Une leçon d’aventure pour les élèves de CM1 de Bonifacio…

8 mars 2011
Ecole de CM1 de Bonifacio

Ecole de CM1 de Bonifacio

Article du Corse Matin du 23 février 2011 signé Alex Rolet:

A l’invitation d’Eric Volto, directeur de l’école élémentaire, Frank Bruno a offert une grande leçon d’humanisme à plus de 40 élèves, captivés par ses récits d’aventures, plus étonnantes les unes que les autres.

Un Bonifacien de réputation internationale

Bonifacien d’adoption, résident sur son bateau nommé Cabochard et aventurier de profession, Frank Bruno est connu et reconnu dans le monde entier pour ses exploits physiques et ses défis surhumains. Il a même été lauréat en 2009 du Trophée Peter Bird qui récompense un aventurier « normal », si l’on peut dire. Car dès l’âge de 20 ans, il doit être amputé d’une jambe lors d’un accident à bord du porte-avions Foch. Un handicap qui n’aura de cesse de le motiver à se dépasser, à nous dépasser même. Car ce qu’il réalise aujourd’hui, bien peu d’entre nous en sont capables. D’ailleurs, devant des enfants amusés et médusés, il nous affirme non sans humour : « aujourd’hui, mon seul handicap, c’est que je fais des fautes d’orthographe ». Ce qui n’est pas sans poser problème quand on écrit un livre comme il le fait en ce moment.

Ayeltgnu : le titre de son nouveau livre

Prononcez « alietnou », ce qui veut dire « tu as de la chance » en langue athapascan, du nom du peuple de « natives » qui habitent le bassin du Yukon. Ce fleuve coule sur plus de 3 000 kilomètres, de l’ouest du Canada en traversant l’Alaska jusqu’à la mer de Béring. Il offre des paysages aussi extraordinaires que quasi désertiques, parsemés de milliers de lacs. Mais seul, Frank ne le sera jamais. Lors de la descente en kayak de cette rivière puissante, parfois large de 15 kilomètres, Frank fera les 300 premiers kilomètres accompagné de 6 enfants invités, eux aussi handicapés, dont Elliott résident à Bonifacio. Ensuite, oui, Frank fera la descente en solitaire.

Mais toujours accompagné de Jo-Zef, sa mascotte (qui déteste qu’on dise d’elle qu’elle est une simple peluche), et de nombreux animaux tels que loups, renard des neiges, orignal, lynx et quelques autres biens moins sympas que des peluches, même si de loin il y a ressemblance.

En effet, ours noirs et grizzly (3 mètres debout, 500 kg, griffes de 15 centimètres et vitesse de pointe de 66 kilomètres/heure) sont omniprésents tout au long du parcours. Comme nous le disait un élève de CM1 imaginatif et émerveillé par les performances de Frank Bruno, « le grizzly, il est plus haut que le plafond de la classe ».

Des rafales de questions

Après plus d’une heure de récits palpitants, la séance de questions a été très animée. Les unes concernant les diverses expéditions de Frank (dont la traversée de l’atlantique à la rame), mais beaucoup de questions ont fusé aussi au sujet du handicap d’être unijambiste voire même d’être différent. La prothèse de Frank baptisée Maggie (car « ma guibole ») est passée de main en main, d’abord avec appréhension, mais très vite, les enfants ont compris que Frank n’est pas différent de nous. Sauf peut-être que depuis des années, il a développé plus de volonté, plus de combativité et plus d’humanité que la grande majorité. Sur une jambe, il nous a tous doublés, il faut bien l’avouer. Rendez-vous sur le site www.boutdevie.org pour découvrir ses aventures, les pensées de Jo-Zef et quelques coups de gueule justifiés.

Alex Rolet

MCSP le prime du 9 octobre 2010 avec Frank Bruno

11 octobre 2010

Pendant 80 minutes Frank est l’invité de Laurent Vitali pour présenter en exclusivité les premières images de son expédition sur le fleuve Yukon…

ZD YouTube FLV Player

Depeche Agence France Presse de ce matin…

17 septembre 2010

La Yukon River en kayak sur une jambe: l’aventure avec un grand « A »

dépêche de Patrick Filleux:

PARIS — « Ne va pas plus loin… Ils sont affamés… Ils vont te bouffer… »: les ours blancs remontent le cours de la Yukon River en Alaska. Frank Bruno, unijambiste est seul sur son kayak. Sans arme. C’est son défi. Il écoute les conseils de Dylan, un colosse chevelu, icône du personnage « d’un vol au-dessus d’un nid de coucou ».

Amputé d’une jambe, Frank Bruno, animateur et créateur de l’association « Bout de vie », s’était lancé ce nouveau défi en tentant de descendre en kayak, seul et sans assistance, les 3.100 km de la Yukon River, entre le Canada et la mer de Béring en Alaska.

