère du groupe : il y a quelques mois il s’est retrouvé amputé tibial suite à un accident du travail et même si pour l’instant le marathon qui était son sport fétiche est provisoirement en suspend ce sera une bonne séance de rééducation.

Rémi 18 ans d’Auxerre : pour ceux qui me suivent depuis quelques années vous le connaissez, ancien stagiaire de plongée, de ski et rencontre de mes pôtes de la Star Team à Monaco avec une photo dans le quotidien de L’Yonne avec SAS Albert II de Monaco. Une jambe qui n’a pas voulu grandir mais qui lui a donné une patate incroyable.

Voilà la belle équipe Bout de vie et Jo Zef me souffle qu’il est sûr que l’on va bien se marrer.

Par contre quand je vais devoir poursuivre ma route seul après Carmacks les saumons ne vont plus du tout comprendre comment l’eau du fleuve est devenue salée aussi loin de la mer de Béring ?!?

A pluche !