2012: L’année Sans Différence!

28 décembre 2011
Ce qui me parait incroyable c’est que beaucoup l’aurait jeté à la poubelle, pourtant elle pince, elle tient seule au fil, c’est juste un peu différent à manipuler !!! Acceptez les « différents »…

Ce qui me parait incroyable c’est que beaucoup l’aurait jetée à la poubelle, pourtant elle pince, elle tient seule au fil, c’est juste un peu différent à manipuler !!! Acceptez les « différents »…

Chaque année une cause ou une nation est mise à l’honneur. Je propose, 2012 : Sans Différence !

Il y a quelques jours sur mon face book j’avais mis cette photo avec un commentaire sur la différence. A ma grande surprise vous avez été nombreux à réagir et pour commencer la nouvelle année de « bon pied » j’ai écrit ce billet.

L’oiseau ne sera jamais l’égal du poisson et pourtant ils partagent la même mer. Le soleil ne croisera que très rarement et de loin la lune mais ils ne peuvent vivre séparés. En électricité la batterie qui alimentera le démarreur est composée d’un plus et d’un moins. Cette pince à linge, malgré son bout en moins est toujours efficace pour sécher vos affaires. Alors pourquoi opposer les différences au lieu de les unir.

2011 est effacé de l’ardoise et le maître des lieux y inscrit 2012. Des résolutions comme chaque année : Fini les guerres, stop aux famines, moins de catastrophes naturelles… Et que le voisin nous regarde comme une personne à part entière !!! Abolition du : « Vous ne savez pas Madame Serfati ! J’ai un voisin handicapé, mais il est très gentil quand même ! Le Poooooooooooooovre ! »

Un habitant du Mans n’est pas un « menteur », celui de Bourges n’est pas un « bourgeois », le citoyen de la capitale n’est pas non plus un « parieur » ?!? Alors pour quoi un handicapé est un pauvre « différent »… Debout les culs de jattes, retroussez-vous les manches les manchots, travaillons « d’arrache pied » pour que nous soyons considérés enfin comme des êtres entiers. En changeant notre regard sur nous mêmes ; les « autres » nous verrons d’une autre manière. Moins de compassion, plus d’échange et de découverte. Celui qui pense que vous êtes handicapé, c’est parce que vous avez envie que l’on vous voit de la sorte. Aux beaux jours, hop en bermuda, en bras nues et que nos mutilations soient une sorte de tatouage et non une honte à cacher. Vous avez déjà vu une pin-up planquant ses attributs au printemps, un « musclor » emmailloter ses  biceps !  Le miroir, toujours et encore lui.  Petite expérience : Mettez vous à l’aise et si un regard semble vous défier faîtes  un grand sourire et approchez vous de lui. Qui sera gêné lui ou vous ? Si vous paraissez en harmonie avec votre corps, la personne en face ne sera plus mal à l’aise et un dialogue s’établira. Plutôt que de le réprimander ou de l’insulter charmez le, démontrez avec malice que vous pouvez être plus filou que lui et le courant s’inversera…

Pour 2012 je vous souhaite de la paix, de la santé. Que vos moignons cicatrisent, que vos emboîtures ne soient plus douloureuses à supporter et que vos rêves les plus audacieux se réalisent. La mascotte se joint à moi pour hurler : Que Dieu vous « prothèse » !!!

9 éme stage, c’est parti…

25 septembre 2011

Ambiance feutrée du bord, rêve ou réalité. Seul le présent est un cadeau.

Ambiance feutrée du bord, rêve ou réalité. Seul le présent est un cadeau.

Avions à l’heure, vent calme, température douce… Les stagiaires viennent de débarquer au 9éme stage de plongée sous marine Bout de vie.

Ne croyez que je sois blasé car c’est le neuvième stage, non l’émotion est toujours aussi forte. Une semaine où des p’tites sœurs et frères de vie vont partager le parcours à cloche pied d’un sacré Cabochard.

