Au nom de la loi, Joss Rendal ou Rocky?

1 juin 2010

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5h30! Allez la mascotte on range le bor…. la belle équipe est bientôt là…

Alors que je prépare mes céréales dehors à la fraîche je constate que mon voisin à une 50 de mts est lui aussi debout, hier j’ai un peu discuté avec lui et m’a raconté son bout de vie, Vincent ( ce n’est pas son vrai nom mais ça y ressemble) vient du bord de l’océan Arctique, là haut il

travaille pour une compagnie pétrolière dirigée par des blancs bien sur. Prenant son courage à deux mains ils est venu avec son fils de 9 ans découvrir autre chose que la toundra.

Il est très craintif car c’est la première fois qu’il est si loin de chez lui et il sait que les esquimaux ici ont mauvaise réputation, j’essaie de le convaincre que non, mais je crois que c’est inscrit dans ses gènes.

Donc ce matin je vois mon seul voisin discuter avec un blanc bec, bizarre de si bonne heure?

Je ne sais pas pourquoi mais je reste attentif, je vois que sa gesticule beaucoup mais tout en silence.

Soudain je vois mon Inuit tomber et son interlocuteur s’enfuir???

Je fonce et l’aide à se relever, son visage est tuméfié! Whats happen? Le gringo à voulu le racketter et a part des gadgets il n’a rien pu lui soutirer!

Frank se transforme en hyène, j’enlève ma montre (au cas où) et pars dans la forêt en essayant de faire le moins de bruit possible, Vincent me suit de loin, finalement je vois ma proie planquée derrière une souche d’arbre en train de ranger son butin…

Je lui saute au cou et lui explique ma manière de voir…

Aie ça doit piquer!!! Ouais Jo Zef jeu de jambe, gauche, gauche, droite, uppercut ;KO!  Rocky le retour!!!

Tranquillement je récupère le mastos de mon nouveau copain et comme le voleur est un peu sonné je le traine non sans mal à la rivière et lui offre un petit bain sympathique. Il hurle le loustique, peut être « y z’on oublié de mettre l’eau chaude ce matin »…

Du coup mon esquimau reprends confiance et hurle : Is french legionnary??? C’est un légionnaire Français!!! Aie aie confusion quand tu pointe ton nez.

De retour au campground j’essaie de convaincre mon voisin de rester car il me dit que c’est de trop et qu’il veut rentrer chez lui. Je lui sourit et essaie de le convaincre que c’est exceptionnel et depuis 15 jours que je suis ici je n’ai rencontré que des gens gentils.

Pour rassurer tout le monde qui pourrait croire à des représailles, je peux vous affirmer qu’il ne reviendra plus, à genou en pleurant il me l’a promis et puis d’après certain quand je pète les plombs je peux être un tantinet sauvage, mais juste un tantinet…

OUAIS Jo y a de bon dentiste dans le coin…

Faut pas ennuyer les faibles ça me rends « irritables ».

Bon c’est déjà du passé et on va préparer l’arrivé des « néo aventuriers »

Calmez vous les familles c’est pas le western ici c’est juste le « wild bush »: 20 000 ours en soif de jeunes proies, des meutes de loups assoiffés de sang, des blancs sans foi ni loi et des moustiques qui pourraient signer un contrat en or avec le don du sang! Allez rigolez!!!

Donc les Schtroumphs vont se régaler et surement ramener des souvenirs en pagailles. Dans 24 h ne loupez pas le premier épisode de leur première journée ici à Tictacland.

Adriennnnnnnnne!!!!

A pluche

Les Tagishs de Carcross

31 mai 2010

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Je ne pouvais rester sur ma faim avec une image de déchéance sur le peuple des « natifs » et je me suis dit que comme chaque capitale cela n’attirait pas que les meilleurs et je me suis rendu dans un tout petit hameau de 400 habitants sur le lac Bennett le village de Carcross. Ici vivent le peuple des Tagish en harmonie avec des blancs 50/50, la signification de Carcross signifie Caribou Crossing.

