Nouvelles du Grand Nord…

29 août 2018

 

1heure du matin, encore une insomnie, alors je profite de la première nuit obscure de l’été pour saluer les étoiles, cela fait quelques mois qu’elles n’ont pas scintillé au dessus de « mon » petit village Oqaatsut. J’y cherche la mienne, la sienne, la votre… J’hume l’air polaire, je respire à plein poumon, le petit 4° est vivifiant, la Grande Ours est apaisante. Je n’ai pas écrit depuis plusieurs jours car une grande tristesse m’a envahi, les nouvelles d’en bas ne sont pas très bonnes, mais j’essaie de suivre cet adage : la douleur est inévitable mais la souffrance, elle, est intolérable, alors je tente de ne pas souffrir. Toutes les ruptures, blessures, sont enrichissantes en leçons de vie, alors j’apprends. 45 jours de vie là-haut au pays d’aputsiaq, 7 semaines à retaper une maison bleue perdue au milieu des glaces et du silence. Un rêve de plus de réalisé, un défi de plus relevé, mais l’essentiel c’est envolé, la fondation c’est écroulé, l’existence sans amour est un oiseau sans aile, un horizon sans espoir. Je me force de croire que c’est salutaire pour mon âme, souffrir c’est grandir, alors je vais bientôt prendre de la hauteur. Dume, mon Dume est là, heureusement, il me fait rire, il fait le pitre. Un invité de plus a rejoint la cabane, Christophe, alors il me faut encore endosser le rôle de guide. Bivouac au milieu de rien, rencontre de dizaines de baleines et phoques, village plus souriant. La vie ici est riche, pleine de grandeur. Je me reprends en main, je tente de penser de nouveaux projets, de panser ma plaie, de comprendre et de me mettre à la place de l’autre. Nous sommes tous fautifs de nos actes et donc je cherche mes erreurs mais il me manque des éléments, des réponses…

Pendant ces 45 jours la cabane a accueilli des « éclopés », des amis, des copains, elle a vibré, elle a retrouvé une certaine jeunesse, derrière tous ça des mécènes qui ont permis ce rêve. Un immense merci, vous allez voir je vais en sortir plus fort, j’en suis sur, même si je boite bas et même si la nuit a envahi en partie ma vie. Je ne sais pas quand je reviendrais ici, je dois vivre l’instant présent, je dois juste écouter battre mon cœur, j’ai espoir, je l’ai entendu vibrer de nouveau, je vous assure. Inévitablement je vais revenir au pays des silences, au pays des Homme silencieux. En rentrant je vais apprendre à pardonner, à me mettre à la place de l’autre, pas facile, pas facile pour un gars comme moi. Mais homme de défi, celui-là aussi je vais le réussir. Je ne m’épanche pas mais je devais vous le dire, vos multiples messages d’inquiétudes m’ont soufflé de vous écrire, de vous dire que tout va bien, je suis encore là, mes yeux cherchent la mer ouverte pour sortir des glaces qui m’ont emprisonné.

Les baleines sont de partout et les troupes de phoques aussi comme un cadeau de mes anges gardiens. Ce matin les morues sont montées à bord d’Ifaraq, jamais je n’en ai péché d’aussi grosses. Sans trop d’excentricité, les gens du village me félicitent pour le travail de restauration et surtout je commence à peine à comprendre comment ils fonctionnent, pas évident pour un latin. Ce soir c’est ma dernière soirée avant de reprendre la route vers chez moi, là-bas où la cabane sera vide. Je pars en balade sur les dalles de granit, la mer est calme il n’y a pas un souffle d’air, seule 4 baleines, jouent les passantes. Je n’ai rien prévu, pas de serviette pas de plan B, je sens qu’il me faut me mettre à l’eau, l’océan Arctique me le demande. Sans ciller, sans trembler, je m’immerge en tenue d’Adam et Eve. La mer de Baffin est accueillante, je n’ai même pas senti le froid, bien au contraire elle m’a apaisé, elle m’a lavé de beaucoup de noirceur prêt à affronter ma nouvelle vie…

Je crois que je vais pouvoir écrire une belle nouvelle, sur l’histoire d’un papillon qui s’est posé dans l’écrin du cœur d’un Nanoq blessé. Ils vécurent des moments forts, des vibrations célestes, mais a-t-on déjà vue un papillon partager la vie d’un ours polaire ?

