The end…

24 août 2010 par Frank Laisser une réponse »

100 jours de nomadisme au grand nord…

Partage, solitude, découverte, rencontre, émotion, fraternité, bataille, introspection…

je pourrais rajouter, discours avec un « moi » inconnu qui m’a rassuré sur mon « être » et encore plus éloigné de ce qui salit la vie.

100 jours de connexion directe avec un au-delà maintenant familier, un silence indescriptible qui semble vous pénétrer pour vous décaper, une sensation de partir de ce monde si étrange que nous nous sommes créés, l’essentiel devient le basique, pagayer, manger, dormir, le reste devient abstrait, superflu, inutile, comme derrière un coin de porte j’ai perçu et oublié un instant votre, notre monde complétement dément…

Chaque aventure depuis quelques années m’ont amené devant un miroir qui m’a permis de découvrir beaucoup de ma personne, et du coup m’a amené vers les autres, j’ai trouvé du blanc et du noir, le froid et le brulant, le bon et le mauvais, cette solitude et ses grands silences vont me hanter longtemps et c’est clair que depuis que j’ai y gouté je la retrouverai régulièrement.

Savoir s’adapter est la base de tout, ce qui vaut une grande détresse à ceux qui la fuit.

Les peuples du grand nord ont une autre sagesse que nous avons perdu depuis bien longtemps, la rencontre mystique de cette femme Inupiaq du bord de l’océan Arctique qui dans son récit de vie imitait le battement d’un cœur d’un blanc et le sien : celui du visage pâle bat très vite sans relâche, là haut dans le pays du silence, il bât au ralenti…

Écouter le bruit du vent et en deviner la direction, lire les pièges du courant de la rivière, faire une prière après avoir piégé un mammifère qui assurera la viande pour le prochain hiver…

J’ai eu la chance de rencontrer et de deviner tout ça, je vais rentrer chez moi qui est un beau chez moi (la Corse) mais ici j’y ai planté une graine, un peu de ma sueur et de mon sang s’y sont éparpillés et je sais que c’est le début d’une grande histoire je ne sais pas encore comment pourquoi comment mais dans ces grands espaces j’y ai trouvé la paix que je n’avais jamais connue, pourquoi devrais je la perdre ?

Depuis 10 jours sur les bords de la rivière Wheaton j’écoute l’eau vivre son chemin infini, rien n’est plus apaisant que ce flot qui nous rend ce que nous sommes tous : une brindille sur un immense fleuve.

Vous voyez, je vous écris comme je pense car certains livres m’ont permis de casser ma gangue si épaisse et de vivre ma propre « légende » comme le dit si souvent Dumé.

Je vais rentrer mais ces jours fantastiques sur le grand fleuve et sa région seront à tous jamais gravés dans mon âme, une partie de moi est ici au Yukon, comme dans une plongée dite profonde je n’ai plus envie de remonter, rentrer pour entendre quoi ?

La nature m’a dicté un sacré livre et ma Vrai l’a découvert aussi, tout à l’heure elle s’est surprise d’aller se laver au bord de la rivière alors qu’il ne fait que 6°.

Autour de nous ils sont là et nous n’avons pas droit à l’erreur. Mais qui ? Les habitants de la forêt…

La famille à Robert et Carmen regroupe 9 chiens de traineaux, deux chats, un âne et trois brebis.

Mais autour ils guettent !

Un ours noir est venu voler un agneau il y quelques jours, seul le corps déchiqueté fut retrouvé, le plus vieux chien de la bande s’est trop éloigné de la maison cet hiver, la neige tombait abondamment et une meute de loup en silence est venu le dévorer. Il est hors de question de laisser sortir les chats en premier sinon le coyote serait de festin… Et comme le dit si bien Robert : that’s nature…

Quand l’ours noir rode, les deux gamins 3 et 5 ans le savent et ils rentrent se réfugier dans la cabane.

Cette année Lou a effectué sa première course de chiens de traineau, tout seul à 3 ans !!! Température de – 30° et que du bonheur pour le plus jeune musher de la région…

Vous voyez quand on veut on peut s’adapter et vivre différemment.

Je vais rentrer  et m’adapter à une autre vie qui va me sembler un peu fade et surtout d’un stérile absolu mais le temps va faire son travail et je reprendrai le chemin.

Beaucoup d’événements m’attendent à la rentrée et j’aurai le temps de vous les faire partager.

Une dernière série de photo avant le retour…

Ne jugez plus, ne pensez que par vous même pour votre très intime vibration, vivez votre légende et le vent, la pluie, la neige viendront vous guider pour un pays merveilleux qui s’appelle « LIBERTE ».

THE END

Robert et Carmen avec Lou et Anju.

Robert et Carmen avec Lou et Anju.

Encore du saumon

Encore du saumon

Et un petit dernier pour la route!

Et un petit dernier pour la route!

Un "vrai" coup de pagai au pays du silence...

Un "vrai" coup de pagaie au pays du silence...

Chutttt: Rêveur en partance!

Chutttt: Rêveur en partance!

Bleu, ma couleur ...

Bleu, ma couleur ...

Encore un lac, pourtant je me m'en lasserais pas...

Encore un lac, pourtant je ne m'en lasserai pas...

5 commentaires

  1. Patricia2A dit :

    Je crois que tu as tout dit ! Il n’y a rien à rajouter…..
    Très bon retour parmi nous.
    Merci pour tout.
    Bises à tous les trois.

  2. marie de voujeaucourt dit :

    Ouahh ! Magnifiques photos elles respirent l’amour la joie de vivre
    Bisous à Mr Franck et à sa « vrai »
    Merci de nous faire rêver, car dans le doubs il pleut aujourd’hui … et dernière un ordinateur avec beaucoup de boulot ! Ca remet du baume au coeur ! Merci Franck et bisous à Jo Zeff

  3. franck festor dit :

    Le retour à la civilisation est souvent difficile car les hommes ne prennent pas le temps de vivre en communion avec la nature et leur corps.;..

  4. muriel vitale dit :

    Félicitations d’avoir été jusqu’au bout du voyage,cela restera graver in éternam dans votre mémoire,en plus de toutes les autres aventures déjà vécues:moi je vous tire mon chapeau!au plaisir de vous connaître !la soeur de franck festor

  5. Brigitte Marcozzi dit :

    Après une journée particulièrement désagréable car j’ai passé la journée avec des « boeufs carottes » à déjouer une escroquerie ! vos photos me font rêver !
    Je baigne toujours plus dans ce monde fou de la finance et je sature. Mais à quelques années de la retraite, je serre des dents. Si Dieu me prête vie, dès que l’heure de la sortie sonnera, je passerai la porte sans me retourner, avec qu’une envie, m’isoler. Dimanche, j’ai passé la matinée avec mon chien et POLO (le cheval d’un copain) et tous les trois nous sommes partis au pas dans la forêt. C’est un petit début !
    Votre retour dans ce monde de nombrilistes va être pénible pour vous mais « fai tira…..)
    Bise à tous les 2 .Mon bonjour à cette famille qui vous a accueillis si spontanément. Une caresse à tous leurs animaux !
    ZIA

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