Engineer lake…

23 juillet 2010

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36 heures qu’il ne pleut plus. Elle est pas belle la vie ?? Mais voilà, je suis de retour chez les hommes, les vrais !
J’avais trouvé un coin planqué pour y mettre ma tente et hier soir, un vrai aventurier est venu se mettre à une centaine de mètres !!! Ok ! en Europe, on ne le verrait même pas, mais ici, en Alaska, c’est inadmissible. Alors mon gros touriste avec un camping car style château de la Loire est venu se coller près du frenchie pour peut-être avoir une protection en cas d’attaque de kikis à poil.

Il y a tellement de calme ici que le moindre bruit s’entend de très loin et hier soir, je parlais tout seul dans ma tente. Ce matin, je pars à la recherche d’une autre planque. De toute façon, le baro fait une chute libre et le lac Skilak a très mauvaise réputation en cas de fort coup de vent. Ma carte de la région me dévoile une route en terre pas autorisée au camping car donc c’est là que je vais fouiller. Le chemin est étroit et effectivement les gros culs ne peuvent pas y faire demi tour. Un tout petit lac avec l’interdiction d’y naviguer avec un engin motorisé, donc deux races de clients à claques en moins. Je trouve un emplacement avec table en bois et foyer pour y faire un feu. C’est décidé la mascotte, on change de « crêperie » !

Je ne démonte même pas Immaqa, j’arrive à le faire rentrer dans la voiture d’une pièce, en deux temps, trois mouvements. Je mets tout en vrac dans la voiture et nous voilà repartis. Elle est pas belle la vie ?? Ça nous plaît plus, on s’arrache !! Je monte vite fait le camp avant que ça se déchaîne, mais les orages claquent de partout sauf sur nous, pour une fois.

A midi, on est en place et après le concours de sieste obligatoire, l’envie d’aller découvrir les 3km² du lac Engineer me démange la pagaie, des trucs à plumes en pagaille !!! Je ne veux absolument pas les déranger et du coup prend mon temps pour y avancer, certain m’autorise quelques clichés. En face, je découvre une cabane. Allons à sa découverte. Elle est ouverte et du monde y réside, je repars sans voir personne. A mon retour au camp, une voiture arrive. Je me ferme, comme une coquille d’huître et renforce le noir de mes yeux en baissant la casquette d’un cran. Je les ignore !
Si on était sympa, cela ce saurait, non !

Le  couple s’approche et me demande d’où je suis ? Pas de concession : Corsica island (au moins, je suis tranquille y connaissent pas et me lâcheront la prothèse).

Super !!! on y a été souvent !!! Bonifacio, Sarténe, Porto-Vecchio !!!

Allez la mascotte, ouvre la boutique, on les sert ces braves gens !!! Des Ukrainiens qui ont immigré aux US et qui squattent la cabane en face. Ils sont chargés comme des mules et pour rejoindre leur résidence, il faut suivre un sentier très peu marqué et long. En bon samaritain, je leur propose de tout amener en kayak, puisqu’il est vide. Ils acceptent mais à une condition : je suis leur invité pour le dîner…
Je traverse le lac sur sa largeur et arrive bien avant eux sur zone. L’endroit est magique, calme et apaisant. Au menu : des cèpes !!! Ici, personne ne les ramasse et du coup, c’est des millions de champignons qui pourrissent sous la pluie.
Ils me racontent leur bout de vie et moi le mien. L’été, ils préfèrent vivre en cabane, sans eau et électricité pour couper de leur vie stressante sur New York.

Je reprends Immaqa pour retraverser le lac qui semble endormi. La fine pluie lui donne un air de conte de fées, de l’autre côté, une famille de castors prépare déjà le prochain hiver qui sera long. Je retrouve mon camp. J’allume un feu qui démarre bien, malgré l’ambiance humide et sous ma toile bleue, je vous envoie ces quelques mots de plénitude.

Le présent est un cadeau…

Nettoyage du fond du port de plaisance de Bonifacio…

10 mars 2010

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L’opération semble simple mais pourtant la mise en œuvre est un vrai chantier d’envergure : nettoyer le fond du port de plaisance de Bonifacio.

La nouvelle direction du port par mon pote Michel Mallaroni en est à l’origine et il a réussi à fédérer une partie des professionnels de la mer pour que chacun donne la main. Une dizaine de plongeurs, des mains à terre pour hisser les rejets des plus atypiques et le tout malgré des conditions polaires dans la bonne humeur et la fraternité des gens de mer.

Pour certains je les retrouve avec beaucoup de fierté plongeurs professionnels alors qu’ ils ont démarré leurs premières bulles dans mon école de plongée, la roue tourne et le sablier du temps s’écoule inexorablement.

En une première journée 6 bennes complètes ont été remplies, des pneus en veux-tu en voilà, des filets abandonnés, batteries, des bouteilles en verres et plastiques par douzaines et même un poêle à mazout !

Un plan d’eau qu’il soit salé ou non est la facilité rapide pour y cacher des déchets encombrants, un coup de pied discret et hop, ni vu ni connu.

Que faire pour faire changer les mentalités ?

J’ai plongé dans beaucoup de port du monde entier et chaque fois la même désolation, des tonnes d’immondices qui jonchent le fond !

J’ai vu des pêcheurs en Afrique du nord jeter dans l’eau du port leurs huiles de vidange, j’ai vu des tonnes de munitions entreposées dans le fond d’un port rempli de touristes en été !

Je pourrai continuer longtemps mais cela ne fera pas avancer le « schmiblick »

De temps à autre quand je suis reçu dans les écoles j’essaie en plus de ma croisade sur la « différence » de lancer le débat sur la protection de notre espace vitale, la nature.

Demain rebelote pour une autre journée de plongée nettoyage, donc à votre tour prenez votre bâton de pèlerin et faites que tout en chacun comprenne, qu’en  étant attentif ce n’est pas la planète que l’on protège mais notre espèce, « l’omo vulgaris bipédus » (mono pédus voir sanspédus pour d’autres !!!)

PS : Ok Jo Zef si on trouve une vieille poêle à crêpes on te l’a met de côté !!!