Bruno, 45 ans, figure charismatique du monde du handicap, ne compte plus ses performances sur terre et mer, à pied, à ski, à la rame, du Groenland à la Géorgie du Sud, des fonds marins corses à la banquise du pôle nord ou sur les sommets de la cordillère des Andes… sur une jambe.

Mais son infortune, survenue lorsqu’il avait 18 ans, militaire sur le porte-avions Foch au large du Liban en guerre en 1983, homme de pont dont la jambe droite fut écrasée sous le train d’atterrissage d’un chasseur Crusader, est devenue un sacerdoce.

« J’ai cru que ma vie était foutue, dit-il. Le mot espoir était sorti de mon vocabulaire. Mais c’est lorsque que j’ai cessé de ne penser qu’à ma petite personne, que j’ai réalisé que j’avais des centaines de compagnons handicapés comme moi, amputés d’un bras, d’une jambe et qui eux aussi avaient perdu espoir, que j’ai créé +Bout de Vie+ ».

« Je n’ai jamais recherché l’exploit personnel qui n’a pas de sens, mais à travers mes aventures, je veux démontrer à tous ceux qui ont perdu le goût de la vie avec un ou deux membres en moins, que nous sommes comme les autres bien portant, que nous ne sommes pas diminués même si nous devons en faire plus que les autres à force de volonté et de rage de vivre ».

« Mon message, résume-t-il, c’est +Si vous voulez, vous pouvez. N’écoutez pas ceux qui vous disent que tout est foutu. Eteignez la télé, bougez…+ ».

« Les coyotes sont à l’affut. Les ours en quête de proies tournent autour du kayak. Les saumons remontent le cours de la Yukon. J’ai peur. Je parle avec la rivière. Elle est ma seule amie. Je suis seul avec moi-même. Je rame, je rame. Je pense à ces chercheurs d’or de la Yukon River de la fin du 19e siècle.

« Mais, j’ai peur… j’accoste ».

Et Frank de poursuivre: « j’installe mon campement sur la berge et un enfant paraît. Ne restez pas ici Monsieur. C’est dangereux. Venez voir mon papa… »

« J’avais remarqué, dit Frank, plusieurs mecs à la mine patibulaire, armés, tournant autour de ma tente et visiblement avinés ».

Et l’enfant conduit Frank chez son papa, Dylan (un colosse de 2 mètres, contrairement à l’original dont le talent donna le nom à l’hôte de Frank). « Des cheveux tombant sur les épaules, une carrure de boxeur et un regard de la plus grande humanité ».

« Tu dois arrêter ici, m’a-t-il dit. Veux-tu la mort ? C’est elle qui te guette. Tu as fait 2.500 km sur cette rivière de furie. Tu as suivi courageusement les recommandations des esprits. C’est ton honneur et celui de celles et ceux pour qui tu combats. »

Le petit garçon en question

Le petit garçon en question

1′35 » en compagnie d’un beau grizzli…

13 septembre 2010

Je suis en train de repérer les rush des images que j’ai ramené de ma « yukonnerie » et j’ai trouvé ceci.

Ça bouge c’est court mais j’ai fait avec les moyens du bord. Je négocie pour un reportage donc wait and see…

En attendant préparer le spray bear et courage je crois qu’ils vous a repéré…

The end…

24 août 2010

100 jours de nomadisme au grand nord…

Partage, solitude, découverte, rencontre, émotion, fraternité, bataille, introspection…

je pourrais rajouter, discours avec un « moi » inconnu qui m’a rassuré sur mon « être » et encore plus éloigné de ce qui salit la vie.

100 jours de connexion directe avec un au-delà maintenant familier, un silence indescriptible qui semble vous pénétrer pour vous décaper, une sensation de partir de ce monde si étrange que nous nous sommes créés, l’essentiel devient le basique, pagayer, manger, dormir, le reste devient abstrait, superflu, inutile, comme derrière un coin de porte j’ai perçu et oublié un instant votre, notre monde complétement dément…

Chaque aventure depuis quelques années m’ont amené devant un miroir qui m’a permis de découvrir beaucoup de ma personne, et du coup m’a amené vers les autres, j’ai trouvé du blanc et du noir, le froid et le brulant, le bon et le mauvais, cette solitude et ses grands silences vont me hanter longtemps et c’est clair que depuis que j’ai y gouté je la retrouverai régulièrement.

Savoir s’adapter est la base de tout, ce qui vaut une grande détresse à ceux qui la fuit.

