Tempête Corsée !

7 janvier 2012
Tempête d'hiver, régeneratrice de vie...

Tempête d'hiver, régénératrice de vie...

-Sémaphore de Pertusato, sémaphore de Pertusato, du Cabochard :

-Cabochard, je vous reçois fort et clair…

-Pourriez vous me donner la direction du vent, sa vitesse moyenne et en rafale SVP…

-Direction au 290° s’orientant doucement vers le Nord, moyenne de 52 nœuds avec rafale à 82 nœuds…

-Je vous souhaite bon quart et repasse en veille canal 16…

Ouais la mascotte, je crois que la nuit va être sans moustique !                                                 L’extrême sud de la Corse est réputée pour ses coups de vent légendaires. Depuis la fin de l’été le vent d’Est a voulu jouer au maître des lieux, il nous a balayés pendant plus de 40 jours. Le levant est un vent perfide qui rend fou, mais il a oublié que le vrai patron est le Maestrale. Beaucoup se sont réjouis de l’été indien de la douceur qui n’en finit plus, mais Eole tenait en soute le tout puissant Nord-Ouest… Je l’attendais depuis un moment mais je ne pouvais pas m’imaginer qu’il avait tellement envie de se dégourdir les ailes. Ces semaines d’oisiveté lui ont redonné une forme de jeune homme et cette nuit il a démontré qu’avec ce style de « ventilateur » il faut être très très prudent. 22 heures le baromètre  chute de manière vertigineuse, j’ai armé le Cabochard au combat, 11 amarres pour essayer de le caler et des défenses du côté ponton où il pourrait se drosser. Les enfants de Véro  étaient venus pour un diner exotique mais ils sont partis plus tôt que prévu. La tempête arrive : « Elle va manger le bateau lâchement mouillé, elle va abattre le mat mal étayé, elle va drosser l’embarcation non surveillée… » Le calme est soudain, sournois ! L’anémomètre donne un malheureux dix nœuds, puis le coup de poing arrive 60 ! Le Cabochard ploie, se courbe et fièrement se redresse.  Le ballet commence, les rafales sont énormes, la mer devient fluorescente. Véro reste à bord et ses silences en disent long. L’électricité disparait, le bateau passe en mode mouillage. Je fouille les cales et ressors mon vieux chauffage au gaz, ma veste de ciré et la frontale rivée sur le front ; j’ai compris que la nuit va être « sportive ». Les nouveaux pontons flottants se désolidarisent des pannes existantes, les passerelles tombent à l’eau et en profitent pour sectionner la canalisation d’alimentation en eau potable. La mer fume, le bateau d’un copain ne semble  pas en bonne posture, mais je ne peux l’atteindre puisque le ponton n’est plus accessible. Je démarre ma grosse annexe, je sens Véro tendue de me voir partir dans la furie. Le pneumatique pourtant lourd semble un fétu de paille ! J’essaie tant bien que mal de sauver ce que je peux de la vedette. Son annexe est entre deux eaux, je la hisse en force, sa bâche est déchirée et tout est chaviré… De retour à bord je reprends ma veille, l’anémomètre qui est gradué jusqu’à 60 nœuds reste bloqué, le Cabochard est assailli par les coups mais résiste. Je guette du coin de l’œil le baromètre mais il continue sa descente. Pour détendre l’atmosphère je rappelle à Véro quelques histoires de filles qui ont affronté seules les mers du sud. Nous ici on ne risque rien, juste du mouvement et demain matin tout sera rentré dans l’ordre. On se remémore les navigations que l’on a faites ensemble. La traversée d’Afrique du Nord où elle prenait son quart car j’accusais trente heures d’affilées de veille. Cette nuit là  le vent force 7 propulsait en surf le Cabochard vers la Sardaigne, les chalutiers jouaient aux lucioles et ma « Vrai » avait su déjouer tous ces pièges sans me réveiller… Le passage du Cap Horn, où ne pouvant plus tenir en cabine, elle émigrait sur le pont et devenait une cap-hornière un poil verdâtre… Être de quart dans ces conditions est une manière de retrouver une complicité avec mon vieux bateau, je l’écoute, je le sens et on discute, l’un sans l’autre on est rien !!! La clarté arrive, le vent a molli ce n’est plus qu’un pauvre force 9. Dans une heure le soleil chassera l’obscurité et nous allons pouvoir constater les dégâts occasionnés par cette furie. Des bateaux blessés, les deux pontons définitivement désaccouplés et une joie de découvrir que sous la croute de sel, le Cabochard a su s’en sortir comme un vrai loup de mer…