Pour plus de paix et de sérénité la Galiote est déjà au mouillage dans la baie de Santa Manza où l’été  a décidé de jouer les prolongations .La mer à peine ridée, semble faire flotter en apesanteur le bateau qui va accueillir nos argonautes. L’exercice commence, pour rejoindre le bord il faut embarquer sur un pneumatique, pour la plupart c’est une première. 19h nous sommes en place pour une sacrée semaine. Gunther présente son équipe et explique le fonctionnement du bord, fini l’eau courante, l’électricité. La vie sur un bateau pour un urbain est un effort de chaque instant. A mon tour de leur souhaiter la bienvenue et de commencer le démaquisage des idées reçues. L’apéro, moment sacré du bord, est agrémenté par une bande de dauphins.  Comme s’ils avaient compris que le symbole de Bout de vie était le copain de Flipper à la queue coupée continuant à vivre et  sourire. Des dauphins pour commencer la semaine, quel beau cadeau de la vie.

Demain l’ancre sera levée, cap au sud ouest, pour rejoindre l’archipel des îles Lavezzi, mais c’est encore loin. Ce soir certains dormiront les yeux dans les yeux avec les étoiles, comme quoi même malmené par la vie un jour ou l’autre la tempête laisse place au beau temps, il suffit de s’accrocher et d’être patient…

Merci à Eole et Neptune, vous semblez bien clément avec nous…

Cabo-philo sportive…

15 avril 2011
Etape du tour 2009, Laurent investigateur de ce bel objectif...Courir pour un Bout de vie...

Étape du tour 2009, Laurent investigateur de ce bel objectif...Rouler pour un Bout de vie...

Mouliner, envoyer, pédaler, pagayer, ramer, grimper, résister, coller, tomber, se relever… Mais qu’est ce qui pousse ce Cabochard à toujours « sportiver » ?

Pas une sortie où je ne reçois pas un bon mot ou un beau geste de félicitation, mais aussi doute et questions noires. Dans ces marques de gratitudes j’y vois aussi un questionnement perpétuel ? Pourquoi autant d’énergie dépensée ???

Demander à Lizarazu, Benezech ou Benassi pourquoi autant de sacrifices? Demander à un chanteur pourquoi, à un politique, à un artiste, à une comédienne. La recherche de l’absolu, le geste pur, la pensée conçue au bon moment… La sublimation de la perfection ! L’objectif à atteindre… La découverte de nouvelles limites.

J’entends plein de raisonnement qui me font sourire : Lui il n’a jamais froid, lui il n’est jamais fatigué, lui il ne doute jamais et il n’a jamais mal ! Erreur, c’est peut-être l’image qui en ressort mais sous mon masque de polichinelle comme tout le monde j’ai mes faiblesses. Mais, il y a un énorme, « Mais », je ne leur en tiens pas rigueur, du moins je ne leur donne pas plus d’importance qu’il n’en faut. Comme dans toutes préparations j’ai eu des blessures, des chutes. Au lieu de me plaindre, j’en ai tiré une morale, je l’ai pris comme une leçon de vie.

Enfin, il y a deux semaines dans une sortie vélo en plein sprint en cote, j’ai subi ma première « pelle », oui je dis bien enfin, car depuis tant d’années je n’avais jamais gouté le goudron et là un gros boum. Une chance ! Oui, car maintenant je sais, maintenant j’ai compris, Je suis preneur de tout enseignement. Le sport n’est qu’une succession de leçons et celui qui le prend comme une punition ne progressera jamais. Encore aujourd’hui, j’ai visualisé mon « soleil » et ma sortie n’en a été que bénéfique et fait partie du passé. Je n’aime pas le mot entraînement, car il réduit l’effort comme une pénitence alors que ce n’est qu’une succession de mini victoires. Les « entraînements » sont des lectures de ce que sera l’épreuve, un balisage du chemin inconnu qui nous attend. Chaque séance, une remise en question, une besace où j’y dépose un morceau d’énergie que je grignoterais au moment venu. Sortir quand il neige et vente ne sont pas les meilleures conditions pour kayaker ! Erreur, c’est là où l’on progresse, s’entrainer quand le mental est en petite forme, là aussi c’est une chance, car quand ça ira mieux, la performance s’améliorera à votre plus grande joie. La blessure est une sorte de coach mental, qui vous demande de la contourner pour progresser. Pour ma préparation du Yukon j’avais chaviré avec Immaqa à 3 kilomètres des côtes avec des déferlantes qui m’empêchaient de remonter à bord, une épreuve qui pendant ma « yukonnerie » a ressurgi, là-bas aux pays des grizzlis je n’avais pas le droit de dessaler et quand la rivière bouillonnait, mon feu chavirage me dictait les bons mouvements.