Les peuples du grand nord ont une autre sagesse que nous avons perdu depuis bien longtemps, la rencontre mystique de cette femme Inupiaq du bord de l’océan Arctique qui dans son récit de vie imitait le battement d’un cœur d’un blanc et le sien : celui du visage pâle bat très vite sans relâche, là haut dans le pays du silence, il bât au ralenti…

Écouter le bruit du vent et en deviner la direction, lire les pièges du courant de la rivière, faire une prière après avoir piégé un mammifère qui assurera la viande pour le prochain hiver…

J’ai eu la chance de rencontrer et de deviner tout ça, je vais rentrer chez moi qui est un beau chez moi (la Corse) mais ici j’y ai planté une graine, un peu de ma sueur et de mon sang s’y sont éparpillés et je sais que c’est le début d’une grande histoire je ne sais pas encore comment pourquoi comment mais dans ces grands espaces j’y ai trouvé la paix que je n’avais jamais connue, pourquoi devrais je la perdre ?

Depuis 10 jours sur les bords de la rivière Wheaton j’écoute l’eau vivre son chemin infini, rien n’est plus apaisant que ce flot qui nous rend ce que nous sommes tous : une brindille sur un immense fleuve.

Vous voyez, je vous écris comme je pense car certains livres m’ont permis de casser ma gangue si épaisse et de vivre ma propre « légende » comme le dit si souvent Dumé.

Je vais rentrer mais ces jours fantastiques sur le grand fleuve et sa région seront à tous jamais gravés dans mon âme, une partie de moi est ici au Yukon, comme dans une plongée dite profonde je n’ai plus envie de remonter, rentrer pour entendre quoi ?

La nature m’a dicté un sacré livre et ma Vrai l’a découvert aussi, tout à l’heure elle s’est surprise d’aller se laver au bord de la rivière alors qu’il ne fait que 6°.

Autour de nous ils sont là et nous n’avons pas droit à l’erreur. Mais qui ? Les habitants de la forêt…

La famille à Robert et Carmen regroupe 9 chiens de traineaux, deux chats, un âne et trois brebis.

Mais autour ils guettent !

Un ours noir est venu voler un agneau il y quelques jours, seul le corps déchiqueté fut retrouvé, le plus vieux chien de la bande s’est trop éloigné de la maison cet hiver, la neige tombait abondamment et une meute de loup en silence est venu le dévorer. Il est hors de question de laisser sortir les chats en premier sinon le coyote serait de festin… Et comme le dit si bien Robert : that’s nature…

Quand l’ours noir rode, les deux gamins 3 et 5 ans le savent et ils rentrent se réfugier dans la cabane.

Cette année Lou a effectué sa première course de chiens de traineau, tout seul à 3 ans !!! Température de – 30° et que du bonheur pour le plus jeune musher de la région…

Vous voyez quand on veut on peut s’adapter et vivre différemment.

Je vais rentrer  et m’adapter à une autre vie qui va me sembler un peu fade et surtout d’un stérile absolu mais le temps va faire son travail et je reprendrai le chemin.

Beaucoup d’événements m’attendent à la rentrée et j’aurai le temps de vous les faire partager.

Une dernière série de photo avant le retour…

Ne jugez plus, ne pensez que par vous même pour votre très intime vibration, vivez votre légende et le vent, la pluie, la neige viendront vous guider pour un pays merveilleux qui s’appelle « LIBERTE ».

THE END

Robert et Carmen avec Lou et Anju.

Robert et Carmen avec Lou et Anju.

Encore du saumon

Encore du saumon

Et un petit dernier pour la route!

Et un petit dernier pour la route!

Un "vrai" coup de pagai au pays du silence...

Un "vrai" coup de pagaie au pays du silence...

Chutttt: Rêveur en partance!

Chutttt: Rêveur en partance!

Bleu, ma couleur ...

Bleu, ma couleur ...

Encore un lac, pourtant je me m'en lasserais pas...

Encore un lac, pourtant je ne m'en lasserai pas...

De retour au Canada…

18 août 2010

L’Alaska est déjà derrière, 5000km en voiture à croiser des bouts de vie…

A Anchorage j’y ai laissé comme un ami quelqu’un que j’ai croisé comme si l’on s’était retrouvé, Bryan.

La pluie n’aura pas touché ma manière d’être et l’arrivée de ma Vrai m’a permis enfin de partager.

Après tous ces jours sur la grande terre « Alyeska » comme la nomment les natifs nous retrouvons le Canada et plus précisément l’état du Yukon.

Beaucoup moins touristique que son voisin américain, je m’y sens plus à l’aise ; ici pas de règlements qui vous pourrissent la vie, pas de parking payant pour aller en randonnée, pas de contrôle systématique de cowboys armés et surtout personne dans la nature. Les parcs d’Alaska attirent la planète entière et je ne me sens pas à l’aise a partager un sentier pour un lac avec une cohorte d’aventuriers bruyants.

