
Un soir calme dans les flats du grand fleuve...
Doucement je me réadapte, mais il y a un mais.
Heureusement d’ailleurs que ma maison est un vieux bateau en bois et que mine de rien la vie à bord à l’année ressemble étrangement à une vie en cabane de là bas.
Pas de douche, peu d’énergie et surtout 6 m2 habitable, caché au milieu d’un fond de golfe je suis assez isolé de la « foulitude ».
17 ans que l’on cohabite, comme si je vivais au Yukon.
Quand l’hiver ça cogne fort dehors ,les vents violents m’isolent et pendant de longues journées je suis seul au monde avec comme unique compagnie la tempête.
160 km de vent, ouragan ? Pas du tout, juste les coups de chien de l’hiver, à ce moment là tout devient différent, j’écoute les amarres travailler, je sens la prochaine rafale arriver et je me réjouis d’être bien à l’abri et non pas en mer.
Au beau milieu de la nuit je fais un tour du pont pour vérifier mes aussières et rentre me mettre vite à l’abri sous ma couette épaisse…
Mais c’est encore la saison estivale et pour l’instant j’ai fait une croix sur le silence absolu, je réalise à quel point la pollution auditive est quasi permanente ici dans la fourmilière Européenne, je ne veux pas juger car chacun est vraiment libre de sa vie mais de mon petit bateau je vois ce ballet infernal. Chaque jour qui nous rapproche de l’automne, va par vague successive écrémer la foule pour finalement début novembre donner à la Corse un retour à cette paix qui me convient.
J’ai repris mes habitudes, vélo, kayak, diététique car en vérité tout n’est que préparation, toutes mes expéditions je ne les ai jamais vécues comme un aboutissement mais bel et bien comme une préparation, du coup seul le moment présent est plaisant. Je suis déjà en train de monter ma prochaine aventure mais c’est trop loin pour en parler, je vis le moment présent et tentede m’en régaler.
Le bruit, j’essaie de ne plus l’entendre, les réflexions hors sujet depuis mon arrivée aussi, elles doivent passer au dessus de ma chapka !
Comme la rivière qui contourne le gros cailloux.
De plus en plus je découvre ce que la grande rivière m’a apporté, paix, force, calme, énergie et surtout amour de la vie.
Je voulais être dur comme un roc et je me suis souvent égratigné l’âme par des chocs à répétitions, le corps bien sur en a gardé des cicatrices mais ça c’est pas bien grave mais les blessures de l’intérieur c’est abimé pour longtemps.
L’eau, être l’eau, un coup d’épée dans l’eau ! L’eau dont notre corps est composé à 80 %, essayez de tirer un coup de fusil dans l’eau, une belle gerbe et puis plus rien, tout revient comme avant, un roc au milieu du fleuve va être imposant, arrogant, destructeur mais au fil du temps l’eau va l’éroder, le polir pour le réduire en sable, chauffez l’eau, elle va s’évaporer et revenir en pluie ; le gel va la figer mais elle sera toujours là…
D’ailleurs je vais allez très prochainement sous l’eau pour faire partager mon aventure à toutes les sirènes qui m’y attendent…
Accédez au Flux RSS du site Bout de Vie








Merci pour cette jolie photo, de vrai calme!
Qui soigne des blessures émotionnelles. Et redonne l’énergie nécessaire pour enfiler cette armure invisible. Celle que dicte notre cœur.
P’tet on se voit en fin de semaine prochaine…Entre deux coup de vent! ca serait cool de se croiser en vrai, de bout de vie!
Pierre