Leur langue qui n’est que orale est le Tlingits, traditionnellement, les Tagish étaient des chasseurs et pêcheurs des forêts boréales. Vers 1800, cependant, la quasi-disparition de la loutre de mer, causée par la traite des fourrures euro-américaine, crée une demande pour les belles fourrures des animaux de l’intérieur. Les Tagish augmentent donc leurs activités de piégeage et agissent aussi comme intermédiaires entre les Athapascans, habitant plus loin à l’intérieur des terres, et les Tinglits de la côte qui, jusqu’à la ruée vers l’or du Klondike (1898-1899), empêchent les Tagish de passer les cols des montagnes pour commercer directement avec les Blancs. On doit la découverte de l’or du Klondike à George Carmack, un Blanc qui prospectait la région des Hans accompagné d’un groupe de Tagish avec lesquels il vivait. La plupart des Tagish sont aujourd’hui des travailleurs salariés, mais ils s’adonnent encore à la chasse et à la cueillette.

À l’origine, la majorité de leurs ancêtres parlaient un dialecte tagish-tahltan-kaska de souche athapascane. Cependant, au début du XIXe siècle, avec l’accroissement de la traite des fourrures, la ruée vers l’or et le déplacement vers l’intérieur de deux clans des Tlingits de la côte, ceux du Loup (Aigle) et du Corbeau, de nombreux Tagish marient des membres de ces groupes et en adoptent graduellement la langue. Aujourd’hui, ils parlent presque tous l’anglais. Angela Sidney, une conteuse bien connue, décorée de l’Ordre du Canada en 1986, était la dernière à parler couramment le tagish. Décédée en 1991, elle a laissé plusieurs ouvrages qui font partie d’un corpus de plus en plus imposant de textes d’auteurs autochtones du Yukon.

Une belle journée et étant certainement trop respectueux je n’ai pas pris de photo de locaux, je ne supporte plus ces pseudos photographes qui en quelques secondes mitraillent des portraits sans aucun respect et surtout sans un vrai contact derrière, du coup il vaut mieux avoir dans le coin de sa tête un petit sourire qu’une photo volée sans histoire.

Et oui en voyageant je croisent trop de « conquérants» qui font n’importe quoi en se croyant plein de droit parce qu’ils faut ramener de l’autochtone, ça fait tellement bien de dire …

Sur ma route j’ai rencontré un phénomène impressionnant, du brouillard! Mais pas du à un phénomène de météo ou encore moins de pollution mais de pollen!

Une visibilité réduite et la route jaune, sur le bord d’un lac, un demi mètre de pollen déposé sur la rive. Quand je dis que c’est une région ou tout est sur-dimensionné même la pollinisation est gigantesque.

Pendant que je vous écris cette bafouille la petite équipe est sur la route des airs pour Whitehorse…

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Premiére rencontre avec un Ours noir!

30 mai 2010

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Depuis deux ans que je me préparais à cette première rencontre, finalement elle a eu bien lieu.

Muni d’une petite voiture j’ai pris la route pour me rendre à Skagway sur l’océan pacifique en Alaska, juste 3 heures de route. mais je ne pouvais me lancer sur la trace des chercheurs d’or sans passer par le fjord de Skagway qui était le terminal d’un long voyage depuis la Californie. Les aventuriers devaient à partir de là rejoindre le Lac de Bennett où le Yukon prend sa source. Avant ça il avaient 30 kilomètres à faire sur le sentier de Chilkoot qui passe par un col qui est très souvent bloqué par des tempêtes venant du grand Pacifique. La sélection naturelle était terrible, il y avait ceux qui abandonnaient, ceux qui y laissaient leur vie et une poignée de courageux et chanceux qui pouvaient commencer la longue descente du Yukon pour rejoindre la rivière du Klondike où le minerai jaune était abondant.

Grosse émotion de me trouver là, on comptait en moyenne entre 8000 et 10000 hommes par jours sur ce sentier, que d’énergie pour la fortune!

Le hameau de Skagway de 1000 âmes enclave des USA vit  avec les paquebots de luxe qui y font relâche quelques heures, les bons touristes se ruent sur l’avenue Brodway pour ramener le morceau d’or et cocher sur le carnet : Alaska et pourront raconter à leur amis : « J’ai fait l’Alaska »!!!

J’ai parqué mon véhicule et j’ai laissé ce triste endroit pour un sentier isolé qui borde le Pacifique. Plein de bestioles à plume et même à poils!

