Et un sommet, un…

26 juillet 2010

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Il pleut ! Bon celle-là vous commencez à la connaître, mais en plus, c’est tempête et ça c’est nouveau !!!
C’est clair que les seuls sous tente en Alaska aujourd’hui, ça doit être nous. 8° à l’intérieur ce matin, c’est pas encore la journée où on va prendre un coup de soleil…
J’avais prévu une journée kayak avec barbecue pour couper et ben c’est râpé !!!
Pas de problème que des solutions. On va aller découvrir la région façon touristes en voiture, avec le chauffage et la radio. On arrive pas à choper une radio Corse ici. Si ça continue, on va commencer à croire qu’ils sont racistes avec nous ?!

Sur la carte, une route en terre qui mène nulle part, ce sont mes préférées !
Elle longe le grand lac de Kenaï, mais en bout de piste, soit une bonne quinzaine de kilomètres, je vois comme un accès à un autre lac avec un panneau (seulement pour locaux !!) Ouais, Jo Zef, nous on est domiciliés à Anchorage et puis avec l’accent qu’on a, on fait local ??? Mais blague à part, ma vieille voiture couverte de boue, son chauffeur couvert de boue et mal rasé et fâché avec la savonnette, ça fait très locaux !
Non local ! La mascotte lâche le clavier, on dit un bocal, des bocaux !!
Mais non, c’est pas pour y mettre les saumons !!!
Parfois, elle me fatigue la mascotte (SOUPIR). Et hop !! un deuxième grand lac, paumé de chez paumé, un sentiment d’être sur une autre planète. Bizarrement pas un brin de vent et une accalmie pour la pluie. Ça doit être sympa sous le soleil pour y planter son camp, pas de traces suspectes, enfin je crois….

A midi, je suis de retour à « la casa ». Le vent ici n’a pas molli, mais la pluie a cessé. Repas et concours de sieste. The winner is…
Il semblerait qu’ une micro barre claire surgit à l’horizon. Et si on allait voir là-haut si c’est beau. Allez la mascotte, y faut un peu bouger son gras !
Sac à dos, GPS en cas de retour du brouillard, le tel sat et de quoi prendre des photos.

Le départ du sentier se fait dans une  forêt obscure, du coup j’ai les yeux qui ne cessent de scruter le sol à la recherche de traces qui pourraient m’indiquer le passage d’un mec pieds nus qui n’aurait pas coupé ses ongles depuis sa naissance et qui chausse du 58 fillette, vous voyez de quoi je parle ? Tiens la pluie revient. On s’en fout, on est des aventuriers, des vrais.

Enfin on quitte la forêt, avec la mascotte, on ne cesse de siffler, non pas les filles, mais juste pour se faire entendre car les randonneurs pieds nus y z’aiment pas être surpris. Mais c’est que ça grimpe dans ce bled. De la glaise, super et je suis en chaussures de sport et sans bâton !!!
Ah des herbes bien hautes, qu’on ne nous voit plus. J’augmente les coups de sifflet, on sait jamais, on peut tomber sur un susceptible en train de comptabiliser en douce le nombre de touristes qu’il a déjà dépecé depuis le début de l’été, enfin de ce truc infâme qu’ici ils appellent « été ».

Donc ça grimpe et le vent nous rappelle qu’il n’est pas mort. La vue sur le lac qui est blanc de moutons est impressionnante. Là encore, sensation de bout du monde et qui me rappelle que si on se pète une cheville et ben on est mal !!! Ça y est le sommet. A la louche 100 à 120 km/h de vent, ça fait un bail que j’ai planqué la casquette et tant pis si je frise. Une vue de folie, mais je ne vais pas m’éterniser. Je ne suis pas tranquille.
Allez savoir pourquoi !

La descente est digne des plus belles figures du patinage artistique. Aucune chute à déplorer mais des salto triples boucles inversées, avec rattrapage flipper dauphin arrière que l’on pourrait nous filer la olympic gold medal…

Enfin la voiture…

Trempés comme des castors du Yukon, mais fiers d’avoir su dominer nos peurs, ouais la mascotte, on a pas eu peur, hein ?
Je tremble !
Mais ça doit être à cause du froid ! Quoi ? Au lieu des 5h indiquées sur le panneau, on a mis 2h10 !!! Non, je ne courais pas en descente, je marchais à vive allure et puis, je suis handicapé lourdement, un raccourci y peut pas avoir fait ça hein ???
Au fait la mascotte, je crois que tu t’es gourée de fruits. Les groseilles c’est rond et sucré. Les trucs rouges et ovales ce sont des saponniers, ces baies étaient utilisées par les natives pour laver leurs habits et puis, entre nous, chaque fois que tu essayais de siffler, y sortait des bulles !!!
A pluche.