Je vous envoie plein de belles pensées, de belles ondes,

Allez papillon déploie tes ailes et vole sans te retourner, ce qui ne tue pas rend plus fort…

 

Le courage…

8 avril 2018

 

Très souvent à la vue d’une personne un peu « différente », mais qui a envie de vivre, les « autres » la définissent comme courageuse. Une maladresse, une incompréhension qui peuvent irriter, voire bloquer à jamais certains. L’une des définitions du courage, version dictionnaire est : (dérivé du mot cœur) il est une vertu qui permet d’entreprendre des choses difficiles en surmontant la peur, et en affrontant le danger, la souffrance, la fatigue. Depuis l’Antiquité et dans la plupart des civilisations, le courage est considéré comme l’une des principales vertus, indispensable aux héros. Son contraire est la lâcheté. Chacun son avis sur le sujet mais cette définition ne me convient pas.

Vivre coute que coute n’est pas du courage mais une ferme volonté de vouloir continuer à vibrer, à respirer et à croquer la vie. Un accident, un abandon, une maladie, nous plongent dans les ténèbres. Tout s’écroule, les plaies sont béantes, purulentes. Perdre un membre de son corps, de sa famille, être rejeté, bafoué par ses proches, sont des chocs émotionnels d’une grande violence qui nous rendent la vie difficile, voire impossible, mais la machine humaine est bien faite, bien pensée. Il faut un temps certain, une phase d’adaptation plus ou moins longue pour stocker ces informations en les enfouissant au plus profond de nos âmes. Mais ces données sont en nous, difficiles, impossible de les jeter, elles rodent. Un moment de bonheur intense, une fraction de sourire et on ne sait d’où, elles peuvent apparaître avec leur lot de souffrance et d’images qui font de nouveau mal. Alors nous n’avons pas le choix, il faut prendre une bonne inspiration et relever la tête, redresser les épaules et reprendre pied pour ceux qui en ont encore ! Avancer sans se retourner, car la vie est un cadeau qui ne se conjugue qu’au présent. Le courage ce n’est pas d’aimer la vie, le courage ce n’est pas la volonté de découvrir de nouvelles limites, le courage ce n’est pas de se lever le matin malgré le poids de nos blessures sur nos épaules meurtries. Le courage est tout autre, il est une perle rare à notre époque, l’égo l’a assassiné et quand il apparaît, il semble inaccessible. Un gendarme vient de sacrifier sa vie pour en sauver une autre, acte courageux, décision héroïque où le Moi a laissé sa place pour un Nous universel. L’altruisme est courage, l’envie de vivre est naturelle. Attention vouloir sauver le monde n’est pas sans intérêt, aider les autres et une manière de s’aider soi –même. Soigner les autres c’est se sauver un peu aussi. L’acte de courage n’est pas une décoration, c’est une action instantanée qui défend des vies, une décision bien pensée où l’on s’oublie pour réaliser l’impossible. Donc vivre avec une blessure n’est pas un acte de courage, il est juste une logique de vie. La personne qui a eu la chance de passer à travers les mailles des drames, voit en une âme blessée qui s’acharne à vivre un acte héroïque mais il n’en est rien. Traverser un torrent en cru sur une seule jambe avec des béquilles n’a rien d’un acte de courage. Croire en un nouvel amour alors que les échecs se sont succédé n’est pas un acte de courage mais de vie. C’est le test d’un nouveau point de vue de vivre, c’est ouvrir une porte fermée qu’on pensait verrouillée. Un orphelin, un handicapé, sont vivants aussi, un gamin de la DDASS a un avenir, mais ce n’est pas du courage qui leur faudra mais une motivation, un but avec quelques rencontres. La vie est un bien précieux, qui par moment se cache derrière un nuage noir, mais qui dit ombre dit lumière, alors soyons «fêlés » et laissons passer le premier rayon de soleil, il nous semblera incroyablement bon, doux, chaud.

La vie nous malmène, le remède miracle pour vivre n’existe pas, le seul cachet qui apaise s’appelle Liberté, attention aux médicaments générique, Liberté ne peut être cloné…

…Vive la vie même avec des nuages                                                                                                                                     Vivre ce n’est pas du courage…

C’est la rentrée!

4 septembre 2017

 