12h c’est l’heure du casse croute, les pissenlits regorgent bien qu’ils commencent à être en fleur ils amélioreront les sandwichs que je me suis fait à la hâte ce matin de très « bonheur » (jeu de maux!)

Après le « casse dale  » la sieste!!! Eh même si la Corse est à plus de 9000 km on ne s’en défait pas si facilement ! Je m’écroule comme d’hab sur un caillou de granit bien similaire à ceux des Lavezzi, mais soudain je me réveille ! On m’observe j’en suis sur ! Rien autour de moi, c’est sur ce ne sont pas les croisiéristes, trop loin, trop isolé, trop dangereux et puis y’a rien à ramener comme souvenir ! Un ours ? Non ça vient de la mer. Quoi une tortue ???

Avec Jo Zef on se frotte les yeux c’est pas possible! Mais non ça souffle, ça a des moustaches. Eureka!  Un phoque…

Belle balade mais il est temps de rentrer la journée n’est pas finie.

Sur la nationale qui est d’une beauté à couper le souffle (je sais je dis toujours ça, mais c’est beau!!!) Une boule de poil noir sur le bas côte!

Mais c’est gros comme « gadget », Youpie: the first one!!! A black bear!

Allez la mascotte, à nous de voir ce qu’on a dans le ventre? A part les crêpes, bien sur!

Il est devant nous il broute des fleurs de pissenlit, je lui parle doucement,je suis à moins de 10 mts,  je me présente, lui dit qu’il est très beau et que je serais intéressé de le filmer, il me fixe du regard, je ne lâche pas ses petits yeux, il accepte et reprend son repas…

Sincèrement je me suis senti très décontracté et pas un seul instant menacé, bien au contraire. Comme toute première fois quand ça se passe bien, je crois que la suite sera plus facile à gérer. Attention je ne vais pas retirer la moindre parcelle de méfiance mais un de mes fantômes s’est présenté à moi et la peur n’a pas  frappé à la porte…

Que du bonheur de bonne heure!

A Pluche


PS: La mascotte m’a demandé pourquoi lui n’avait de badge avec écrit:

je ne suis pas une peluche!!!

Whitehorse en image

29 mai 2010

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S’appeler Mr Guevara et être baby bus sitter?

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Effet JO Vancouver? Ici c’est les Athapascan et pas encore les Inuits!

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Il furent les premiers…IMGP2281

Ils cherchaient la fortune ils n’ont trouvé que souffrance et désillusion…

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Kayakerie attitude à kayakland!

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Continent Nord-américain: Pays des excès

Vous avez dit camping car???

IMGP2279Ludo, un jeune français parti à l’aventure! WAOUH! Ca existe encore…

IMGP2260Une maison qui ne manque pas d’Elan!

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On y trouve tout, surtout la surconsommation…

Au pays de Tic et Tac…

27 mai 2010

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Au pays de Tic et Tac…

Un nuit de nourrisson! 6° au réveil j’aurais parié moins. Hurry up la mascotte!

Le réchaud ronronne dans l’abside ce qui donne de suite une sensation de confort dans la tente, les céréales dans le bol et le tout arrosé d’eau bien chaude. Mais plutôt que d’être camouflé sous la toile je m’extirpe de ma catiche pour profiter du grand beau. Le campground est vraiment vide de campeur mais ce n’est pas pour autant que nous sommes seul. Des écureuils font un ramdam du tonnerre. Ils se poursuivent à une allure phénoménale et notre présence ne les dérange absolument pas. Je les observe attentivement et j’y ai vu un mélange de possession de territoire avec du jeu.
Mais leur comédie est vraiment digne d’un cartoon, il s’engueule, le poursuiveur devient en un claquement de doigt le poursuivi… Alors que je prends soin de mon bol de céréale un kamikaze me fonce dessus, je pense qu’il va me contourner. Mais non, son assaillant lui colle aux  fesses et plutôt que de bifurquer ils me passent à tour de rôle entre les jambes, ils ont failli me rayer la prothèse, plus de respect pour les pauvres handicapés!

Je consacre ma matinée à remonter encore une fois le kayak pour lui donner quelques retouches, une fois « l’œuvre » réalisée revoilà mes fadas d’écureuils qui s’engueulent et plutôt que d’éviter le kayak ils se servent de sa toile tendue comme tremplin et font des bonds olympiens.

