En terre de Lourantze

4 septembre 2011
Un coin si calme et reposant...

Un coin si calme et reposant...

Ce matin vers 6h le ferry emprunte le rail du détroit de Bonifacio, les îles Lavezzi se devinent dans une brume typique annonciatrice d’ un coup de libeccu . Le navire est bondé, comme une huitre en plein soleil je me referme, le silence m’a apaisé jusqu’à présent, le brouhaha de la foule en goguette ne m’aura pas!

Mon Cabochard a fier allure là bas au mouillage, des copains me rassurent sur sa santé, RAS. Une caresse pour lui dire bonjour, un peu terreux, je retrouve mon confident. J’ouvre les cales, aère les soutes, vérifie si tout est en ordre. Un coup de clé et le gros diesel se met en route, rien n’a bougé d’un millimètre, je vais tout lui dire, tout lui raconter… Des seaux d’eau de mer tiédasses lui retirent la terre rouge d’Afrique qu’il a accumulée depuis mon départ. A genou je récure, je redonne aux laques leurs éclats si sémillants. La chaleur est étouffante, ce soir l’orage risque d’être violent, tant mieux. Tout y passe et pas une seule goutte d’eau douce ne lui est apportée, la violence de la pluie de ce soir finira le boulot. Des gros nuages noirs arrivent du Sud-Ouest, la montagne de Cagna s’illumine, l’orage arrive, je frétille d’impatience. Au fond du golfe un voilier de location n’est pas bien mouillé, à la première rafale de vent il s’échouera ! Le joufflu sombre s’approche, j’allume une bougie, je mets  ma frontale au niveau minimum, je veux être en toute intimité avec les éléments. Une rafale violente nous envoie un salut, je suis ravi  de ce privilège, bien paré le nuage lâche ses hallebardes. La Corse est très sèche, trop à mon gout, ces quelques gouttes ne pourront lui faire que du bien. Le déluge commence, je suis au première loge, tiens donc, le voilier est posé dans la vase, son ancre n’a pas tenu… Je décide de le laisser dans son travail d’apprentissage, où il est, son équipage ne risque rien. Je pense, je rêvasse, de ces deux mois de balades. La houle de la mer de Barents me berce, les falaises abruptes de la péninsule de Nordkinn m’en donnent encore le tournis, le lac d’Inari me laisse encore percevoir son odeur, le pin chauffé à blanc d’un sauna finlandais me titille encore les narines mais surtout des visages me réchauffent le cœur. Des personnes qui  vivent intensément, sans plastique, ni artifice. Une cabane au milieu d’une forêt et des étoiles au dessus les épaules par milliers. Le confort est immense, je ne parle pas de celui qui rassure faussement, le chaud l’hiver, le froid l’été. Non de celui qui est puissant, de la richesse de n’être qu’un simple atome de vie au milieu du néant. De savoir apprécier le fleuve ou le lac pour aller se laver, le plaisir de s’enfouir dans son duvet car dehors le froid commence déjà à piquer le bout du nez. La simplicité de se retrouver autour d’un feu en écoutant les brindilles claquer, tout en cherchant les comètes fausse prometteuses de vœux adressés. Partager une manière de faire un pâton, une cuisson différente d’un lieu à un autre qui donnera au pain son caractère atypique… Ses dernières semaines nous étions cachés dans une forêt valaisanne suisse, la paix était le refrain de l’aubade des cascades qui nous entouraient. Quasiment au bord du lac, Marlène et Gilles tiennent un refuge. Coin somptueux où ils accueillent les randonneurs, ils nous ont offert un bout de leur vie. Notre tente n’était qu’a quelques minutes de marche et de temps à autre nous leur rendions visite. D’une rencontre, cela est devenu un échange, une fraternité éphémère, comme si l’on se connaissait depuis longtemps… Des veillées autour d’un brasero et des silences qui nous ont unis. Le refuge de la Lourantze ce soir est venu me rendre visite. Des ruisseaux y prennent naissance et se jette dans le lac de Tseusier qui lui-même continue sa route dans le Rhône qui n’est qu’un serpent boueux sans trop d’énergie. Cette rivière devient fleuve pour rejoindre la Méditerranée où mon petit bateau est au mouillage…

Si un jour, vous désirez vous poser pour un moment dans une forêt alpine paisible, allez retrouver les beaux patrons de mon pote le labrador Taïko. Marlène et Gilles ne vous laisseront surement pas insensible et je suis sûr que sous les deux tipis qu’ils gardent vous en retournerez tout heureux d’avoir entrevu les légendes de l’alpage du Rawil…

Site du gite de la Lourantze

Bivouac en Valais

20 août 2011

Altitude 1987mts, forêt paisible; être humain au alentour insignifiant, nomade en bivouac, chut c’est un secret…

Les alpages c'est "vachement" bien!