Si aujourd’hui c’est la rentrée en France, ici c’est le retour de l’été mais sans les suceurs de sang. Hier, j’ai bossé comme un sudiste, en ce jour de rentrée, en solidarité avec vous, je n’ai strictement rien fait, et cela me plait. Ne rien faire, c’est juste s’asseoir et regarder passer le temps, ici c’est assez facile, le silence en est le chef d’orchestre. C’est ma dernière semaine, cela fait presque 3 mois que j’ai quitté «ma» petite île et je la retrouverai avec autant de plaisir que je l’ai quittée, la foule n’est vraiment plus faite pour le vieil ours qui sommeille en moi. Ce village du bout du monde est loin de toutes les inquiétudes que l’on a au pays des gens qui comptent au lieu d’aimer. Ici, les seules explosions sont celles des icebergs qui s’écroulent, la nature ne juge pas, elle tolère les hommes mais pas les opinions. Lundi, c’est le jour de la douche, je me sens léger, mes fringues lavées sèchent sur l’ancien séchoir à poissons de la maison. En ces 3 mois, j’ai réalisé des rêves de gosse, j’ai eu la trouille au ventre à en vomir, j’ai su continuer et surtout renoncer à l’égo qui m’amenait à la prochaine vie. L’initiation a été à la hauteur de mes attentes, j’ai été guidé, par qui, par quoi, je ne sais pas mais je me laisse faire, c’est bon de se savoir épaulé. Au pays des esprits maléfiques, les qivitoqs, jamais une seule fois, ils ne m’ont voulu du mal, ils m’ont juste un peu secoué et remis le pied sur le chemin que je devais prendre. Ici on ne rigole pas avec les qivitoqs. Quand aux jeunes, je leur demande s’ils y croient, ils m’affirment qu’ils n’ont pas à y croire puisqu’ils existent. Le soir, bien à l’abri dans ma tente, ils devaient très certainement m’encercler mais pas une seule fois ils ne m’ont dérangé. J’essaie de leur expliquer, que là-haut, au cap des Défunts, j’étais serein de ce côté-là et que mes seuls démons étaient les peurs créees par mon « égo », par l’odeur de la mort, mais jamais une seule fois les esprits n’étaient maléfiques. Je me souviens d’avoir découvert une tombe antique, les ossements de l’enfant étaient répandus, méthodiquement je les avais replacés dans leur reposoir et jamais une fois son fantôme ne m’a fait trembler. Les esprits maléfiques sont nos idées noires, nos craintes de l’inconnu, nous sommes nos propres fantômes.

Si aujourd’hui c’est la rentrée pour beaucoup, mon présent m’ancre sur cette terre de glace et de vent, ce n’est plus une page qui se tourne mais un nouveau livre qui s’écrit. On dit que l’on peut avoir plusieurs vies en une seule, je vous le confirme, la mienne est une succession de vies tellement différentes les unes des autres. Cette année est un axe central avec la séparation de mon petit bateau, je n’utiliserai jamais plus son nom dans mes écrits. Le livre est refermé, ma vie à terre est pleine de situations personnelles dont je n’aurai jamais pu croire qu’elles soient faites pour moi un seul instant, et pourtant. La seule certitude c’est qu’il faut avoir le courage de provoquer les choses, la remise en question quotidienne est indispensable, c’est elle qui va vous ouvrir les portes. Il faut apprendre à trembler, car changer de vie demande de l’audace, du courage et une part d’inconscience teintée d’un brin de chance. Les regrets sont intolérables, savoir s’amputer pour mieux remarcher, un sacré défi qu’il faut accepter même si parfois cela fait mal.

En ce jour de rentrée, l’océan Arctique a décidé d’être calme, le vent est sur le banc des écoles, il doit apprendre quelques mots de Corse que je lui balançais au visage quand il m’épouvantait. La cabane de ceux qui ne boitent plus dans leur tête va être un beau refuge. J’imagine un jour de douche à la maison communale avec des prothèses de ci de là, la secrétaire fera un beau sourire, car ici tout est normal, on sait s’adapter au quart de tour. Je vous souhaite une bonne rentrée, dites aux patrons, aux professeurs, aux «autres» qu’une fois de plus je vais être en retard…

A pluche.