Heureusement que je suis seul car je me tort de rire de leur sérénade. Je me demande si la mascotte n’aurait pas dans ses aïeux un peu de sang d’écureuil.

Comme j’ai encore accès à internet dans un petit bar qui fait un vrai café expresso (mon régal) j’ai vu vos commentaires et vous remercie de votre soutien ça fait chaud au cœur.

Ici en ville tout est à l’excès j’ai vu aujourd’hui un camping car d’au moins 15 mts!!! Attention ici les routes sur des milliers de km sont droites et les quelques villes existantes sont récentes et créées avec un cordon avec des avenues dignes des Champs Élysée. Je n’ose pas savoir combien ça doit coûter quand il passe à la pompe à carburant…

Les 4X4 ce sont des camions monstrueux et mon land en comparaison paraît une petite C1.Mais ce n’est pas fini 1 sur 2 a sur son toit un canoë  et devant la maison un motoneige. Si la demeure est devant un lac, chose courante ici il y a un hydravion mono moteur …

Les filles!!! Ah les belles canadiennes et dire que j’en connais en Corse qui complexent pour une paire de kilos en trop, ici certaines nanas sont dans des jeans teeshirts moulants mais sont d’un poids que même Obélix passerait pour un pauvre anorexique! Le tout dans une décontraction désinvolte.

Régulièrement je vais au super marché du coin faire mes emplettes, j’observe les caddies des locaux, de la sauce et du sucre à la pelle, quand j’arrive à la caisse avec ma salade et mes fruits et du pain complet je passe pour le fatigué du coin. Tout ce qui est vendu en portion a double volume ici et impossible de trouver des petites quantités.

Au café où je me rends tous les matins fin (d’aprés midi pour la France), le troquet est international, 4 distributeurs gratos de café avec sucre, lait crème??? En observant j’ai remarqué que les gens avant d’aller rejoindre leur boulot passaient avec leur thermos et se servaient GRATUITEMENT!!!

Mais il y a un pot où l’on peut laisser une pièce. J’avais retrouvé ce système en Norvège : avant que cela arrive en France il va falloir que ma jambe repousse !!!

Donc ici on croise des jeunes de la planète, chacun est aventurier à sa manière des gamins qui ont encore la vibre de tout lâcher pour l’inconnu.

Guillaume 25 ans canadien d’Ottawa qui est parti seul vivre à Irkouk en Russie sans parler la langue et qui au bout d’un an enseignait l’Anglais aux jeunes Russes, Ludo +- le même âge de Normandie qui avec sa copine après une année à Vancouver est venu faire une saison ici, Elke une allemande guide de kayak qui après 2 ans en Corse est venue dans les rocheuses puis attaque sa saison ici d’ailleurs elle assistera Robin pour notre descente en kayak avec les jeunes, Pablo le brésilien arrivé ici en faisant du pouce (expression québécoise pour l’autostop) …

Et encore je pourrai continuer longtemps. Une communauté de jeunes pas encore atteint par la sédentarisation de confort et de consommation.

Voilà les amis un petit bout de vie à « Cheval blanc » Whitehorse alias Tictacland!

Pour avoir un peu d’ambiance local écoutez la radio de la « First Nation »

Chon Fm

Non Jo Zef tu ne vas pas leur faire un croche patte à nos amis les écureuils si ils glissent ils risqueraient d’emporter sur leur passage la tente et le kayak!!!

Bisou à tous et plus particulièrement à la classe de CE2 de Bonifacio

A pluche…

On est sous tepee!

26 mai 2010

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Un pas de plus vers le départ, ce soir je ne suis plus à l’hôtel mais au camping, pas celui de la mer mais de la rivière…

Comme un de mes colis n’est toujours pas arrivé Félix m’a gentiment prêté une tente, un matelas de sol et un duvet. Le lieu est quasi désert c’est vrai qu’ici la saison touristique n’est qu’a son balbutiement.

Ce soir je prends mon repas dehors, une petite pluie ne m’empêche pas de casser la croute en pleine forêt, le fleuve Yukon qui n’est qu’un gros ruisseau est à deux pas et au loin les bruits de la highway.