Les alpages, c'est "vachement" bien!

En cherchant un peu, vous pouvez apercevoir une squaw et une mascotte!

En cherchant un peu, vous pouvez apercevoir une squaw et une mascotte!

Présent des montagnes, elle nous a raconté plein de belles histoires...

Présent des montagnes, elle nous a raconté plein de belles histoires...

Une légende dans la vallée parle d'un lac souterrain, je tente une recherche de gouffre en gouffre...

Une légende dans la vallée parle d'un lac souterrain, je tente une recherche de gouffre en gouffre...

En pleine paroi, insouciante du danger elles daignent regarder en bas la fourmilliére des hommes qui courent derierre le temps qui passe...

En pleine paroi, insouciantes du danger elles daignent regarder en bas la fourmilière des hommes qui tentent désespérément d'arrêter le temps qui passe...

Foudroyé, il a su vivre en changeant de cap, symbole des vies abimés, continuer sans regretter le temps passé...

Foudroyé, il a su vivre en changeant de cap, symbole des vies abimées, continuer sans regretter le temps passé...

Golfe de Botnie…

4 août 2011

Adossé à un pin je suis face au golfe de Botnie, pour beaucoup cette mer est inconnue. Douce comme un lac, aux milliers d’îles et îlots quasi déserts, elle rejoint plus au sud la Baltique qui se prolonge par la mer du Nord et finit en Atlantique. Par habitude, chaque fois que je découvre une étendue d’eau je me dois de la gouter. Toutes ont une salinité différente, la mer Rouge, une des plus salée, la Méditerranée plus dense que l’Atlantique… Ma surprise fût grande pour constater que sa douceur permettait de me désaltérer sans quelconque filtrage. Les bivouacs de mer de Barents nous avaient apaisé par la quiétude polaire si loin des hommes, et nous redoutions de perdre ce doux calme. Notre petite berline de location n’est pas un tout terrain, mais malgré tout l’envie me démangeait de découvrir des pistes forestières qui mènent sans doute au « paradis ». L’île de Seskova est  reliée par un pont. Le village est d’un calme extraordinaire, une piste semble partir vers le sud, nous l’empruntons à pas de loup, quelques cailloux nous rappellent à la prudence. Finalement au milieu d’une forêt dense couverte de myrtilles prêtes à être englouties, nous stoppons devant la mer. Pas un bruit, pas la moindre trace. Je pars à la recherche du camp idéal. Les mottes de mousses donnent un terrain toujours trop tourmenté pour dresser la tente. Un petit replat au milieu de quelques bouleaux, idéal pour faire un vrai camp d’aventurier en quête de silence. En deux temps trois mouvements tout est en place. Un madrier porté par une tempête de Noroit servira de banc, des restes de planches de cabanes abandonnées feront la table et une toile tendue sera le coin cuisine. Véro ramasse une quantité industrielle de myrtilles et framboises et de mon côté je tente quelques lancés pour le déjeuné. Oh surprise, un brochet au deuxième essai vient me rendre visite, comme dirait la mascotte : « Une aubaine pareille ne se refuse pas ! » Fileté, assaisonné au poivre citronné, épice nationale de Finlande, nous nous en ferons un festin. (Le lendemain au premier lancé un autre brochet décide de manger avec nous !) Et dire que certains affirment que ce coin perdu n’est pas poissonneux !!! En randonné nous découvrons une petite presqu’île où une cabane semble abandonnée depuis un moment. Le hangar en bois qui abritait une barque s’est effondrée dessus. Un renne et son petit sont dérangés par nos recherches et à notre grande joie nous découvrons un tapis de fraises des bois en grande quantité. Tout en remplissant un vieux seau, trouvé dans les décombres, de fraises, je rêve de cet endroit si beau, si calme si apaisant. J’essaie d’imaginer l’hiver, la mer qui gèle, les nuits qui n’en finissent plus et le poêle qui ronronne alors que dehors la neige ne cesse de tomber… Un rêveur ce cabochard… Trois jours de bonheur et nous levons le camp, nous retrouvons Luléa (prononcé Luléo), bientôt c’est de là où nous reprendrons l’avion. Nous visitons les abords de cette ville capitale provinciale, les cabanes ne sont plus de simples planches ajustées colmatées à la mousse et au lichen. Ce sont des maisons de haut standing avec bateau au mouillage, moto des neiges bâchés et pelouse bien tondue. Aucune chance de trouver un bivouac pour nous. Un passage par la presqu’île du coin et nous visitons un camping de taille monstrueuse. Malgré les centaines de camping cars parqués les uns à coté des autres pas un bruit, même pas un brouhaha, le calme des scandinaves est remarquable. La majeure partie des clients sont norvégiens, ils viennent à la recherche du soleil du « midi » du grand Nord ! Réflexion d’un sale gosse que je suis, « Mais quel intérêt de se coller côte à côte dans un camping alors que les alentours sont d’un sauvage à couper le souffle ? » L’homme qui a perdu le contact avec l’essentiel de sa vie, vivre avec la nature et non contre. Un poil étonné de ce camp de sardines, nous nous éloignons de 30 kilomètres plus au sud pour fouiller les chemins perdus… Bingo, il est trouvé, du sable fin blanc et personne aux alentours, montage du camp et vous connaissez la suite… Pour faire plaisir à la mascotte, gâteau aux framboises et myrtilles cuit au feu de bois… Ouais Jo Zef c’est dur la vie de nomade, très dur !!!