Oui je sais, certains penseront que je suis un vrai sauvage et que je dois accepter de partager la nature avec les autres, je suis d’accord avec vous mais je veux bien à condition qu’il y ait du respect et de l’harmonie avec les éléments, ces endroits là sont venus des nouvelles mines d’or et on y laisse déferler trop de monde irrespectueux, les parcs du monde entier sont devenus des endroits que je veux fuir, les Lavezzi en été en premier bien sur. Vous avez entièrement raison je suis de plus en plus solitaire. Voir un animal est très facile seul, à deux plus compliqué mais au delà c’est du miracle, en plus marcher avec des gens qui vont vous raconter leur boulot ou leur dernières parts de marché remportées sur le dernier semestre, non, non!!!

Donc ici, c’est grand comme la France avec 30000 habitants et presque tous concentrés sur Whitehorse et Dawson.

Sur le lac de Kluane (en face du parc!) nous rencontrons la famille Jacquot qui d’Alsace est venue chercher fortune pendant la ruée vers l’or en 1895 et sont restés ; depuis 6 générations ils vivent en autonomie sur ce grand lac le plus haut et le plus vaste de l’état. Nous occupons une de leur cabane toujours avec les mêmes commodités (aucune) et profitons une fois de plus d’un endroit encore éloigné de la civilisation.

Pour les jours suivants, ils nous déconseillent fortement le bivouac coté sud car la région regorge de baies ( bleuets, camarines, salmonberries…) et les grizzlis viennent y faire leurs provisions.

Jo Zef proteste fortement: on pourrait partager quand même !

Et nous voilà de retour à Whitehorse pour quelques heures seulement, je retrouve des visages familiers.

La petite ville bien que sympathique ne nous convient plus et nous voilà partis à la recherche d’un petit coin tranquille isolé.

A peine 40′ de la capitale nous trouvons une bonne piste en terre qui semble mener à nulle part pourtant nous savons où elle conduit. Au début de mon périple une équipe de 6 jeunes m’accompagnaient et nous avions comme guide Robert et son chien huskie Sky. Après beaucoup d’échanges et d’émotions, il m’avait laissé un plan pour aller rejoindre sa cabane avec la promesse d’y aller un jour : nous sommes sur le bon chemin.

Bien sur il n’est pas au courant de notre venue et il y aura peu de probabilité de le croiser, la saison touristique est très courte de part l’été qui est très bref et surtout avec très peu de monde sur cette latitude, il y a de grande chance qu’il soit en treck, mais nous essayons quand même…

Si je vous dis que c’est dans un endroit sauvage je crois que je ne vous surprendrai pas, une rivière y coule et une magnifique cabane y fait face. Une meute de chiens  nous accueille et « madame Robert » vient à notre rencontre, nous voulons jouer les égarés mais à peine le pied posé par terre elle nous reconnaît ? Et oui Robert nous avait mitraillé et Carmen s’est souvenue des clichés.

Je me sens à l’aise de nouveau, la nuit dernière à Whitehorse fut blanche, trop de bruit, de promiscuité et l’on nous propose de planter notre tente ici sur les bord de la Wheaton river.

Pour bien comprendre, chacun de nous vivons avec nos propres images de références, un campeur actuellement en vacances en Corse serait téléporté au campground de Whitehorse serait fasciné par son calme et sa fraîcheur mais quelqu’un qui vit depuis 3 mois sous tente dans des endroits très isolés cela lui paraît être invivable ! On en revient aux éternelles images de références, quand je vais sur le continent et que l’on me parle de villages de montagne isolés avec 500 habitants et autant de voitures, je souris car pour la Corse c’est déjà une ville très fréquentée invivable !!! Et quand je disais dans certains village de natifs que où je vis à l’année nous y sommes à peine 120 avec eau, électricité, supérette et route accessible à l’année cela leur paraît être une mégapole européenne!

Image de référence éternelle!!!

Donc la tente est en bordure de la Wheaton river et oh grande surprise ce soir Robert devrait arriver entre deux expéditions…

22h un bruit de moteur dans le grand silence de la forêt, comme des gosses nous ouvrons un coin de la tente pour voir l’arrivée de notre ami, pour un clin d’œil sympa nous avons mis Jo Zef dans leur cabane en signe de bienvenue.

Mais grand coup d’œil de pro il a de suite reconnu ma manière d’installer mon camp.

Dans les bras il a la mascotte et Sky le suit de prés, émotion intense de deux hommes qui ont la même vibration avec les éléments…

Il nous reste encore 10 jours avant de rentrer en Europe, c’est sur c’est ici que sera établi notre camp de base…

La cabane cachée de Robert et sa famille...

La cabane cachée de Robert et sa famille...

