Raid 4L en Corse, méfiez vous de ces envahisseurs sans scrupules…

26 octobre 2011

Photo Olivier Bonnenfant.

Photo Olivier Bonnenfant.

Faire un billet sur ma mésaventure de mardi n’est pas un règlement de compte mais plutôt une mise au point. Mon intervention sur les ondes de Radio France Frequenza Mora m’a permis d’apprécier l’élan de solidarité et de soutien dans mon engagement pour la défense de la nature.

Dans le cadre de mes entraînements kayak, trois sorties hebdomadaires sont au programme. Mardi le Sirocco est virulent une aubaine pour travailler l’endurance. La Corse commence à retrouver une ambiance apaisante. Je pagaie, je cogite, je pagaie, j’admire, je pagaie, je rêve… le vent couvre bien des bruits terrestres mais soudain, un « boum boum » sournois me ramène sur terre !  Je crois halluciner, de la musique techno à fond les manivelles… Derrière un promontoire, se dévoile  une cohorte de véhicules postée en bordure du littoral. Eole est bien en forme et ma progression est lente, mais je suis très intrigué par ce rassemblement, alors je tire sur les pagaies. La musique au fur et à mesure que je me rapproche de ce campement augmente et dans un vacarme indescriptible je beach mon kayak. Une bonne vingtaine de 4L et une dizaine de 4X4 sont parqués dans le maquis. Des tentes de ci de là et un groupe de campeur surpris de voir un kayakiste surgir un jour de grand vent. Le sol est jonché d’excréments recouverts de papier toilette, un peu plus loin ces drôles de personnages ont dressé  leur coin cuisine au milieu des ganivelles qui servent à protéger la flore endémique du piétinement humain ou animalier. Une poubelle ! Pourquoi faire ? Il vaut mieux laisser tout par terre, c’est plus commode… Je vois rouge mais contiens ma colère. Je demande à voir le responsable de ce groupe de plus ou moins 50 personnes, on me rit au nez, en me demandant de retourner chez moi ! Un plus mariole que les autres, attaque sur les Corses. C’en est trop je me dirige vers lui, les autres comprennent que la tempête va éclater. Il se cache derrière les copains. C’est vrai je suis seul contre 50 c’est injuste pour eux, un Cabochard contre un troupeau, ils n’ont vraiment aucune chance. Soudain un pseudo chef de meute arrive tout penaud, il veut me serrer la main me demande pardon, il sait que le camping est formellement interdit surtout dans des zones protégés et que le lieu va être nettoyé… Il est gêné  du comportement de ses amis et m’affirme que l’île et ses habitants sont magnifiques mais le mal est fait, le venin a été jeté. L’insulaire est susceptible ! Je m’isole appelle les copains en renfort, puis les autorités. Le mariole balbutie dans mon dos, je le coince. Tiens je n’avais pas vu que son pantalon était marron ! Allez, les amis je me calme, le renfort va faire son boulot. Une interdiction de séjourner en Corse est balancée, ici on se connait tous et tout se sait, fallait pas venir souiller nos endroits de rêve, fallait pas jouer au conquérant, je suis contre la violence et je la condamne, mais faut pas allumer le feu sinon on se brule. Je suis pour le respect de la planète, où que l’on soit chez soi ou ailleurs et il faut  surtout respecter l’autochtone.

Pour donner une morale a cette histoire j’espère que cette aventure leur aura mis un peu de plomb dans la tête. (Sans jeux de mots)!

Pour que le message passe en Corse, sur les ondes de radio France Frequenza Mora ce matin, j’ai raconté ma rencontre avec ce raid sauvage 4L, et à ma grande joie la station m’a transmis beaucoup de témoignages de soutien et je sais que les Renault 4 vont être attendues de pieds fermes .

A chi nasce sumére un diventa cavallo : Qui nait âne ne devient cheval!

Engineer lake…

23 juillet 2010

P7230030_petite

36 heures qu’il ne pleut plus. Elle est pas belle la vie ?? Mais voilà, je suis de retour chez les hommes, les vrais !
J’avais trouvé un coin planqué pour y mettre ma tente et hier soir, un vrai aventurier est venu se mettre à une centaine de mètres !!! Ok ! en Europe, on ne le verrait même pas, mais ici, en Alaska, c’est inadmissible. Alors mon gros touriste avec un camping car style château de la Loire est venu se coller près du frenchie pour peut-être avoir une protection en cas d’attaque de kikis à poil.

Il y a tellement de calme ici que le moindre bruit s’entend de très loin et hier soir, je parlais tout seul dans ma tente. Ce matin, je pars à la recherche d’une autre planque. De toute façon, le baro fait une chute libre et le lac Skilak a très mauvaise réputation en cas de fort coup de vent. Ma carte de la région me dévoile une route en terre pas autorisée au camping car donc c’est là que je vais fouiller. Le chemin est étroit et effectivement les gros culs ne peuvent pas y faire demi tour. Un tout petit lac avec l’interdiction d’y naviguer avec un engin motorisé, donc deux races de clients à claques en moins. Je trouve un emplacement avec table en bois et foyer pour y faire un feu. C’est décidé la mascotte, on change de « crêperie » !