A pluche

Le bivouac en terre isolée m'inspire à écrire...

Le bivouac en terre isolée m'inspire à écrire...

Seul le silence dit la vérité...

Seul le silence dit la vérité...

La nuit recommence à montrer le bout de son nez.

La nuit recommence à montrer le bout de son nez.

Un cailloux pour m'abriter du vent dans la plus grande salle de bain du monde... Un luxe!

Un cailloux pour m'abriter du vent dans la plus grande salle de bain du monde... Un luxe!

Véro goute au gateau cuit sur une pierre, la mascotte la surveille du bon oeil

Véro goute au gâteau cuit sur une pierre, la mascotte la surveille du bon œil

Comme vous êtes sympa on vous en envois une part!

Comme vous êtes sympa on vous en envois une part!

Un brochet en brochette!

Un brochet en brochette!

Camp Arktika

2 août 2011

Un dernier regard à l’océan Arctique et nous reprenons la route, des rennes encore et toujours eux, une pluie fine et une température estivale de 8° ! Nous pénétrons l’intérieur des terres sames de nouveau pour atteindre la frontière finlandaise et bifurquer sur la nationale qui mène au fameux nid à touriste : « le cap Nord ». Même certain norvégiens sont gênés d’une telle arnaque. La route reprend des airs  bizarres, des panneaux écrits en anglais fleurissent… Quelques dizaines de bornes et nous retrouvons la route qui qui nous plait, la sauvage ! Entre Ivalo et Inari se trouve le camp Arktika de Gilles Elkaim. Comme je vous l’expliquais dans mon dernier article, le seul livre que nous avions embarqué pendant notre traversée à la rame était le livre de cet explorateur des temps modernes. Il devait rejoindre avec ses chiens le Cap Nord au détroit de Béring en un peu moins de 4 quatre ans. Sur ces 12 000kilométres à pied ou en kayak son épopée nous avait tenue en haleine et nous permettait par moment de nous évadait de cette « ramerie océanique »…

La piste en terre nous mène au camp et nous sommes accueillis par une bronca de 53 Toutous des glaces. Gilles n’est pas là et nous le savions, il est dans un chantier naval en méditerranée, où son futur projet est en train de prendre forme. Un bateau en alu pour pouvoir naviguer en mer polaire  avec des clients…

Gladys est la responsable du camp en son absence, gérer 53 « tireurs de traineaux un poil têtus », n’est pas une mince affaire ! Elle nous accueille bien volontiers, puisque cela fait plusieurs semaines qu’elle n’a pas eu de visite. Nous avons l’honneur de loger dans la « kota », cabane typique finnoise,  en échange nous donnerons un coup de main dans les taches quotidiennes. Véro sera chargée du brossage des molosses, je suis surpris de voir avec quelle docilité ils se laissent faire. Mon boulot sera une entreprise de BTP, avec une brouette remplie de gravier je dois drainer le chemin qui mène aux habitations… Le soir sous le « grilli » en attendant que le saumon grille, nous échangeons, nous apprenons, bref des soirées remplies de bonheur. Une sortie en canoë pour découvrir les deux lacs et « Pouchok » nous fera l’honneur de nous escorter. Pour ceux qui ont lu le livre Artika vous avez compris que c’est un grand privilège d’avoir ce valeureux chien avec nous. Il est plus qu’un compagnon d’expédition pour Gilles il est comme un enfant, ou un frère ! Quatre années où les moments tragiques ont succédé au bonheur intense, où la famine les a forcé à se nourrir de cadavre de morses en état de putréfaction avancée. Pouchok est un instinctif avant tout, les canards qui batifolent le transforme en prédateur redoutable. Pendant un arrêt à la découverte d’une vieille pirogue abandonnée, notre ami à quatre pattes en a profité pour tenter de « zigouiller » un lemming ! J’ai du donner un coup de gueule pour le revoir intégrer le canoë sans « hamburger » à poil dans le museau ! Ces quelques jours ont défilé à toute vitesse, nous reprenons la route pour le sud, le golfe de Botnie…

Panorama vu du camp...