La journée va s’avérer longue pour tenter de remettre un peu d’ordre dans ce petit abri, j’enfile ma combinaison et pars pour une interminable journée humide. Dans mon masque mi eau mi mer j’admire mon vieux complice indemne…

Un souvenir ne s’achète pas il se vit…

Et un sommet, un…

26 juillet 2010

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Il pleut ! Bon celle-là vous commencez à la connaître, mais en plus, c’est tempête et ça c’est nouveau !!!
C’est clair que les seuls sous tente en Alaska aujourd’hui, ça doit être nous. 8° à l’intérieur ce matin, c’est pas encore la journée où on va prendre un coup de soleil…
J’avais prévu une journée kayak avec barbecue pour couper et ben c’est râpé !!!
Pas de problème que des solutions. On va aller découvrir la région façon touristes en voiture, avec le chauffage et la radio. On arrive pas à choper une radio Corse ici. Si ça continue, on va commencer à croire qu’ils sont racistes avec nous ?!

Sur la carte, une route en terre qui mène nulle part, ce sont mes préférées !
Elle longe le grand lac de Kenaï, mais en bout de piste, soit une bonne quinzaine de kilomètres, je vois comme un accès à un autre lac avec un panneau (seulement pour locaux !!) Ouais, Jo Zef, nous on est domiciliés à Anchorage et puis avec l’accent qu’on a, on fait local ??? Mais blague à part, ma vieille voiture couverte de boue, son chauffeur couvert de boue et mal rasé et fâché avec la savonnette, ça fait très locaux !
Non local ! La mascotte lâche le clavier, on dit un bocal, des bocaux !!
Mais non, c’est pas pour y mettre les saumons !!!
Parfois, elle me fatigue la mascotte (SOUPIR). Et hop !! un deuxième grand lac, paumé de chez paumé, un sentiment d’être sur une autre planète. Bizarrement pas un brin de vent et une accalmie pour la pluie. Ça doit être sympa sous le soleil pour y planter son camp, pas de traces suspectes, enfin je crois….

A midi, je suis de retour à « la casa ». Le vent ici n’a pas molli, mais la pluie a cessé. Repas et concours de sieste. The winner is…
Il semblerait qu’ une micro barre claire surgit à l’horizon. Et si on allait voir là-haut si c’est beau. Allez la mascotte, y faut un peu bouger son gras !
Sac à dos, GPS en cas de retour du brouillard, le tel sat et de quoi prendre des photos.

Le départ du sentier se fait dans une  forêt obscure, du coup j’ai les yeux qui ne cessent de scruter le sol à la recherche de traces qui pourraient m’indiquer le passage d’un mec pieds nus qui n’aurait pas coupé ses ongles depuis sa naissance et qui chausse du 58 fillette, vous voyez de quoi je parle ? Tiens la pluie revient. On s’en fout, on est des aventuriers, des vrais.

Enfin on quitte la forêt, avec la mascotte, on ne cesse de siffler, non pas les filles, mais juste pour se faire entendre car les randonneurs pieds nus y z’aiment pas être surpris. Mais c’est que ça grimpe dans ce bled. De la glaise, super et je suis en chaussures de sport et sans bâton !!!
Ah des herbes bien hautes, qu’on ne nous voit plus. J’augmente les coups de sifflet, on sait jamais, on peut tomber sur un susceptible en train de comptabiliser en douce le nombre de touristes qu’il a déjà dépecé depuis le début de l’été, enfin de ce truc infâme qu’ici ils appellent « été ».

Donc ça grimpe et le vent nous rappelle qu’il n’est pas mort. La vue sur le lac qui est blanc de moutons est impressionnante. Là encore, sensation de bout du monde et qui me rappelle que si on se pète une cheville et ben on est mal !!! Ça y est le sommet. A la louche 100 à 120 km/h de vent, ça fait un bail que j’ai planqué la casquette et tant pis si je frise. Une vue de folie, mais je ne vais pas m’éterniser. Je ne suis pas tranquille.
Allez savoir pourquoi !

La descente est digne des plus belles figures du patinage artistique. Aucune chute à déplorer mais des salto triples boucles inversées, avec rattrapage flipper dauphin arrière que l’on pourrait nous filer la olympic gold medal…

Enfin la voiture…

Trempés comme des castors du Yukon, mais fiers d’avoir su dominer nos peurs, ouais la mascotte, on a pas eu peur, hein ?
Je tremble !
Mais ça doit être à cause du froid ! Quoi ? Au lieu des 5h indiquées sur le panneau, on a mis 2h10 !!! Non, je ne courais pas en descente, je marchais à vive allure et puis, je suis handicapé lourdement, un raccourci y peut pas avoir fait ça hein ???
Au fait la mascotte, je crois que tu t’es gourée de fruits. Les groseilles c’est rond et sucré. Les trucs rouges et ovales ce sont des saponniers, ces baies étaient utilisées par les natives pour laver leurs habits et puis, entre nous, chaque fois que tu essayais de siffler, y sortait des bulles !!!
A pluche.