Retour au calme au lac Skilak

21 juillet 2010

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La fièvre s’en est allée et un bout de soleil surgit, c’est le signe du départ. Je suis nomade dans l’âme et je ne peux
rester trop longtemps au même endroit. De très bonne heure, je démonte ma tente et scrute le ciel. J’ai peu de temps pour trouver un autre camp. Le ciel là-bas est noirâtre et bientôt la pluie reviendra.

Brian m’a certainement entendu et vient m’aider à charger ma voiture. Il est triste de mon départ mais a compris qu’un oiseau de mer doit continuer sa route. Je lui promets que je reviendrais chez lui, à Anchorage, mais plus seul, mais bel et bien accompagné de ma « princesse ».

Il garde ma part de saumon et on se sert la main très fort.
Good luck Frank take care, eyes for the bears !!! Bonne chance Frank, porte toi bien et un oeil aux ours !!!

En venant par ici, j’avais découvert une route en terre qui mène au grand lac de Skilak et je pense que j’y trouverais mon petit coin de repos. Je quitte la nationale à la recherche de mon nid douillet. Un accès à la rive me mène dans  un coin paisible pour y monter ma tente avec vue sur la « mer ». Le terrain, comme dans plein d’endroit, est aménagé pour les campeurs : une aire plate pour la tente avec une table en bois et un demi fût métallique pour y faire brûler son bois et griller son poisson.

Un peu plus loin, une famille y passe certainement des vacances. J’appelle quelqu’un dans la tente pour avoir une ou deux infos et je suis surpris de voir un sac de couchage bouger sur la table. Une petite tête blonde en sort ! Un peu intriguée par ce grand barbu, la petite fille appelle ses parents. Je leur demande s’il faut une autorisation spéciale pour y passer quelques jours et si le coin est tranquille avec les ours ?
Yes good place for camping !

Rassuré, je m’active car je sais que bientôt la pluie va revenir. Tout en montant ma tente, je goute enfin au calme que j’avais rencontré sur la grande rivière. En prévision, je déplace, non sans mal, la lourde table en bois pour la caler entre deux arbres et y tendre la fameuse toile bleue pluie. Une fois tout en place, je repars en arrière sur la route en terre car j’y ai vu un coin où l’on a défriché la forêt et laissé un maximum de bois pour ma popote. Muni de ma hâche, scie et fidèle spray bear, j’y en coupe une grosse quantité qui remplira ma voiture. Je vois que la forme reviens !

Le feu démarre et je prépare mon déjeuner. La petite famille me salue. Elle rentre à Anchorage. Le brasier crépite, la sérénité revient finalement. Ma salade assaisonnée, juste avec de l’huile d’olive, et un gros morceau de saumon qui part sur le grill : c’est simple le bonheur.

Le lac est calme et bientôt avec Immaqa nous allons voir comment il est fait. Les premières gouttes martèlent la toile bleue. Je n’ai plus d’échéance, plus de kilomètres a avaler coûte que coûte. S’il pleut et bien j’attendrai le retour du soleil. Je monte ma canne. Ici les truites peuvent dépasser les 15 kilos !!! Je vous l’ai déjà dit, ici tout est gigantesque. Pour les mordus de pêche, le truc qui marche super ici pour ce type de poisson, c’est le Masmhallow (sorte de meringue molle écœurante qui peut être rôtie au feu). On la trouve dans les magasins spécialisés aromatisée à l’ail. On y rajoute des œufs de saumon et y reste plus qu’à allumer un feu…

Bien au sec dans ma tente, je savoure la paix d’Alaska. Ici rien que la nature et moi-même. Il me semble que ce soir, je serais seul. Je fouille dans mes feuilles de papiers froissés. J’y retrouve des mots de maux écrits pendant mon périple. Je vais les relire et certainement vous en faire partager quelques-uns. Je retrouve aussi les enveloppes bleues que certains d’entre-vous m’avez écrit, j’en ai encore les yeux mouillés.

Je crois que je vais ramener ma Vrai ici, en espérant un peu de soleil. Et puis, s’il ne vient pas, ce ne sera pas bien grave, il est dans nos cœurs.

Tiens, la mascotte se plaint de fièvre et de courbatures !
Pas de problème Jo Zef, j’ai la pharmacie ouverte : antibio, piqûres, suppositoires ???
Quoi une pile de crêpes matin, midi et soir ?
Et c’est qui qui t’a prescrit ce traitement ? Un crépôlogue de renom !!!!! (SOUPIR)