Panorama vu du camp...

Un coin qui m'a attiré, normal non?

Un coin qui m'a attiré, normal, non?

Tradition same, cardage du poil des chiens... Rien ne se perd.

Tradition same, cardage du poil des chiens... Rien ne se perd.

Pouchok, leader de l'éxpédition Arktika nous honore de sa protection.

Pouchok, leader de l'expédition Arktika nous honore de sa protection.

La yourte, tente dortoir, vaisselle  et bricolage.

La yourte, tente dortoir, vaisselle et bricolage.

Un air de Yukon en Corse…

2 juin 2011

Bivouac au air du Yukon, bien caché quelque part...

Bivouac au air du Yukon, bien caché quelque part...

Une année déjà ! Le Grand Nord me tendait les bras pour une belle leçon de vie. Je me doutais que cela serait une sacrée aventure, mais je ne pensais pas à quel point cela modifierait ma manière d’évoluer.

Sur le grand fleuve, seul face à moi-même, pas de place au superflu, observer, pagayer et rêver. Le but étant de ne pas être mangé, ni dépecé, tout un programme ! Entre deux prières, manières Cabochard, je partais dans des rêveries « corsées » : Un coin planqué sur mon île, un bivouac paumé, un mini monastère où j’irai régulièrement me ressourcer. Mais la Corse, ce n’est pas l’état du Yukon, il y a du monde et partout…

Depuis mon retour début septembre, j’en ai arpenté du maquis, mais chaque fois il manquait un élément au cahier des charges. Cet hiver alors qu’avec ma Vrai nous nous restaurions sur le bord d’un torrent très isolé, une folle envie de le traverser me pris. Véro, bien décidée à rester sèche, souriait à ma traversée du cours d’eau à la température polaire. Trempé comme un castor, je découvrais un coin planqué, mais je me voyais mal, à chaque envie de paix, jouer au sous-marin pour aller rejoindre ce camp perdu. Puis en fouillant au milieu des chênes lièges et verts je trouvais un restant de piste ! Ma curiosité toujours affutée devait me transformer en lecteur de parchemin qui mènerait au fameux trésor des templiers…Euréka!  Une piste en terre agricole, qui mène à nulle part, puis une sente… Muni de mon pinatu (serpe) je partais à la recherche d’un passage, sueur et sang furent mes alliés pour débusquer les ronces qui barraient la voie de mon rêve. Quatre jours de bataille pour enfin arriver à un refuge de corsaire. Une fois de plus, j’ouvrais la porte d’un de mes rêves. J’organisais une plateforme qui recevra ma tente, mes restes de maçon se sont réanimés et avec entêtement et plaisir j’ai monté une enceinte en pierre sèche. Quand le vent soufflera en tempête, il sera obligé de nous effleurer sans nous mordre. Au fil des jours avec du bois de récupération j’ai fabriqué une belle table et ses bancs…

Depuis quelques semaines quand je ne pédale pas, je m’échappe dans mon sanctuaire, tout y est paix et sérénité. Ici pour commencer aucun réseau, pas d’appel avec les éternels : « T’es où ? Qu’est ce que tu fais ? » Pas de wifi, pas de prédateur. Les plantigrades sont remplacés par des ongulés, les loups par des renards craintifs et si les grizzlis ne rôdent pas, la vigilance est de mise au cas où un randonneur vraiment égaré rejoindrait cette tanière.

Je retrouve le contact direct avec la nature, l’inspiration de voyage me revient, partir pour mieux revenir ! Paradoxe des hommes et de ses incompréhensions. Une mésange à tête noire vient régulièrement me rendre visite, je suis toute ouïe, rien que pour elle. Au mois d’octobre le livre sera chez votre libraire, c’est fait, le contrat est signé. De mon camp j’y ai rédigé quelques mots à maux et si en ouvrant au hasard des pages, un mélange de fragrances, d’épicéas du Grand Nord et de bruyère blanche embaume votre espace, c’est que vous aussi, vous êtes assis à ma table perdue quelque part aux pays des géants pétrifiés en bloc de granit…

Seul le silence dit la vérité… (Vous voyez comme ça m’inspire !)

Trail de Lozère 2011, pour un Bout de vie…

20 mai 2011
Philippe Miquel, organisateur du Trail de Lozère...

Philippe Miquel, organisateur du Trail de Lozère...