Je ne démonte même pas Immaqa, j’arrive à le faire rentrer dans la voiture d’une pièce, en deux temps, trois mouvements. Je mets tout en vrac dans la voiture et nous voilà repartis. Elle est pas belle la vie ?? Ça nous plaît plus, on s’arrache !! Je monte vite fait le camp avant que ça se déchaîne, mais les orages claquent de partout sauf sur nous, pour une fois.

A midi, on est en place et après le concours de sieste obligatoire, l’envie d’aller découvrir les 3km² du lac Engineer me démange la pagaie, des trucs à plumes en pagaille !!! Je ne veux absolument pas les déranger et du coup prend mon temps pour y avancer, certain m’autorise quelques clichés. En face, je découvre une cabane. Allons à sa découverte. Elle est ouverte et du monde y réside, je repars sans voir personne. A mon retour au camp, une voiture arrive. Je me ferme, comme une coquille d’huître et renforce le noir de mes yeux en baissant la casquette d’un cran. Je les ignore !
Si on était sympa, cela ce saurait, non !

Le  couple s’approche et me demande d’où je suis ? Pas de concession : Corsica island (au moins, je suis tranquille y connaissent pas et me lâcheront la prothèse).

Super !!! on y a été souvent !!! Bonifacio, Sarténe, Porto-Vecchio !!!

Allez la mascotte, ouvre la boutique, on les sert ces braves gens !!! Des Ukrainiens qui ont immigré aux US et qui squattent la cabane en face. Ils sont chargés comme des mules et pour rejoindre leur résidence, il faut suivre un sentier très peu marqué et long. En bon samaritain, je leur propose de tout amener en kayak, puisqu’il est vide. Ils acceptent mais à une condition : je suis leur invité pour le dîner…
Je traverse le lac sur sa largeur et arrive bien avant eux sur zone. L’endroit est magique, calme et apaisant. Au menu : des cèpes !!! Ici, personne ne les ramasse et du coup, c’est des millions de champignons qui pourrissent sous la pluie.
Ils me racontent leur bout de vie et moi le mien. L’été, ils préfèrent vivre en cabane, sans eau et électricité pour couper de leur vie stressante sur New York.

Je reprends Immaqa pour retraverser le lac qui semble endormi. La fine pluie lui donne un air de conte de fées, de l’autre côté, une famille de castors prépare déjà le prochain hiver qui sera long. Je retrouve mon camp. J’allume un feu qui démarre bien, malgré l’ambiance humide et sous ma toile bleue, je vous envoie ces quelques mots de plénitude.

Le présent est un cadeau…

La der des ders…

14 juin 2010

P6140030

La der des der.

Le temps est passé comme un éclair, j’ai l’impression que c’était hier que j’allais les chercher à l’aéroport…

Aujourd’hui fut une journée ludique, mini olympiade sur le campground.

Au programme, du tir sur boites de conserves, lancé de gros cailloux, connaissance des nœuds, sciage d’une buche chronométré, tir sur cible avec fléchette,lancé de précision avec une canne à pêche dans une cible, transport d’eau depuis la rivière avec une tasse pour remplir une gourde situé au milieu du campement… et pour conclure un questionnaire de connaissance sur le Yukon.

Certain on brillé par leurs réponses;

Elliot a répondu à la question qui demandait où le Yukon se jetait: Adriatique!

Adrien lui a répondu à la demande de citer 5 animaux vivant sur le fleuve: poisson!

Alex qui répondait à la question qui demandait qu’elle était la fleur préférée que mangeaient les ours noirs: pisse en lit…

Avec Véro nous avons beaucoup ri, cette bonne humeur a interpellé un groupe de personne qui était en réunion dans la salle public du camping et nous a offert le déjeuner, Dale et Samantha patron des lieu eux aussi tellement sous le charme de l’équipe les ont gâté pourri, quand j’ai demandé de louer une voiture pour aller aux « Five finger rapid » ils nous ont mis gratuitement deux véhicules, offert le bois pour les soirées barbecues, prêté gratuitement 8 vélos pour découvrir la région… Et dire que certain mal pensant m’avait dit de me méfier des gens de Carmacks.

Ce soir dernier soirée entre nous, le campground est désert nous sommes les seuls campeurs, malgré la pluie intermittente nous allumons un feu et tendons une bâche entre deux arbres pour le repas, j’aurai pu les amener dans le seul restau du hameau mais cela n’aurai pas eu de sens. Ce soir entre les gouttes et quelques éclaircis nous avons partagé un bout de vie supplémentaire. Ceux qui étaient les plus fermés au départ se sont ouvert et le fait d’évoluer dans un milieu hostile fait que les habitudes n’ont plus trouver leurs places, plus possible de fuir dans sa chambre devant un écran quelconque, le confort étant au strict nécessaire, les sens se sont développés et certaines valeurs enfouies par notre société de consommation ont pu se développer.

Ce soir sous notre bâche bleue trop petite pour 8 nous avons encore une fois beaucoup ri.

Demain soir leur rires seront encore dans mes oreilles…

Comme on dit en Corse que Dieu les bénissent.