Nouvelle année, nouvelle vie…

29 décembre 2016

Pour conclure cette année, une idée m’a traversé le cœur, j’aimerais vous parler de la Vie, vous savez, celle qui est unique, celle qui nous fait souffrir autant qu’elle nous enchante. Mais pourquoi vit-on ? Je n’ai pas de grandes réponses, mais ce qui est certain c’est qu’elle est un cadeau inestimable, la mort n’est pas importante, les regrets oui. On ne regrette jamais ce que l’on a fait mais plutôt ce qu’on n’a pas fait.  Les rêves sont des objectifs mais ils ne doivent pas nous posséder, on ne rêve pas d’un rêve, on le réalise. Pourquoi vivoter alors que le sablier se vide sans aucune chance de s’arrêter. Les chemins se présentent à nous, choisissons le plus compliqué, celui qui a le plus de virages. Se mettre en danger n’est pas sans risque, mais la vie se veut aventureuse, pourquoi ne pas en changer, pourquoi ne pas tout mettre en œuvre pour réaliser ses rêves. Les plus grands génies, au début de leur carrière, étaient dans le doute, les autres leur disaient qu’ils ne pouvaient pas, qu’ils se trompaient de route, puis ils se sont entêtés et ont réussi des choses incroyables. Les chercheurs, les médecins, les explorateurs, les sportifs, n’ont écouté que leur envie de vivre leur rêve. N’ayons pas peur de ne pas y arriver, regardons devant, laissons les autres dans leur doute, vous, vous pouvez y arriver. Les échecs sont constructifs les doutes nous enferment dans une prison infernale. L’histoire des Hommes le démontre sans cesse, quand Christophe Colomb rêvait de la route des Indes, l’église lui prédisait un horizon où le vide allait faire sombrer sa flotte, à son retour le monde trouvait logique que la Terre fût ronde. Plus près de nous, dans mon cercle d’amis très proches, Bixente Lizarazu démarrait le foot sous de très mauvais hospice, son entraineur de l’époque s’obstinait à lui enlever de la tête son rêve de devenir professionnel de football, trop maigrichon, trop petit ! Heureusement qu’il ne l’a pas écouté, tout le monde connaît son extraordinaire carrière. Dominique Benassi quelques années après son amputation, décidait de se mettre au Triathlon, mais on lui interdisait, trop handicapé, trop dangereux, pas fait pour lui. Ce rêve il ne l’a pas rêvé, il l’a concrétisé en réalisant les plus grandes compétitions du monde pour accrocher 15 titres de champion du Monde .Mon parcours est identique, j’ai du m’extirper d’un abysse de contrainte, je me souviens de ma prof de français qui me disait que je n’étais qu’un âne, d’un certain entourage qui ne croyait pas en mon parcours d’aventurier. On m’avait même prédis que je finirais clochard ou repris de justice ! Le rêve qui vit en toi, en nous, doit te faire avancer, nous faire avancer, la douleur sera inévitable mais il vaut mieux souffrir pour concrétiser son rêve que souffrir de ne rien avoir tenté, les regrets sont bien plus douloureux que les échecs. Les doutes sont des pauvres herbes que l’on voit que si l’on s’arrête, marchons à notre pas, même s’il est douloureux, boiteux, marchons avec nos rêves. Nous sommes tous des génies, inventons nos vies, coute que coute, la violence, les doutes, les regrets, la rancœur, la vengeance, sont des simples ombres ne nous vous y abritons pas, préférons la lumière douce d’un soleil qui se lève sur nos projets. Ne croyez-vous pas que Mandela a souffert avant de bâtir enfin son rêve ! Il affectionnait le poème de William Ernest Henley, Invictus : Je suis maître de mon destin, capitaine de mon âme… La vie est un cadeau, un match où il n’y a pas de prolongation ou de temps additionnel, notre vie est un trésor, laissons derrière les personnes toxiques, ne leur en voulons pas, ne perdons plus notre énergie avec ça. Quoi que l’on fasse, l’amanite phalloïde nous tuera, ne l’écrasons pas, il n’y a qu’à la contourner, pour la laisser dans sa toxicité, elle a sa raison d’être là, accompagnons nos rêves, nous ne serons jamais seuls, le bien amène le bien. La nouvelle année est là avec ses résolutions, vous êtes tous fantastiques, alors faites ce premier pas. Les claques que nous avons pris jusqu’à présent sont des leçons, révisons nos devoirs et nous comprendrons la raison de ces brimades, si nous les mettons de côté elles reviendront en boucle, encore et encore. Allez ouvrez-vous, serrez les fesses, laissez la peur de côté et allez au bout de vos rêves les plus fous, ils ne sont pas si fous que ça puisque c’est les vôtres.

Je conclurais ce billet par la citation de : François Garagnon : « Il vaut mieux vivre ses rêves que rêver sa vie ».

 

 

La simplicité volontaire

4 avril 2016
J'écoute les conseils de la cascade!

J’écoute les conseils de la cascade!

La simplicité volontaire

Mes billets sont plus rares car il me semble bon d’aller de plus en plus vers l’essentiel, alors aujourd’hui je m’envole vers une pensée qui me tient à cœur : le minimalisme. N’y voyez pas du simplisme, mais un quotidien qui de plus en plus me rassure sur ce choix de vie, qu’est le minimalisme. Notre société n’est basée que sur l’expansion, la croissance, le profit, la consommation mais rarement sur la qualité de vie. Une consommation toujours accrue conduit à des besoins financiers également accrus et donc à un surcroît de travail. Le toujours plus nuit à la vie simple, la course à l’éternel profit mène au « burn out », anglicisme à la mode. Vivre n’est pas une course mais un chemin, pas toujours paisible certes, mais qui vaut le coup d’être vécu en prenant le temps de comprendre, d’écouter plutôt que d’entendre, d’observer plutôt qu’apercevoir et surtout de délimiter ses «indispensables. Il y aura toujours mieux, plus moderne, plus dans le coup, mais cette démarche nous projette dans le labyrinthe infernal de la dépendance. Les crédits se croisent, les banques en font leur fonds de commerce, la pub à outrance balance des images subliminales qui ne laissent aucune chance au minimaliste en herbe. Il faut du nerf pour sortir d’une grande surface sans avoir eu le coup de cœur pour le « gadget » indispensable qui sera vite remisé au fond de la cave. Nous sommes maîtres de nos vies, capitaines de nos envies, mais pourtant le paraître prend toute la place, il ne laisse aucune chance aux « objets » réparés, aux envies décapitées. Qu’il est dur de résister aux chants des sirènes du toujours plus. Je ne propose aucune recette miracle, il y a certainement une application pour gérer tous ça, si si ; j’en connais une ! Elle est enfouie au fond de vous, alors démaquisez tout ça et devenez les seuls maîtres de vos envies. Pourquoi attendre une mesure gouvernementale pour utiliser moins d’énergie, pourquoi toujours devoir être « moutonné » pour comprendre que c’est notre vie et que personne ne doit nous l’enlever et nous la dicter.  Le monde est partagé en deux, il y a ceux qui passent leur vie à faire des régimes et l’autre moitié se bat pour ne pas mourir de faim. L’injustice est l’huile essentielle de l’Homme, mais au fait ! C’est vous, moi, toi, qui pouvez métamorphoser tous ça. Ce billet ne changera pas grand-chose, mais comme une pluie n’est qu’une multitude de gouttes d’eau je tente d’être l’une d’elles.