Le trail de Lozère depuis trois ans reverse un euro à Bout de vie pour chaque concurrent inscrit.

Mais comment de la Corse à Chanac la connexion fût possible ?

En 2008 je défendais  notre cause dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur les ondes de RMC. La famille Miquel passionné par le sport d’endurance avait accroché à mon récit de traversée du Groenland. Magie du net il trouvait les coordonnées de Bout de vie et m’invitait pour donner une conférence sur le dépassement de soi la veille de la course. En accord avec l’équipe des  Salta Bartas, association qui organise la course, ils décidaient d’un accord commun de reverser un euro par concurrent inscrit…

Petit village très chaleureux situé en pleine nature, chaque année, 500 coureurs des bois viennent s‘affronter pacifiquement sur les sentiers perchés de la belle Lozère.  Pas trop loin de là se trouve le centre de Montrodat qui est un établissement accueillant la jeunesse dites « handicapées ». Bien sûr je ne pouvais passer dans la région sans m’y arrêter. Un moment très touchant avec des jeunes pleins d’énergie positive.

L’année dernière Marianne Chapuisat avait été la conférencière d’avant course, quelques sommets au-delà des 8000 MTS d’altitudes avait conquis les athlètes venu en masse, cette année j’ai mis la barre haute pour Thierry Corbalan qui a réalisé la traversée des Bouches de Bonifacio A/R  en mono palme tout en étant amputé des deux bras. Il va devoir s’improviser conférencier…

Dimanche matin sur la commune de Chanac en Lozère 500 concurrents vont s’élancer pour un Bout de vie…

Info pratique :

Parcours et Horaires
- Le départ et l’arrivée du Lozère Trail ont lieu le dimanche 22 mai devant la salle polyvalente de Chanac. Le départ ayant lieu à 8h30
- Le LOZERE TRAIL est une épreuve qui se compose de deux courses respectivement longues d’environ 43,5 km et 22 km pour un dénivelé positif de 2300 m et 900 m (et autant en négatif).
- Les deux courses ont un départ commun à 8h30, le choix définitif de la distance peut être effectué au ravitaillement du 14ème km
.

Merci Philippe et salutation sportive à tout ton clan.

L’art urbain selon une tête de Cabochard…

3 mars 2011
Ne cherchez pas la signature en bas de l'oeuvre son créateur est trop humble pour l'avoir signé.

Ne cherchez pas de nom en bas de ce festival de pastels argentins, son créateur que certains appellent Dieu est trop humble pour l'avoir signé. Moi je l'appelle tout simplement la Nature...

Ce qui me fascine, passe souvent pour futilité et vice et versa, mais comme vous êtes là je me lance dans ma cabo-philo

A mes yeux pas une ville au monde ne m’inspire. D’Ajaccio à New-York, de Monaco à Buenos-Aires, de Trivandrum à Anchorage, les fourmilières m’attristent, les musées, même limonade. Le créateur n’en est que l’homme, poussière éphémère en quête de laisser sa petite trace. Pour produire cette « œuvre » il a dû détruire, raser, exterminer la nature pour implanter son « machin » et surtout signer par son nom au bas de la création. Ouf, je vous vois bondir ! Je ne juge pas j’essaie de raisonner en vous le faisant partager. Oui je sais, l’homme ne vit plus en grotte et s’est redressé depuis un moment, sa trace de pas, ne comporte plus d’orteils, mais pour beaucoup, des semelles Adidas, les babouches qui tracent !

Devant la chapelle Sixtine à Rome je voyais des milliers de gens en extase !!! Je me raisonnais et rentrais voir les tags de « Michel l’Ange », entre vous et moi j’ai dû résister 5’. Pourquoi ? Dans ma tête de tordu, je pensais à toutes ces collines qui devaient être recouvertes de forêt qui ont été rasées pour construire Rome et ses monuments, coffres forts de quelques tagueurs. Quand je suis à Paris je rêve du temps où il n’y avait rien. La Seine sauvage où seul les castors et les canards la peuplaient.

Devant Notre-Dame à Paris je me suis isolé et j’ai essayé de décortiquer le pourquoi de tellement d’efforts pour bâtir cette batisse. Un lieu de culte pour se réunir et prier. OK ! N’y a-t-il pas derrière tout ça un despotisme envers les autres qui ne croient pas comme nous, qui ne prient pas comme nous ?  Les cardinaux qui ont  fait édifier ces pierres ne se sont ils pas rachetés une bonne conscience avec une envie de domination. Les compagnons suivaient les ordres des mécènes et les esclaves subissaient les directives dans la peur, de l’enfer promis aux dissidents. A Ankara j’ai vu l’une des plus grandes mosquées du monde et j’y ai senti la même vibration.