Le sport est une succession de petites choses qui bout à bout donnent la performance. Manière de penser, de bouger, de se nourrir, de prendre, d’offrir. Plus l’on pousse la machine, plus l’on découvre les clés qui ouvrent les portes obscures, qui une fois entrouvertes dévoilent un nouveau cheminement. Des milliers de kilomètres sous la pédale et dans le sillage du kayak, certains les appellent le sport de la souffrance, pour moi je dirais introspection et recherche du basique. Plus je pousse, plus le reste vient facile, ma nutrition n’a jamais été aussi simple, plus de compensation, la joie de résister et de progresser comble mon esprit, le cerveau est suroxygéné ce qui permet une efficacité surprenante à dénouer les taches administratives, le difficile devient facile, le primordial devient secondaire, les mots ne sont plus nécessaires, le geste devient parfait (enfin presque !)

Le sport est une manière de lire la vie,  toutes les personnes qui vont parcourir ces lignes, n’auront pas une lecture identique, celui qui doute n’y verra que ma chute, celui qui démarre le sport n’y verra que souffrance, le chercheur de gloriole :  les louanges reçus, le sportif accompli : des confidences… Le même livre raconte toujours la même histoire pourtant aucun d’entre nous n’y en tirera les mêmes enseignements…

Le commencement est beaucoup plus que la moitié de l’objectif

Aristote

Enfant de Gaia…

22 mars 2011

Oser le plongeon d'une vie nouvelle...

Oser le plongeon d'une vie nouvelle...

Gaia divinité qui enfanta les mers, les océans, les montagnes… Invention des hommes craignant la mort et la souffrance. Dans son ventre elle avait aussi des monstres et des titans.

Vous, moi, eux sommes les enfants de Gaia, la souffrance et la mort nous effraient et pour cause.

La grande famille Bout de vie rassemble les blessés de la vie, chaque semaine la famille s’agrandit et il en sera ainsi pour toujours. Se retrouver avec un ou plusieurs bouts en moins est une épreuve de taille à surmonter. Pour les plus chanceux les proches sont là, pour les moins chanceux la solitude sera compagne de chambrée. Mais dans tout cela il y a quelque chose de sournois qui nous rassemble. Les proches ne peuvent pas comprendre ! Attention n’y voyez pas une attaque, ou une offense. Se retrouver mutilé est une injustice colossale, que ni l’amour, ni les mots ne pourront atténuer. La seule lueur d’espoir est de rencontrer des gens comme soi. Dans ma convalescence, mon moral était en dent de scie, en haut en bas. Une épreuve pour moi, mais aussi pour mon clan. Je ne supportais plus les : « Tu es courageux et puis tu es un héros maintenant » Une belle jambe de bois, les décorations et l’habit de héros de la nation…

Quelques mois de greffe en greffe et puis le centre de rééducation, le moral au fond de l’emboîture et une injustice grandissante. Qui s’approchait de moi, y laissait des plumes. Un prothésiste m’appareillait avec un truc immonde, moitié en plâtre, moitié en bois !  Et dire qu’on m’avait promis que j’aurais une sorte de vraie jambe !  La personne qui s’occupait de moi me harcelait sur ma manière boiteuse de marcher, jusqu’au jour où j’allais lui faire un truc qui fait mal ; c’est alors qu’il leva son pantalon pour me dévoiler sa prothèse…

De ce jour je compris et me sentis moins seul…

Bien-sûr chacun le vit différemment et la chose la plus importante est de faire un pas après l’autre. La rage et l’envie furieuse de hurler est normale. Gérer, comme l’alpiniste qui attaque la face Nord de la montagne la plus haute du monde. Il ne pense pas au sommet, mais à chaque pas qui va le conduire au toit du monde. Bien-sûr, il y a un objectif, mais il faut penser au présent. Combien de fois en sauvetage en mer au lieu de me précipiter sur mon embarcation, je me calmais, je mangeais, je prévoyais tout doucement la dangerosité de l’intervention pour finalement arriver sur zone à 100 % de mes possibilités.