Sur la route du grand nord…

11 août 2010

Le calme règne sur les bords de la grande rivière, le feu protecteur crépite et de nouveau je suis happé par la mélodie de la vieille dame. Mais cette fois c’est différent « Immaqa » n’est pas soigneusement halé sur les graviers et demain je n’ai pas à pagayer. Et puis le grand silence est partagé avec ma « Vrai »…

La péninsule de Kénai est déjà loin un bref passage par Anchorage pour saluer Brian et sa famille et cap au nord…

Fairbanks comme première escale, une ville quelconque d’Amérique du nord mais quand même un plus. Du soleil!!!

Depuis mon arrivé sur les bords du Pacifique je n’ai connu une journée sans pluie, bien sur l’on doit s’adapter mais en bon Méditerranéen cela commençait à me manquer.

Route sur la highways qui mène à l’océan Arctique, une longue route de 800km de terre droite qui vous conduit sur les forages pétrolifères de la baie de Prudhoe, le bled qui sert de camp de base au forçat de l’or noir se nomme Deadhorse! Tout un programme.

Un pipeline fut construit en 1972 et transporte au milieu de la toundra ce bien précieux ,pour nous pauvre humain dépendant, jusqu’aux citernes de transformation de Valdez.

Plus connu pour cette fameuse triste marée noir suite au naufrage du pétrolier, l’Exon Valdez.

La conduite ainsi que la route serpentent sur des centaines de kilomètres, seul des monstres de camions empruntent ce chemin et nous tranquille nous voguons vers le cercle polaire.

Bien sur avant tout je veux retrouver le fleuve Yukon car quand j’avais passé le pont je m’étais promis d’y revenir avec Véro. Il est là mais nous prendrons notre temps au retour, je continue, la pluie fine revient et la route se transforme en bourbier, la pauvre « Titine » est méconnaissable, tout doucement la végétation disparaît et laisse place à une maigre toundra, j’affirme qu’ici:  « fini les ours » tout au moins jusqu’au bord de l’océan, mais ce n’est pas connaître les « kikis » à poils à 1 km tout rond de la latitude 66°33′ un gros pataud noir nous coupe la route et nous observe, le temps de sortir l’appareil photo et d’ouvrir la fenêtre il disparaît sur le bas côté.

Une minute après cette rencontre nous voilà devant le panneau qui symbolise le cercle polaire, je sens ma Vrai un poil (d’ours ) tendu!

L’idée était de bivouaquer ici mais de savoir qu’un habitant du cru se balade dérange un peu ma co-aventurière! En plus au menu se soir du saumon rouge grillé tout une bonne odeur au programme!

Ok on se barre, Jo Zef nous gratifie d’un grand ouf de soulagement car pour lui la place est déjà juste en partageant la tente avec Véro mais en plus avec un ours noir comme hôte qui ce n’est peut être pas lavé les dents depuis un bail, ça jamais pour la mascotte!

De retour sur les bords du Yukon, je déniche une mauvaise route qui mène à la rivière et à une vieille cabane fermée. Nous stationnons notre TAS (Titine Absolument Sale) pour partir en repérage de trace. Rien du tout à part un castor et une veille emprunte qui pourrait être celle d’un loup.

Tente montée, feu qui crépite vue sur la « mer »!

Elle est pas belle la vie?

Pour ne pas couper au tradition je me lave dans l’eau boueuse de la grande rivière, je me replonge dans ses entrailles, par pudeur, amour, Véro me laisse seul sans bruit, l’odeur très particulière me ravigote et je retrouve le dialogue avec la vieille dame.

Le saumon grille le riz se réhydrate et assis sur un tronc d’arbre nous nous réchauffons autour du feu, le silence du fleuve nous laisse sans voix.

Je m’écroule dans mon duvet la conduite ma épuisé, Véro n’arrive pas à trouver le sommeil, elle guette les bruits de la forêt, un coyote chante sa détresse d’être encore seul et d’autres animaux lui content légendes juste avant l’hiver qui va bientôt arrivé.

De très bonne heure je me rend à la voiture chercher notre petit déjeuné qui fut enfermé pour éviter les odeurs et je croise deux gros chats??? Par chance Véro est à vue, je m’agenouille et de loin elle aperçoit mon manège, je l’encourage par signe à me rejoindre, doucement elle pourra admirer ce couple de Lynx qui ont croisé notre route…

Cadeau de la vieille dame j’en suis sur…

En route vers le grand nord...

En route vers le grand nord...

Notre petit convoi croise un "autochtone"!

Notre petit convoi croise un "autochtone"!

Un "vrai" cercle polaire!

Un "vrai" cercle polaire!

Une squaw sur les bords de la grande rivière...