L’aventurier scénariste acteur américain Will Rogers disait

« Trop de gens dépensent de l’argent qu’ils n’ont pas gagné, pour acheter des choses qu’ils ne veulent pas, pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas. »

Le bonheur…

13 mai 2015
Le bonheur c'est simple, ouvrons les yeux de nos coeurs...

Le bonheur c'est simple, ouvrons les yeux de nos cœurs...

Une quête à la mode en ce monde virtuel est le bonheur. Pour un « mec » qui a perdu une jambe et qui a rencontré quelques « petits » soucis dans sa vie privée, chose étrange, depuis quelques jours j’ai enchainé des interviews sur ce sujet. Mais qu’est-ce-que le bonheur façon « Cabochard » ? Le bonheur n’est pas un objectif mais un état d’âme du moment présent, l’équilibre mental en est le berceau. Mais si je ne dis pas de bêtise, ne sommes-nous pas les capitaines de nos âmes ? Les raisons de nous tirer vers le bas sont multiples et pourtant j’en suis certain il y aura toujours un ou deux arguments pour nous pousser vers le haut. Le proverbe tibétain m’inspire : « quand deux chemins s’ouvrent à toi, choisis toujours le plus difficile, celui qui exigera le meilleur de toi ». Oui il est plus facile de se morfondre que d’être heureux, pourtant cela est si simple. Depuis la nuit des temps les hommes ont inventé les alchimistes qui transformaient le plomb en or, quelques sages avaient déjà compris le jeu de la métaphore, car ; oui : nous sommes tous alchimistes. Nous pouvons tous nous enivrer de bonheur que l’on aura transformé. Le bonheur ce n’est pas attendre des « autres », le bonheur ce n’est pas une utopie, le bonheur c’est savoir ouvrir ses yeux sur les choses les plus simples, c’est disséquer les « tuiles » pour en tirer des leçons qui nous feront grandir. Pourquoi vouloir lutter, alors qu’il suffit de contourner, pourquoi vouloir changer son entourage alors que c’est à nous à nous adapter. Le torrent ne casse pas l’obstacle, il le contourne, le vent ne refuse pas la montagne il la caresse. Nous les Hommes, nous sommes des pourvoyeurs de bonheur, les malheurs n’ont pas la place dans notre existence, d’ailleurs ils n’existent que dans nos têtes. Soyons prêt au pire et le bonheur sortira de la lampe d’Aladin. Avec beaucoup d’humour j’aime affirmer qu’il ne me manque pas une jambe mais qu’il m’en reste une ! Oui l’humour est notre arnica, le baume qui apaise les maux, qui fait avaler les plats trop amers. Moquons-nous de nous, estropions nos soucis et vous verrez qu’une contrariété qui boite n’arrivera pas à vous suivre bien longtemps. J’ai remarqué que pour beaucoup les malheurs, la rage, la violence étaient une sorte de cocon protecteur ; ce mécanisme les réconforte dans une vie sans bonheur. Notre monde ne tourne plus que par des clicks d’une souris, tout et de suite. Les crédits menottent la société, les écrans hypnotisent les plus faibles, la vie devient virtuelle, et tout ce cataclysme violent rend les gens malheureux. S’assoir pour écouter le vent, lever le nez pour découvrir son étoile, prendre la main de la personne que l’on aime, même si elle n’est pas physiquement à nos côtés, sont des moments de bonheur simples. Ferme le poing et tu possèderas le vide ouvre la main et le monde t’appartiendra. Alors pour le Cabochard le bonheur existe, c’est une fleur des champs, ne la cueillez pas, allongez-vous à côté d’elle et regardez la vivre, elle vous remplira de bonheur…

Allons trouver un bel endroit pour nous perdre.