J’ai une fascination pour les peuples nomades, en un clin d’œil le camp est levé et ils changent de décor et ils suivent les animaux, les saisons.

La tolérance, toujours la tolérance, oui je sais et j’essaie de l’appliquer, mais vous qui venez régulièrement sur ce blog vous devez vous sentir concerné par mes pensées, alors je continue. Nous sommes de plus en plus dans un monde d’apparence et « l’art urbain » est une manière d’étaler son surplus. La tour Eiffel fût construite pourquoi ? Et oui le Cabochard qui pense à contre courant, ça vous étonne ?

Quand je suis en mer, dans une vraie forêt sauvage ou sur un fleuve oublié, je suis fasciné par la beauté de ces créations. La muraille de Chine a vu le jour par des millions d’ouvriers en quelques dizaines d’années. Un fleuve, c’est des siècles et des milliards d’événements. On le détourne, on le maitrise avec des barrages, on le ceinture de ponts et on déverse dans son lit les pires saloperies. Mais attention quel bonheur de voir des baies vitrées de ce musée climatisé s’écouler le fleuve !!! Ok, j’arrête !

Bon je ne vais pas faire de la philosophie à trois tickets de métro mais au moins quand vous allez me croiser en ville vous saurez qu’au fond de moi je suis présent physiquement mais que l’esprit lui est bien loin dans la Nature.

Je n’aurais pas assez de plusieurs tomes pour vous décrire les chefs d’œuvres que j’ai croisés dans ma vie de nomade errant, j’en suis sur vous aussi.

Une fleur qui surgit de la neige pour nous offrir que quelques pétales sans engrais.

Un glacier qui pendant des siècles a taillé le basalte pour sculpter une moraine sans dynamite.

Un lac qui à élu domicile entre deux monstres de granit sans toupie à béton.

Un galet poli en forme de cœur trouvé sur la berge sans disqueuse.

Un chêne millénaire qui a su s’adapter aux rigueurs de milliers d’hivers loin des tabernacles des églises.

Cette goutte d’eau immortelle, qui devient pluie, ru, ruisseau, rivière, fleuve, mer, océan, nuage, glace, pluie…sans récipient plastique.

Un musée bio pour utiliser les mots à la mode, une architecture éblouissante et surtout d’une humilité respectueuse…

Je vous laisse raisonner de votre côté. D’un clic vous pouvez supprimer le blog de ce casse-pied rêveur.

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Victor Hugo

Engineer lake…

23 juillet 2010

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36 heures qu’il ne pleut plus. Elle est pas belle la vie ?? Mais voilà, je suis de retour chez les hommes, les vrais !
J’avais trouvé un coin planqué pour y mettre ma tente et hier soir, un vrai aventurier est venu se mettre à une centaine de mètres !!! Ok ! en Europe, on ne le verrait même pas, mais ici, en Alaska, c’est inadmissible. Alors mon gros touriste avec un camping car style château de la Loire est venu se coller près du frenchie pour peut-être avoir une protection en cas d’attaque de kikis à poil.

Il y a tellement de calme ici que le moindre bruit s’entend de très loin et hier soir, je parlais tout seul dans ma tente. Ce matin, je pars à la recherche d’une autre planque. De toute façon, le baro fait une chute libre et le lac Skilak a très mauvaise réputation en cas de fort coup de vent. Ma carte de la région me dévoile une route en terre pas autorisée au camping car donc c’est là que je vais fouiller. Le chemin est étroit et effectivement les gros culs ne peuvent pas y faire demi tour. Un tout petit lac avec l’interdiction d’y naviguer avec un engin motorisé, donc deux races de clients à claques en moins. Je trouve un emplacement avec table en bois et foyer pour y faire un feu. C’est décidé la mascotte, on change de « crêperie » !

Je ne démonte même pas Immaqa, j’arrive à le faire rentrer dans la voiture d’une pièce, en deux temps, trois mouvements. Je mets tout en vrac dans la voiture et nous voilà repartis. Elle est pas belle la vie ?? Ça nous plaît plus, on s’arrache !! Je monte vite fait le camp avant que ça se déchaîne, mais les orages claquent de partout sauf sur nous, pour une fois.

A midi, on est en place et après le concours de sieste obligatoire, l’envie d’aller découvrir les 3km² du lac Engineer me démange la pagaie, des trucs à plumes en pagaille !!! Je ne veux absolument pas les déranger et du coup prend mon temps pour y avancer, certain m’autorise quelques clichés. En face, je découvre une cabane. Allons à sa découverte. Elle est ouverte et du monde y réside, je repars sans voir personne. A mon retour au camp, une voiture arrive. Je me ferme, comme une coquille d’huître et renforce le noir de mes yeux en baissant la casquette d’un cran. Je les ignore !
Si on était sympa, cela ce saurait, non !