Être amputé est une épreuve qui doit être vaincue doucement, trop d’éclat au départ et la chute fait encore plus mal. L’injustice par moment est une douleur quasiment physique : Ce foutu « pourquoi moi » revient sans cesse. Le grand Jacques chantait : « L’homme n’oublie pas, il s’habitue c’est tout… ».

Vous souffrez et seul vous, savez à quel point, je ne peux pas grand-chose à votre place. La solution est au fond de vous. Se foutre en l’air ? Pourquoi pas, mais entre vous et moi je trouve que c’est dommage. La vie est tellement pleine d’imprévue que le suicide n’est pas la panacée. Les drogues ? Déjà que nous avons un truc assez balèze à gérer en plus il faudra surmonter ce monstre immonde ! Une autre solution et celle-là, je la trouve sympa, c’est tourner la page. OK, je vous entends dire facile à dire moins à faire. Un pas après l’autre. Sur mes expéditions tous les jours pendant une minute je crie, non, je hurle… Une manière d’évacuer le stress. Technique que j’ai appris à l’hosto.

Je ne vais pas vous tenir la prothèse trop longtemps, mais sachez en tous les cas que vous n’êtes pas seul et dés que vous en aurez envie, un grand frère est là pour vous botter le cul et avec une lame en carbone ça fait mal !!!!

PS : Vous savez que j’aime bien finir par des citations, alors j’ai ressorti un vieux cahier où pendant des années j’ai griffonné des mots de maux, celui-ci est de circonstance.

« Une porte ne peut être ouverte, poussée, fracturée que seulement si elle existe… »

Votre avis m’intéresse…

17 janvier 2011

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Comme vous le savez j’ai passé quelques jours avec beaucoup de communicants, J’ai été au milieu de réflexions méritant beaucoup de philosophie. Nous arrivons dans une ère où l’on se moque pas mal des différences.

Tout le monde connait mon humour et ce n’est pas à Courchevel où j’ai mis des gants. A un publiciste je lui ai lancé le défi de me prendre pour la pub des fournisseurs de Lapeyre. Une belle photo où je suis en activité (vélo, course à pied…) Avec le slogan : Comme F Bruno Lapeyre y en a pas deux!

Toute l’assemblée a bien ri mais aucun n’a encore le courage de se lancer dans ce type de message. Se moquer du handicap est encore tabou.

Analyse à 3 centimes d’Euros. Si ce n’est pas encore possible en France c’est que la différence fait peur.

C’est sur , ce type de photo sera dans mon prochain livre.

Pour ma part, je la trouve très parlante sans pour autant être provocatrice ou exhibitionniste, alors j’attends votre avis…

A pluche et que Dieu vous prothèse !!!

Engineer lake…

23 juillet 2010

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36 heures qu’il ne pleut plus. Elle est pas belle la vie ?? Mais voilà, je suis de retour chez les hommes, les vrais !
J’avais trouvé un coin planqué pour y mettre ma tente et hier soir, un vrai aventurier est venu se mettre à une centaine de mètres !!! Ok ! en Europe, on ne le verrait même pas, mais ici, en Alaska, c’est inadmissible. Alors mon gros touriste avec un camping car style château de la Loire est venu se coller près du frenchie pour peut-être avoir une protection en cas d’attaque de kikis à poil.

Il y a tellement de calme ici que le moindre bruit s’entend de très loin et hier soir, je parlais tout seul dans ma tente. Ce matin, je pars à la recherche d’une autre planque. De toute façon, le baro fait une chute libre et le lac Skilak a très mauvaise réputation en cas de fort coup de vent. Ma carte de la région me dévoile une route en terre pas autorisée au camping car donc c’est là que je vais fouiller. Le chemin est étroit et effectivement les gros culs ne peuvent pas y faire demi tour. Un tout petit lac avec l’interdiction d’y naviguer avec un engin motorisé, donc deux races de clients à claques en moins. Je trouve un emplacement avec table en bois et foyer pour y faire un feu. C’est décidé la mascotte, on change de « crêperie » !

Je ne démonte même pas Immaqa, j’arrive à le faire rentrer dans la voiture d’une pièce, en deux temps, trois mouvements. Je mets tout en vrac dans la voiture et nous voilà repartis. Elle est pas belle la vie ?? Ça nous plaît plus, on s’arrache !! Je monte vite fait le camp avant que ça se déchaîne, mais les orages claquent de partout sauf sur nous, pour une fois.