Une squaw sur les bords de la grande rivière...

La vie n'est pas un long fleuve tranquille!

La vie n'est pas un long fleuve tranquille!

Engineer lake cabin…

8 août 2010

De l’océan nous retrouvons l’eau douce et la pluie qui rend une végétation si luxuriante. Pour les amoureux des champignons c’est le paradis sur terre, des cèpes par tonnes et personne qui ne les ramasse. A toutes les sauces, avec du saumons bien sur, en omelette, pané, risotto…

La cabane du lac Engineer  se situe dans le parc naturel de Skilak sur la péninsule de Kenai,  perdue au bout d’une piste en terre il faut prendre une barque pour rejoindre le petit coin tranquille. Des victuailles pour 3 jours , réchaud, sac de couchage et nous voila partis pour une autre aventure, comme de bien entendu la cabane est basique, pas d’eau ni d’électricité, un poêle à bois et des toilettes ‘alaskaéenes » dans une baraque à quelques mètres de là.

Le parc met à disposition quelques cabanes au public, pour en bénéficier il faut se rendre à l’office à Soldotna et retenir sa place si elle est libre. 3 jours maximum.

Véro a embarqué avec elle ses grelots dans le cas de mauvaises rencontres.Dans le silence de la forêt le moindre bruit est distingué par tous ses habitants, le tintement d’une clochette est de suite perçue par la faune qui ne sera pas surprise par la présence humaine.

L’endroit pour le non initié serait impressionnant, les huards le soir entonnent leur chants un peu lugubre et glacerait bien des citadins.Les ours sont craintifs mais bel et bien présents leur traces nous indiquent leurs passages.

Le feu crépite dans le poêle  qui maintient une douce température dans notre refuge.

Tout au tour du lac nous allons récupérer du bois mort, il est hors de question d’abattre le moindre arbre en vie, muni toujours par prudence de ma « bombe anti-ours au poivre » nous nous transformons en bucherons.

Nous nous sommes habitués au temps humide de la région et du coup malgré le crachin nous partons à pied à la découverte de la zone. L’Alaska possède plus de 3 millions de lacs et chaque balade nous mène sur les rives de l’un d’eux.

Quelques photos qui parleront mieux que mes longs discours

La petite cabane du lac Engineer

La petite cabane du lac Engineer

Simple et efficace...

Simple et efficace...

Des hérons viennent aussi donner de la voix...

Des hérons viennent aussi donner de la voix...

Cela me rappel quelques choses??? O Dumé!

Cela me rappelle quelque chose??? O Dumé!

Sur les traces des trappeurs...

Sur les traces des trappeurs...

Une cabane, un lac, un couple et une grande paix pour les envouter..

Une cabane, un lac, un couple et une grande paix pour les envouter..

La cabane de Kachemak bay

4 août 2010

Hi…

Juste de passage dans une ville pour quelques courses et un décrassage je me presse à vous retrouver.

Baptême de grizzli pour Véro et pas au téléobjectif juste à 5 mts et par deux fois en quelques minutes. Avant de partir pour le sud j’avais repéré une balade au dessus de Eagle river réputée pour ses habitants à poils!

8 heures du brouillard et une pluie fine, on commence à en avoir l’habitude c’est le pays qui veut ça. Le sac à dos sans nourriture pour éviter toute odeur et nous voilà parti, à peine 10′ de marche et pendant que je regarde ma carte j’entends quelqu’un qui vient vers nous, étrange de si bonne heure: y a déjà du monde? Véro esclaffe un mini soupir, un gri gri, un grizzli, il s’approche doucement et vient nous humer… A ma grande surprise elle restera calme, eh ben ça commence pas mal la journée.

Encore 10 autres minutes et ça bouge dans les fourrés! Véro se colle à moi et qu’est ce que j’aperçois? Une grosse truffe qui fouille pour son casse croute, 5mts maxi!!! Je sens un peu plus de tension de la part de ma dulcinée mais je la rassure, il y a tellement de saumons et de baies à cette saison que nous sommes vraiment en fin de liste de leur menu du jour!!!

6 heures de voiture et nous nous retrouvons dans un village au nom de Homer, route en cul de sac qui finit sur le Pacifique avec un port de commerce et de pêche aux flétans et aux crabes, en face à 16 km la rive est de la baie de Kachemak, l’oncle à Brian, Rick avec sa femme Dorla y résident à l’année et y possèdent une cabane en organisant des randonnées en kayak de mer. Nous sommes leurs hôtes pour 4 jours.