1 décembre 2014
L'enfant qui sommeille en moi ne m'a jamais laché! Ouf!

L'enfant qui sommeille en moi ne m'a jamais lâché! Ouf!

Allons trouver un bel endroit pour nous perdre. Quelle belle pensée. Une de mes sorties maquis m’a amené vers de nouveaux coins mais surtout dans de nouvelles réflexions, comment trouver de nouveau chemin si l’on ne se perd pas. Une fois de plus la langue française est pauvre, le verbe perdre en paie les frais. Perdre son chemin ce n’est pas s’égarer, ce n’est pas, ne pas savoir où l’on est, se perdre s’est se retrouver, c’est devenir ce que l’on doit être. Une remarque philosophique mais essentielle. La folie est génératrice de vie, la déraison est le feu du bonheur, sans originalité la flamme s’éteint. Vivre en étant mort tel est le chemin de celui qui n’est pas fou, de celui qui est trop sage, de celui qui refuse d’entendre le petit sauvage qui dort en lui. Le gamin se fout du qu’en-dira-t-on, il rêve de vivre dans une cabane, il espiègle sous la douche sa voisine 30 ans son ainée, il vole des bonbons qui deviennent trésor de guerre. Je relis depuis quelques jours le Petit Sauvage d’Alexandre Jardin, un opus que je connais par cœur, je hurle de rire puis me met à pleurer de bonheur. Ce livre devrait être obligatoire en assemblée générale annuelle des sociétés qui nous intoxiquent, il devrait être lu en boucle tous les soirs sur les chaînes de télé, vous voyez le petit sauvage qui vit en moi se laisse porter par les élans de sa candeur. Vivre les yeux ouverts, avancer coute que coute dans le monde du bonheur, le rêver et il apparaît mais la grisaille doit être gribouillée aux couleurs de l’arc-en-ciel, qui je vous le rappelle, possède à ses pieds un immense chaudron d’or. Le temps est un dévoreur de rêve, tout le monde semble le posséder mais seul l’amour en est le sauveteur. Le temps nous condamne, seul l’enfant qui dort en nous est capable de nous dire : t’es pas cap ! Chiche ! Oui il faut des étincelles dans les yeux pour sauter les deux pieds dans la boue, il faut un brin de folie pour désirer l’assiette qui est en bas de la pile. L’adulte a peur de se perdre, il a et ne vois que ça ; les pôvres ! L’enfant que je laisse vivre au fond de mes entrailles par moments m’empêche de dormir, il me harcèle, mais dès que je lui dis : ok t’es pas cap, on y va, la vie se remplit d’espoir, de lumière incroyable, la phrase de St Exupéry prend toute sa place : fait de ta vie un rêve et de tes rêves une réalité. Vous aussi devenez le petit sauvage, laissez faire votre folie et n’oubliez jamais : Allons trouver un bel endroit pour nous perdre.

Faut il souffrir pour aimer encore plus la vie…

25 février 2013
Ce regarder dans un miroir droit dans les yeux, c'est le premier pas de la joie de vivre...

Se regarder dans un miroir droit dans les yeux, c'est le premier pas de la joie de vivre...

J’ai suivi avec attention tous les commentaires sur le post amour sexe et handicap ce qui m’amène à une autre réflexion : Faut il souffrir pour apprécier encore plus la vie? On m’engage régulièrement comme coach mental, pour donner de l’énergie et du baume au cœur mais en y pensant bien ma vie fut  parsemée  de « baffes » plus ou moins noires et sordides. Comment de ces coups bas j’en ai tiré une énergie positive ?  Plusieurs facteurs sont importants voir primordiaux : Échec et victoire doivent être traités d’égal à égal, quand ça fait mal, le bien n’est pas loin et inversement. En appliquant cette théorie le ring de la vie peut être vécu avec un peu plus de sérénité. Anticiper les coups tordus c’est déjà les digérer un peu. Imaginer sa mort ou celle de ses proches c’est leur donner moins de place et d’improvisation, il faut tordre le coup aux sujets tabous. Tout a une réponse ! Même un enfant qui meurt innocemment ce n’est pas du hasard ou de l’injustice ! C’est surement une manière de nous guider. Ne tressaillez pas les réponses sont très difficiles à avaler pourtant elles sont notre survie, le temps nous aide, c’est un prof de philo, encore est-il qu’il faut savoir l’écouter et lui laisser le droit de s’exprimer. Nous sommes tous amputés de quelques choses, de quelqu’un. Ces coups doivent nous guider, la commotion doit être vite acceptée puis elle doit laisser place à la réflexion. Rien ne sert d’en vouloir au monde entier, ce n’est pas une injustice mais un texte à déchiffrer. Au lendemain de ma mutilation j’en voulais à la terre entière, j’avais la sensation que personne au monde ne pouvait comprendre ma souffrance, que c’était une injustice insurmontable. Il m’aura fallu de longues années pour accepter, décortiquer et analyser mon cas. Être différent m’a permis de m’ouvrir, de grandir et de fixer la vie droit dans les yeux. Fuir ne vaut rien, mais regarder trop devant non plus. Ce moment présent doit être vécu avec amour, force et énergie positive. Un arbre qui meurt peut-être sauvé après la coupe de quelques branches majeures, pourtant après l’élagage il n’a plus sa superbe. Miracle de la vie en fin d’hiver il refleurira et donnera de beaux et bons fruits. Nous sommes des arbres de vie alors laissons nous guider et si quelques éraflures nous font souffrir elles ne sont là que pour nous faire grandir…