Le  couple s’approche et me demande d’où je suis ? Pas de concession : Corsica island (au moins, je suis tranquille y connaissent pas et me lâcheront la prothèse).

Super !!! on y a été souvent !!! Bonifacio, Sarténe, Porto-Vecchio !!!

Allez la mascotte, ouvre la boutique, on les sert ces braves gens !!! Des Ukrainiens qui ont immigré aux US et qui squattent la cabane en face. Ils sont chargés comme des mules et pour rejoindre leur résidence, il faut suivre un sentier très peu marqué et long. En bon samaritain, je leur propose de tout amener en kayak, puisqu’il est vide. Ils acceptent mais à une condition : je suis leur invité pour le dîner…
Je traverse le lac sur sa largeur et arrive bien avant eux sur zone. L’endroit est magique, calme et apaisant. Au menu : des cèpes !!! Ici, personne ne les ramasse et du coup, c’est des millions de champignons qui pourrissent sous la pluie.
Ils me racontent leur bout de vie et moi le mien. L’été, ils préfèrent vivre en cabane, sans eau et électricité pour couper de leur vie stressante sur New York.

Je reprends Immaqa pour retraverser le lac qui semble endormi. La fine pluie lui donne un air de conte de fées, de l’autre côté, une famille de castors prépare déjà le prochain hiver qui sera long. Je retrouve mon camp. J’allume un feu qui démarre bien, malgré l’ambiance humide et sous ma toile bleue, je vous envoie ces quelques mots de plénitude.

Le présent est un cadeau…

Robinson crusoë saumone

22 juillet 2010

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Vous voulez un scoop ? Eh ben il a plu toute la nuit et ça caille !!!
Mais soyons positifs, cela pourrait être pire. Du style, une île boueuse sur le fleuve Yukon démonté avec plein de kikis à poils qui, dès qui zon su que j’étais pote avec Laurent Benezech, ont tous rappliqué pour une belle partie de rugby !!!
Ça y est, ça c’est enfin arrêté, il ne pleut plus ! Ce matin avant de commencer quoi que ce soit, j’ai quand même fait un tour de mon campement pour voir si quelqu’un n’était pas passé par là, pendant qu’avec la mascotte, on « sciait du bois » ! Rien, pas de trace. Rien que des canards à foison. Ouf ! De toute façon, j’étais tellement cuit que s’ils seraient venus et ben….. je les aurais pas calculés et y seraient repartis vexés. NA !!!

Je remonte « Immaqa » bien reposé dans son sac. Il garde, lui aussi, quelques cicatrices du grand fleuve. Promis, si le vent se lève on rentre, juré ! Prudence, prudence ! J’embarque un sac étanche avec téléphone sat, balise sat et un peu de nourriture au cas où. Je suis quand même dans un coin hyper isolé et avant de comprendre qu’on est en vrille, eh ben va falloir se débrouiller seul comme d’hab, donc prudence.

Pas un pet de vent et surtout une barre bleue pale à l’horizon. Peut être qu’on va y avoir droit, on est sage hein Jo Zef  ! Comme des images !!! Allez les bleus !!!

Donc le but, c’est de découvrir ce grand lac paumé et vide de toute habitation et d’humains. Je vais tenter de le traverser et si la bise qui devrait arriver d’ouest débarque, et ben on sera sous le vent et tranquille pour retourner à la « maison ».
4 petits kilomètres avec un kayak vide, c’est du pipi d’ours !

De l’autre côté, on est reçu par toutes sortes d’oiseaux : des grands, des petits et surtout par le grand aigle pygargue. Je longe doucement la côte en prenant mon temps de photographier et sans toujours regarder la montre et l’horizon pour y déceler le piège, quel bonheur d’être sans contraintes. Là-bas, une grande plage avec un amoncellement de bois sec. Je gueule un bon coup, vérifie s’il y a des traces et me transforme en bûcheron. J’avais prévu mon coup et le grand sac qui reçoit en principe la partie structure du kayak, va servir de sac à bois. Je passe par l’embouchure de la rivière Kenai qui se jette dans le Pacifique à 100 km d’ici, mais avec prudence de peur d’y être aspiré et devoir pagayer comme un forcené pour m’y en sortir.
De retour pour le déjeuner, j’allume un bon feu et y fait cuire une poignée de pâtes assaisonnées avec les œufs séchés façon poutargue de saumon et encore du poisson orange grillé avec un zest d’huile d’olive et de citron.
Un concours de sieste battu haut la main contre la mascotte et une petite discussion avec un couple de tic et tac qui n’arrêtent pas de s’engueuler pour une poignée de noisettes !