C’est une cabane comme il y en a beaucoup ici, un lit, un coin « tambouille » sans robinet et une vue sur l’océan et les loutres dignes du fameux reportage de Cousteau…

Bien sur pas d’eau courante car l’hiver tout gèlerait et du coup les toilettes sont assez rustique, un petit abri en bois à quelques pas de notre refuge avec un grand trou et pour prendre une douche au plus courageux une autre cabane en bois ou en allumant un poil à bois on peu obtenir un super sauna. Nous avons prévu un minimum de nourriture pour notre séjour mais je compte aller taquiner la morue.

Le cadre est des plus envoutant, la région est l’une qui reçoit le plus de pluie au monde et la végétation est luxuriante, température moyenne maintenant de 12° et une vie marine très très riche.

Loutres, phoques, orques et saumons en abondance.

Je remonte Immaqa et pars en éclaireur à peine deux heures. Je reviendrais avec une belle morue pour le diner. Les algues sont toutes comestibles ainsi que beaucoup de plantes dans la forêt. Rick va nous initier…

4 jours de vie au ralenti avec des sorties kayaks et pêche juste en toute intimité, Rick lui guide des kayakistes à la journée donc à nous la liberté…

Mais plus que du bla bla des photos…

Demain on remet la même chose mais dans une cabane très isolée au bord d’un lac avec comme seul accès une barque à rame…

PS: Jo Zef voudrait bien ramener quelques loutres en Corse! Mais est ce possible? Elles n’ont pas de passeports!!!

A pluche

Notre chateau pendant quelques jours...

Notre château pendant quelques jours...


Vue depuis notre cabane, rêve ou réalité?

Vue depuis notre cabane, rêve ou réalité?


Je retiens mon souffle, histoire de ne pas être le parasite de plus!

Je retiens mon souffle, histoire de ne pas être le parasite de plus!


Ma Véro qui rempli la cambuse de saumons rouges...

Ma Véro qui remplit la cambuse de saumons rouges...


On se sent observé... histoire de loutre!

On se sent observé... histoire de loutre!


une île, un kayak, un homme et une femme...

une île, un kayak, un homme et une femme...

l'îlot de la serrure et 10  métres de marée.

l'îlot de la serrure et 10 mètres de marée.


Une nouvelle amie pour la mascotte.

Une nouvelle amie pour la mascotte.

Rick notre guide...

Rick notre guide...

Enfin avec ma squaw, Lukwiq toyaxsn…

29 juillet 2010

13h de vol 10h de décalage horaire et 20° en moins!

Mais je retrouve ma « squaw ».

Les yeux rougit d’un tel voyage on se retrouve enfin, elle me voit amaigri et vieilli avec une longue barbe poivre et sel, premier bouleau je la rase enfin; 10 ans en moins…

Brian et son épouse Chris l’attendent alors rendez vous dans ma famille d’adoption Alaskane.

Mon premier courrier m’est donné et oui pour ma vieille voiture je suis domicilié chez eux, je garderais l’enveloppe avec cette adresse atypique.

Brian me parle d’un lointain oncle qui vit avec son épouse dans le sud de la péninsule de Kénai vers le hameau très isolé de Soldevia, endroit coupé du monde puisque les seuls accès sont par la mer par beau temps ou l’hydravion. Au milieu d’une multitudes de fjord ils ont leur maison et vivent en autonomie sans eau courante et électricité depuis peu ils ont construit deux cabanes pour recevoir quelques privilégiés, bientôt nous allons y poser nos sacs… Véro trépigne déjà d’y être et moi donc!

Au fait, me demande elle! Il y aura des grizzlys là bas?

Avec Jo Zef ont croise les pattes et le moignon et en cœur on balance le mensonge :

« Oh nooooooonnnnnnn!!! »

Mais aujourd’hui je voulais avant tout que ma Vrai découvre les peuples natifs d’Alaska, rien de plus simple à la sortie nord d’Anchorage se trouve le « Alaska native heritage center ».

Bien sur ici c’est pour les touristes en partie mais à notre grande surprise beaucoup d’ancien natifs viennent y découvrir leur propre culture qui à petit feu est en train de s’éteindre…

Des natifs des 5 nations sont invités a passer quelques jours ici pour transmettre leur savoir, d’autres nations peuvent se découvrir en terrain neutre et échanger.

Des danses magnifiques nous accueillent et le tambour seul instrument universel ne serait ce par sa simplicité et symbolique, nous transportent.

Le cercle pour beaucoup de peuple est le symbole de l’infini cette figure n’a ni de début ni de fin…

Puis autour d’un lac les 5 nations sont représentés: Athasbascan, Yup’ik; Tlingit, Unangax, Inupiaq.