Une nostalgie m’empare, encore à Whitehorse mais déjà une pagaie sur la grande rivière. Cette semaine de camping avant l’arrivée de l’équipe accompagnée de ma « Vrai » va me permettre de me caler encore un peu plus. Fini le grand confort avec salle de bain de ministre lit pour 8 et wifi télé et tout le tsoin tsoin!

Dans tous les camping du Canada chaque emplacement de tente a sa table, chaise et barbecue aménagé. Alors se soir pour rompre la nostalgie qui me pénètre j’ai allumé un bon feu, la température est plus que clémente mais la présence du foyer me réchauffe mes idées embrumées. Comme à chaque long départ les mêmes refrains reviennent, n’ai je pas placé la barre trop haut ? suis je assez courageux pour aller jusqu’au bout ? etc etc.

Comme ce n’est pas la première fois, je sais gérer ce style de situation, je vis l’instant présent sans me laisser envahir, ce soir le camp est monté et le feu est joyeux, les bruits de la ville me semblent sortir d’un rêve et je sais que pendant mon sommeil je vais commencer à sérieusement discuter avec le grand fleuve.

Ma première question est ce un homme ou une femme ? La grande rivière, une femme. Le fleuve Yukon, un homme. Peut être comme nous les êtres vivants il a un peu des deux, un homme à la sensibilité féminine, une femme à la résistance d’un homme.

Sur le bassin méditerranéen on éduque les garçons en leur faisant croire que pleurer est réservé aux femmes et que la force est seulement pour les hommes, je sais de quoi je parle. Je m’impressionne parfois comme je peux passer d’un côté à l’autre en un claquement de doigts, dur à la souffrance mais hyper sensible.

Tout au long de ma vie de plongeur sauveteur j’ai ramassé pas mal de gens morts et je me suis toujours vu insensible en cette situation et paradoxalement un jour un pote pécheur m’envoie assez profond pour lui décrocher un filet bloqué, une femelle labre (poisson de roche) était morte prisonnière dans le trémaillle et devant elle sont mâle qui inlassablement s’approchait en la poussant délicatement du museau pour essayer de lui redonner vie, je me surprenait à sangloter …

C’est grave docteur ???

Donc ce soir je suis sous ma tente et dans mon sommeil entre mes confidences avec la grande rivière mon cœur va aussi errer vers les gens que j’aime, ma  « chouchoute » vous vous en doutez c’est quand même ma « Vrai »…

Un être qui ne pleure pas est un corps plein de larmes (Charlie Chaplin)

Immaqa reprend du service…

25 mai 2010

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Aujourd’hui c’est le moment du grand bain! En effet mon kayak qui a fait le voyage en soute avec moi tressaillait d’impatience de reprendre la « mer »!

il y a deux jours déjà je l’avais baigné dans le fleuve Yukon mais plus comme présentation, le courant est si fort que je n’ai pu résister qu’une petite heure à contre courant et 5′ pour retrouver ma plage de départ. Bien sur si je ne vous en ai pas parlé c’est surement par pure superstition !!!

Aujourd’hui c’est un test grandeur nature dans les deux sens du terme.

Je me suis fait amener en 4X4 au lac Chadburn pour lequel j’ai eu un sacré coup de cœur et me voila sur l’eau à glisser sur un miroir turquoise.

Je suis un peu maladroit, tellement ému d’être sur l’eau et mes premiers mètres sont très brouillons. Je décide de m’arrêter pour tout remettre en place car comme vieux garçon endurci, j’ai donné une place précise à tout ce qu’il va m’être nécessaire sur ces semaines de balade et c’est un peu le foutoir.

Jo Zef décide de prendre un bain! Je le récupère baignant dans la vase! Et une mascotte trempée!!!

Enfin ça y est je repars , j’ai profité de l’arrêt pour appeler ma « Vrai » qui était sur le Cabochard. Je crois que Jo Zef  de la savoir à bord  a voulu la rejoindre à la nage!!!

Une journée paisible où j’ai pu me remettre dans le bain et me recaler avec mon départ imminent.

Je vous ai fait une petite vidéo dédicacée à tous les jeunes adhérents de Bout de vie.