Le présent est un cadeau.

Vive la diversité…

16 décembre 2012
Le Team Jolokia 2013

Le Team Jolokia 2013

J’achève une semaine parisienne le cœur léger, un marathon de rendez-vous ! Il serait trop long et assez ennuyeux de vous dresser l’interminable liste de mes entrevues mais chacune avait la même sonorité : la différence peut être une chance. Deux sommets tout de même ont marqué ces sept jours. En premier, le prix de la Solidarité par France Bleu et la Selection du Reader’s Digest. La 10éme édition fut remplie d’émotion, les 10 associations nominées par les auditeurs et lecteurs avaient fait le bon choix, 10 motivations différentes mais toutes justifiées par l’envie de partage. Vagdespoir présidée et créée par Ismaël Guillorit, m’a convaincu et son premier prix est tout à fait mérité. Son discours est une bouffée d’air frais, pas de misérabilisme, pas de noirceur, son handicap il en a fait une force, son discours m’a plu. Loin de ce que certaine fédération véhicule il est la réincarnation de l’optimisme. Si certains veulent s’adonner aux joies du surf Ismaël et ses potes seront là pour vous accueillir. Sans bras ou jambes, mobilité ou pas tout ça n’est qu’une simple spécificité, ne vous inquiétez pas vous serez grisé par la houle d’Atlantique et surpris par la glisse que Vagdespoir vous offrira. En deuxième ce fut la grande soirée de présentation du Team Jolokia 2013, dans le somptueux et historique hôtel de la Marine, état major de la Royale, était réuni des faiseurs de rêves. Eric Bellion skipper de cœur et d’énergie renouvelable présentait son nouveau Team. Après avoir battu le record à la voile entre Lorient et l’île Maurice avec un équipage mixte, valide et moins valide il lance le programme des années à venir. Un 60 pieds de course hauturière composé de 20 garçons et filles issus de la diversité. Leur but, donner  leur meilleurs pour s’aligner sur les plus grandes transats du monde. Fastnet, Sydney Hobart, Québec-St Malo… La partie ne fût pas si simple, une sorte de logique aurait été de prendre un « spécimen » de chaque, un handi, un cassé de la vie, un vieux, un jeune etc etc. Mais ce n’est pas ça l’équipe gagnante de la diversité. 130 candidats furent sélectionnés et la Marine Nationale mis à disposition toute une série de tests, des entretiens, de la psychologie de terrain. Une découverte du candidat qui n’est pas là par son statut mais par ses compétences et son désir d’intégration au projet. Un laboratoire pour l’avenir, les entreprises sont frileuses avec un personnel « différent ». Un cinquantenaire sera vu comme frein à l’essor de la boîte alors qu’il pourrait amener son expérience, un handi est mis à l’écart car le manque de connaissance sur ses compétences vont l’isoler, un issu de l’immigration est rarement perçu comme un atout mais plutôt comme une source de problème… Considérant la diversité comme une véritable valeur ajoutée, les équipiers ont été recrutés en fonction de leurs compétences mais aussi en tenant compte de leurs facultés originales qui peuvent enrichir l’équipe .Team Jolokia  est l’antidote du sectarisme, l’équipage sélectionné de 20 personnes est une sorte de tour de Babel avec un leitmotiv donner son meilleur pour faire avancer au mieux ce beau bateau. Le projet est soutenu par de grandes sociétés qui ont compris l’importance d’une telle expérience, je suis convaincu qu’il sera la genèse d’un avenir plus serein et dynamique en entreprise. Bravo à tous !!!