Voilà comment d’aventuriers, on est passé à pantouflards « robinsonisés » !!

Retour au calme au lac Skilak

21 juillet 2010

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La fièvre s’en est allée et un bout de soleil surgit, c’est le signe du départ. Je suis nomade dans l’âme et je ne peux
rester trop longtemps au même endroit. De très bonne heure, je démonte ma tente et scrute le ciel. J’ai peu de temps pour trouver un autre camp. Le ciel là-bas est noirâtre et bientôt la pluie reviendra.

Brian m’a certainement entendu et vient m’aider à charger ma voiture. Il est triste de mon départ mais a compris qu’un oiseau de mer doit continuer sa route. Je lui promets que je reviendrais chez lui, à Anchorage, mais plus seul, mais bel et bien accompagné de ma « princesse ».

Il garde ma part de saumon et on se sert la main très fort.
Good luck Frank take care, eyes for the bears !!! Bonne chance Frank, porte toi bien et un oeil aux ours !!!

En venant par ici, j’avais découvert une route en terre qui mène au grand lac de Skilak et je pense que j’y trouverais mon petit coin de repos. Je quitte la nationale à la recherche de mon nid douillet. Un accès à la rive me mène dans  un coin paisible pour y monter ma tente avec vue sur la « mer ». Le terrain, comme dans plein d’endroit, est aménagé pour les campeurs : une aire plate pour la tente avec une table en bois et un demi fût métallique pour y faire brûler son bois et griller son poisson.

Un peu plus loin, une famille y passe certainement des vacances. J’appelle quelqu’un dans la tente pour avoir une ou deux infos et je suis surpris de voir un sac de couchage bouger sur la table. Une petite tête blonde en sort ! Un peu intriguée par ce grand barbu, la petite fille appelle ses parents. Je leur demande s’il faut une autorisation spéciale pour y passer quelques jours et si le coin est tranquille avec les ours ?
Yes good place for camping !

Rassuré, je m’active car je sais que bientôt la pluie va revenir. Tout en montant ma tente, je goute enfin au calme que j’avais rencontré sur la grande rivière. En prévision, je déplace, non sans mal, la lourde table en bois pour la caler entre deux arbres et y tendre la fameuse toile bleue pluie. Une fois tout en place, je repars en arrière sur la route en terre car j’y ai vu un coin où l’on a défriché la forêt et laissé un maximum de bois pour ma popote. Muni de ma hâche, scie et fidèle spray bear, j’y en coupe une grosse quantité qui remplira ma voiture. Je vois que la forme reviens !

Le feu démarre et je prépare mon déjeuner. La petite famille me salue. Elle rentre à Anchorage. Le brasier crépite, la sérénité revient finalement. Ma salade assaisonnée, juste avec de l’huile d’olive, et un gros morceau de saumon qui part sur le grill : c’est simple le bonheur.

Le lac est calme et bientôt avec Immaqa nous allons voir comment il est fait. Les premières gouttes martèlent la toile bleue. Je n’ai plus d’échéance, plus de kilomètres a avaler coûte que coûte. S’il pleut et bien j’attendrai le retour du soleil. Je monte ma canne. Ici les truites peuvent dépasser les 15 kilos !!! Je vous l’ai déjà dit, ici tout est gigantesque. Pour les mordus de pêche, le truc qui marche super ici pour ce type de poisson, c’est le Masmhallow (sorte de meringue molle écœurante qui peut être rôtie au feu). On la trouve dans les magasins spécialisés aromatisée à l’ail. On y rajoute des œufs de saumon et y reste plus qu’à allumer un feu…

Bien au sec dans ma tente, je savoure la paix d’Alaska. Ici rien que la nature et moi-même. Il me semble que ce soir, je serais seul. Je fouille dans mes feuilles de papiers froissés. J’y retrouve des mots de maux écrits pendant mon périple. Je vais les relire et certainement vous en faire partager quelques-uns. Je retrouve aussi les enveloppes bleues que certains d’entre-vous m’avez écrit, j’en ai encore les yeux mouillés.

Je crois que je vais ramener ma Vrai ici, en espérant un peu de soleil. Et puis, s’il ne vient pas, ce ne sera pas bien grave, il est dans nos cœurs.

Tiens, la mascotte se plaint de fièvre et de courbatures !
Pas de problème Jo Zef, j’ai la pharmacie ouverte : antibio, piqûres, suppositoires ???
Quoi une pile de crêpes matin, midi et soir ?
Et c’est qui qui t’a prescrit ce traitement ? Un crépôlogue de renom !!!!! (SOUPIR)