Bise à tous et comme le dirait la mascotte dégoulinante, à pluche!

Mont Mc Intyre…

24 mai 2010

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Vous mes fidèles lecteurs vous commencez à connaître ma soif de découverte et depuis que je suis ici je vois une montagne qui domine la vallée, le Mc Intyre. Attention ce n’est pas le Mt Blanc mais juste le point culminant du coin. Donc j’ai décidé d’y aller jeter un œil.

Ce n’est pas la pluie fine du matin qui va me faire changer d’avis, le sac à dos avec un minimum de sécu et j’essaie de repérer la route qui va m’amener au pied de la montagne. Je lâche de suite le highway pour une piste en terre, l’endroit est désert! En même temps on est dimanche et en plus il est 5h45 du matin!

Je n’avais pas prévu que la route sablonneuse monte aussi vite et je dois m’avouer vaincu et poser pied à terre. Oui le gauche, le droit il est en plastoque! Ne me la refait plus cela Jo Zef ! Ok !

Donc je pousse mon vélo et savoure la paix du lieu, la route porte le nom de Coppermine, j’ai compris pourquoi, des mines à ciel à ouvert mangent la montagne pour son minerai, le cuivre.

Je rentre dans une forêt de résineux et le silence est impressionnant, je vois des traces sur le sol.

Des chiens ? Euh Jo Zef y sont balèzes les « cleps » ici alors.

Là encore je n’ai rien pris avec moi pour défense, je ne sais pas pourquoi mais je me trouve à l’aise même si je pense que le coin est fréquenté !

J’avance un peu à pied, un peu en pédalant. Mais la neige apparaît et la route est encore encombrée par des congères, je contourne tant que je peux mais dans la « pampa » avec le vélo ça devient « Mikehornesque ! » A un moment je n’ai plus le choix et si je veux atteindre le sommet il faut que je franchisse la neige… En chaussure de sport ulta light je m’enfonce par moment jusqu’à la taille le vélo me sert de déambulatoire! Tiens ça me rappelle un certain temps, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…

Donc j’avance et dire que je pourrai être dans mon lit à regarder un feuilleton américain avec un bon hamburger au ketchup, fromage, oignon, miel, sucre arrosé de soda extra light!

Je prends la décision de continuer sans le vélo, je le planque, on sait jamais, le repère sur mon GPS, on sait jamais et continue entre les névés. Finalement j’arrive sur la partie sud du massif et il n’y a plus de neige. 11H je suis au sommet, calme toi la mascotte ce n’est pas l’Everest juste un petit 1700mts.

Je me pose et savoure le panorama, grandiose. Par superstition certainement j’ai toujours avec moi des yeux de St Lucie (opercule de coquillage porte bonheur en Corse), j’en dépose un sur un cailloux et partage mon cookie avec la nature, je sais que dés que j’aurais quitté le coin des animaux viendront grignoter « l’offrande ».

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1 h après je retrouve mon vélo et bifurque sur la face nord du massif pour tenter de rejoindre Fish lake, la piste est noyée de neige, mais comme je suis un peu têtu j’avance, je tombe, je me relève, je m’enfonce, les pieds trempés, gelés. Ok Jo le pied!

Je pense que plus je vais perdre du dénivelé plus la route sera claire et finalement je retrouve une piste boueuse et la rive de Fish Lake. Coin paumé de chez paumé. Je reprends une piste de terre bien propre et me pose en fin de lac pour mon « spuntinu » (casse croute en Corse).

Fini la tranquillité cette piste très entretenue n’est qu’à 17 bornes de Whitehorse et c’est dimanche alors il y a foule, une voiture!

Pour monter dans ma chambre je suis passé par le service car je crois que les réceptionnistes auraient halluciné de voir un tas de boue passer sur leur belle moquette…

Et un hamburger pour la mascotte, un!

Whitehorse vu par un Cabochard…

23 mai 2010

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Depuis que je suis arrivé ici j’arpente la petite capitale, Whitehorse. Une ville construite au cordeau comme toutes les villes nord américaines, Quelques milliers d’habitants un peu plus petite que Porto- Vecchio .