Un homme de l’île de Kodiak est là pour expliquer la construction des traditionnels « qayaq » (kayak) et nous parle de sa nation Unangax avec beaucoup d’amour. Depuis 2004 il a décidé de se lancer sur ces racines, bien sur la pêche industrielle est beaucoup plus lucrative mais à la naissance de son fils il a décidé de lâcher la vie moderne pour un retour au tradition, à sa grande surprise il voit que son idée marche et quelques uns sur son île ont repris le flambeau. Il crée de A à Z les kayaks et ses espèces de casquettes qui sont multifonctions, bien sur protection contre la réverbération sur l’océan, porte voix entre chasseur de phoque, sonotone pour détecter la proie et même de pagaie de secours en cas de pépin.

Véro est prête à aller chercher son beefsteak de bébé phoque!!!

Une femme Inupiaq, sur les bord de l’océan Arctique, raconte aussi avec beaucoup d’émotion l’histoire des clans: pécheurs, chasseurs et cueilleurs, elle enchaine sur la signification de tout ses tatouages aussi bien sur son corps que son visage et de la philosophie matriarcale de sa nation.

Enfin au village Tlinglit de la côte sud ouest d’Alaska nous admirons un sculpteur.

David est solide dans sa culture, il l’a parle, la chante et l’a transmis à ses enfants . Alors qu’il vient à discuter avec nous il me vient une idée!!!

Pendant ma « paddling Yukonnerie » j’ai laissé partir dans le courant du grand fleuve ma cuillère en plastique!

Aie plus de cuillère plus de repas.

Les rives regorgent de bois mort et avec un morceau de peuplier bien sec je me taille un vrai couvert avec un vraie histoire non pas « made in n’importe où »

Un bois flotté qui avant d’échouer ici a poussé malgré le froid et les tempêtes, qui a donné des feuilles,des bourgeons et qui un jour a fini sa vie dans la rivière. Un kayakeur en croisade le remarque et le transforme en un objet qui donne de l’énergie, qui sert de relais entre l’homme et la terre…

Mais cette cuillère manque de relief, de cuvette pour recevoir convenablement la soupe chaude qui réchauffe le corps fatigué, mais je n’ai ni l’outil ni surtout la classe pour le faire alors je m’en suis contenté.

Du coup je demande à cet homme si il veut bien me finir ce boulot. Il accepte et me demande d’où vient ce bois, pourquoi ne pas en avoir acheté une autre etc etc. Je lui compte mon odyssée et une connexion se créé. Je le regarde donner un autre aspect à cet objet qui se rempli d’une belle histoire. Je me demande si je peux figer le moment par une photo, timidement je lui demande, il accepte. Ma cuillère prend une autre symbolique en relation absolu avec ce que je viens de vivre. Il me rend mon ustensile et nous nous serrons franchement la main. Je suis comme un gosse, heureux d’avoir mon morceau de bois sculpté. Nous continuons à errer dans cette vibration ancestrale mais il est l’heure de repartir; à la sortie un magasin de souvenir nous barre la route, les touristes sont à la recherche de l’objet qui va bientôt n’être qu’un souvenir lointain d’une région du monde ou ils diront:  « j’ai fait l’Alaska! »

Je démarre notre vieille « titine » quand je vois mon sculpteur me demandant d’attendre. Je coupe le moteur, il me dit «  Tu es un voyageur pas comme les autres, et je veux te chanter ça, mais juste pour toi et moi, pas de caméra, pas d’enregistrement juste entre nous. Un chant qui dit en Tlingit:

« Tu es un grand voyageur et ta route à du être difficile mais tu es allé jusqu’où tu le désirais,tu es un grand voyageur et la lumière t’a guidé.. »

il m’offre un dessin de sa main qui est un soleil et me dit: « tu as de la lumière qui jaillit continue ta route bonne chance… »

Véro est là, elle n’a rien loupé, je ne sais quoi dire, encore une fois je vois que le partage et l’amour sont venu au détour de ma route.

Je lui offre un œil de st Lucie, un porte bonheur Corse qui a descendu la grande rivière avec moi, il m’inscrit sur mon calepin quelques mots.

Lukwiq toyaxsn (merci beaucoup) et on répond Ayeltgnu (sois chanceux)

Quelle bonheur d’avoir pu partager cela avec ma Vrai.

Un souvenir ne s’achète pas il se vit…

Danse, priére, chamanisme??? Vie tout simplement...

Danse, priére, chamanisme??? Vie tout simplement...

Main sur le coeur elle nous conte son bout de vie...

Main sur le coeur elle nous conte son bout de vie...

Ma cuillére en bois se transforme, un peu comme moi sans doute...

Ma cuillére en bois se transforme, un peu comme moi sans doute...

Une squaw Athabascane rencontre un nomade du grand nord, leur totem: l'amour...

Une squaw Athabascane rencontre un nomade du grand nord, leur totem: l'amour...

Coiffe de l'île de Kodiak, l'endroit ou vit le plus grand ours brun du monde!

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