Jour d’initiation

9 juin 2010

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Malgré un temps très menaçant nous reprenons le voyage. Lever, allumage du feu, chauffer l’eau… La routine du nomade du grand nord. Chacun a trouvé sa place. La pluie largue ses sentinelles mais n’altère pas l’humeur de l’équipe, ici tout est provisoire, le soleil, le vent, la pluie, le calme plat, c’est les 4 saisons en une journée.

Le courant nous mène à plus de 12km/h, vers midi. Alors que la journée de l’hiver passe à l’été, nous faisons une halte à Big Salmon, groupement de quelques cabanes qui permet aux natifs dès le retour des saumons de pêcher. Robert, notre guide, nous raconte un peu l’histoire des « First nation». Les jeunes prennent conscience du massacre que nos aïeux ont fait et de leur bouche vous n’entendrez plus jamais le mot « indien », qui n’a pas de sens.

Un peu plus loin l’arrêt casse croûte, qui allume le feu, qui prépare les saucisses à griller… Je profite de cet arrêt pour cueillir un maximum de fleurs qui en séchant donneront l’infusion des  «Athapsacan ». Un promontoire se présente à nous, la vue doit être magnifique. David vient d’être amputé depuis peu et son moignon le fait encore souffrir. Je lui suggère de prendre une canne pour gravir l’arrête. Il râle puis accepte, l’effort en valait la peine. La journée n’est pas finie nous continuons à progresser. Vers 17h30, nous plantons le camp et Robert, notre guide, initie nos jeunes aventuriers à la coupe du bois dans la forêt, puis le grand moment magique, chacun va devoir confectionner sa pizza cuite sur le feu de bois. Des moments inoubliables qui resteront gravés longtemps dans leur mémoire…

Depuis le départ, « Sky » est notre gardien. Un huskie qui défend le camp et qui a vite compris la faiblesse du groupe. Un coup de chien malheureux et hop une part de notre repas concédé. Je crois qu’il a du apprendre de Jo Zef…

Ici, il n’y a pas de nuit et ce soir à 22h30 un grand soleil inonde le camp où chacun va partir dans des rêves réparateurs…

A pluche

Quelle palme utiliser pour un amputé tibial?

22 mars 2010

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Pour répondre à l’éternelle question : « mais quel est le système de palme utilisée coté moignon ? », je vais essayer de vous répondre brièvement mais précisément.
Je suis assez réfractaire à posséder multiples prothèses pour mes activités et ne vis qu’avec une munie d’une lame en carbone de marche. Vu que je suis sponsorisé par mon centre de prothèse je pourrai avoir toute sorte de « guibole » mais je n’y vois pas d’intérêt majeur. Donc une identique pour chaque jour. Un facteur très important est que j’ai la chance d’avoir un moignon long et un poids de forme top pour ma hauteur soit 1,83mts pour 79 kilos. Je pratique un gainage poussé quotidiennement (abdominaux) et une alimentation gérée par une diététicienne du sport.
J’ai abandonné l’idée de faire des longues courses à pieds qui me laissaient toujours des blessures difficiles à récupérer (lombalgie aigue, plaie au moignon coté greffe, douleur au genou valide).
J’ai compensé mon endurance par le vélo longue distance, les sorties kayak longue distance (minimum 8 heures de suite) et les longues rando à pied ou en peau de phoque.

Donc ceci dit pour la plongée sous marine que je pratique depuis plus de 35 ans j’ai été obligé de m’inventer une palme un peu particulière pour mon moignon et plutôt que vous faire un long discour, je vous ai mis en ligne une petite vidéo qui vous informera sur ce prototype. Depuis 1983 je suis amputé et jusqu’à 1985 j’enseignais la plongée sur une seule jambe jusqu’au jour où une de mes élèves a paniqué et j’ai du la remonter en catastrophe sur une jambe, la tache fut risquée et très physique à la limite du « hors jeu » de ce jour j’ai bricolé ce système qui m’a permis depuis de nombreuses années de réaliser quelques milliers de plongées professionnelles en toutes conditions : école, travaux sous marin, sauvetage en condition tempétueuse et même sous glace.

Une vieille emboiture où on a démonté le pied, par dessus on chauffe dans un bain d’eau bouillante une palme réglable style « jet fin »  en caoutchouc et non en plastique et on la forme en douceur sur l’emboiture. Ensuite on perce de part et d’autre une fente pour y faire glisser des fixes palmes classiques et le tour est joué. Bien sur ce système est fait pour plonger et non marcher, mais depuis le temps on m’a proposé multiples « trucs » mais jamais très  efficace c’est celui là qui m’a permis d’avoir une vie de plongeur professionnel tout à fait classique.

Il est rare de trouver un bon prothésiste qui en plus est un bon plongeur avec assez de recul pour inventer un système simple et efficace.

Si vous avez des questions n’hésitez pas.