La Corse subi une tempête de neige…

9 mars 2010

Une mega dépression qui  vient de Terre-Neuve nous a pris de plein fouet; le baromètre a fait une chute spectaculaire et la tempête fut très violente, toute la nuit dans l’extrême sud de la Corse le vent  n’est pas descendu en dessous des 120 kilomètres heures et les chutes de neige ont battu un record historique plus d’un mètre de neige dans certains villages de l’intérieur.

Pour ceux qui ne connaissent que la Corse en tong  muni de leur crème solaire force 237 !

Quelques images qui resteront dans les archives de météo

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PS: Jo Zef s’est planqué sous les coussins de la banette du Cabochard de peur qu’il me prenne l’envie d’aller trainer sur le plateau du Coscione avec ma pulka!

Un peu embourgeoisé la mascotte!!!

vague scélérate en Méditerranée…

4 mars 2010

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Pendant des siècles les « terriens » ne croyaient pas les dire des marins hauturiers sur les vagues scélérates et puis les photos, le cinéma et depuis peu les vues par satellites ont rendue raison aux récits des rares rescapés.
On dit que ces vagues seraient créées après une succession de grosses tempêtes et formeraient une onde qui se renforcerait avec de l’eau à courir, pendant son cheminement elles grossissent prennent de la force jusqu’à croiser une terre pour s’y écraser, mais attention à tous navires se trouvant sur sa route.

Hier en milieu d’après midi en Méditerranée un paquebot de croisière au large du cap de Bagur, sur la Costa Brava, (au nord-est de l’Espagne), le Louis Majesty, battant pavillon maltais, a été percuté par une vague géante.
Selon le porte-parole du service de sauvetage en mer espagnol, cette vague a «brisé les vitres de la zone de son salon».

2 passagers sont morts ainsi que 6 blessés à déplorer.

La Méditerranée est une mer fermée et jusqu’à présent nous étions a l’abri de ce phénomène mais cet hiver est particulièrement rude et le fait que l’anticyclone des Acores en ce début d’année soit remonté au nord,il ne nous protège plus et nous prenons de plein fouet toutes les dépressions qui se forment au large de Terre-Neuve et les coups de vents de succèdent. Hier une vague de plus de 8 mètres a fauché ce paquebot pour lui infliger une sacrée correction.

En 2006 j’ai essuyé une vague scélérate à 1400 kilomètres au large des Caraïbes alors qu’avec mon compère Dumé nous ramions. C’était mon tour de tirer sur les avirons, il était 18h et la mer était formée, Est Nord-Est 20 à 25 nœuds, mais sans plus, disons que nous nous étions accoutumé cela faisait 40 jours que nous ramions. Déjà deux tempêtes tropicales nous avaient refroidi « Epsilon » et « Oméga » avaient ébranlé la flottille de 26 yoles de mer. (Dans le milieu maritime il y a un nom par rapport à la force des vents , l’échelle de Beaufort, entre 89 et 102 kilomètres le coup de vent s’appelle « tempête »)
Donc je vaquais à mes occupations de rameur océanique quand je vis la tête de Dumé se décomposer sans pouvoir parler, je compris mais un peu tard que nous allions être fauché par une vague scélérate. Le choc fut d’une violence inouïe, nous nous sommes envolés, fracassés. Heureusement nous étions mousquetonés, il me fallut que quelques secondes pour me rendre compte que notre safran (gouvernail) venait d’être « amputé » !
Au départ nous étions 26 bateaux à regatter ce bel océan Atlantique, nous y serions que 14 yoles à l’arrivée. 12 embarcations ont déclenché leurs balises de détresse pour pouvoir être récupérées par des cargos déroutés, un équipage américain féminin est resté 4 jours sur la quille du bateau chaviré à attendre qu’un porte containers Britannique les récupère!

Un drame pour les organisateurs mais aucun disparu à déplorer.Jamais sur ce type de course n’était arrivé ce cas de figure.

Donc voilà une vague scélérate en Méditerranée, prudence prudence!

PS: Jo Zef a juste entendu « Beaufort » et en  deux temps trois mouvements s’est préparé pour une raclette au fromage de Beaufort !!!

Mascotte ou estomac sur pattes ???

A pluche