A midi, on est en place et après le concours de sieste obligatoire, l’envie d’aller découvrir les 3km² du lac Engineer me démange la pagaie, des trucs à plumes en pagaille !!! Je ne veux absolument pas les déranger et du coup prend mon temps pour y avancer, certain m’autorise quelques clichés. En face, je découvre une cabane. Allons à sa découverte. Elle est ouverte et du monde y réside, je repars sans voir personne. A mon retour au camp, une voiture arrive. Je me ferme, comme une coquille d’huître et renforce le noir de mes yeux en baissant la casquette d’un cran. Je les ignore !
Si on était sympa, cela ce saurait, non !

Le  couple s’approche et me demande d’où je suis ? Pas de concession : Corsica island (au moins, je suis tranquille y connaissent pas et me lâcheront la prothèse).

Super !!! on y a été souvent !!! Bonifacio, Sarténe, Porto-Vecchio !!!

Allez la mascotte, ouvre la boutique, on les sert ces braves gens !!! Des Ukrainiens qui ont immigré aux US et qui squattent la cabane en face. Ils sont chargés comme des mules et pour rejoindre leur résidence, il faut suivre un sentier très peu marqué et long. En bon samaritain, je leur propose de tout amener en kayak, puisqu’il est vide. Ils acceptent mais à une condition : je suis leur invité pour le dîner…
Je traverse le lac sur sa largeur et arrive bien avant eux sur zone. L’endroit est magique, calme et apaisant. Au menu : des cèpes !!! Ici, personne ne les ramasse et du coup, c’est des millions de champignons qui pourrissent sous la pluie.
Ils me racontent leur bout de vie et moi le mien. L’été, ils préfèrent vivre en cabane, sans eau et électricité pour couper de leur vie stressante sur New York.

Je reprends Immaqa pour retraverser le lac qui semble endormi. La fine pluie lui donne un air de conte de fées, de l’autre côté, une famille de castors prépare déjà le prochain hiver qui sera long. Je retrouve mon camp. J’allume un feu qui démarre bien, malgré l’ambiance humide et sous ma toile bleue, je vous envoie ces quelques mots de plénitude.

Le présent est un cadeau…

Le millième kilomètre

24 juin 2010

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6h et déjà l’eau chauffe pour le thermos et le petit déj. 7H 15 c’est parti. La première heure est toujours un peu pénible, la machine doit chauffer. J’avance à un bon rythme et c’est ça l’important. La première heure est toujours récompensée par un café et quelques dattes séchées. La surprise du jour vient d’une bestiole que je vois déambuler sur la plage, tiens
un chat ?!? Ouah un lynx !!! Je pousse sur les pagaies et m’approche de lui la caméra tourne et finalement j’arrive à le cadrer. Il feint de m’ignorer et semble plutôt intéressé à renifler des trucs dans le sable. Mais non Jo Zef y cherche pas des restes de crêpes ! (soupir)

Je reprends mon pagayage et une fois de plus, le vent vient me dire bonjour et pas dans la bonne direction. On courbe l’échine et on avance. Je sens une présence foncer sur moi, sur mon bâbord arrière un aigle à tête blanche me fonce dessus, je lève la pagaie et il m’évite de justesse ! Ouais la mascotte, si il continue y va finir dans la casserole le kiki à plumes !

Le vent augmente et depuis ce matin, la rivière est de plus en plus large et du coup je prends mes premiers moutons. Les vagues, pas les bestioles ! Ok ? Donc j’avance quand même. Je sais que je suis à 2 heures d’une cabane du parc et que ce sera l’occasion de me refaire une santé. Effectivement vers 14h, j’arrive et à ma grande joie la cabane est plutôt un somptueux chalet. Je pense n’y trouver personne mais non, je suis accueilli par un ranger au nom de Dew. Il est garde du parc national Charley Yukon river. Il me reçoit avec un grand sourire et me fait visiter le château. Cet édifice fut construit en 1930 et servait de relais pour la poste. Tout les 40 km, une cabane avait été construite et le courrier pouvait suivre en toute tranquillité le cours du fleuve. Beaucoup ont été détruites avec l’âge mais celle-ci vient d’être restaurée. Le jeune garde me demande si je veux rester dormir ce soir et quand je vois le confort qui m’attend, je me laisse convaincre et pose mon barda. Il m’amène sur une route qui mène à l’ancienne mine d’or et tout y est resté. La folie de la fortune !