Cette semaine est une sorte de jardinage j’ai répondu à l’invitation de beaucoup de personnes prêtes à m’épauler dans ma « croisade », les graines sont plantées. Je suis convaincu, que de tous ces rendez-vous quelques arbres vont en surgir. Pour conclure ce billet je voulais remercier du fond du cœur toutes ces personnes qui m’ont offert leur sourire dans ce mois de promotion pour mon dernier livre. J’ai senti beaucoup, de tendresse, d’émotion, de respect, vous m’avez ému au plus profond de moi, si par moment quelques ombres me frigorifient vous êtes ces chandelles qui m’éclairent et me réchauffent, merci du fond du cœur…

A pluche !

Vivre ou survivre…

24 septembre 2012
Elle; eternelle!

Elle ; éternelle !

Elle va, elle vient mais je ne peux que l’admirer sans jamais la détester, elle est encore plus libre que ce que je suis. Des milliers d’années que l’homme la souille, mais elle s’en fiche elle vibre, c’est tout. Mer Méditerranée qui m’a façonné, formé, cicatrisé et souvent apeuré, elle est là devant moi mais elle freine mon voyage, elle se joue de mon projet, pour elle l’homme n’est que parasite. La phrase d’Alexandre Vialatte prend toute son importance : « l’homme n’est que poussière c’est dire l’importance du plumeau. » La femme de ménage s’appelle Nadine, elle est en pleine dépression alors elle chavire tout sur son passage et moi le voyageur capricieux je trépigne. Vous ne la connaissez pas ? Elle vit en Atlantique, elle a prêté aux habitant de Terre-neuve une belle haute pression, dans cinquante ans ils diront : Tu te rappelles le Roger c’était l’automne où il avait fait beau ! Alors la Nadine au caractère d’ouragan met la zizanie. Le vent du sud est son amant, chaud et humide, cela pourrait être sensuel mais moi, je ne veux que froideur et brise du pays d’Hélène. Me reposer, de quoi, des quelques kilomètres parcourus, mais j’en ai encore des millions à faire, j’en ai encore des trucs à gravir, des vents contraires à affronter. Se reposer, ça c’est pour ceux qui sont immortels, moi je suis cette chrysalide qui n’en pas pour longtemps, alors j’avance.  Vous voyez l’arrêt me met en réflexion, en position du tigre prêt à bondir. En face l’île de mon cœur, mais Eole veut profiter pleinement de l’été indien, il n’a pas envie de trêve. Ah si je pouvais être le vent, je virerais Est et je voguerais vers ma princesse pour lui caresser le visage, je lui soufflerais toutes les brises les plus intimes, elle en rougirait de plaisir. Mais je ne suis que de chair, d’acier et de carbone avec trop de fragilité pour être nature. Mon corps se repose maintenant mais ma tête a déjà gravi trois fois l’Everest aujourd’hui. Pour certains ne plus bouger est se reposer, pour d’autres le mouvement est la tisane du cerveau, on lui donne d’autres objectifs pour qu’il s’apaise. Des projets ? Des millions des milliards, chaque matin est la genèse d’une intention. Le voyage n’est pas qu’une destination sur une carte, le voyage est avant tout un long tunnel noir que l’on doit éclairer, un gouffre que l’on doit rendre sympathique. Les « moi j’ai fait » ne sont pas des voyageurs, ils ont coché des cases. Ma case est l’univers et je peux vous dire que je ne veux pas la cocher, mon voyage, peut-être le votre aussi, me mènera à ceux que les pessimistes appellent la mort. Il me plait de penser que cela peut-être le départ d’un nouveau raid, d’une nouvelle expédition, d’un nouveau défi. Pendant que j’écris ces quelques mots, les déferlantes n’ont cessé, elles n’aiment pas la philosophie, elles n’aiment pas les rêveurs. Leurs  trucs, déferler ! Ma houle n’est composée que de mots de maux, un rai de soleil et tout s’écroule, le confort va me remettre dans la routine pire qu’un tsunami. Demain est si loin mais mon doigt effleure malgré moi le clavier météo et un grand nuage noir m’envahit. Je tends la main, Véro peut presque la toucher, mais non pas assez près. La Bruyère, plante si chère au maquis corse me permet d’allumer le foyer pour cuire le pain, mais La Bruyère écrivain avait allumé mon feu interne en relatant dans son œuvre Les Caractères : « Rions un peu avant que d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri. » Rire de moi, rire de vous, rire de la mort. J’entends le Grand Jacques là haut exploser de rire. Je suis exilé sur la terre Elbane, pâle copie d’une Corse si chère à mon cœur, vous voyez je m’égare, je ne maîtrise plus rien, donnez moi de grâce du vent portant et je me mettrais à l’œuvre, quelques dizaines de kilomètres pour nouer mes bras, plier mon dos, user mes mains mais apaiser mon âme…

Yes i’m a free man…

Liberté : Aller le plus loin possible pour être au plus proche de soi-même, de ce que peut signifier  « vivre maintenant ». Sylvain Tesson

A pluche !