C’est la ruée vers l’or en 1896 qui a amené les blancs à s’implanter dans la région, les campements se sont installés car c’est ici que commence le fleuve Yukon. De là les pionniers construisaient toutes sortes de radeaux pour tenter la descente du fleuve jusqu’à l’embranchement de la rivière Klondike. Un bruit disait que l’or était abondant et beaucoup de ses rêveurs devaient y laisser leur peau.

Bien sur il y avait des locaux appelés par erreur par Amerigo Vespucci et d’autres navigateurs « Indien » mais qui n’en étaient pas. Partout sur le continent Américain,d’Ushuaia à Nome les « indiens » étaient les premiers hommes à s’y être adapté. L’homme blanc a conqui des terres qui ne lui appartenaient pas puisque dans la culture « indienne » l’homme ne peut posséder la terre puisque le seul possesseur en est le « grand créateur ». Donc voilà les petits blancs qui ont amené leur vice et leur pouvoir! Les Athapascans ethnies de la région du Yukon n’ont pas vu venir le piège et au fil du temps ils sont tombés dans une déchéance qui fait mal à voir.

Pour pouvoir exploiter toutes les ressources du grand nord (or, pétrole et bois) les gouvernements ont sédentarisé ce peuple de chasseur-pêcheur-cueilleur. L’appât du gain les a happé et acceptant une forte indemnité on les a sédentarisé dans des camps et bien sur les trust se gavent.

Jusqu’à présent il passait une partie de l’année à se procurer la nourriture et quand l’hiver long et rigoureux apparaissait, ils fabriquaient tout ce qu’ils avaient besoin pour la chasse et le quotidien.

Depuis que je suis arrivé ici, seulement quelques jours, je n’ai pu rentrer en contact avec les natifs, où j’ai posé mon sac sur la planète j’ai toujours su me faire accepter, mais là je n’y arrive pas, tu ne peux raisonner avec un gars ivre et plein de coke!

Dans des bars douteux, la prostitution, l’alcool et la drogue sont leur nouveau « hobbies », l’œil hagard c’est dur de voir ces gens tituber dans l’indifférence générale. Attention je n’en fais pas une généralité mais le premier constat est affligeant.

Ensuite pour prendre le côté positif de cette ville, c’est la mixité de la population, des 4 coins du monde des jeunes sont venus travailler et quand je demande une info il est rare que l’on me réponde dans un anglais pur. (Mon anglais est assez misérable d’ailleurs).

Ensuite comme c’est quand même la seule grande ville (20 000 habitants) sur une superficie un peu plus petite que la France, donc des 4 coins du Yukon c’est là où tout se passe, toute sorte de personnes viennent y faire leurs petites affaires, il n’est pas rare de croiser un gars digne des western avec une crasse de plusieurs mois sur lui avec une poupée indienne sortant d’un bureau d’une banque du coin de la rue. Dans les magasins de bricolage les plats à orpailler sont entres le tournevis électrique et le barbecue au gaz dernier modèle!

Ici personne ne juge l’autre, pour exemple les natifs sont pour la plupart du temps dans des états pitoyables et bien depuis mon arrivée ici pas une seule fois j’ai entendu une critique à leur égard. Du coup quand je vais faire mes emplettes en short pas une seule fois j’ai senti des regards pesants.

Voilà une brève présentation vu par un Cabochard et j’espère que sur ma route jusqu’en en mer de Béring je pourrai nouer une vraie connexion avec les natifs.

Le grand aigle a dit:

Je suis allé jusqu’au bout de la terre
J’ai volé au dessus des eaux
Je suis monté jusqu’à la cime du ciel
J’ai survolé toutes les montagnes
Et je n’ai rencontré personne qui ne soit pas mon ami

Proverbe Navajo

Chadburn lake music…

22 mai 2010

Plutôt que de vous baratiner avec des mots voila quelques images qui j’espère vous raviront…

Chadburn lake 1

Chadburn Lake 2

chadburn Lake 3

Chadburn Lake 4

Message à tous mes potes photographes qui visitent régulièrement ce blog: J’essaie au maximum de m’appliquer mais c’est pas encore ça!!!

Pour ceux qui sont vraiment courageux un air d’harmonica sur la rive du lac.

Jo Zef veut se faire greffer des bouchons dans ses oreilles!

Sur ce coup là il n’a pas trop tort…