Aujourd’hui, je crois que je viens de battre le record du monde des moustiques, des millions !!! pour la petite rando j’ai été obligé de mettre ma cagoule grillagée et malgré ça, j’ai donné mon sang à un paquet de copains. Donc aujourd’hui, je n’ai que 60 km au compteur mais le vent a bien fait les choses puisque ce soir, je serais dans un beau chalet. C’est clair
qu’à la place du garde super gentil, j’aurais préféré ma « Vrai » (soupir), mais comme dit le vieux proverbe Tibétain : A défaut de jambe tu marches avec une prothèse !!!

Hey les filles, aujourd’hui je fête mon premier millier de kilomètres avec 7 jours d’avance sur le programme initial. Et comme je suis prévoyant ce soir il y aura des pancakes avec du vrai sirop d’érable, la mascotte a déjà la serviette autour du coup et les couverts à la main… Eh, y faudra partager avec Dew, ok, Jo ? Va falloir surveiller la mascotte qu’on passe pas pour des sauvages…

A pluche.

PS : Véro et Fabien me tiennent au courant des infos en général et donc, si vous voyez Raymond D. dites-lui que le Yukon en kayak c’est très peu fréquenté et pour se faire oublier cela peut être une bonne idée. Je ne comprenais pas pourquoi un grizzly a explosé de rire quand Jo Zef lui a gueulé : « We are Frenchy world champion… »

Quelle palme utiliser pour un amputé tibial?

22 mars 2010

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Pour répondre à l’éternelle question : « mais quel est le système de palme utilisée coté moignon ? », je vais essayer de vous répondre brièvement mais précisément.
Je suis assez réfractaire à posséder multiples prothèses pour mes activités et ne vis qu’avec une munie d’une lame en carbone de marche. Vu que je suis sponsorisé par mon centre de prothèse je pourrai avoir toute sorte de « guibole » mais je n’y vois pas d’intérêt majeur. Donc une identique pour chaque jour. Un facteur très important est que j’ai la chance d’avoir un moignon long et un poids de forme top pour ma hauteur soit 1,83mts pour 79 kilos. Je pratique un gainage poussé quotidiennement (abdominaux) et une alimentation gérée par une diététicienne du sport.
J’ai abandonné l’idée de faire des longues courses à pieds qui me laissaient toujours des blessures difficiles à récupérer (lombalgie aigue, plaie au moignon coté greffe, douleur au genou valide).
J’ai compensé mon endurance par le vélo longue distance, les sorties kayak longue distance (minimum 8 heures de suite) et les longues rando à pied ou en peau de phoque.

Donc ceci dit pour la plongée sous marine que je pratique depuis plus de 35 ans j’ai été obligé de m’inventer une palme un peu particulière pour mon moignon et plutôt que vous faire un long discour, je vous ai mis en ligne une petite vidéo qui vous informera sur ce prototype. Depuis 1983 je suis amputé et jusqu’à 1985 j’enseignais la plongée sur une seule jambe jusqu’au jour où une de mes élèves a paniqué et j’ai du la remonter en catastrophe sur une jambe, la tache fut risquée et très physique à la limite du « hors jeu » de ce jour j’ai bricolé ce système qui m’a permis depuis de nombreuses années de réaliser quelques milliers de plongées professionnelles en toutes conditions : école, travaux sous marin, sauvetage en condition tempétueuse et même sous glace.

Une vieille emboiture où on a démonté le pied, par dessus on chauffe dans un bain d’eau bouillante une palme réglable style « jet fin »  en caoutchouc et non en plastique et on la forme en douceur sur l’emboiture. Ensuite on perce de part et d’autre une fente pour y faire glisser des fixes palmes classiques et le tour est joué. Bien sur ce système est fait pour plonger et non marcher, mais depuis le temps on m’a proposé multiples « trucs » mais jamais très  efficace c’est celui là qui m’a permis d’avoir une vie de plongeur professionnel tout à fait classique.

Il est rare de trouver un bon prothésiste qui en plus est un bon plongeur avec assez de recul pour inventer un système simple et efficace.

Si vous avez des questions n’hésitez pas.